Archives de septembre 2011

Devoir de mémoire : « Baraque 21 »

Faire connaître et vivre l’Histoire (trop méconnue)de notre ville

 

Le 10 septembre 2009, dans ce blog, j’avais relaté le livre de Jonny Granzow : « 16 septembre 43, l’évasion de la prison de Castres ». Cet épisode de la Seconde Guerre mondiale, disparu de nos mémoires est raconté avec minutie ; de même que le gigantesque réseau de solidarité qui se mit en place entre Castres et Lacaune.

Qui sait en effet aujourd’hui qu’en passant devant le Centre de Loisirs, rue Emile Zola, qu’il s’agissait d’une prison et pas n’importe quelle prison. « Baraque 21 » telle était son nom était une annexe secrète du camp de Saint Sulpice la Pointe. Tous les internés étaient des résistants : anciens des Brigades internationales, émigrés politiques, Français de différents réseaux de résistance, officiers alliés, etc… 190 internés, 11 nationalités différentes  dont 55 Français, 52 Allemands, 14 Espagnols, 13 Polonais, 7 Anglais, 4 Américains, etc…Tous s’étaient battus et continuaient à se battre contre l’occupant nazi et le gouvernement de Vichy.

35 d’entre eux s’évaderont ce fameux 16 septembre 1943.

L’Institut Tarnais d’Histoire Sociale (ITHS) a écrit le 17 février 2011 au maire de Castres . Lettre restée sans réponse. A nouveau, le 19 juillet 2011( à l’ensemble des Conseillers municipaux), toujours pas de réponse.

Extraits de cette dernière lettre : «  Par courrier en date du 17 février 2011 adressé à M.Le Maire de Castres, nous avons sollicité l’autorisation d’apposer une plaque sur l’actuel Centre de loisirs municipal, rue Emile Zola. Ce lieu fut, comme nous l’expliquions dans ce courrier une prison secrète ouverte en 1941 par le gouvernement de Vichy (…) En tant qu’Institut d’Histoire Sociale, cette démarche nous paraît tout à fait nécessaire. En effet, lors des différentes conférences organisées en 2010 par notre association dans le Tarn, et notamment à Castres, (je me souviens de la présence émouvante de Jonny Gransow qui malgré son âge continue à faire preuve d’une totale détermination et voudrait avant de mourir que son remarquable travail ne disparaisse pas ), sur le thème du fonctionnement de cette prison dite « Baraque 21 » et l’organisation d’une évasion spectaculaire, nombre d’auditeurs ont fait part de l’oubli et de la méconnaissance de ces faits.

Il ne nous paraît donc pas tout à fait qu’inutile que les utilisateurs du Centre de loisirs et notamment les jeunes générations aient une pensée, en lisant cette plaque pour les hommes et les femmes courageux qui, en ces lieux, au péril de leur vie, n’ont jamais cessé de lutter afin que nous puissions recouvrer la liberté dont nous profitons aujourd’hui.

Nous espérons pouvoir compter sur votre appui pour que cette modeste initiative reçoive une issue positive. »

Face à l’absence de réponse, 17 février et 19 juillet, notre amie Monique Maynadier (Castres A Gauche Vraiment) a saisi l’occasion du dernier Conseil municipal pour poser une question orale :  « Par courriers en date du 17 février puis en date du 19 juillet, l’Institut Tarnais d’Histoire Sociale a sollicité l’autorisation d’apposer une plaque sur l’actuel « Centre de loisirs municipal » rue Emile Zola, afin de rappeler que ce lieu fut une prison secrète ouverte en 1941 et dans laquelle furent enfermés des prisonniers politiques et des résistants de toutes nationalités ; à ce jour vous n’avez pas daigné répondre à ces deux courriers. Pourquoi ? . 

Curieusement ? le maire semble découvrir le dossier et promet qu’une réponse sera (enfin)apportée. Il n’est jamais trop tard…

 

Samedi, c’est théâtre pour tous

« Charivari dans le village »

 

Rassurez vous, il ne s’agit pas de relater l’ensemble des délibérations et « questions orales » discutées lors du Conseil municipal de mardi, plus de 5 heures et demie d’échanges parfois animés, besoin de prendre un peu de repos, ça viendra.

