Lendemains de fête à Laden Petit – Train
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 31/05/2011 à 8:01, par Philippe GuerineauUn samedi de bonheur partagé
Je crois n’avoir manqué au cours de ces 20 dernières années aucune fête de quartier à Laden Petit – Train. Il est vrai qu’entre 1995 et 2001 , maire-adjoint chargé de l’animation et de la culture, une des priorités de la municipalité de gauche sans cesse réaffirmée, a été de développer l’animation mais aussi la culture au cœur du quartier.
On se souvient en effet de la transformation d’un ancien petit centre commercial en salle de réunions et de spectacles, de la venue de chanteurs connus nationalement , du cinéma en plein air, d’un atelier de « caisses à savon », théâtre, une résidence d’un artiste du Centre d’art contemporain… pour ne donner que quelques exemples.
Autres priorités : favoriser les relations entre l’école primaire du quartier et le Conservatoire national de musique et de danse, aider à la création d’associations pouvant favoriser le lien social indispensable…
L’arrivée de la droite à Castres mit un terme à la dynamique créée et aux projets à venir. D’ailleurs la fête du quartier fut abandonnée durant quelque temps. Nous protestâmes au Conseil municipal, elle reprit.
L’accueil qui m’est fait, encore ce samedi durant presque 2 heures me va droit au cœur. Elèves d’hier et d’aujourd’hui, familles dont j’ai souvent marié les enfants, l’occasion de se revoir, d’échanger quelques mots. Beaucoup sont ravis que je sois présent, les adolescents semblent fiers que leur enseignant applaudisse à leurs spectacles. Instants toujours émouvants et inoubliables.
Pourtant derrière ce bonheur furtif, ces rires que l’on voudrait voir durer se cache une réelle souffrance. Inutile de rappeler les chiffres catastrophiques parus dans un rapport du CUCS ( Contrat Urbain de Cohésion Sociale) concernant les conditions de vie de l’ensemble des habitants : précarité, chômage, exclusion, grande pauvreté…
Dégradation accélérée de l’ensemble du quartier, aujourd’hui il n’est pas excessif de le caractériser comme « ghetto urbain » , les tensions sont réelles, l’école maternelle et primaire malgré le dévouement au quotidien des enseignants, présents également à la fête, connaît de grandes difficultés.
Les promesses de campagne électorale du maire de Castres de travailler à la « rénovation du quartier » sont à ce jour oubliées. Pas le début d’un commencement de quelque chose…
Beaucoup de jeunes et de moins jeunes m’ont dit qu’ils avaient été sensibles au contenu de la dernière tribune libre parue dans Castres Magazine : « Refuser et combattre le racisme » tant nombre d’entre eux le vivent malheureusement. Trop de discriminations et de stigmatisations !
Il y a urgence sociale, urgence démocratique, voire urgence environnementale . Il est temps à cette municipalité trop souvent dans le déni, d’en prendre conscience, avant qu’il ne soit trop tard…N’est-il pas déjà trop tard ?