Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 27/01/2011 à 6:02, par Philippe GuerineauOù l’on retrouve notre « prodigieux souverain », sa cour et ses bouffons
En ce début d’année 2011, votre moral n’est pas fameux, alors vite, prenez une dose( et même toute la boîte ) du livre de Patrick Rambaud « Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er » .
Ce blog vous a déjà présenté la Troisième chronique, cette fois-ci les événements se déroulent entre l’été 2009 et l’été 2010.
Que du plaisir ! Le premier rôle revient bien sûr à notre « chatouilleux leader » mais l’on découvre aussi toute la ménagerie qui l’entoure , ses ministres souffre-douleur, ses laquais robotisés, son fiston aux « études rapiécées » et toute une invraisemblable cohorte de courtisans. Au passage, on croise « le grand inquisiteur Marin » , « le transfuge Besson à la recherche de l’identité perdue », etc…
Chaque chapitre est un régal, à lire avant de se coucher !
La cruelle estocade portée au duc de Villepin, la ruineuse affaire des vaccins de la baronne Bachelot, l’affaire des bons mots de M. d’Hortefouille, l’affaire de la nomination ratée de Monseigneur le Dauphin, le livre empoisonné de M. Mitterrand, marquis de Valois, les glapissements du lieutenant général Raoult …
Plus rien ne se dispersait mais revenait sans cesse pour accuser « Notre Déphasé Souverain » dont la cote d’amour baissait de manière inquiétante chez ceux qui l’avaient autrefois choisi et s’estimaient dupés.
Se succédèrent ensuite des mensonges, des rumeurs et une raclée électorale, jusqu’au feu d’artifice allumé par M. Woerth, duc de Chantilly et trésorier impérial, qui souligna la collusion entre le pouvoir et l’argent. Notre « Prince Empêtré » pourra-t-il remonter la pente ? Et à quel prix ?
Ainsi et pour la quatrième fois (l’avant-dernière, quoi), toute une année d’actualité défile.
Un court extrait pour vous donner l’envie d’acheter le livre ou de vous le faire prêter au plus vite.
« L’heure est venue de peindre le portrait en pied du lieutenant criminel Besson, dont nous avions esquissé dans notre première chronique la brutale trahison, quand il changea d’armée au cœur de la bataille, passant du Parti social au Parti impérial, et qu’il devint le singe de Sa Majesté. Ce fut une jolie prise de guerre, l’homme était à la botte de Notre Vénéneux Monarque et dépendait de ses victoires (…).
Le lieutenant criminel ayant la foi des convertis, Notre Pervers Souverain lui réservait les plus dégoûtantes besognes ; il en frétillait et s’exécutait. Il reçut ainsi la mission d’orchestrer le thème du patriotisme outré pour le chiper aux partisans de la droite extrême qui s’en gargarisaient (…) Très vite, les débats se mirent à dériver sur le rôle néfaste des étrangers, mais qui étaient-ils , ceux-là ? (…) Ces discussions hâtives permettaient un temps d’oublier le chômage et les véritables problèmes. Les débats du lieutenant criminel Besson dévièrent vers l’amalgame, de l’amalgame au racisme et du racisme à la simple idiotie … »

Patrick Rambaud
« Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er », Patrick Rambaud, Ed.Grasset, 14 €.