Archives de juin 2011

Tournemire et le sens des responsabilités

De l’utilité d’une opposition vigilante…

 

Tel était le titre de la dernière tribune libre écrite par les élus du groupe  Castres A Gauche Vraiment et parue dans le dernier numéro de Castres Magazine. Son objet en un mot, l’inquiétude née de la décision de vendre l’ancienne école de Tournemire à une mystérieuse association.

Cette tribune faisait suite à une délibération qui avait été présentée lors du Conseil municipal en date du 19 avril. Ce sujet avait été traité assez longuement dans ce blog le 22 avril  « On trouve de tout au Conseil municipal ». Inutile d’y revenir, vous vous souvenez peut-être, fait rarissime, face à mon intervention et à celle de Géraldine Rouquette, le maire avait préféré retirer cette délibération bien …sulfureuse, d’autant plus qu’il s’agissait d’implanter une crèche.

Bis repetita, au Conseil municipal du mardi 28 juin, la même délibération est à nouveau présentée . Nous avions prévenu qu’il n’était pas question qu’une délibération sortie par la  porte puisse revenir par la fenêtre.

Géraldine s’est donc chargée de l’intervention le moment venu (il faut vous avouer que j’avais déjà quitté le Conseil municipal pour arriver à temps au magnifique feu de la Saint Jean organisé chaque année place de l’Albinque. Toujours la même féerie, des enfants émerveillés, quelques amis rencontrés, de la musique et des danses, une bonne fin de soirée après des heures et des heures bien souvent répétitives au sujet du dossier de l’eau. Je commence à saturer, la coupe est pleine).

A mes amis…de supporter la fin du Conseil municipal , les dossiers étaient bien préparés et Géraldine, chacun le sait est une élue sérieuse et très compétente.

Bon, revenons à la délibération. Géraldine rappelle les réserves exprimées lors du dernier Conseil municipal à la fois sur la vente du patrimoine local (va-t-on vendre toutes les anciennes écoles des hameaux de Castres ? heureusement qu’il en reste quelques unes, celle de Campans accueille de nombreuses associations dynamiques, celle de la Verdarié va héberger le siège de Castres Football Club –NdB-) et sur les risques qu’il y a à laisser une association de cette nature – des évangélistes- avec d’éventuelles dérives sectaires que cela comporte – créer une crèche.

La presse locale et en particulier la Dépêche du Midi avait en son temps révélé des éléments troublants sur la nature de l’association : « L’étrange association qui veut acheter l’école ». L’élue rappelle que le maire avait émis des réserves lors du C.M. du 19 avril, constate que cette délibération est à nouveau présentée sans que nous ayons plus de garanties et appelle à ce que chacun prenne ses responsabilités.

Notre vigilance a porté ses fruits, nos interrogations ont été prises en compte puisque, fait inédit, l’ensemble des élus de la majorité s’est abstenu, l’ensemble de l’opposition ayant voté contre, la délibération est donc rejetée. Ne revenons donc pas sur ceux qui ont géré ce dossier avec beaucoup de légèreté et dans la précipitation et saluons ( une fois n’est pas coutume) le sens des responsabilités de chacun.

L’esprit de la Saint Jean ou pas …

 

Secret défense pour la vidéosurveillance

Pourquoi tant de mystère ?

Conseil municipal du 28 juin, une délibération concerne la mise en place d’un dispositif afin de relier le « centre de supervision » , comprendre le mur d’images de la Ville de Castres vers le CIC , le Centre d’Information et de Commandement du commissariat de Castres afin de permettre le déport des images vers la police nationale (montant estimé à 46 877,30 €  TTC, financé par l’Etat-Fonds Interministériel de Prévention de la délinquance) *1.

Dans la délibération, il est question de «  gestion de situations d’urgence nécessitant une intervention, comme par exemple les accidents sur la voie publique ou les troubles à l’ordre public ». Lundi matin, en consultant les dossiers au secrétariat général, je découvre que l’objectif est bien de répondre aux situations d’urgence, d’aider les opérations de police judiciaire mais il est indiqué également que le déport des images concernerait « le maintien de l’ordre public ». Entre troubles à l’ordre public et maintien de l’ordre public, il y a pour moi une grande différence.

