Archives de janvier 2012

Le Front de gauche au pays de Jaurès

Des vœux très politiques

 

Ce n'est qu'un début...

C’était jeudi 26 janvier au Parc expos, il n’est jamais trop tard pour se souhaiter une bonne année. Invitation de Géraldine Rouquette, candidate dans la 1ère circonscription, moi-même dans la 3ème circonscription, accompagnés de nos suppléants respectifs le Dr. Serge Jimenez et Yvette Grenet, conseillère municipale déléguée à la culture à Saint Amans Soult, le rendez vous était fixé à 18h.

Rapidement plus de 150 personnes se pressaient, beaucoup d’autres s’étaient excusées. La dynamique du Front de gauche est réelle. Pour animer la soirée, notre ami et camarade Alain Carayon, responsable syndical, bien connu à Castres.

Je vous livre quelques notes (en vrac) de mon intervention. Il faut vous dire que j’ai pour habitude de ne jamais écrire mes interventions, quelques mots, idées, citations jetées sur un papier et j’improvise. Il est vrai que c’est risqué mais j’aime sentir la pression en fonction du lieu, de la composition de la salle pour être bien.

Au fait, au fait « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Sénèque me sert d’introduction pour développer l’idée qu’avant tout il faut oser.

De la confiance et de l’audace. Ne jamais se dire « Cela ne sert à rien d’essayer, on n’arrivera pas ». Il faut tout le temps oser : ne pas avoir peur de ne pas réussir.   : nous sommes les initiateurs du NON au scandaleux Traité constitutionnel européen en 2005 et nous avons vaincu la coalition des partisans de l’Europe libérale. Nous étions un an auparavant ultra minoritaires, étouffés, humiliés. Ce fut un dur combat. La leçon : courage politique-mobilisation citoyenne-esprit de rassemblement. Contre la position de la direction du PS, ce fut un NON de gauche où s’est retrouvée la grande majorité d’ouvriers et d’employés.

...continuons le combat

Démonstrations évidentes à Castres

De l’audace, il en a fallu aux dirigeants de la CGT pour appeler à la première manifestation dans les rues de Castres contre la réforme des retraites. D’autres suivirent et à chaque fois, plusieurs milliers de personnes du sud du Tarn prenant conscience de leurs forces, fières de partager un véritable sentiment de fraternité.

De l’audace, il en aura fallu aux ouvriers de la Comau à ceux des Dynamic, pour se mobiliser et lutter.

Encore de l’audace pour initier, faire vivre un véritable pôle de gauche déterminé, résistant (de la première heure) face à la politique de P.Bugis. Elections législatives et surtout municipales où contre toute attente la liste que j’ai eu le bonheur de conduire devançât celle du Parti socialiste.

Plus généralement, l’audace du Front de Gauche sachant rassembler au delà des partis qui l’ont constitué PCF-PG-plus de 8 organisations mais surtout de nombreux syndicalistes et associatifs. De l’audace, il en faudra encore dans les semaines et les mois à venir…Nous n’en manquons pas. Le Front de gauche ne s’inscrit pas à la périphérie du PS mais est – au cœur de la gauche, fidèle à ses valeurs.

Voter Front de gauche, c’est voter utile «  Plus le Front de gauche monte, plus Hollande parle à gauche », je dis bien « parle ».

Pour une gauche qui ne déçoit pas, pour une gauche qui répond à l’attente de nos concitoyens les plus défavorisés, pour une véritable alternative, pour faire vivre partout « des assemblées citoyennes »… (je ne ré écris pas les principaux points du programme, « l’humain d’abord »), le Front de gauche est l’outil le plus efficace contre le vote Front national, vote qui est une insulte pour tout le monde ouvrier, vote de division (toujours opposer des pauvres aux plus pauvres).

 
 

El Communero

Dans cette 3ème circonscription,  le vote utile c’est aussi le vote Front de gauche. Face au candidat de Nicolas Sarkozy, le dénommé Bernard Carayon de l’avenue de Breteuil, il faut une bonne gauche.

Le PS, pour de petites ambitions personnelles, ne trouve rien de mieux qu’à se diviser. C’est irresponsable ! B.Carayon, appelons le «  Sarkorayon » est directement responsable des politiques d’austérité, de la montée du chômage, de la destruction des services publics, des atteintes aux libertés, etc… Son double discours, sa posture entre le Palais Bourbon et le Tarn ne tromperont personne, et le défilé de ministres qui n’en ont plus que pour 3 mois ne sert à rien. Le député sortant sera emporté par l’effet de souffle suscité par la défaite de Sarkozy. C’est le moment où toute la gauche doit se rassembler avec détermination.

