Les encouragements de Jean Jaurès
Publié dans k) Initiatives (17), le 06/09/2010 à 5:00, par Philippe GuerineauNON A LA POLITIQUE DE LA PEUR ET DE LA HAINE
Un samedi matin qui fera date.Beaucoup de monde en effet s’était rassemblé dés 9H30 ce samedi 4 septembre, jour de marché devant la statue du grand tribun à l’appel de plus de 15 associations, syndicats et partis de Gauche de Castres. ( La dizaine de photos que j’ai prises s’avèrent inutilisables, je crois que d’autres photographes étaient à pied d’œuvre, qu’ils n’hésitent pas à m’envoyer leurs photos).
Dés 10h, il y avait bien, malgré les difficultés pour informer de l’initiative, 300 personnes et ce nombre allait encore augmenter jusqu’à la fin de la matinée, sans compter celles et ceux qui pendant quelques instants s’arrêtaient pour nous saluer et nous faire part de leur solidarité.
Divers tracts, drapeaux et banderoles égayaient la place et les arcades.
Tous étaient réunis dans un même élan, conscients de l’importance des mobilisations qui se sont déroulées partout en France et dans certains pays d’Europe : « NOTRE CONSCIENCE NOUS INTERDIT DE NOUS TAIRE ».
Il n’est plus possible en effet de tolérer plus longtemps la xénophobie d’Etat, l’utilisation ignoble et cynique d’hommes,
de femmes et d’enfants à des fins politiciennes. Le chef de l’Etat et son ministre de l’Intérieur ont voulu faire des Roms la grande affaire de l’été comme s’ils étaient responsables des maux de la France. Chacun l’aura compris , ils voulaient détourner l’attention de leur politique en l’occurrence le réforme des retraites mais aussi tenter de faire oublier l’affaire Woerth-Bettencourt. C’est raté !
Comment supporter pour tout démocrate et républicain , chrétien ou non, le lien entre immigration et délinquance, l’instauration de deux catégories de citoyens et de justiciables, ceux d’origine étrangère et les autres. Comment tolérer la remise en cause de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l’homme ?
A Castres, ce premier rassemblement unitaire, au delà de tous les clivages partisans, était celui de toutes celles et ceux qui n’acceptent pas la France salie par la xénophobie d’Etat comme l’a déclaré Jean Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’homme : « Ce qui nous rassemble ici, c’est l’attachement commun à la démocratie. Aucune aventure politique ou personnelle ne peut justifier qu’on remette en cause ces principes fondamentaux ». Il ajoutait : « Nous savons ce que ça coûte de désigner des métèques, quel que soit le nom quion leur donne, pour les livrer en pâture dans une période de crise sociale ».
En quittant le rassemblement, j’ai cru apercevoir Jean Jaurès exprimer sa satisfaction. Il était important, une fois de plus, que dans sa ville natale, les valeurs de justice et de fraternité s’expriment avec autant de détermination.
Dans le tract signé par la quinzaine d’organisations castraises apparaissait le célèbre poème du Pasteur allemand Martin Niemöller (celui-ci arrêté dés 1937 en Allemagne fut envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, libéré du camp par la chute du régime nazi en 1945, il se consacra par la suite jusqu’ à sa mort en 1984 de la reconstruction de l’Eglise protestante d’Allemagne)
Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
Je me suis tu, je n'étais pas juif.
Lorsqu'ils sont venus chercher les catholiques
Je me suis tu, je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
Il est utile de lire la lettre ouverte au Président de la République signée du résistant Léon Landini