Dans le premier cas, il peut s’agir par exemple d’une rixe à la sortie d’un bar ou d’une boîte de nuit. Dans le deuxième cas, chacun comprend qu’il s’agit plutôt de rassemblements, de manifestations syndicales, d’une initiative organisée par une association, etc…Chacun voit bien le danger d’un risque de fichage d’abord par la police municipale puis par la police nationale de Castres et pourquoi pas par le ministère de l’Intérieur…

Il y a donc un risque pour les libertés publiques, en particulier celle de manifester. Je fais donc part de ma totale opposition. Ce risque d’atteinte aux libertés existe aujourd’hui mais il peut devenir grave demain dans un contexte économique, social et politique tendu. A signaler qu’au cours d’une longue discussion concernant la vidéo-surveillance, au Conseil municipal le 2 février 2010, il n’a jamais été question d’une liaison avec le commissariat de Castres et encore moins du « maintien de l’ordre public ». Pour votre réflexion…

P.Bugis  a balayé ces remarques d’un revers de main encouragé par deux, trois élus de sa majorité particulièrement agressifs. Ambiance, ambiance…

Ne revenons pas sur le débat concernant la vidéosurveillance dans notre ville mais je me suis offusqué ainsi que les conseillers de mon groupe des conditions dans lesquelles les caméras dans le plus grand secret vont opérer. C’est imminent, dit le maire et pourtant le Conseil municipal continue à ne pas être informé.

Sur notre insistance, nous avons tout de même appris que la 1ère tranche opérationnelle se compose de 26 caméras ( au total 37 , je ne compte pas les 14 destinées à la Castraise de l’eau). 9 embauches sont prévues (embauches qui seraient mais je me répète plus utiles pour la prévention dans nos quartiers). 4 grandes zones sont concernées : l’Ecusson élargi, Lameilhé-Capélanié, Aillot-Bisséous, Laden Petit-Train.

Nous n’apprendrons rien de plus. Tout le reste relève du secret défense. Les conditions d’application de la loi, mystère ; comité d‘éthique, re mystère, périmètre des caméras «  vous ne saurez rien » et ainsi de suite…

Tout cela est bien révélateur d’une conception autoritaire de la vie municipale, de l’absence de toute démocratie, du mépris affiché vis à vis des membres du Conseil municipal. Pour rappel, coût de l’opération : 800 000 €.

Circulez, y a rien à voir et en plus, vous êtes filmé ! Bonne soirée.

*1. On apprend par  » La Gazette des communes« … : année 2011, 30 millions d’€ ont été consacrés aux subventions destinées à la vidéo-surveillance sur un total de 51 millions d’€ dépensés par le Fonds Interministériel de Prévention de la délinquance, soit 60 %.

Que tout cela ne nous empêche pas de rire  :

 

Eau : il faut sauver le soldat Bugis

Monsieur 32,5 millions d’€

 

Cellule de crise, les conseillers en communication d’ici et d’ailleurs s’activent. Les « petites mains » du Cabinet du maire se démènent, les appareils de la droite locale s’affairent, tout ce beau monde depuis une semaine est sur le pont. On s’agite et on s’affole.La situation est en effet problématique.

Une privatisation de l’eau scandaleuse, une re municipalisation hasardeuse malgré les nombreuses mises en garde, les résultats sont malheureusement là pour notre ville et ses habitants, quoiqu’on en dise, des choix douloureux devront être faits tant pour les investissements nécessaires que pour le fonctionnement.

La stratégie de communication est claire : simpliste diront les uns, caricaturale diront d‘autres : faire porter la responsabilité sur …l’opposition municipale (jusqu’ici on ne la croyait pas si importante, celle-ci étant traitée par le mépris et tenue à l’écart de tous les dossiers) qui siégeait alors entre 2001 et 2008, ce que l’on peut traduire «  battre sa coulpe sur la poitrine de son voisin » en un mot SE DEFAUSSER. Oui, cela s’appelle se défausser sur l’opposition pour ne pas avoir à se juger soi-même et ne pas avoir le courage d’assumer ses choix et ceux de sa majorité.

Première illustration de cette stratégie, une interview surréaliste de P.Bugis dans l’hebdomadaire (de propagande) Le Journal d’Ici (23-30 juin). Il n’est question que de…l’opposition. Là où on était en droit de s’attendre à des explications claires et nettes sur le dossier, rien sur les turpitudes du maire (qui continue d’approuver la privatisation de 1990 et la re municipalisation de 1994) mais tout sur l’attitude des élus de l’opposition , boucs émissaires de service.

A ce propos, cet hebdomadaire aura été le seul support médiatique à ne pas avoir encore accordé la moindre place aux réactions de l’opposition. Félicitations ! Tous les autres l’ont fait : La Dépêche du Midi, le Tarn libre, les radios, 100% et R’d’Autan, FR3 Tarn et Midi-Pyrénées… Quant à l’édito (écrit en service commandé), mérite-t-il seulement d’être commenté  tant il comporte de désinformation et de mensonges ( à moins que P.A. ne connaisse absolument pas le dossier, ce que j’ai du mal à croire…). Chacun le comprend, quand de tels intérêts financiers et politiques sont en jeu, on peut faire fi de toute déontologie professionnelle. Ce journal n’existe que pour cela.

