Surveillons la vidéosurveillance
Publié dans c) Vie municipale (86), le 31/08/2011 à 7:31, par Philippe GuerineauBig Brother
Jeudi, c’est semble-t-il le grand jour. Vous pourrez avec bonheur commencer à calculer le nombre de fois où vous serez filmé quand vous vous rendrez d’un point A à un point B de notre ville. Je vous ferai part d’un exemple précis de Lameilhé à Aillot en passant par le centre ville : une dizaine de caméras.
Jeudi, la première tranche opérationnelle comportera 26 caméras sur un total de 51 prévues.
Inutile de revenir sur le bien fondé ou non de l’installation à Castres de tant de caméras, de nombreux écrits à ce sujet ont parsemé ce blog. Pour vous rafraîchir la mémoire, reportez vous à quelques articles : « Juillet : festival d’Extravidéosurveillance », « Secret défense pour la vidéo surveillance », « La Cour des comptes s’inquiète de la vidéo surveillance », etc…, etc…
En résumé, la plupart des spécialistes et hommes de terrain qui travaillent à faire reculer l’insécurité précisent :
- La vidéosurveillance n’a qu’un impact marginal sur la délinquance ( entre 1 et 2% du total des infractions sur la voie publique).
- Augmenter cet impact supposerait des moyens policiers supplémentaires alors qu’ils se réduisent. La vidéosurveillance promue comme un substitut et une contrepartie à la réduction des effectifs policiers est donc une absurdité.
- Le coût réel du système imposé par le lobby industriel et financier sécuritaire ( rappel : 800 000 € pour Castres sans compter de lourdes charges de fonctionnement) affaiblit les budgets de prévention avec des conséquences graves.
Respect de la loi
La vidéosurveillance va donc se déployer dans de nombreux quartiers et de nombreuses rues de notre ville.
Notre devoir est donc de veiller à ce que la loi, toute la loi soit appliquée dans notre ville. Au vu de nombreuses questions laissées sans réponse, nous pouvons être à juste titre préoccupés.
« Il y a risque si des précautions ne sont pas prises de porter une atteinte excessive au respect de la vie privée » rappelle le dernier rapport de la Cour des comptes d’autant plus qu’il n’y a pas de pouvoir de contrôle. D’ailleurs, précise la Cour des comptes, « le guide méthodologique de vidéo surveillance 2009 est peu respecté ».
Le bunker
Presque 20 personnes sont prévues, une dizaine issue des agents de la police municipale (UPU et ASVP) et 9 par recrutement, pour visionner le « mur d’écrans » .
Sur quels critères ont-elles été embauchées ? Nulle réponse à ce jour. Là encore , les premières informations sont préoccupantes (l’une des personnes issue de l’UPU est un fervent supporter de P.Bugis, participant à ses campagnes électorales, deux personnes recrutées sont des anciens du 8…), passons.
J’ai rencontré ces jours-ci un certain nombre de personnes non hostiles à la vidéosurveillance en soi qui m’ont fait part de leur inquiétude quant à la confidentialité des images, l’envoi des images vers le commissariat voire le ministère de l’Intérieur, le floutage des portes d’entrée et des habitations, etc…Le maire refuse de communiquer, de répondre à des questions précises, pourquoi tant de mystères ?
Charte déontologique ?
La population a le droit d’être informée des conditions dans lesquelles
fonctionne la vidéosurveillance dans leur ville. C’est une exigence citoyenne !
Certaines villes ont mis en place un « comité d’éthique » . Je propose sa mise en place au nom de mon groupe.
En attendant, si vous avez une minute, venez admirer les portes blindées du bunker , hall d’accueil de la mairie, à droite. Attention, vous serez filmé…