« Charivari dans le village » est une pièce de théâtre proposée par nos amis « les amuse-gueules » (compagnie qui s’était fait remarquer jadis dans divers lieux de la ville et du département avec « le Père Noël est une ordure »).

Les actrices et les acteurs sont bien connus : Jean Birindelli, Christian Melon, Hugues Lacan, Cassandre Monné, Martine Monné.

 A la technique : Yannick Auriol, Thierry Lucas, Yoan Melon.

« L’histoire se déroule dans un petit village du fin fond du Tarn. Le curé et le maire sont inquiets : l’épicerie café tabac va fermer. Il faut trouver une solution pour que le village ne meurt pas. Finalement, c’est sur une ex taularde arrivée presque par hasard qu’ils vont compter… »

Le spectacle ( durée : 1h45 ) est organisé par la Caisse d’action sociale de l’EDF de Castres (encore des amis) ; les bénéfices seront intégralement reversés au Secours Populaire français (toujours des amis).

Rendez vous donc le samedi 1er octobre à 21h, salle Gérard Philipe.

Entrée : 5 €, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

 

L’école sacrifiée

Un saccage méthodique de l’Education

 

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Une analyse rapide des coupes budgétaires depuis 10 ans pourrait laisser penser que tous les élèves sont touchés de la même façon. Il n’en est rien, ce qui rend d’autant plus la situation actuelle intolérable.

L’on n’insiste pas assez sur le fait que cette réduction des moyens va peser sur les élèves les moins bien lotis scolairement et socialement, c’est à dire que se dessine, si le bras des vandales n’est pas stoppé rapidement, une école à deux vitesses en un mot « une école de classe ».

Quel gâchis ! Je pense à certains de mes jeunes élèves déjà condamnés. A l’évidence dés la maternelle et l’école primaire, la mécanique infernale se met en route.

1)      La fin de l’accueil des enfants en maternelle dés 2 ans de 34,3 % en 2000 à 13,6 % en 2010. Exemplaire, le cas de la Seine Saint Denis où se concentre une grande partie des difficultés scolaires, ce taux est même inférieur à 5 % (pourtant chacun sait que la scolarisation à 2 ans a des effets positifs sur l’apprentissage de la lecture en CP).

2)      La diminution du nombre des enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté dans le primaire – les RASED – (600 postes supprimés en 2011 soit 30 000 enfants privés de leur soutien).

3)      L’augmentation du nombre d’élèves par classe (pour la 1ère fois j’ai 2 sixièmes à 30 élèves), là encore on sait que moins les classes sont surchargées, plus les résultats scolaires des enfants issus de milieux défavorisés tendent à s’améliorer.

Et l’on pourrait continuer ainsi…La limitation du nombre de cours à effectif réduit (notamment pour les langues ou les sciences naturelles), l’abandon de projets éducatifs, la diminution des mesures d’aide et de soutien personnalisés . Globalement ce sont les collèges et les lycées accueillant les enfants des familles défavorisées qui perdent le plus d’heures d’enseignement.

Depuis 10 ans, les objectifs poursuivis par la Droite sont clairs. C’est par les luttes (je serai à la manifestation cet après midi à Albi) et par les urnes à condition bien sûr que la Gauche présente une véritable alternative et ne se coule pas dans une politique d’austérité imposée par les marchés que nous pourrons rebâtir une véritable école républicaine.

A l’appel de la plupart des syndicats de l’enseignement public (FSU, UNSA Education, SUD Education, SGEN CFDT, CGT) . Il faut souligner et se réjouir de l’appel à la grève et à la manifestation de nombreux syndicats de l’enseignement privé.

Manifestation à Albi place du Vigan à 15h.

Assemblée générale à l’appel de FSU, CGT et SUD , Hall du Conseil Général, 13h.

N.B. A lire : Mensuel « Alternatives économiques », octobre 2011, dossier important et fort instructif sur la situation de l’éducation et sur la place comparée de la France avec les pays de l’OCDE.

