Archives de novembre 2010

Au théâtre ce soir

 

La Cie mise en oeuvre présente :

«  L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu …»

une conférence articulée de Frank Lepage,

mise en scène Alan Bonne et Gilles Guérin avec Gilles Guérin.

Théâtre municipal de Castres, mardi 30 novembre 2010 à 21H.

 

Réservation au 05 63 71 56 58 , tarifs : 13 € et 10 €.

A ne manquer sous aucun prétexte 

La Compagnie Mise en Œuvre a repris en janvier 2006 les activités de la troupe de théâtre : «  En votre compagnie ». Cette dernière installée en résidence à Castres en 1997 avec l’aide de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et de la municipalité de Gauche d’alors. L’adjoint à la Culture que j’étais avait permis ensuite sur une longue durée un travail particulièrement fécond avec cette compagnie, chacun se souvient encore avec émotion de Jean Marie Doat, de Cécile Guilot et de tous leurs amis.

Malheureusement comme beaucoup d’intervenants dans le secteur culturel, ils ont quitté notre ville au cours de l’année 2002.

Un des domaines d’éducation artistique , le théâtre , restait en jachère. Toutefois, la Ville avec retard a décidé de soutenir la Compagnie Mise en Œuvre dans ses actions de création de spectacles, de collaboration avec les structures culturelles, de renforcement de la pratique amateur et de participation à la vie locale dans le domaine du théâtre.

Depuis lors, chaque année, les engagements de la Ville et de la Compagnie font l’objet d’une convention votée en séance du Conseil municipal. Celle-ci précisait les objectifs que devait poursuivre la Compagnie :

-         actions d’éducation artistique menées dans le quartier Aillot-Bisséous, dans diverses écoles et collèges.

-         Création et diffusion de spectacles

-         Poursuite de l’action « Urgence de la jeune parole »

-         Etc etc…

Il y a quelques mois, nous apprenons que la Ville de Castres mettait fin à ses relations avec la Compagnie, il n’y aura pas de nouvelle convention, suppression donc de la subvention municipale.

 C’est un choix culturel , après beaucoup d’autres d’ailleurs, lourd de conséquences pour cette jeune compagnie, que je déplore vivement, après la disparition du Réseau de ressources culturelles qui permettait au plus grand nombre d’accéder à une culture de qualité. Une nouvelle structure culturelle , à qui rappelons le, il n’y a rien à reprocher, est mise en difficulté. Du passé, faisons table rase…

Soyons donc nombreux ce mardi d’abord pour apprécier le spectacle présenté et pour chaleureusement venir les soutenir.

A ce soir …

http://ciemiseenoeuvre.com

 

Autoroute 2016 : comité de suivi alibi ?

Participer ou pas au comité de suivi ?

C’était le 19 novembre, le préfet de Région Midi-Pyrénées  présidait la première réunion du comité de suivi composé des représentants des 5 collèges : Etat, élus, monde économique et  entreprises, syndicats de salariés. A ne pas confondre avec le comité de pilotage ( services de l’Etat et collectivités locales).

Le rôle du comité de suivi est de veiller au bon déroulement de la concertation. Mais c’est aussi un « lieu d’échanges sur les études préalables à la déclaration d’utilité publique ». Quelles sont les personnes qui composent ce comité de suivi ? Comment s’est effectué le choix ? Mystère. Ce qui est sûr, aucun élu du principal groupe d’opposition à la municipalité de Castres n’a été à ce jour contacté.

Un « garant » est désigné pour la bonne marche des opérations c’est à dire pour que «  l’information et la concertation du public tout au long de l’élaboration de ce projet soient correctement réalisées ». Comité de suivi et garant sont des enfants de la loi «  Grenelle 2 ».

Entre le 15 juin 2009 et le 13 juillet 2010, plus de 20 articles ont été écrits dans ce blog. Vous pouvez vous y référer : « Désenclavement de Castres ».

Il est important en effet de se souvenir du contenu de divers débats publics ainsi que des déclarations des uns et des autres qu’il s’agisse d’associations, de syndicats ou de collectivités territoriales.

Pour ne prendre que quelques exemples : le Conseil Général du Tarn affirmait : « Nous ne validerons pas une solution financière défavorable aux citoyens du Sud Tarn ». Pour la CFDT, « Nous voulons une éco-autoroute socialement équitable ». 

