Archives de mai 2011

Lendemains de fête à Laden Petit – Train

Un samedi de bonheur partagé

 

Je crois n’avoir manqué au cours de ces 20 dernières années aucune fête de quartier à Laden Petit – Train. Il est vrai qu’entre 1995 et 2001 , maire-adjoint chargé de l’animation et de la culture, une des priorités de la municipalité de gauche sans cesse réaffirmée, a été de développer l’animation mais aussi la culture au cœur du quartier.

On se souvient en effet de la transformation d’un ancien petit centre commercial en salle de réunions et de spectacles, de la venue de chanteurs connus nationalement , du cinéma en plein air, d’un atelier de «  caisses à savon », théâtre, une résidence d’un artiste du Centre d’art contemporain… pour ne donner que quelques exemples.

Autres priorités : favoriser les relations entre l’école primaire du quartier et le Conservatoire national de musique et de danse, aider à la création d’associations pouvant favoriser le lien social indispensable…

L’arrivée de la droite à Castres mit un terme à la dynamique créée et aux projets à venir. D’ailleurs la fête du quartier fut abandonnée durant quelque temps. Nous protestâmes au Conseil municipal, elle reprit.

L’accueil qui m’est fait, encore ce samedi durant presque 2 heures me va droit au cœur. Elèves d’hier et d’aujourd’hui, familles dont j’ai souvent marié les enfants, l’occasion de se revoir, d’échanger quelques mots. Beaucoup sont ravis que je sois présent, les adolescents semblent fiers que leur enseignant applaudisse à leurs spectacles. Instants toujours émouvants et inoubliables.

Pourtant derrière ce bonheur furtif, ces rires que l’on voudrait voir durer se cache une réelle souffrance. Inutile de rappeler les chiffres catastrophiques parus dans un rapport du CUCS ( Contrat Urbain de Cohésion Sociale) concernant les conditions de vie de l’ensemble des habitants : précarité, chômage, exclusion, grande pauvreté…

Dégradation accélérée de l’ensemble du quartier, aujourd’hui il n’est pas excessif de le caractériser comme «  ghetto urbain » , les tensions sont réelles, l’école maternelle et primaire malgré le dévouement au quotidien des enseignants, présents également à la fête, connaît de grandes difficultés.

Les promesses de campagne électorale du maire de Castres de travailler à la «  rénovation du quartier » sont à ce jour oubliées. Pas le début d’un commencement de quelque chose…

Beaucoup de jeunes et de moins jeunes m’ont dit qu’ils avaient été sensibles au contenu  de la dernière tribune libre parue dans  Castres Magazine :  « Refuser et combattre le racisme » tant nombre d’entre eux le vivent malheureusement. Trop de discriminations et de stigmatisations !

Il y a urgence sociale, urgence démocratique, voire urgence environnementale . Il est temps à cette municipalité trop souvent dans le déni, d’en prendre conscience, avant qu’il ne soit trop tard…N’est-il pas déjà trop tard ?

 

Une fête des associations en miniature

« Mais que fait la mairie … ? »

Samedi 10h30 le Salon s'éveille

Samedi 28 et dimanche 29 mai se tenait au Parc des Expositions le 1er salon Sports et Loisirs, comprendre la présence de 48 associations sportives locales.

Objectif pour chacune d’entre elles : faire connaître ses activités et par là même augmenter le nombre de ses adhérents.

L’initiative est organisée par l’OMEPS ( Office municipal ( sic !) d’éducation physique et des sports).

Samedi matin, des 10h30, je suis sur les lieux, un petit air de feue la fête des associations. D’ailleurs plusieurs personnes me feront part avec regret et  nostalgie des fêtes des associations qui s’étaient déroulées à Castres en octobre 1997 et en octobre 1999.  » Avis de recherche de la fête des associations  » - 17/09/2009

Coureurs de fond

Visite des stands, tous plus agréables les uns que les autres, tant des efforts d’imagination et de décoration avaient été déployés.

Nombreuses animations, les enfants étaient à la fête.

 Que de découvertes pour les parents !

Comme je l’écrivais déjà en 1997, adjoint au maire chargé de la culture et de l’animation: 

«  Ce type d’initiative est à la  fois une formidable vitrine pour l’image d’une ville et une forte reconnaissance du travail accompli par des centaines de bénévoles. »

Rugby féminin

Curieusement, mais est ce vraiment étonnant ? les deux derniers numéros ( 189 et 190) du magazine de la Ville de Castres n’annoncent pas l’initiative,  nul dépliant, nulle affiche, peu d’habitants de Castres et au-delà ont pu être informés.