Amis socialistes, attristés par les magouilles et la division de votre parti, votre place est au Front de gauche. Alors mes vœux : vous faire partager mon élan, ma volonté (celle d’Yvette, ma suppléante et de toute mon équipe).

Victor Hugo écrivait : «  J’aime beaucoup le président, vu de dos, quand il s’en va ».

Nous allons bientôt beaucoup aimer Sarkozy et Carayon, vus de dos, quand ils s’en iront.

Je tenterai plus tard de vous faire partager les interventions de Serge (concernant la santé), d’Yvette (concernant la culture) et de Géraldine.

A noter la formidable prestation musicale du groupe «  El Communero ». Ambiance assurée. Chaleureuse fin d’après midi…Ce n’est qu’un début, continuons le combat.

N.B. N’oubliez pas de consulter régulièrement le site « Place au peuple« . Vous ne serez pas déçu.

 

RASED sabordés

A partir de la rentrée 2012, plus de 250 000 élèves par an n’auront plus d’aides spécialisées, plus de 3 000 dans le Tarn.

 

La nouvelle carte scolaire révèle un véritable abandon du service public d’éducation. L’école toute entière est touchée avec des conséquences tragiques pour les plus fragilisés de ses élèves, ceux qui bénéficiaient jusqu’à maintenant des RASED. Bien sûr, on savait déjà les conséquences des coupes budgétaires drastiques contre l’éducation. Faut-il le rappeler : augmentation des effectifs par classe, dégradation des formations initiale et continue des maîtres, diminution des postes de remplaçants, abandon de la scolarisation des 2 ans, conditions dégradées de scolarisation pour les élèves en situation de handicap sans parler des 14 000 suppressions de postes (au total 60 000).

Plus grave, si on peut dire, le ministère toute honte bue, ose s’attaquer aux postes des RASED (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté). Des milliers d’élèves sont sacrifiés (la plupart issus des catégories sociales défavorisées), sous couvert d’une dette publique qui masque en réalité une vision ultra libérale de l’éducation.

S’attaquer aux RASED, c’est laisser des enfants pour lesquels la réponse pédagogique du maître de la classe n’est pas suffisante, s’enfoncer résolument dans l’échec scolaire, la violence ou l’exclusion.

C’est ne plus accompagner les familles et délaisser les enseignants désarmés par des enfants qui n’apprennent pas. La difficulté scolaire est complexe. L’école a besoin de professionnels spécialisés pour enrayer l’échec scolaire puis…le décrochage scolaire. Les conséquences de ce naufrage coûteront très cher par la suite à la société toute entière.

Les deux députés de droite du Tarn portent une lourde responsabilité en laissant faire. En effet, pour la rentrée 2012, sur plus de 1200 suppressions de postes d’aides spécialisées, le Tarn est concerné par 30 suppressions.

A ce jour, le Tarn compte 18 RASED, avec chacun trois catégories de personnels (psychologue, maître E, maître G) permettant dans une année le suivi de 100 à 150 enfants ; au total c’est donc plus de 3000 enfants qui ne recevront plus d’aide spécialisée (quel gâchis ! c’est à dire, je le répète, échec scolaire, décrochage scolaire, difficultés difficiles à surmonter dans les collèges …).

Pour compléter, qu’entend-on par aides spécialisées bien différente de l’aide personnalisée? Elles concernent des élèves qui rencontrent des difficultés durables liées à des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation aux attentes scolaires. Elles sont dispensées par des enseignants spécialisés qui ont reçu une formation complémentaire.Exemple, un enseignant spécialiste chargé de l’aide aux apprentissages (maître E) et un autre chargé de la prévention des difficultés à devenir élève (maître G). Ce dernier va utiliser des médiations pour aider à restaurer l’estime de soi et l’envie d’apprendre.

Elèves sacrifiés pour beaucoup en situation de souffrance, de nombreuses familles défavorisées sans recours, voilà la politique des Sarkozy-Carayon-Folliot. Assez , arrêtez le massacre !

