« La République défigurée »
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 29/04/2011 à 15:33, par Philippe Guerineau« Etat des Droits de l’homme en France en 2011 »
La Ligue des droits de l’homme ( LDH) après « la Justice bafouée » et « Une société de surveillance » vient de publier son « état annuel des droits de l’homme 2011 » titré « La République défigurée ». Pour la LDH, les valeurs cardinales de liberté, égalité, fraternité, auraient cédé le pas à la sécurité, aux inégalités et à la précarité.
Dans cette étude, plusieurs universitaires et intellectuels estiment que les 4 premières années de la présidence de Sarkozy ont menacé les fondements de la République « laïque, démocratique et sociale » définie par l’article 1er de la Constitution de 1958.
Dans l’ouvrage, la LDH établit également une chronologie de l’année 2010 concernant les atteintes aux droits de l’homme dans notre pays. Parmi les nombreux chapitres, citons ceux relatifs à la sécurité, aux inégalités, à la précarité.
Sécurité : le discours de Grenoble du 30 juillet marque une véritable rupture : « Un discours ultra-sécuritaire qui divise le peuple français en faisant émerger une nouvelle catégorie, les Français d’origine étrangère, pour qui la nationalité ne serait plus acquise ou de droit mais précaire et conditionnelle. L’article 1 de la Constitution qui dispose que la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion, est foulé aux pieds sans états d’âme. »
Inégalité : pour les auteurs de la LDH, l’égalité est un des dogmes de la République les plus malmenés : « L’année 2010 de la présidence Sarkozy fut une illustration de l’objectif poursuivi à savoir la conservation du pouvoir au profit d’un clan. »
Les exemples abondent que nous connaissons bien , l’écart qui ne cesse de se creuser entre les 10% les plus pauvres et les 10 % les plus riches pour les revenus, c’est encore plus vrai pour le patrimoine : « En 1998, le patrimoine des 10% des ménages les plus fortunés étaient 1600 fois supérieurs à celui des 10 % les moins fortunés ; en 2004, il était 2100 fois supérieur. » Inégalités scolaires, inégalités en matière de soins, inégalités face à l’avenir avec la question des retraites, partout les écarts se creusent, accentués par « la dégradation des missions des services publics ».
Précarité : le sociologue Robert Castel insiste sur la rupture d’égalité entre les citoyens : « La citoyenneté sociale » est mise en péril « 73 % des premières embauches se font sous la forme de contrats comme le CDD et l’intérim (…) L’expansion de la précarité entraîne une reconfiguration profonde du monde du travail dans le sens de sa fragmentation »
La fin des attributions dévolues au Médiateur de la République, au défenseur des enfants, à la Halde, etc…pour les regrouper dans les seules mains d’un Défenseur des droits, inquiète et scandalise.
Un livre à lire de toute urgence pour ne pas …s’habituer à l’inacceptable.
« La République défigurée », La Découverte, 126 p.12€.

CERCLE DE SILENCE
Prochain Cercle de Silence VENDREDI 29 AVRIL de 18 h à 19 h, place Jean Jaurès, près de la Fontaine – Castres
Henri Pena-Ruiz dont les livres ont souvent été évoqués dans ce blog, répond non. Celui-ci est maître de conférence à l’Institut d’études politiques de Paris et professeur agrégé de philosophie en Khâgne (classe supérieure classique) au lycée Fénelon. Philosophe et écrivain défendant les valeurs de solidarité, il est devenu un spécialiste des questions de laïcité (nombreux sont ceux qui se souviennent de son passage à la bibliothèque de Castres lors d’un colloque). Il a été en 2003 l’un des vingt sages de la commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi. Il dénonce la laïcité « ouverte » ou « plurielle » comme étant une contestation dissimulée des principes de la laïcité, qui, par définition, est ouverte.
« La discussion de la loi de 1905 fut âpre, mais elle définit clairement la laïcité : la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. Pour l’adopter, il a fallu aménager des compromis : l’entretien des églises en est un, 34 500 églises et cathédrales étant la propriété de l’Etat depuis la Révolution. Après des débats très agités, l’Etat décide qu’il reste propriétaire de ces biens, et il leur donne un statut patrimonial, de monument historique. On peut désormais entrer dans Notre-Dame sans se signer pour contempler les vitraux, voire écouter un concert d’orgues. Certains étaient partisans de prélever un loyer, mais Briand et Jaurès ont plutôt incliné vers la mise à disposition gracieuse. Depuis le 1er janvier 1906, l’Etat ne peut financer ni la construction ni l’entretien de nouveaux lieux de culte, quelle que soit la religion. Quand Jack Lang a accepté de financer sur des fonds publics la cathédrale d’Evry [Essonne] sous prétexte d’y faire un musée d’art chrétien, il est totalement hypocrite. En fait de musée, il y a deux salles avec trois objets qui se battent en duel. L’argent public d’un ministère socialiste de la Culture a servi à construire un lieu de culte. C’est une entrave à la loi de 1905. Quant à Delanoë, qui a financé une partie des travaux dans le temple de la rue Madame, dans le VIe arrondissement de Paris, il a, lui aussi, violé ouvertement la loi de 1905.
Un 21 avril peut en cacher un autre. Bien sûr, on se souvient du 21 avril 2002 ( Le Pen au 2ème tour ). Il faudrait rappeler et certains s’en sont chargés récemment, salle Gérard Philipe, qu’un autre 21 avril est assumé par les propagandistes de l’extrême droite. Mais quel est cet autre 21 avril ?
Salan et Jouhaud se réfugieront dans la clandestinité et prendront la tête de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète). Celle-ci sera responsable de centaines « d’ attentats aveugles » et de 2400 assassinats de Français et surtout d’Algériens.
J.P.M. est resté fidèle à ses idées de jeunesse, sympathisant de l’OAS, il fut emprisonné à plusieurs reprises. Parmi ses ouvrages, un hommage à Bastien Thiry.
Il est rarissime qu’un maire retire au cours d’un Conseil municipal une délibération. C’est pourtant ce qui s’est passé le 19 avril. Comment en est-on arrivé là ?
Le 9 avril, Philippe Fournier (1), président de l’association Castres A Gauche Vraiment et Philippe Guérineau, président du groupe des 5 élus municipaux ont envoyé à l’ensemble des partis de gauche de la ville de Castres ainsi qu’à diverses organisations syndicales et mouvements associatifs, une lettre que vous pourrez lire ci-dessous, lettre qui appelait à une réunion mercredi 20 avril.