Dans la stratégie de communication est prévue également une REUNION PUBLIQUE consacrée au dossier de l’eau à laquelle je vous appelle bien évidemment à participer ce lundi 27 juin à 20h30, salle Gérard Philipe. Sur la nature de celle-ci, l’on peut s’interroger : alors réunion utile pour nos concitoyens qui veulent dans un premier temps comprendre ( comment en est-on arrivé là ?) et dans un deuxième temps attendent des réponses concrètes concernant le fonctionnement à venir de leur cité ou bien réunion « opération enfumage » tant les « petites mains » du Cabinet nous ont habitués ( se souvenir des débats publics sur l’autoroute) à « faire une salle », à préparer les questions, à organiser la claque, à susciter des brouhahas hostiles, etc…A cette heure, je n’ai aucune garantie sur la volonté de P.Bugis pour que cette réunion publique se tienne dans de bonnes conditions …démocratiques.

Ce blog a déjà longuement rendu compte des 3 Conseils municipaux relatifs à la re municipalisation .

Petite piqûre de rappel tout de même  pour celles et ceux victimes de trous de mémoire avec ci dessous quelques extraits inédits ( en tout état de cause, il est indispensable de relire tout le dossier de l’eau ( Eau : de la privatisation à la condamnation )présent sur ce blog pour comprendre).

-          C.M. du 24 juin 2003, au hasard : M. le MAIRE : « Donc, nous allons passer au vote, et les points vont être comptés. Vous allez prendre une position historique ce soir, M.GUERINEAU avec votre groupe : vous allez vous opposer, ou ne pas prendre part au vote – ce qui est la même chose – à une re municipalisation extrêmement importante pour l’avenir de la Ville de Castres. »

-          article de La Dépêche du Midi du 16 janvier 2004 : interrogé par un journaliste, je déclare « P.Bugis est, lui, dans la position de l’histoire de l’homme qui tombe du 10ème étage d’un immeuble, et qui, à chaque étape de sa chute, dit : jusque là, ça va ! La triste réalité des choses que l’on soupçonnait arrive : il a rompu le contrat sans garantie, sans études financière préalables, et sans projections pour l’avenir. Il a , sans étudier les conséquences, fait prendre un risque énorme à la Ville, qui, si elle devait payer cette somme, devra déposer le bilan. »

-          C.M. du 3 février 2004, à nouveau mon groupe et moi-même (à l’époque, j’étais encore au PS) nous persévérons et nous ne prenons pas part au vote . Réponse de P.Bugis : «  Continuez comme cela, M.GUERINEAU, je pense que vous êtes en train de creuser votre tombe politique avec vos dents ! » ( Phrase prémonitoire mais à  la lecture du jugement rendu courant juin  il semblerait que le maire soit directement concerné).

-      C.M. du 16 mars 2004, j’expliquai qu’au cours des 2 derniers Conseils municipaux, ( désolé de me répéter pour les fidèles lecteurs de ce blog), nous avons été au bout des mises en garde face aux dangers d’une re municipalisation effectuée dans de telles conditions. Mission remplie.

 «  L’éthique de responsabilité, nous l’avons montrée au cours des derniers mois. Ce soir, nous sommes arrivés au bout d’un processus, et la décision qui se dégagera de cette assemblée ne dépendra pas du vote des élus socialistes…Nous tenons à affirmer notre éthique de conviction : un service public de l’eau et de réaffirmer, partout où nous sommes, que demain l’eau sera un enjeu majeur. Puisque l’éthique de responsabilité, aujourd’hui, après ce que nous avons démontré, pèsera très peu ce soir, nous tenons à affirmer notre éthique de conviction pour un grand service public de l’eau, qui aurait du continuer d’exister depuis 1990 et  que vous avez rendu malade aujourd’hui. C’est donc pour cela que le groupe socialiste votera cette délibération. »

 

Je ne peux m’empêcher de porter à votre connaissance deux très courts extraits du jugement rendu par la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux significatifs des mœurs politico-financières de l’époque. Pour la Lyonnaise : «  Les droits d’entrée n’ont pas été proposés par la société mais exigés par la commune. »

Réponse de la Ville : « Dans les années 80 et au début des années 90, les distributeurs d’eau emportaient les concessions souvent en pratiquant une surenchère au niveau des droits d’entrée ;  que la collectivité n’avait pas besoin de réclamer quoi que ce soit, les propositions financières venaient des candidats, tous plus généreux (sic !) les uns que les autres. » Cette honorable pratique (source de bien de corruptions) fut interdite par une loi en 1995. Le jugement faisant une vingtaine de pages, il m’est impossible de tout vous relater.