Dans le Tarn, l’association  des psychologues scolaires (AME 81), ARENE 81, la FCPE, SE UNSA, SNUIPP FSU, SUD Education, demandent d’arrêter les attaques contre les RASED et de mettre un terme aux suppressions d’emplois dans l’Education nationale (la pétition est à renvoyer impérativement le 8 février 2012 pour une remise au préfet lors du CDEN du 10/02/2012)

 

B.Carayon : un danger pour la démocratie

«  Le ministre Mercier et le député UMP Carayon veulent museler un magistrat »

Tel est le titre d’un article paru ce jour sur le site d’information Médiapart, je vous laisse en prendre connaissance…

« Bien qu’étant garantie par la Constitution, la liberté de parole à l’audience dont jouissent les magistrats du parquet est une fois de plus remise en question de manière insidieuse par le ministère de la justice. Selon des informations obtenues par Mediapart, le vice-procureur Philippe Mao, du tribunal de Castres (Tarn), a été convoqué jeudi 26 janvier à l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) pour se voir reprocher une phrase prononcée lors d’un réquisitoire.

7 décembre 2011. Jean-Yves Podeur, 48 ans, ancien sergent-chef au 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMA), basé à Castres, par ailleurs adhérent du Front national, comparaît devant le tribunal correctionnel. Jugé pour « violation de sépulture », il doit répondre de la profanation de trois tombes du carré musulman du cimetière local, sur lesquelles il a déposé des couennes de porc. L’ancien para a été confondu par son ADN.

A la barre, le prévenu bafouille qu’il s’était donné pour mission de « défendre la chrétienté contre les musulmans qui l’envahissent », et avait voulu faire une « provocation », mais sans préméditer son geste. Penaud, il présente ses excuses aux familles et aux associations des parties civiles.

Alors que l’ancien para risque un an de prison ferme, le vice-procureur Philippe Mao ne requiert contre lui que quatre mois avec sursis (l’homme sera finalement condamné à trois mois avec sursis et 1.000 euros de dommages et intérêts). Le magistrat déclare notamment ceci (selon le compte-rendu de La Dépêche du Midi) : « Ce que nous avons à juger, c’est le résultat d’un vent mauvais qui souffle sur notre pays depuis de nombreuses années et dont je crois pouvoir dire que les plus hautes autorités de l’État n’y sont pas étrangères et alimentent ce climat même si ce ne sont pas les seules. Il y a les incendiaires qui poussent avec leurs mots et ceux qui les appliquent. »

Le procès s’achève sans incident, et la hiérarchie judiciaire ne bronche pas quand paraissent les articles de presse, le 8 décembre.

Mais 48 heures plus tard, le député (UMP) Bernard Carayon pique une colère à l’antenne d’une radio locale et dans La Dépêche : « Ces propos, qui établissent un lien entre cet acte inqualifiable et la politique engagée par le chef de l’Etat, sont indignes d’un magistrat, profondément antirépublicains, et appellent une réponse judiciaire ou administrative appropriée », rugit l’élu, qui est l’un des animateurs de la Droite populaire (et un ancien membre du GUD).

Maire de Lavaur (Tarn), Bernard Carayon s’en est déjà pris à plusieurs reprises aux magistrats, critiquant des remises en liberté à l’issue de gardes à vue, ou le manque de comparutions immédiates. Selon des sources judiciaires, l’élu est tenu au courant des procédures en cours, par des gendarmes notamment.

Chez les bœuf-carottes à la demande du député ?

Curieusement, la machine administrative de la justice s’est mise en marche après la sortie musclée du député Carayon, et bien que l’affaire soit minime. Selon des sources judiciaires, l’Inspection générale des services judiciaires a déjà entendu ces jours-ci le procureur général et le premier président de la cour d’appel sur cette affaire. Elle convoquera également les trois magistrats qui siégeaient au tribunal correctionnel le 7 décembre, ainsi que la greffière, le procureur de la République, et même son prédécesseur…

Inédite autant que symptomatique, l’affaire est suivie de très près par les organisations professionnelles, l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), qui dénoncent une volonté répétée de museler juges et parquetiers.

A l’USM, qui a défendu récemment devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) un vice-procureur de Bobigny qui avait comparé des policiers frappeurs et menteurs à la Gestapo, on rappelle l’évidence : « Les magistrats du parquet ont la liberté de parole à l’audience, sauf à commettre une infraction ou un manquement grave à leurs obligations, ce qui ne semble pas être le cas dans cette affaire. »

La pilule de Castres risque d’avoir d’autant plus de mal à passer dans le monde judiciaire que Michel Mercier a annoncé son intention de renvoyer la juge Isabelle Prévost-Desprez devant le CSM, alors qu’il n’envisage aucune sanction contre le procureur de Nanterre Philippe Courroye, pourtant mis en examen dans l’affaire d’espionnage des journalistes du Monde.

 

Au Syndicat de la magistrature, on est très remonté. « Qu’un député veuille faire taire un magistrat est déjà pathétique, mais que le ministre actionne l’inspection des services judiciaires, c’est grave », lâche Matthieu Bonduelle, le président du SM.

« Que ces gens-là se sentent agressés parce que l’on rappelle un climat bien réel, qui a notamment abouti au procès de Brice Hortefeux pour injure raciale ou au retrait de la circulaire sur les Roms, et qu’ils utilisent pour se défendre les moyens de l’Etat, c’est hallucinant. Michel Mercier n’est pas le garde de l’UMP mais le garde des Sceaux », assène le président du SM, selon qui « l’Etat n’est plus du tout impartial ».

Le député Carayon a un nouveau motif de se plaindre de la justice. Le 4 janvier, un homme contre lequel il avait déposé plainte pour « diffamation envers une personne représentant l’autorité publique » a été relaxé par le tribunal correctionnel de Castres. Les juges ont constaté que les propos incriminés, notés par un policier municipal zélé, avaient été tenus dans un cadre privé, en l’absence de Bernard Carayon, et ne visaient pas ses fonctions. Moyennant quoi, l’affaire relevait au mieux d’une simple amende devant le tribunal de police. »

N.B. Lire également :  http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/28/1271645-un-magistrat-castrais-subit-les-foudres-de-carayon.html

 

2012 avec le FRONT de GAUCHE !

 

Battons la droite et l’extrême droite dans les urnes et dans les luttes !

Changeons la vie vraiment à gauche !

VŒUX TRES POLITIQUES des candidats et de leurs suppléants

du Front de gauche

dans la 1ère et 3ème circonscriptions

 

JEUDI 26 JANVIER – 18h – Parc Expos (salle du restaurant n°2) – Castres

 

avec Alain CARAYON, responsable syndical

 

pour la 1ère circonscription :

Géraldine ROUQUETTE, conseillère municipale de Castres

Et le Dr. Serge JIMENEZ, syndicaliste, ancien élu, Villefranche d’Albi (suppléant)

 

pour la 3ème circonscription :

Philippe GUERINEAU, conseiller municipal de Castres

Et Yvette GRENET, conseillère municipale déléguée à la culture à Saint Amans Soult, en charge du Tortill’art, conseillère Pays d’Autan (suppléante)

 

La rencontre se terminera par un apéro-concert : « El communero »

Avec le Front de gauche :

-         reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers

-         partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

-         la planification écologique. Produire autrement.

-         convoquer l’assemblée constituante de la VI° République

-         sortir du Traité de Lisbonne, construire une autre Europe

-         la France pour changer le cours de la mondialisation

-         l’émancipation humaine en tête

Le programme du Front de gauche et de son candidat, Jean-Luc Mélenchon « l’humain d’abord » sera en vente, 2€.

« Les marchés gouvernent, je n’ai pas voté pour eux »

« Les marchés n’ont pas de frontière, notre colère non plus »

« Ceci n’est pas une crise, c’est une escroquerie ! »

«  Regarde bien ta Rolex, c’est l’heure de la révolte »

« Elle est pas bientôt finie, cette nuit du Fouquet’s ? »

 

Alors, à jeudi « La droite mérite une bonne gauche »

 

Mélenchon à Besançon

Il y a quarante ans, les LIP : l’imagination au pouvoir

 

Qui ne se souvient pas de la très juste et belle phrase de l’historien Fernand Braudel : «  Un présent sans passé n’a pas d’avenir » ? Phrase relue cette semaine dans Midi Olympique.   Eh oui, le monde du rugby a de la culture !

Ce soir, j’ai assisté en direct ( c’est beau le progrès) au meeting tenu par Jean Luc Mélenchon à Besançon. Un discours tonique, galvanisant la salle , très argumenté, quelle ambiance ! Allez donc faire un tour sur le site Place au peuple 2012 ! Plus de 4500 personnes.

C’est l’occasion de revenir sur une des luttes les plus emblématiques des années 70, pas pour ressasser le passé mais pour transmettre une mémoire ouvrière et éclairer l’avenir.