Dans le désordre, « Imposer un cahier des charges draconien »( ?) voire « Les subventions d’équilibre des collectivités locales devront être peu élevées » ,  » Un prix de péage modique » ,  » Il n’est pas question que les déviations de Soual et de Puylaurens, déjà payées sur des fonds publics, soient privatisées« , etc, etc…

Sachez bien que dans les cahiers d’acteurs, ce type d’engagements des partisans de l’autoroute , il y en a des dizaines (Il faudrait un comité de suivi spécial pour les relater).Mais trêve de plaisanterie.

Frédéric Manon, porte-parole du «  Collectif RN 126 » a récemment fait connaître son refus de participer à ce comité de suivi. Il étaye avec sérieux son argumentation dans un communiqué de presse et dans divers courriers adressés au Préfet de Région, à la Préfète du Tarn, aux Présidents du Conseil Régional, du Conseil Général du Tarn et de la Haute-Garonne. Il affirme que son association continuera à travailler sur «  un contre-projet plus équitable, plus respectueux de l’environnement et bien plus raisonnable financièrement pour la collectivité ».

Celui dont la CNDP ( Commission Nationale du Débat Public) saluait le travail comme une «  véritable expertise citoyenne » a pris ses responsabilités. On peut lire également sur le site du collectif : « autoroute Castres – Toulouse  ou comment l’Etat justifie un mauvais projet décidé grâce au copinage ou par raisons politiques ».

Sa décision est tout sauf une posture du «  tout ou rien » comme j’ai pu le lire ( s’il faut parler de postures depuis des mois, concernant le dossier de l’autoroute, la liste de noms bien connus  remplirait 3 pages du bottin) .On est loin d’une posture quand il s’agit de travailler dans un objectif de cohérence et de lisibilité.

Une autre position pouvait également se comprendre, c’est celle que j’ai défendue au sein du collectif « Castres A Gauche Vraiment »  à savoir participer au comité de suivi ( pour x raisons dont la principale serait d’être le témoin attentif et vigilant entre ce qui a pu s’écrire, se proclamer et ce qui se prépare réellement). Et éventuellement claquer la porte de celui-ci , démonstration  faite qu’il ne s’agissait que d’une coquille vide…alibi à tous les reniements et à toutes les aventures.

Bon courage à Frédéric et à tous ses amis .

 

25 ans d’amitié Castres-Huyé

A l’origine, Jean Pierre Gabarrou, député, maire de Castres de 1977 à 1985…

 

Ce jour, à 18h30, à la Maison des associations, le comité de coopération Castres-Huyé rendait compte de la mission au Rwanda de trois de ses membres , mission qui s’était déroulée du 17 au 29 octobre 2010. L’objectif poursuivi par Geneviève Amen, conseillère municipale, Christine Marion « la mémoire du comité » et Fernand Marmelo, chef de travaux du lycée professionnel Le Sidobre était :

1)      de renouer les relations diplomatiques et administratives,

2)      d’évaluer les projets en coordination avec le plan de développement du Rwanda,

3)      de se rendre comte du suivi de l’initiative prise il y a un an d’expérimentation d’un « cuiseur solaire ».

Diaporama de grande qualité qui relate les lieux, les rencontres, etc…

Beaucoup d’émotion pour les fidèles du comité à la vue de divers projets qui ont vu concrètement le jour dés les années 1985 : construction d’un centre culturel-bibliothéque, d’un centre de santé, d’un centre d’élevage sans oublier la tuilerie où travaillent aujourd’hui plus de 50 personnes.

Quelles que soient les municipalités, le jumelage avec Huyé s’est poursuivi. Moment d’inquiétude dés l’arrivée de P.Bugis en 2001 puisqu’il affirma à plusieurs reprises au cours de conseils municipaux qu’il ne souhaitait pas poursuivre. Il aura fallu l’intervention notamment d’un de ses adjoints, Richard Amalvy, et la pugnacité du comité pour que la coopération avec Huyé puisse continuer.

Auparavant, de 1995 à 2001, sous la municipalité de gauche d’Arnaud Mandement, des initiatives diverses avaient vu le jour, contribuant à l’achat d’une machine pour la menuiserie, d’un camion, d’une aide à l’apiculture, etc… Chacun se souvient encore aujourd’hui, élèves, collégiens, voire lycéens à l’époque, d’avoir participé à la solidarité financière et d’avoir fourni du matériel scolaire. Le comité était même présent au concert de Johnny Halliday, au stade Pierre Antoine pour ramasser quelques sous. Chacun de mes élèves devait écrire une lettre à un jeune Rwandais.

La mission récente fut très positive : rencontres avec l’ambassadeur de France à Kigali , du maire de Butaré et de nombreux responsables de l’enseignement, notamment de l’enseignement professionnel.

