Archives de janvier 2011

On est les champions !

Mais qui est donc ce Monsieur Claude Onesta ?

A moins de vivre sur une autre planète, vous savez qu’il est l’entraîneur de l’équipe de France de hand-ball. Avouez que vous étiez dimanche à 17h devant votre poste de télévision pour assister à la finale du championnat du monde. Bon, vous connaissez les résultats contre le Danemark, on est les champions.

Excusez du peu, c’est l’entraîneur français le plus titré dans un sport collectif . A compter d’aujourd’hui, 5 titres majeurs (Euro 2006 et 2010, J.O. 2008 et Mondial 2009 et 2011).

Ce que vous savez moins, enfin c’est mon cas, c‘est un homme résolument de gauche, homme qui n’hésite pas à affirmer ses convictions. Plutôt rare dans le domaine sportif ! Vous lirez donc avec intérêt un extrait d’une longue interview parue dans le quotidien l’Humanité ( vendredi 14 janvier 2011).

«  Votre famille a fui l’Italie de Mussolini. Racontez-nous…

Claude Onesta. Je suis issu d’une famille de communistes qui ont quitté l’Italie des années 1930, direction le Brésil. Après avoir trimé trois ans dans les champs de café, ils sont revenus en Europe. Une partie de la famille s’est installée dans l’Est pour travailler dans la sidérurgie, et l’autre, la mienne, du côté d’Albi, où il y avait du travail dans les usines. Mon père était syndicaliste cégétiste, il était de toutes les manifs. Je l’ai même vu prendre le fusil pour aller garder la bourse du travail à Toulouse! Chez nous, il n’y avait pas de crucifix mais les portraits de Lénine et du Che. Parfois, j’ai trouvé excessifs certains comportements et je me suis accroché avec mon père sur le stalinisme. Mais ce combat dans l’intérêt du plus grand nombre et des plus faibles m’a toujours semblé indispensable. Aujourd’hui, je continue à être un homme de gauche, même si je me demande parfois où elle est et qui la représente.

Quel regard portez-vous sur la société actuelle?

Claude Onesta. Ce qui m’agace, c’est le cynisme du capitalisme financier. On nous vend ça comme une fatalité, et le fait qu’il y ait de plus en plus de richesses et qu’elles soient de moins en moins réparties me rend de plus en plus utopiste. Les utopies sont ce qui a permis au monde de changer. Qui aurait dit qu’en France la Bastille serait prise et le roi décapité? 

Vous prônez la révolution?

Claude Onesta. Non, mais je dis qu’il n’y a pas de fatalité. L’Amérique du Sud s’est défaite de la mainmise des États-Unis. Qui aurait dit, il y a trente ans, que tous ces pays seraient gouvernés par la gauche? Quand je vois que des gens dans le besoin se nourrissent grâce à un amuseur public et qu’on finit par trouver ça normal… Aujourd’hui, ce sont les associations qui font le travail de l’État. On ne nous parle plus que de diminuer la dette publique, et maintenant il faudrait que l’éducation soit rentable, on croit rêver. 

Alors qu’un service public, par définition, n’a pas à être rentable…

Claude Onesta. Et bien sûr que non! Et c’est justement parce qu’on investit dans l’éducation qu’on mise sur l’avenir. On a vu que les financiers ont failli tout faire péter, et un an après ils ont déjà remboursé tout l’argent prêté et ils recommencent… 

Comment l’entraîneur a vécu le débat sur l’identité nationale étant donné la diversité de l’équipe de France de handball?

Claude Onesta. Ce débat traduit le comportement de gens qui, devant la difficulté, se contractent et se protègent. La force du sport français et de la société française, c’est son métissage. Il faut se servir de cette richesse qu’est la diversité. Quand on essaie de nous dire qu’il y a des gens qui sont plus français que d’autres et que c’est en foutant tous les autres dehors que ça va arranger les choses… C’est une illusion de croire qu’en rejetant l’autre on va se protéger et vivre mieux. C’est de la science-fiction. ça n’a pas de sens, et c’est imbécile. »

 

 

Excès de zèle à la CCI

La CCI de Castres Mazamet  porte plainte contre des dizaines de milliers de manifestants

 

On se souvient, pendant plusieurs mois, dans les rues de Castres, à maintes reprises, des dizaines de milliers de manifestants refusaient avec détermination, et sans aucun incident,  la «  contre-réforme des retraites » voulue par Sarkozy et le MEDEF. Nombreuses journées de grève, avec le préjudice financier que cela représente, formes d’action diverses et variées notamment aux entrées de ville…

Pouvoir ultra minoritaire dans notre pays (toujours 70 % de Français pour dire non à l’allongement du temps de travail et à la baisse des pensions),  refus de négociation avec les organisations syndicales, interruption de tout débat au Parlement, c’est la démocratie façon bling-bling, il fallait dans la précipitation passer en force.

A Castres et dans le Sud-Tarn, pour se faire entendre, une action symbolique fut décidée ( comme il y en a eu des centaines dans toute la France) .

Celle-ci à l’appel unitaire des organisations politiques et syndicales, consistait de très bonne heure, le matin, à retarder l’envol d’un avion à l’aéroport Castres- Mazamet ( voir photos dans ce blog  et article de l’envoyé spécial de La Dépêche du Midi ). Rassemblement pacifique et responsable, des consignes strictes avaient été données. Ah, j’oubliai, un grillage fut endommagé et l’avion fut retardé de 2 heures.

La belle affaire ! Michel Maurel, président de la CCI Castres Mazamet (1) en campagne pour devenir le « big chief » de la CCI du Tarn n’écoutant que son courage, à des années lumière des préoccupations de milliers de manifestants, ne trouve rien de mieux qu’à déposer plainte «  plainte contre X  pour, intrusion dans une zone réglementée, dégradation de clôtures… » ( article de La Dépêche du Midi – 27 janvier 2011).

Rappelons tout de même à ce monsieur que le fonctionnement de cet  aéroport est soutenu financièrement par la Communauté d’agglomération,  la Région  et  le Département  à  hauteur de 28 % pour chacun de ces financeurs ( donc 84 % de fonds publics, c’est à dire nos impôts),  la  Chambre  de  Commerce  et  d’Industrie apportant …16 % .

En déposant plainte, M.Maurel savait pertinemment qu’il s’attaquait à tout le mouvement syndical. La machine est en route, les gendarmes, qui ont certainement d’autres dossiers plus importants à traiter pour la sécurité de nos concitoyens auditionnent. Philippe Fournier, que l’on ne présente plus, militant syndical et politique, ancien conseiller municipal est convoqué.

Alain Carayon, responsable CGT , peut être convoqué à chaque instant, militant syndical reconnu pour la défense de l’emploi à la Comau, contre la fermeture de Dynamic ; il fut mon suppléant à l’élection législative en juin 2007.

L’émotion et l’indignation  sont réelles.

1)      Michel Maurel doit retirer sa plainte, s’il hésite il peut toujours demander des conseils au Département et à la Région

2)      Cette plainte est classée sans suite.

3)      Si poursuites il devait y avoir, nous serions à n’en pas douter, des milliers de manifestants à soutenir nos amis et camarades , des locaux ( tout neufs) de la CCI jusqu’au tribunal.

Puisque Michel Maurel présentera ses vœux le 31 janvier à Albi, entre petits fours et coupes de champagne, il aura certainement l’occasion de faire connaître aux habitants du Tarn sa conception du dialogue social.

(1) Aujourd’hui Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Tarn

 

Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er

Où l’on retrouve notre « prodigieux souverain », sa cour et ses bouffons 

 

En ce début d’année 2011, votre moral n’est pas fameux, alors vite, prenez une dose( et même toute la boîte ) du livre de Patrick Rambaud  « Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er » .

Ce blog vous a déjà présenté la Troisième chronique, cette fois-ci les événements se déroulent entre l’été 2009 et l’été 2010.