Toute la gauche s’était alors retrouvée au cours d’une très grande manifestation de plus de 100 000 personnes à Besançon. J’en étais, histoire commune de toute une génération. Cette même histoire qui recommence aujourd’hui.

A l’heure où les modèles de Scop se popularisent, l’expérience autogestionnaire des « Lip » reste une source d’inspiration.

 

Ci dessous, texte de Maxime Prieto, paru sur le site du Parti de gauche :  

« C’est possible : on vend, on fabrique, on se paie ! » C’est le slogan que l’on pouvait lire à l’entrée de l’entreprise de montres « Lip ». A l’été 1973, les salariés en grève contre un plan de licenciement massif ont franchi le pas : ils ont remis en route la chaîne de montage, sans l’accord de leur patron. Comment en sont-ils arrivés là ? D’abord, il y eut le mépris des dirigeants de l’entreprise : « 480 à larguer ». Formulation brutale pour annoncer les licenciements, que les salariés découvrent dans une sacoche en les séquestrant. Et puis il y eut la violence des policiers, venus les déloger, n’hésitant pas à défoncer sans ménagement les portes. Dans le documentaire de Christian Rouaud, Les LIP l’imagination au pouvoir (sorti en 2007), Charles Piaget, un des leaders syndicalistes résume la pensée des ouvriers : « Ça nous a choqués, nous qui avions été si attentifs au cours des grèves précédentes à ne pas rayer un mur. » Piqués au vif, les « Lip » se rendent compte qu’ils sont les seuls à respecter l’entreprise et la condition des travailleurs. L’usine tournera donc sans dirigeants. C’est l’autogestion qui se réalise.

Une vente sauvage de montres est organisée, le succès est immédiat. En six semaines, le chiffre d’affaires représente 50% du total d’une année ordinaire. « Le plus grand moment d’exaltation », témoigne toujours dans le documentaire de Christian Rouaud, une ouvrière de Lip, « ça a été notre paie sauvage. On a touché du doigt le fait que c’était possible. »

Dans la France post-soixante-huitarde, les « Lip » deviennent le symbole d’une classe ouvrière qui n’a plus peur de rien, qui n’attend plus les consignes pour agir. De tout le pays et même d’Europe, les visiteurs se précipitent à Besançon, l’usine devient un lieu de pèlerinage. Dans une région marquée par l’influence chrétienne, l’évêque apporte son soutien au mouvement. Lorsque les gendarmes mobiles sont de nouveau envoyés évacuer l’usine, de nombreuses entreprises locales se mettent en grève par solidarité. Sous une pluie battante, 100 000 personnes manifestent dans les rues de Besançon, du jamais vu.

L’opposition de l’Etat et du grand patronat est féroce. Après l’échec des négociations à l’automne, le Premier Ministre Pierre Messmer l’annonce : « Lip c’est fini ! ». L’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing en mai 1974 marque l’émergence d’un capitalisme financier au détriment du capitalisme industriel. Le nouveau président de la République aurait alors déclaré au sujet des ouvriers de Lip : « qu’ils soient chômeurs et qu’ils le restent. Ils vont véroler tout le corps social. » La fin de Lip ressemble à un règlement de compte impitoyable. L’entreprise automobile Renault, alors nationalisée, retire brusquement ses commandes et les banquiers refusent de prêter l’argent nécessaire à la survie de Lip.

Il est toujours périlleux de réécrire l’Histoire. Mais si les conditions politiques avaient été différentes en 1974 ? Si la gauche et le programme commun avaient remporté l’élection présidentielle, l’issue du combat des « Lip » aurait-il été différent ? Quoiqu’il en soit, les ouvriers et les ouvrières de Lip nous laissent en héritage une démonstration. Si les patrons ne peuvent pas se passer des ouvriers pour faire tourner une usine, les ouvriers, eux, peuvent très bien se passer de patrons ! Aujourd’hui, l’économie sociale et solidaire proposée par le Front de Gauche réactualise cette perspective : ni propriété privée, ni propriété étatique, une entreprise peut être gérée directement par ses salariés. A chacun d’y méditer.

Les LIP, l’imagination au pouvoir ( bande-annonce)

 

RAPPEL :  VŒUX TRES POLITIQUES  -  FRONT DE GAUCHE -

Géraldine ROUQUETTE 1° circonscription - Philippe GUERINEAU 3° circonscription

Jeudi 26 janvier à partir de 18h – Parc Expo (salle du restaurant n°2) Castres

Apéro- concert