Un proverbe nous apprend : «  Commettre deux fois les mêmes erreurs, c’est les répéter sans cesse ». Il est donc nécessaire que P.Bugis sache prendre ses responsabilités, reconnaisse là où il s’est manifestement trompé, en un mot fasse preuve de courage. Même si une décision de justice peut être commentée et elle le doit, même si le combat judiciaire n’est pas terminé, le passé restera le passé. Ce qui préoccupe les Castraises et les Castrais, c’est le présent et l’avenir (et là, manifestement, P.Bugis continue à ne vouloir écouter personne et se prépare ainsi à d’autres déboires). Ils veulent savoir sans tromperie ni maquillage ce que l’avenir leur réserve.

L’opposition , en tout cas le groupe des 5 élus municipaux de « Castres A Gauche Vraiment » dés le Conseil municipal en date du 28 juin, posera comme à son habitude les questions qui s’imposent et fera des propositions pour que les habitants ne souffrent pas des conséquences financières du jugement.

N.B. « verba volant, scripta manent » les paroles s’envolent, les écrits restent, malheureusement pour celles et ceux qui voudraient réécrire l’histoire du dossier de l’eau.

 

 

 

ENSEMBLE 1981-2011

« L’assistanat, ce cancer de la société française » Laurent Wauquiez-8 mai

Comme chaque année, j’étais présent à l’assemblée générale de l’association Ensemble qui s’est tenue le 22 juin 2011, année particulière puisque l’association célébrait ses 30 ans d’existence. Beaucoup d’émotion à l’évocation des fondateurs, notamment Pierre Mailhé, au parcours étonnant, moine bénédictin à l’abbaye d’En Calcat. C’est grâce à lui que des milliers d’enfants se réjouissent de fréquenter le centre d’accueil et d’hébergement de La Pouzaque , à l’origine destiné aux adolescents de Toulouse en grande difficulté .

Je l’avais rencontré chez Germaine ( ancienne ouvrière textile, décorée à Castres de la légion d’honneur par François Mitterrand en 1982, « petit bout de femme » de plus de 90 ans , habitant avenue de Lautrec et toujours présente à l’AG). Pierre Mailhé m’avait invité à visiter la très belle bibliothèque de l’abbaye , c’était un théologien reconnu, il est décédé en 2004. Pour Pierre comme pour Germaine, qui, historien ou journaliste prendra le temps d’une biographie ou d’un portrait ?

D’autres présidents furent également salués, certains sont intervenus pour marquer la continuité des objectifs poursuivis par l’association aujourd’hui dénommée « ENSEMBLE pour l’insertion sociale et professionnelle ».

Les bénévoles, 22 juin

Accueillir et accompagner des personnes et des familles confrontées à des problèmes de santé, d’insertion sociale, culturelles et professionnelles. Le but à atteindre : « Développer leurs compétences,  en acquérir de nouvelles, pouvoir tenir sa place dans la famille et dans la société, retrouver la certitude de son utilité, et surtout reprendre confiance en soi » ( pour la droite, toutes des « assistées » qu’il faut stigmatiser et combattre).

Une vingtaine de salariés, 38 bénévoles, un conseil d’administration de 10 personnes. En 2010, 393 personnes ont été accueillies ( 182 femmes, 173 hommes, 38 enfants). 131 d’entre elles sont bénéficiaires du RSA et 262 sont sans revenu ou bénéficiaires de minima sociaux. Beaucoup proviennent des quartiers en grande difficulté de Castres. On remarque que 42 d’entre elles ont entre 16 et 24 ans, 79 ( 25/35 ans), 102 (36/45 ans), 86 (46/55 ans), 33 (56/65 ans), 13 ont plus de 65 ans.