Cette absence de soutien m’a été d’ailleurs relatée par de nombreux responsables d’associations.

J’avoue que je ne m’explique pas une telle désinvolture. Comment justifier cette attitude ?

Comment accepter la suppression de la fête des associations dans notre ville (alors que plus de 220 de celles ci étaient présentes en 1997 et 260 en 1999 ?)

Incapacité notoire, absence de travail en équipe entre les adjoints, volonté politique d’affaiblir la vie associative ?  La question est de nouveau posée.

On se souvient du désengagement financier de la ville vis à vis de l’OMEPS fin 2008  » Pour que vive l’OMEPS » – 18/03/2009), ce qui avait entraîné le départ de nombreux salariés.

Il aura donc fallu tout le savoir-faire et la volonté du directeur de la structure et de son président pour faire exister celle-ci et être capable aujourd’hui de rassembler plusieurs clubs et associations sportives.

Là où on atteint le comble de l’imposture ou de la supercherie (au choix) : d’un côté le mot du maire et de son adjoint aux sports dans la dernière brochure de l’OMEPS, de l’autre ne rien faire ,je dis bien ne rien faire pour encourager les «  2 jours dédiés aux sports et aux loisirs ».

Triste constat !

 

En direct de Lardaillé Roulandou

Et une réunion de quartier de plus, une…

Ecole maternelle de Roulandou

Ecole maternelle de Roulandou

Mais que vient-il donc faire dans une réunion de quartier, mardi 24 mai en fin d’après midi, à l’école maternelle de Roulandou ? Question que devaient se poser un certain nombre d’habitants présents quand j’ai  traversé la salle.

J’ai déjà longuement expliqué dans ce blog la nécessité pour toutes celles et ceux qui s’intéressent autant que faire se peut à la vie quotidienne des Castraises et des Castrais, d’être présents et à l’écoute de l’expression de diverses préoccupations.

Je suis une nouvelle fois étonné de l’absence d’un certain nombre d’amis pourtant destinés, enfin c’est ce que j’ai cru comprendre, à s’occuper un jour de la gestion municipale.

Le 5 avril, à l’école de Bisséous, « Tranches de vie à Bisséous » , j’étais en compagnie d’élus et d’adhérents de l’association « Castres A Gauche Vraiment » .

Bon, rentrons dans le vif du sujet.

Dégradation du centre commercial

Première demie heure , c’est l’occasion pour le maire de rappeler quelques réalisations (essentiellement de la voirie) effectuées depuis sa dernière visite (plus de deux ans se sont écoulés), l’occasion de souligner l’achèvement de certains projets (voie urbaine nord), cette fois-ci, il soulignera le concours financier du Conseil Général (ma présence, peut-être une remarque parue dans ce blog).

L’occasion de revenir, de revenir…sur la restructuration de l’Albinque, les Arcades, l’îlot Gambetta (à noter l’expression «  société de promotion » à la place de « promoteur immobilier » et  le terme « logement de standing qui ne convient pas »,  – ah, les mots qu’il faut cacher ! -) .

Terrains en friche Lardaillé

Enfin l’éternel couplet concernant la taxe d’habitation ( taux inchangés , augmentation des bases de 2 à 3 % par an) , pour le citoyen castrais, il y a in fine augmentation. L’encours de la dette qui a baissé puis remonté (ne voilà-t-il pas que pour la première fois, l’édile reconnaît que les transferts de compétence-et donc de dettes- vers la Communauté d’agglomération expliquent en partie la dite baisse). Tout va bien, je suis assis.

Une centaine de personnes présentes, place aux questions : « Il faut le dire à M.le maire » :  « Vitesse excessive chemin Saint Hippolyte »(alors, les ralentisseurs, trop hauts ou trop bas ?) « Je trie mes déchets », « Pas de collecteur » (alors, nuisance des containers en permanence sur les trottoirs, alors les containers enterrés…), « danger : pas d’espace piéton protégé devant la polyclinique »

Nuisances autour de Gifi

Nuisances autour de Gifi

L’on vient avec une série de questions, celles-ci peuvent paraître bien anodines, bien superficielles à certains et pourtant elles méritent le respect : les personnes et les questions.

Pas simple de s’exprimer …Je ne supporte plus les rires gras et stupides du petit clan d’affidés.

