On est les champions !
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 30/01/2011 à 23:12, par Philippe GuerineauMais qui est donc ce Monsieur Claude Onesta ?
A moins de vivre sur une autre planète, vous savez qu’il est l’entraîneur de l’équipe de France de hand-ball. Avouez que vous étiez dimanche à 17h devant votre poste de télévision pour assister à la finale du championnat du monde. Bon, vous connaissez les résultats contre le Danemark, on est les champions.
Excusez du peu, c’est l’entraîneur français le plus titré dans un sport collectif . A compter d’aujourd’hui, 5 titres majeurs (Euro 2006 et 2010, J.O. 2008 et Mondial 2009 et 2011).
Ce que vous savez moins, enfin c’est mon cas, c‘est un homme résolument de gauche, homme qui n’hésite pas à affirmer ses convictions. Plutôt rare dans le domaine sportif ! Vous lirez donc avec intérêt un extrait d’une longue interview parue dans le quotidien l’Humanité ( vendredi 14 janvier 2011).
« Votre famille a fui l’Italie de Mussolini. Racontez-nous…
Claude Onesta. Je suis issu d’une famille de communistes qui ont quitté l’Italie des années 1930, direction le Brésil. Après avoir trimé trois ans dans les champs de café, ils sont revenus en Europe. Une partie de la famille s’est installée dans l’Est pour travailler dans la sidérurgie, et l’autre, la mienne, du côté d’Albi, où il y avait du travail dans les usines. Mon père était syndicaliste cégétiste, il était de toutes les manifs. Je l’ai même vu prendre le fusil pour aller garder la bourse du travail à Toulouse! Chez nous, il n’y avait pas de crucifix mais les portraits de Lénine et du Che. Parfois, j’ai trouvé excessifs certains comportements et je me suis accroché avec mon père sur le stalinisme. Mais ce combat dans l’intérêt du plus grand nombre et des plus faibles m’a toujours semblé indispensable. Aujourd’hui, je continue à être un homme de gauche, même si je me demande parfois où elle est et qui la représente.
Quel regard portez-vous sur la société actuelle?
Claude Onesta. Ce qui m’agace, c’est le cynisme du capitalisme financier. On nous vend ça comme une fatalité, et le fait qu’il y ait de plus en plus de richesses et qu’elles soient de moins en moins réparties me rend de plus en plus utopiste. Les utopies sont ce qui a permis au monde de changer. Qui aurait dit qu’en France la Bastille serait prise et le roi décapité?
Vous prônez la révolution?
Claude Onesta. Non, mais je dis qu’il n’y a pas de fatalité. L’Amérique du Sud s’est défaite de la mainmise des États-Unis. Qui aurait dit, il y a trente ans, que tous ces pays seraient gouvernés par la gauche? Quand je vois que des gens dans le besoin se nourrissent grâce à un amuseur public et qu’on finit par trouver ça normal… Aujourd’hui, ce sont les associations qui font le travail de l’État. On ne nous parle plus que de diminuer la dette publique, et maintenant il faudrait que l’éducation soit rentable, on croit rêver.
Alors qu’un service public, par définition, n’a pas à être rentable…
Claude Onesta. Et bien sûr que non! Et c’est justement parce qu’on investit dans l’éducation qu’on mise sur l’avenir. On a vu que les financiers ont failli tout faire péter, et un an après ils ont déjà remboursé tout l’argent prêté et ils recommencent…
Comment l’entraîneur a vécu le débat sur l’identité nationale étant donné la diversité de l’équipe de France de handball?
Claude Onesta. Ce débat traduit le comportement de gens qui, devant la difficulté, se contractent et se protègent. La force du sport français et de la société française, c’est son métissage. Il faut se servir de cette richesse qu’est la diversité. Quand on essaie de nous dire qu’il y a des gens qui sont plus français que d’autres et que c’est en foutant tous les autres dehors que ça va arranger les choses… C’est une illusion de croire qu’en rejetant l’autre on va se protéger et vivre mieux. C’est de la science-fiction. ça n’a pas de sens, et c’est imbécile. »

On se souvient, pendant plusieurs mois, dans les rues de Castres, à maintes reprises, des dizaines de milliers de manifestants refusaient avec détermination, et sans aucun incident, la « contre-réforme des retraites » voulue par Sarkozy et le MEDEF. Nombreuses journées de grève, avec le préjudice financier que cela représente, formes d’action diverses et variées notamment aux entrées de ville…

En ce début d’année 2011, votre moral n’est pas fameux, alors vite, prenez une dose( et même toute la boîte ) du livre de Patrick Rambaud « Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er » .
Le quotidien Midi Libre dans son édition du 21 janvier réserve en première page une place importante à l’analyse des revenus financiers pour chaque département de la région Languedoc-Roussillon ainsi que pour les villes les plus importantes.
Selon le ministère du Logement, 931 communes sont concernées par la loi SRU ( loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains) et ne respectent pas les 20 % de logements sociaux.