L’association travaille en partenariat avec les travailleurs sociaux de la ville, le CCAS, le CHRS, le Conseil Général, le Centre Médico – Psychologique, la Mission locale, les associations sociales et caritatives…

Tous les bénévoles sont montés sur scène pour présenter leurs ateliers ; trop long pour rentrer dans le détail et pourtant chacun le mériterait. Soulignons tout de même les ateliers culturels (l’écriture d’un journal «  le chat noir »), santé, cuisine, les séances hebdomadaires de comportement alimentaire ( diverses actions avec notamment le Pot’Ethique de Mazamet, connaissance des produits et producteurs locaux), le restaurant social (garantir aux personnes en situation de grande précarité un repas quotidien suffisant et équilibré – 191 personnes accueillies), accompagnement à la scolarité, renforcement de la fonction parentale, lutte contre l’illettrisme, «  Alpha- Route », ateliers préparatoires aux métiers ( cuisine-restauration, employé familial polyvalent), chantiers d’insertion…

Une immersion totale dans la réalité quotidienne vécue par de nombreux habitants de notre Bassin d’emplois, réalité trop souvent occultée, il y a les discours et il y a les actes. En cette fin d’après midi, il était particulièrement réconfortant de saluer toutes celles et ceux qui ne se contentent pas des discours et qui manifestent la volonté de ne jamais baisser les bras devant les inégalités et les exclusions.

Le mieux, c’est de vous rendre au 28 rue Croix de Fournés, et accessoirement de déjeuner au restaurant de l’association.

Le mot de la fin revient à l’infatigable président, Alain Mailhé, court extrait de son  intervention : «  Au cours des années, on a vu se succéder les difficultés économiques avec des fermetures d’entreprise, des pertes d’emplois, on a vu croître le nombre de personnes « exclues ou menacées d’exclusion… »

 

Pourquoi aller mourir en Afghanistan ?

Avoir 20 ans en Kapisa et y laisser la vie

 

Il y aura bientôt 3 ans, le 18 août 2008, que nous apprenions la mort au combat de 8 soldats du 8°RPIMa, terrible information.

L’émotion s’emparait alors de notre ville, Castres meurtrie. A chaque nouveau mort et il y en a 62 aujourd’hui, revient le souvenir de ce mois d’août.

Il y a quelques jours, Florian 20 ans, parachutiste de Pamiers, tombait à son tour. Une photo, quelques lignes de-ci delà avant de passer à autre chose. On ne sait plus pour qui, pourquoi ces jeunes continuent à mourir. Pas de débat, nulle agitation au Parlement, la routine. Pourtant aujourd’hui, 72 % des Français s’opposent à la poursuite de l’intervention militaire (sondage Ifop pour l’Humanité).

Au cours du Conseil municipal du 30 septembre, à la suite d’une délibération dont l’objet était « le soutien du projet civil du 8° RPIMa de Castres en Afghanistan » (contribution de la ville : 5 000 €) , un long débat s’est engagé. Je relis les10 pages du compte rendu et je conseille la relecture à beaucoup, notamment au député Philippe Folliot, qui était longuement intervenu et m’avait qualifié alors : «  Vous êtes dans le jeu des talibans, vous êtes dans le jeu des seigneurs de la guerre, vous êtes dans le jeu des narcotrafiquants, de toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas que la situation s’améliore en Afghanistan. »( Admirons au passage le sens de la nuance) .

Il rajoutait : «  Dire qu’il faut se retirer et arrêter, pourquoi ? Pour permettre aux talibans de revenir ? » « Il faut gagner la bataille des cœurs. »

Il répondait alors à mes critiques, dont les principales étaient : l’alignement total de la France derrière l’OTAN, les nombreux morts de civils afghans, femmes et enfants,  intolérables , l’affirmation que l’issue du conflit devait passer par une solution politique, je rajoutais que malheureusement d’autres morts seraient à déplorer demain.

Je citais alors Jean Jaurès : « Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre, le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe. »

Qu’en est-il aujourd’hui, 3 ans après ? Un gouvernement Karzaï faible et corrompu. Les talibans occupent des territoires tout aussi importants et développent leur influence . Des militaires français affirment : « Dans cette affaire afghane, les alliés font figure de paquetage. » On vient d’apprendre que des négociations s’engagent entre les américains et les talibans (déclaration de Robert Gates, secrétaire américain à la Défense). Chaque jour des civils continuent à être tués, etc…

Rien n’a donc été réglé, contrairement à ce que prévoyait et affirmait avec véhémence le député Folliot lors de cette séance du Conseil municipal inoubliable du 30 septembre 2008.

François Loncle, député PS, déclare dans La Dépêche du Midi (21 juin 2011) : «  Que dire aux parents, aux épouses, aux enfants de nos soldats morts en Afghanistan ? Comment justifier notre participation à une guerre qui est manifestement sans issue ? » etc…

En effet, que leur expliquera donc le député de Castres ?

Alors, pourquoi aller mourir en Afghanistan ? Aujourd’hui, comme nous le disions hier, une seule exigence s’impose : retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan.