Paroles de commerçants castrais…
Publié dans c) Vie municipale (86), le 31/03/2011 à 6:02, par Philippe GuerineauDe notre envoyée spéciale, Géraldine Rouquette, conseillère municipale et …grand reporter
Quand on est un élu d’opposition à Castres et que l’on veut s’informer, il faut parfois avoir le culot (ou le courage) de s’inviter à des réunions auxquelles on n’a pas été convié et où l’on n’est pas forcément le bienvenu.
C’est ainsi que le mardi 22 mars, 3 élus du groupe CAGV (Castres A Gauche Vraiment), André Martinez, Robert Gourjade et moi-même, nous nous sommes rendus à la C.C.I. pour assister à la rencontre entre les représentants de la majorité municipale (les groupes d’opposition n’avaient pas été informés de cette réunion) et les commerçants du centre-ville. Il faudrait d’ailleurs plutôt écrire entre Pascal Bugis et les commerçants tant les autres élus ont brillé soit par leur silence soit par leur absence ( ce fut notamment le cas des deux élus en charge des liens avec les commerçants ).
Le moins que l’on puisse dire c’est que le maire de Castres n’est pas sorti vainqueur du petit jeu des questions- réponses destiné à apaiser les craintes et à canaliser la colère des commerçants de la place de l’Albinque et du marché couvert. Cette réunion a mis en évidence ce que nous ressentions déjà depuis un certain temps, un fossé ce creuse entre la municipalité UMP qui dirige la ville et les acteurs de l’économie locale que sont les commerçants.
Nous étions intervenus lorsque le maire avait donné le marché des livres scolaires à l’ « Espace culturel » Leclerc et les réactions avaient été nombreuses. Aujourd’hui, c’est plus largement le commerce de proximité autour du quartier de l’Albinque, qui est menacé par l’implantation du nouveau centre commercial du même groupe, dans un quartier dont l’activité économique sera déjà fragilisée par les travaux de rénovation de la place.
Les questions entendues lors de cette réunion témoignent du malaise profond qui gagne les commerçants du centre-ville :
« Le centre-ville est désert. La municipalité s’en aperçoit-elle ? Les travaux vont aggraver les choses. Quelles solutions proposez-vous ? Allez-vous proposer des places de stationnement gratuites ? »
Réponse du maire : « Le stationnement payant est pour l’automobiliste la garantie de trouver des places. Avant le stationnement payant, le centre-ville était gangrené par des voitures ventouses. Les commerçants se garaient devant leurs magasins… ». Signalons au passage que les amoureux de la langue française auront eu ce soir-là la surprise d’entendre dans la bouche du 1er magistrat de la ville le barbarisme « se stationner » à plusieurs reprises lorsqu’il fut question des aménagements de la place de l’Albinque.
La réponse du maire à la question posée sur la « double peine que constitue l’implantation de l’hypermarché Leclerc en même temps que les travaux de la halle et de la place de l’Albinque » par une commerçante ayant déclaré que les seuls interlocuteurs de la mairie qu’elle voyait étaient les placiers, témoigne du mépris et de l’arrogance dont peut faire preuve Pascal Bugis lorsqu’on ne partage pas son avis : « le Leclerc n’est pas encore ouvert, vos arguments relèvent du procès d’intention. Au lieu de discuter avec les placiers, venez rencontrer les élus ».
Réponse de la salle : « Les élus on ne les voit jamais ! ». La réponse de P. Bugis est lourde de sens: « Vous ne les connaissez pas ! ».
Il a aussi déclaré : « Je vais rencontrer bientôt les commerçants du marché couvert » (la concertation aurait pu avoir lieu avant!!! Il a en outre expliqué que les entreprises n’étaient pas choisies mais a refusé que les commerçants puissent être associés aux discussions sur l’organisation des travaux).
Nombreuses protestations concernant le déplacement du marché de la place Jean Jaurès vers la place Soult lors du festival Extravadanses (1ère quinzaine de juillet). Proposition est faite que les spectacles se tiennent sur la grande place à côté du théâtre, refus catégorique du maire : « Impossible à cause du parking souterrain« . Chacun en est resté stupéfait…
Un autre commerçant est intervenu sur l’état de certaines rues du centre-ville en soulignant que rénover le bitume était certes beaucoup moins médiatique que les grands travaux mais que c’était pleinement nécessaire et une priorité aux yeux de beaucoup de Castrais.
Les oreilles attentives auront certainement relevé que si les places sont rénovées ce n’est pas pour que les jeunes puissent s’y réunir, ou y faire la manche, en témoigne d’ailleurs le renforcement des arrêtés anti-mendicité exposés samedi dans la presse locale.
A propos de la presse, celle-ci n’avait visiblement pas été conviée non plus. Il devait être question de vidéosurveillance, peut-être que cette épineuse question ne devait pas être médiatisée…ou peut-être est-ce notre présence ou le ton de la réunion qui a décidé le maire à botter en touche sur le sujet. On notera tout de même sa réponse à la question d’un jeune commerçant qui avait décidé d’en parler quand même : « Ce sera installé en juillet. C’est décidé. ». On aura au moins appris quelque chose !!!
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Avant-première : vous lirez ci-dessous la Tribune libre déposée par les 5 élus municipaux le 28 mars mais qui ne paraîtra dans Castres Magazine que …fin avril.
Centre-ville : inquiétudes et mécontentement
La réunion du 22 mars avec les commerçants du centre-ville convoquée par le Maire a montré un fort mécontentement. L’opposition n’était évidemment pas invitée… La concertation est inexistante, ont souligné plusieurs intervenants, qu’il s’agisse de la rénovation de la place de l’Albinque ou de la survie du marché couvert.
Rappelons qu’une seule délibération concernant la place de l’Albinque a été soumise au Conseil municipal, alors qu’il s’agit du projet le plus important du mandat, nous nous étions abstenus devant l’imprécision du projet et son coût très élevé.
Inquiétude de tous face à la décision du maire de l’ouverture (absurde) d’une nouvelle zone commerciale route de Lautrec alors que l’activité du centre-ville est au ralenti. N’oublions pas les habitants et notamment de nombreuses personnes âgées qui risquent de voir disparaître des commerces de proximité indispensables. Inquiétude aussi sur le projet toujours caché de réhabilitation de l’ancien hôpital.
La question du stationnement payant a été soulevée comme un élément ne favorisant pas l’activité commerciale. Il nous semble urgent de prendre des mesures. Et d’abord de mettre en place une vraie concertation.
Philippe GUERINEAU – Monique MAYNADIER – André MARTINEZ – Géraldine ROUQUETTE – Robert GOURJADE
Ah ! ces élections cantonales resteront dans les annales avec un taux d’abstention record : plus de 55 % sans compter les non inscrits de plus en plus nombreux, les quartiers populaires particulièrement touchés par la fracture civique que rien ne semble pouvoir ( à ce jour) combler,
Les élections cantonales des 20 et 27 mars 2011 n’ont hélas fait que confirmer le diagnostic que chacun pouvait porter depuis des mois sur l’état de la démocratie dans notre pays.
Les Directeurs des ARS ( Agences Régionales de Santé) favorisent le transfert vers le privé lucratif des soins les plus rentables pour le plus grand profit des groupes financiers de la santé et de leurs actionnaires.
-une exclusion des structures de concertation (conseils de surveillance et conférence de territoire) des comités et collectifs défendant l’hôpital public et l’accès aux soins pour tous.
On parle beaucoup des Français de souche. Entendons-nous d’abord sur le mot. Souche apparaît en français au 14e siècle. Dans le Berry, on a longtemps dit soche, choche et cosse ; en Bourgogne, suche ; en Picardie, choke ; en Normandie, chouque ; en Saintonge, cosse ; dans les faubourgs, on parlait de soutse et en Provence de soc et de soca. Le mot vient en tout cas du latin soccus, soulier de bois.
Ces migrations sont belles et nobles. Rien à voir avec celles dont se plaignent, dit-on, les Français de souche. Ceux-ci ne déplorent pas les migrations internes ou nationales, rurales ou pastorales, pas plus que les migrations d’oiseaux, d’ions colorés ou de leucocytes ; non, ce dont ils se plaignent, ce sont les migrations d’étrangers. La souche, on le comprend, tient à son sol. Elle se souvient de l’arbre qu’elle porta, peut-être même de la sève qui la parcourait. La souche, c’est un arbre sans tronc, sans branches, sans feuilles, sans fleurs et donc sans fruits, qui n’a plus que ses racines et qui attend en pourrissant dans son trou. Cet arpent de boue, elle se l’approprie ; elle croit qu’il est sien, qu’il lui appartient, qu’elle en est la gardienne – elle n’en est que la scorie et, de l’arbre, la ruine. Or le vent comme l’esprit souffle où et quand il veut, apportant du ciel cent mille formes de vie. Mais la souche est butée : c’est sa terre, c’est son trou, c’est son sol, c’est sa boue, hors de ma vue, pas touche. La souche est têtue comme une bûche.