HLM de Lardaillé, une première tranche de travaux a été effectuée (double vitrage), les habitants attendent toujours la suite : parkings, portes d’entrée, volets, terrasses qui se fendent, etc…

Ce chemin sera-t-il refait un jour ?

Il semblerait que l’OPHLM ne soit plus joignable.

Riverains de la zone du Siala, au dessus de Gifi, chemin dégradé, emballage et papiers à tous vents, bassins de rétention à la triste mine, non protégés, «  j’ai baissé les bras ».

Il est déjà 20h, je quitte l’assistance, je poursuis une rapide discussion concernant le centre commercial :  « Nous voulons être écoutés », « je veux être entendu », oui, c’est bien cela…

 

Le cri du Cercle de Silence de Castres

Peut être notre mauvaise conscience …

 

Chaque dernier vendredi du mois, plusieurs dizaines de personnes venues d’horizons différents, chrétiens, athées, militants associatifs de la CIMADE ou du Réseau Education Sans Frontières…forment un cercle sur la Place Jean Jaurès durant une heure , on peut quitter ou rejoindre ce cercle à chaque moment et cela dure …depuis trois ans.

Etonnement et questionnement des passants en  fin de semaine. En cette saison, les terrasses des cafés sont pleines, on s‘active encore pour les dernières courses ou on s’attarde avec quelques amis.

Des hommes et des femmes ont choisi de faire silence pour exprimer leur indignation face au sort qui est fait aux « sans papiers », leur enfermement systématique dans des Centres de Rétention Administrative ( CRA).

 Ils et elles s’indignent de l’emprisonnement d’enfants arrachés à leur école et expulsés sans ménagement.

Par le silence « ils écoutent leur propre conscience et font appel  la conscience de leurs concitoyens ». Les Cercles de Silence initiés par les frères franciscains de Toulouse en 2007 se sont multipliés partout en France, sans doute plus de 200 à l’heure actuelle.

 Une partie de la communauté chrétienne sent qu’elle ne peut vivre l’évangile sans se soucier de l’accueil des migrants (quelle drôle d’idée !). Message fort qui mérite toute notre attention et notre soutien fraternel. 

Le prochain Cercle de Silence de Castres aura lieu :  

LE VENDREDI 27 MAI de 18 h à 19 h place Jean Jaurès, Castres.

 Il sera exceptionnel pour 2 raisons :

 1 – Il se tiendra la veille d’une grande manifestation nationale contre la xénophobie à laquelle participent un grand nombre de Cercles de Silence. 

2 – A l’occasion du 3e anniversaire du 1er Cercle à Castres, les Cercles de Mazamet et d’Albi se joindront à celui ci.  

A la suite de ce Cercle , les participants se retrouveront pour un pique-nique (façon « auberge Espagnole ») à Gourjade. Le rendez-vous est fixé sur le parking de Gourjade. 

 

 

Pardon à Nafissatou

Il y a des textes que l’on attend, des textes que l’on espère, des textes dans lesquels on pourra se reconnaître, des textes qui savent exprimer en quelques mots ce que l’on ressent, des textes courageux ou tout simplement empreints d’une profonde humanité dans une période marquée malheureusement dans une partie de la gauche ( c’est ma famille) par tant de régressions politiques et idéologiques, toujours au nom bien sûr d’une «  raison d’Etat ».

Fermer les yeux parce qu’il y a une stratégie, une ligne politique, des sondages, non merci ! Il y a faute morale et politique quand certains hommes de gauche ne trouvent rien à redire pendant plusieurs jours quand une femme se plaint d’avoir été violemment agressée. Lisez et relisez le texte ci dessous d’Alain Rémond (Marianne 21 au 27 mai). Tout n’est pas perdu…

- – - – — – - – - – - – -

 

Chacun connaît Alain Rémond, journaliste puis rédacteur en chef durant de nombreuses années au magazine Télérama. On se souvient qu’il participa pendant 6 ans à l’émission Arrêt sur Images (France 5).

Actuellement il rédige toutes les semaines une chronique dans l’hebdomadaire Marianne et un billet quotidien dans le journal La Croix.

 

Pardon à Nafissatou

 

« Tout ce que l’on sait d’elle, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est qu’elle s’appelle Nafissatou (…) C’est d’elle que j’ai envie de parler. Elle, Nafissatou.(…) 

Tout le monde, partout, ne parle que de Dominique Strauss-Kahn. Tous les journaux, tous les magazines, font leur une sur Dominique Strauss-Kahn . Toutes les radios, toutes les télévisions, consacrent des éditions spéciales à  Dominique Strauss-Kahn. Tous les hommes politiques, tous les intellectuels, tous les experts qui interviennent sur « l’affaire  Dominique Strauss-Kahn », parlent de Dominique Strauss-Kahn. Grandeur et décadence. Le drame. La tragédie. La chute. La descente aux enfers. Sa psychologie. Ses qualités et ses défauts. Comment il a été humilié par la police et la justice new-yorkaises. Les menottes. Les photos. Livré aux chiens. Et, bien entendu, cette formule répétée comme un mantra, matin, midi et soir : « présumé innocent ».

Oui,  Dominique Strauss-Kahn est présumé innocent. Je ne l’oublie pas. Mais Nafissatou, elle, elle est présumée quoi ? Elle est présumée victime. Elle est présumée avoir subi une agression sexuelle et une tentative de viol par le présumé innocent  Dominique Strauss-Kahn. Et c’est de lui que tout le monde parle. C’est lui que viennent défendre ses amis, à la radio, à la télévision, avec des trémolos d’indignation dans la voix. Sans un seul mot pour la présumée victime. Sans un seul mot pour Nafissatou.

Le sujet, c’est  Dominique Strauss-Kahn. Le sujet, ce n’est pas Nafissatou.. Ce qui mobilise les grandes plumes, les plus grandes voix, c’est  Dominique Strauss-Kahn. Ce n’est pas la présumée victime. Après tout, Nafissatou n’est qu’une femme de ménage. Une immigrée. Une mère célibataire qui vit dans le Bronx et qui n’est, comble du comble, « que très peu séduisante ».Alors que Dominique Strauss-Kahn , lui , est tout de même ancien ministre, directeur général du FMI, parti pour être prochain président de la République française. Ce qui lui arrive n’est-il pas incroyable, invraisemblable, inimaginable ?

 

Oui, ça l’est. Et ce qui arrive à Nafissatou, c’et quoi ? Qui se préoccupe de ce qui arrive à Nafissatou ? Qui se préoccupe de ce qui l’attend, au tribunal, quand il lui faudra témoigner contre l’un des hommes les plus puissants de la planète, défendu par les plus puissants avocats des Etats-Unis ? Qui se préoccupe du calvaire qui l’attend quand il lui faudra raconter, par le détail, ce qu’elle affirme avoir subi ? Quand elle devra répondre aux questions insistantes, insidieuses des avocats de Dominique Strauss-Kahn, cherchant à la déstabiliser, à la décrédibiliser, à la faire se contredire ? Qui se préoccupe de ce qui est devenue sa vie, à la présumée victime, après avoir été ( si elle l’a été) sexuellement agressée par le présumé innocent ?

Oui, j’aimerai parler de Nafissatou. De sa vie d’immigrée. De sa fille de 9 ans. Du pays d’où elle vient. Pourquoi et comment elle en est partie. Quels étaient ses rêves, ses espoirs. Comment elle a été accueillie, comment elle s’est débrouillée. Nafissatou, femme de ménage au Sofitel de Times Square, en plein cœur de New York. Nafissatou qui donne entière satisfaction en tout, comme dit son patron. Nafissatou qui fait son travail, qui vient faire le ménage dans la chambre 2806, le samedi 14 mai ,à 12h. Et qui, affirme-t-elle, s’est fait sexuellement agressée par l’occupant des lieux.

 

La presse, la radio et la télévision s’inquiètent de ce qui se passe au FMI. Intrigues, jeux de pouvoir, négociations de couloir pour savoir qui va remplacer Dominique Strauss-Kahn. Et, certes, c’est important, de savoir qui va devenir directeur général du FMI. Et qui a les meilleures chances de faire gagner la gauche en 2012. Mais qui parle de ce qui se passe dans la tête de Nafissatou , dans le cœur de Nafissatou, dans le corps de Nafissatou ? Ca n’intéresse personne. Ce n’est pas important.

 

Ce que j’aimerais, en réalité, c’est lui demander pardon, à Nafitassou. Pardon pour tous ceux qui l’oublient. Pour tous ceux qui ne pensent qu’au sort de Dominique Strauss-Kahn, au destin de Dominique Strauss-Kahn. A l’avenir de Dominique Strauss-Kahn. Et qui n’ont pas une pensée pour elle. Je sais ( vous allez me le rappeler) : il est présumé innocent. Elle est présumée victime.

Je parle pour la présumée victime. »                                                       Alain Rémond