Que du plaisir ! Le premier rôle revient bien sûr à notre «  chatouilleux leader » mais l’on découvre aussi toute la ménagerie qui l’entoure , ses ministres souffre-douleur, ses laquais robotisés, son fiston aux «  études rapiécées » et toute une invraisemblable cohorte de courtisans. Au passage, on croise « le grand inquisiteur Marin » , « le transfuge Besson  à la recherche de l’identité perdue », etc…

Chaque chapitre est un régal, à lire avant de se coucher !

La cruelle estocade portée au duc de Villepin, la ruineuse affaire des vaccins de la baronne Bachelot, l’affaire des bons mots de M. d’Hortefouille, l’affaire de la nomination ratée de Monseigneur le Dauphin, le livre empoisonné de M. Mitterrand, marquis de Valois, les glapissements du lieutenant général Raoult …

Plus rien ne se dispersait mais revenait sans cesse pour accuser « Notre Déphasé Souverain » dont la cote d’amour baissait de manière inquiétante chez ceux qui l’avaient autrefois choisi et s’estimaient dupés.

Se succédèrent ensuite des mensonges, des rumeurs et une raclée électorale, jusqu’au feu d’artifice allumé par M. Woerth, duc de Chantilly et trésorier impérial, qui souligna la collusion entre le pouvoir et l’argent. Notre « Prince Empêtré » pourra-t-il remonter la pente ? Et à quel prix ?

Ainsi et pour la quatrième fois (l’avant-dernière, quoi), toute une année d’actualité défile.

Un court extrait pour vous donner l’envie d’acheter le livre  ou de vous le faire prêter au plus vite.

« L’heure est venue de peindre le portrait en pied du lieutenant criminel Besson, dont nous avions esquissé dans notre première chronique la brutale trahison, quand il changea d’armée au cœur de la bataille, passant du Parti social au Parti impérial, et qu’il devint le singe de Sa Majesté. Ce fut une jolie prise de guerre, l’homme était à la botte de Notre Vénéneux Monarque et dépendait de ses victoires (…).

Le lieutenant criminel ayant la foi des convertis, Notre Pervers Souverain lui réservait les plus dégoûtantes besognes ; il en frétillait et s’exécutait. Il reçut ainsi la mission d’orchestrer le thème du patriotisme outré pour le chiper aux partisans de la droite extrême qui s’en gargarisaient (…) Très vite, les débats se mirent à dériver sur le rôle néfaste des étrangers, mais qui étaient-ils , ceux-là ? (…) Ces discussions hâtives permettaient un  temps d’oublier le chômage et les véritables problèmes.  Les débats du lieutenant criminel Besson dévièrent vers l’amalgame, de l’amalgame au racisme et du racisme à la simple idiotie … »

Patrick Rambaud

« Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er », Patrick Rambaud, Ed.Grasset, 14 €.                    

 

Castres : le revenu moyen par ménage

Une ville qui cache de nombreuses inégalités

 

Le quotidien Midi Libre dans son édition du 21 janvier réserve en première page une place importante à l’analyse des revenus financiers pour chaque département de la région Languedoc-Roussillon ainsi que pour les villes les plus importantes.

Le dossier se base sur les travaux du site Internet : salairemoyen.com

Son fondateur, Samuel Guinaudeau explique sa méthodologie : « On a décidé d’agréger deux sources de données : d’une part les données sur les revenus que nous avons obtenus du ministère des finances et d’autre part, avec l’INSEE un certain nombre de données sur la démographie ». Celui-ci ajoute : «  L’objectif est de donner un indicateur, le plus facile à comprendre possible sur le niveau de revenu par ville, par département et par région. Ainsi, nous avons calculé un revenu par ménage c’est à dire un ensemble de personnes qui vivent sous le même toit ».

Pour le Languedoc-Roussillon, on peut donc constater qu’il s’agit « d’une région pauvre malgré ses oasis de luxe » . 20° sur 23 régions en ce qui concerne le revenu moyen (hors patrimoine). Où l’on s’aperçoit que Montpellier est une ville pauvre avec un salaire net moyen par ménage d’à peine 1774 €/mois (la capitale régionale se situant à la 31 131° place parmi les 36 717 communes).

Qu’en est-il de la région Midi-Pyrénées , du Tarn, d’Albi ou de Castres ?

Intéressant travail pour nos lycéens en section économique et sociale ou nos étudiants en sciences économiques. Comment faire la synthèse entre divers documents ?

Un petit clic et me voilà sur la page de Castres. Quelques données, vous découvrirez l’ensemble par vous mêmes.

19 196 ménages, revenu net par ménage : 2153 €/mois, il s’agit bien sûr d’une moyenne, fortes inégalités, 43% des ménages sont sous la barre des 1100 €, 20% au-dessus de 3200 €. Les 10% les plus riches perçoivent 35 % des revenus totaux de la ville. Ces mêmes 10% les plus riches perçoivent 7 433 € /mois.

 

Le salaire net par actif 1757 €/mois.

Castres se situe à la 22 725 ° place en revenu par ménage( -236). Par rapport aux villes voisines, Navès et Saïx tiennent les premières places avec respectivement 2 812 €/mois et 2 754 €/mois.

La part des ménages imposables sur le revenu représente 46 % (49 % pour Albi).

Profession des chefs de ménage :

-         retraités : 37 % ( Albi : 35, 8 %, Tarn :  39 %)

-         ouvriers : 15,8 % ( Albi : 12 %)

-         employés : 14,6 % ( Albi : 12,8 %)

-         professions intermédiaires : 12,7 % ( Albi : 14 %)

Type de ménages dans la ville : célibataires 37 % ( Albi : 46 %), couples sans enfant : 29 % (Albi : 27 %), couples avec enfant 24 % ( Albi : 17 %), familles monoparentales : 10 % ( Albi : 9 %) .

Et beaucoup d’autres chiffres encore. Alors, amateurs d’études comparatives, au travail !

 

Logement social : Castres hors-la-loi !

LE COMPTE N’Y EST PAS

Selon le ministère du Logement, 931 communes sont concernées par la loi SRU ( loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains) et ne respectent pas les 20 % de logements sociaux.

Parmi elles, « les villes cancres » 380 ont (préféré ?) versé des pénalités l’an dernier pour un total de 31,15 millions d’euros ( vous allez être étonnés, Nice, Antibes, Menton, L’Union, Arcachon, Maisons-Laffitte, etc…) Les 551 autres communes n’ont rien payé du tout (tel est le cas de Neuilly sur Seine), le foncier étant si cher que la réalisation de dizaines de logements suffit pour éviter l’amende ou ont manifesté leur volonté de redresser la situation.

Dans le Tarn, n’atteignent pas 20 % les villes de Mazamet ( 15,1%) et de Castres ( 18,6%). ( Voir carte des communes concernées par la loi SRU )

 Depuis 2001 il est vrai que peu ou si peu de logements sociaux ont été construits à Castres  par la municipalité de P.Bugis privant ainsi de nombreux jeunes couples disposant d’un salaire moyen d’accéder à un logement dans notre ville et cela ne va pas s’arranger. Aujourd’hui, 70 logements sociaux en moins avenue François Mitterrand. On nous annonce du côté de la rue Jean de la Fontaine la construction de 55 logements sociaux mais  ce n’est pas pour demain.

La loi oblige pourtant pour un logement détruit, un logement construit. En tout état de cause, à terme , le solde sera  négatif : -15 logements. Par manque de volonté politique, aucun projet n’est à ce jour formalisé, toute l’attention de la municipalité se portant sur les «  Terrasses du Lézert ».

La ville de Castres est donc hors-la-loi et entend le rester.

Allez vous étonner après une telle politique initiée depuis 2001 que la baisse démographique continue lentement mais sûrement ( – 297) et ce ne sont pas les derniers chiffres des naissances dans notre ville qui vont rétablir la situation (La Dépêche du Midi du 24 janvier) : -7 % en 2010 après – 7,57 % en 2009 , (contrairement à Albi et dans toutes les autres villes de même importance en Midi-Pyrénées).

Castres est manifestement sur une mauvaise pente et la politique de P.Bugis depuis maintenant 10 ans ne fait que précipiter à l’évidence la dégradation constatée. Il serait peut être grand temps d’en prendre conscience.