 

Et soudain, B.Carayon devint muet

Interview du député-maire de Lavaur et président de l’UMP tarnaise par l’envoyé spécial du blog  l’Antidote à l’occasion de l’inauguration de la foire-exposition de Castres

 

L’Antidote :

«  Mes respects, M.Le Député, pouvez vous nous dire à quel titre vous participez au traditionnel «  coupage » de ruban aux côtés de M.le sous-préfet ? Vous n’êtes pas élu de cette ville ni de sa Communauté d’agglomération ni non plus de la circonscription. Comptez vous à l’avenir vous imposer ainsi, en dehors de toutes les règles protocolaires ? »

B. Carayon : «  WHOUAH, WHOOOAH… »

A : « Vous intervenez très souvent avec raison pour condamner la petite délinquance, vous faites de la surenchère concernant l’aggravation des peines y compris pour les mineurs mais vous êtes bien silencieux en ce qui concerne la grande délinquance, vous savez, celle que l’on nomme «  en col blanc »

B.C. : «  GREEEWV »

A :  « Soyons plus précis, s’il vous plaît, l’actualité malheureusement nous montre qu’une véritable « association de malfaiteurs » se trouverait au sommet de l’Etat. Les activités pour le moins  troubles de divers intermédiaires ou marchands d’armes apparaissent au grand jour. Vous avez sans doute entendu parler des Bourgi, Djouhri ou Takiedine. La République est devenue celle des mallettes en tout genre, des rétrocommissions, etc… N’avez vous rien à dire ? »

B.C. : « BEEEEE »

A : « Vous défendez, encore une fois avec raison, la « grandeur de l’armée ». N’avez vous rien à déclarer suite à l’attentat de Karachi au Pakistan, vous vous souvenez certainement, le 8 mai 2002, 11 employés de le DCN, Direction des Constructions navales, sont tués alors qu’ils sont en mission pour la mise en service de sous marins français. Il est avéré que l’attentat est lié à un problème de versement de rétrocommissions ?Le sieur Takiedine est mis en examen. L’enquête menée par des juges d’instruction (que vous vouliez supprimer)laisse à penser que l’argent aurait pu servir à financer la campagne présidentielle d’E.Balladur en 1995.Tout cela vous laisse-t-il indifférent ? »

B.C. : « OOOH ! »

A. : « Vos amis politiques, de Jean François Copé à Brice Hortefeux en passant par Claude Guéant semblent des intimes de ces trois personnages bien sulfureux. Ces grands dignitaires de l’UMP n’ont cessé de couvrir les basses œuvres en cours. Est ce votre conception de la politique et de la République ? »

B.C. : « PSSSSST »

A. :  « La France que l’on aime est défigurée, son drapeau est souillé, il suffit de lire la presse internationale : ventes d’armes, commissions, mallettes, écoutes…Voilà l’image que vous donnez de notre pays en vous taisant, je n’ose écrire, en couvrant ces pratiques par votre mutisme. Il est vrai qu’il est plus facile de s’attaquer à quelques jeunes ou aux fameux assistés (RSA) qu’à ce «  régime corrompu » . Ne pensez vous pas si serment d’allégeance ou leçons de morale doivent être mis en place, celui-ci et celles là devraient concerner en premier certains de ceux qui nous gouvernent et votre parti ? »

B.C. : « AAAAH »

A. : “Vous désirez que la loi soit appliquée dans toute sa vigueur, bien sûr, avant tout pour les petites gens, mais c’est tout en haut que la loi est bafouée. Deux exemples : celle qui protège le secret des sources des journalistes (F.Péchenard), celle qui protège le secret de l’instruction (B.Hortefeux). Etes vous intervenu comme à votre habitude pour que la justice puisse faire son travail en toute indépendance ? »

B.C. : « HELP »

A. : “ Vous vous proclamez animateur de la Droite « Populaire » et l’on ne vous a jamais entendu au sujet des activités des banques offshore, des sociétés écrans, des paradis fiscaux, de l’argent qui coule à flot, de la pauvreté qui augmente et des inégalités qui s’accroissent. Au fait, aucun communiqué sur les niches fiscales scandaleuses (niche Copé ; 2,5 milliards par an).Croyez vous vraiment que le peuple que vous prétendez représenter va supporter cet état de fait encore longtemps ? Alors, ne trouvez vous pas,  M.Le Président de l’UMP et député de la  circonscription Lavaur-Mazamet, qu’il est grand temps que vous « dégagiez » et cela le plus vite possible ?  »

B.C. : « GRRR »

 

 

Les Primaires signent-elles la fin du Parti Socialiste ?

La machine médiatique et sondagière doit-elle choisir le candidat du Parti Socialiste ?

Que vous vous apprêtiez ou pas à voter les 9 et 16 octobre pour choisir le candidat du Parti Socialiste, les réflexions et les questions posées par Rémi Lefebvre, professeur de Sciences Politiques à l’université Lille 2 dans un livre paru début septembre : «  Les primaires socialistes. La fin du parti militant » doivent retenir toute votre attention.

La thèse de Rémi Lefebvre, il est vrai, rompt avec le discours dominant. Pour lui, les primaires ne sont pas qu’une « avancée démocratique », elles sont d’abord un symptôme de la crise que traverse ce parti, caractérisée par une « excessive professionnalisation des cadres du parti », « un assèchement de l’action militante », un « poids excessif des élus et des cumulants », un « décrochage par rapport au monde du travail », un « effritement des rapports avec le monde syndical et associatif », et une «illisibilité de la ligne politique ».

De plus, pour l’auteur, la décision prise par le PS n’est pas simplement « une réponse institutionnelle apportée face à l’échec de la «  rénovation » du parti et à son manque d’ancrage social ».

C’est aussi un tournant majeur dans l’histoire du parti et ce, pour 2 raisons. La première est liée à la « redéfinition » du militantisme, le militant n’a plus qu’un rôle électoral (de type Parti Démocrate américain). La deuxième raison, la primaire remet en cause la « fonction idéologique et programmatique » et le projet n’y changera rien. Le candidat qui sera investi par plus d’un million de personnes, s’il est victorieux à l’élection présidentielle, sera enclin à s’émanciper de son parti.

Les primaires entérinent à l’intérieur même du PS une présidentialisation dans le droit fil de la V° République. Nous constatons aujourd’hui, dans le débat, une prime à la personnalisation et aux logiques d’opinion à court terme.

Nous constatons chaque jour que les sondages d’opinion ou les petites phrases font la pluie et le beau temps (peu de débats d’idées à part Montebourg, les catégories populaires mises de côté) ,ces jours ci, par exemple diverses interventions pour savoir : alors pacte ou pas pacte ? Passionnant alors que les priorités de nos concitoyens sont dans l’ordre, l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, etc…

De plus, la primaire, comme nous le voyons (excès de zèle pour réduire les déficits, etc…) accentue la dérive vers le Centre (et on n’a pas tout vu, en tout cas, je vous aurai prévenu).

A propos des sondages, Rémi Lefebvre revient à l’élection présidentielle de 2007. Il explique que si Ségolène Royal a remporté la primaire fermée, c’est uniquement parce qu’elle est apparue comme la plus à même de battre Nicolas Sarkozy, le fameux cercle médiatico-sondagier…

« En publiant un sondage qui est favorable à un candidat, un journal renforce une position qui sera  « mesurée » par un nouveau sondage dont la publication aura pour effet de la renforcer… » et ainsi de suite d’autant plus que chacun s’accorde à dire que les sondages concernant la primaire ne peuvent être fiables en raison de la méconnaissance du corps électoral .

Ce livre fort instructif permet une prise de conscience concernant l’avenir du PS et de la Gauche , alors en votant ou pas, les 9 et 16 octobre, vous ne pourrez pas vous empêcher de penser :  ces primaires, fuite en avant ou pas ? Le projet du Parti socialiste aura-t-il encore un sens ?  A l’ordre du jour, chacun le comprend, c’est bien la VI° République qui doit s’imposer (certains disent « la révolution citoyenne ») à toute la Gauche. 

Les Primaires socialistes. La fin du parti militant. Rémi Lefebvre. Ed.Raisons d’agir, 172p. 8€.

La société des Socialistes. Rémi Lefebvre avec Frédéric Sawicki.Ed. du Croquant, 2006.