Accueil chaleureux au centre culturel Jean Pierre Gabarrou, tout aussi chaleureux dans diverses écoles ; pour n’en citer qu’une : l’école primaire de Moussangué (de 40 à 50 élèves en classe par demie-journée), en relation étroite avec l’école primaire de l’Albinque.

Visite également du centre de jeunes sourds ( la ville grâce à certains de ses médecins avait fourni des appareillages en 2007).

Après le terrible génocide d’avril à juillet 1994, la reconstruction du Rwanda est à l’ordre du jour .

Geneviève Amen fait part de son étonnement : «  Tout le monde avait une petite histoire qui lui rappelait Castres » . Les perspectives pour 2011 : financer des équipements pour les apicultrices (qui travaillent mains nues et tête nue), achat de nouvelles machines pour la menuiserie ainsi que pour la tuilerie, développer le centre culturel Jean Pierre Gabarrou ( médiathèque, cyberbase) et enfin préparer le 25 ° anniversaire d’une profonde amitié qui unit Castres à Huyé .

Assurément, depuis 25 ans, les membres du comité peuvent être fiers du travail accompli, ils n’ont jamais douté . Assurément alors que certains continuent de développer localement des discours de haine et d’exclusion, des Castraises et des Castrais affirment des valeurs  d’amitié,de solidarité et tout simplement d’humanité.

 

Il est 20h, l’Albinque s’endort

Dormez, braves gens, je m’occupe de tout… et du reste

 

Ecole de l'Albinque

23 novembre, 18h30, fin de la manifestation, le  grand feu de joie brûle encore, une place à traverser , début de la réunion du quartier de l’Albinque.

Atmosphère assoupie, une salle pleine, il est vrai que la dernière réunion remonte à …2006. L’attente devenait insoutenable. Je faisais sans doute partie du petit tiers le plus jeune de l’assemblée, c’est dire que la moyenne d’âge avoisinait 70 ans.

Cœur de l’électorat de droite, de la rue du Gazel à l’avenue de Lautrec en passant par le Bd Léon Bourgeois et l’avenue de Lavaur. Formule consacrée , un âne RPR se ferait élire conseiller général. D’ailleurs cela fait plus de 20 ans que personne n’a vu, réellement vu le conseiller général de ce canton.

Séance d’hypnose assurée. La plupart des questions sont du ressort d’  « Allô Mairie » et sans intérêt autre que pour celui qui la pose…son trottoir, sa place de stationnement, son arbre non élagué, etc…mais quelques informations arrivent à percer.

La route toute neuve qui relie le chemin du Causse à l’avenue d’Albi est, comme chacun a pu le constater hors gabarit. Elle sera donc refaite. Le coût de la voie urbaine nord s’élève à 3 millions d’euros mais P.Bugis oublie la part de financement du Conseil Général.

Le projet de restructuration de la place de l’Albinque ne sera pas traité, quelques diapositives dont l’une est titrée : «  Un projet né de la concertation » (ce qui est évidemment de la com’ puisque chacun ait que nul ne fut associé en amont à ce projet). A ce sujet, après la disparition de l’aîle du marché couvert, que deviendront le marché bio, le marché du gras, et diverses initiatives à vocation culturelle ? Pas de réponse.

Suite aux graves inondations de l’année 2003 et malgré des travaux, l’inquiétude demeure. N’est-il pas dangereux pour le « pluvial » de goudronner et de bétonner  à tout va et en l’occurrence les dizaines de milliers de m2 à venir de l’hypermarché Leclerc ? P.Bugis parle alors d’aménagements erratiques (sic !).

Le jeune et dynamique président de l’association «  Les rues de l’avenir » interroge le maire sur la continuité des pistes cyclables ( boulevard Sicard-Georges Clemenceau – Léon Bourgeois- Place de l’Albinque) . Ce dernier  manifestement en quelques années a fait d’énormes progrès, finies les envolées contre les pistes cyclables ou autres bandes cyclables, finies les attaques contre les cyclistes, la pêche aux voix écolo est ouverte (enfin, n’exagérons rien, doit pouvoir mieux faire !).

Les déléguées de parents d’élèves de l’école primaire de l’Albinque font état d’une cour de récréation dangereuse pour les 160 élèves. « Les chiffres, je vous les donne puisque c’est open » (sic !). Erratiques, open, impressionnant ! A quand une citation latine ? Investissement : 30 000 € , à suivre…

Hypermarché Leclerc : " Une bonne intégration dans le paysage" disait-il

Soudain arrive le couplet sur la vidéo surveillance (il assume, il n’est plus question de vidéo protection mais bien de vidéo surveillance). « Décomplexé » vous dis-je depuis son amitié avec Bernard Carayon. Un rouleur de pizza roule sur le trottoir… vidéo surveillance, quelques rétroviseurs cassés…vidéo surveillance, jet de papiers sur la chaussée… vidéo surveillance, stationnement illicite…vidéo surveillance. Notre bon maire a réponse à tout.

A ce rythme, les 30 caméras prévues à l’automne 2011 ne suffiront pas. A chacun sa vidéo pour surveiller le voisin (quelques applaudissements).

L’hôpital J.P.Gabarrou aura définitivement déménagé le 13 février. Libellus ne prévoit que 6 allers-retours par jour, rien le dimanche. Inquiétude dans la salle. Le maire annonce donc q’il a pris contact avec le Conseil Général pour profiter de sa ligne de bus Saint Pons –Castres (ce qui multiplierait les rotations ) mais le dossier n’avance pas .

Un professeur d’économie  se demande si la construction d’un hypermarché Leclerc n’entraînera pas la disparition de commerces de proximité en centre ville. Il s’interroge également sur la crise que traverse le marché couvert , il fait état ensuite de la difficulté rencontrée par quelques marchands de journaux rue Villegoudou, place Soult et au-delà, depuis l’ouverture d’un rayon presse à l’Espace culturel Leclerc. Réponse : «  Il faut éviter dans les galeries qui verront le jour autour de l’hypermarché Leclerc qu’il y ait des boutiques – d’équipement à la personne- ( vœu pieu) »

A noter que les associations de commerçants sur ce sujet et bien d’autres sont devenues bien étrangement silencieuses.

20h15, il est bien tard, quelques maigres applaudissements, la séance d’hypnose s’achève. Beaucoup de questions pour assurément très peu de réponses.

 

Retraites : le climat est à la colère

 

« On va continuer à se faire entendre »

 

A Castres, une nouvelle fois après 3 mois d’intenses mobilisations, 8 manifestations , nous étions ce 23 novembre 2500 personnes  à la surprise générale, une combativité qui a étonné plus d’un observateur ! Au hit parade des villes moyennes mobilisées , et même des métropoles régionales ( en proportion), Castres est dans le top ten . (à méditer)

Pour affirmer qu’il n’est pas question de tourner la page de la contre-réforme des retraites, que nous sommes dans un processus qui va durer.

Même s’il n’y a pas le foisonnement quotidien d’initiatives qu’on a connu au plus fort du mouvement .

2500 personnes , de la sous préfecture à l’Albinque en passant par la mairie et la place Jean Jaurès.

Pas l’ombre d’un sentiment d’une défaite, un sentiment d’inachevé sans doute.

La colère reste intacte à l’égard du gouvernement et de Nicolas Sarkozy, la fierté aussi de s’être battu, la tête haute.

 L’idée aussi que ce mouvement social fut un exemple pour tous les peuples d’Europe.

 Nous sentons bien que la détermination affirmée au cours de ces derniers mois peut permettre à chaque instant de rebondir et de repartir et cela , la droite en a conscience.

Le message adressé à l’ensemble des partis politiques est clair : ils devront tenir compte du rapport de forces qui s’est affirmé depuis début septembre.

Il n’est pas question d’accepter que les travailleurs payent les conséquences d’une crise dont seuls les financiers sont responsables.

Comme le dit Philippe Corcuff, maître de conférences en science politique à Lyon, et membre du conseil scientifique d’Attac :

«  On pourrait plutôt dire que le mouvement social a déjà gagné mais insuffisamment. Ainsi, une mobilisation d’ampleur sur une durée significative a redonné confiance et inventivité aux résistances populaires.

 

De nouvelles générations, de nouveaux secteurs professionnels et des individus peu ou pas impliqués auparavant se sont inscrits dans une action collective massive.

 

C’est un acquis central à ne pas laisser en friche, soit par auto-aveuglement fataliste, soit au profit d’un horizon principalement électoral… »

On peut lire également le texte de Philippe Corcuff : «  Pour une guérilla sociale durable et pacifique ».

Lire également :  » Et si le mouvement social était en train de rebondir«  du journaliste Mathieu Magnaudeix, du site Médiapart.

 

 

Retraites : l’ensemble du mouvement social qui s’est développé et affirmé dans tout le Tarn Sud depuis début septembre est relaté dans ce blog, toutes les manifestations et initiatives diverses, etc… Une catégorie spéciale lui est consacrée  » POUR MEMOIRE  » : « Retraites : Sud Tarn, un mouvement social est né »