Archives du 18 janvier 2012

Un Conseil municipal de dupes

A Géraldine 

Quel mot peut bien résumer le contenu de ce rapide Conseil municipal ? J’ai trouvé, le verbe duper convient tout à fait ou si vous préférez les synonymes ne manquent pas, abuser, berner, leurrer, mystifier, tromper. Voilà, vous êtes prévenus.

Démonstration : tout d’abord quelques remarques concernant 3 décisions du maire.

La première, le 1 décembre : « Emprunt de 3 000 000 € auprès de Dexia Crédit Local,  durée 15 ans et 3 mois, taux d’intérêt 4,15 % ». Dorénavant, à  chaque CM, son emprunt ( 2 000 000 €  au CM du 13 décembre). Quelles en sont les raisons ? Réponse lapidaire du maire : « Pour payer les investissements » (merci, on voulait pas vous déranger)

La deuxième, le 2 janvier : « Marché avec diverses sociétés contribuant à l’aménagement  et à la revitalisation de la place de l’Albinque , montant 6 800 000 € ». « Ne croyez vous pas qu’une délibération fut nécessaire pour plus de clarté ? » Réponse du maire «  Non » (Merci des efforts que vous faites au nom d’une transparence indispensable. Vos administrés vous en sauront gré).

La troisième, le 11 janvier, « Avenant au marché avec la société Cégélec : dispositif de vidéo surveillance : mise en place de 4 caméras supplémentaires, montant : 58 000 € » Quelles sont donc ces caméras supplémentaires ? La note va-t-elle encore s’alourdir ? Réponse du maire «Coââ, coââ ». (C’est trop d’honneur ).

Plat de résistance : « Urbanisme – plan local d’urbanisme – approbation du dossier de révision ». Bon, vous le savez, par un jugement du 28 juillet 2011, le Tribunal Administratif de Toulouse a annulé pour vice de procédure la délibération du 19 septembre 2006 par laquelle le Conseil municipal a approuvé le Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.).

Le maire a donc été dans l’obligation d’ordonner l’ouverture d’une nouvelle enquête publique. Dans son rapport du 9 décembre 2011, le commissaire enquêteur, s’il émet un avis favorable au P.L.U. tient à accompagner celui-ci de deux réserves et de neuf recommandations. Commençons par la dernière, celui-ci demande une concertation étroite entre le service urbanisme, les élus et les services de l’Etat lors de la prochaine révision du P.L.U. ( C’est mieux en effet). Finissons par la première : le commissaire enquêteur demande la mise en place de mesures provisoires de circulation automobile sur la VC30 et le hameau d’Hauterive en attendant que les aménagements prévus au P.L.U. dans le secteur d’Hauterive soient réalisés. Trop long de tout vous expliquer à nouveau, reportez vous aux articles de ce blog relatant ce dossier : « Hauterive : son château et ses rochers » du 5/05/2011 ; « Du P.O.S. au P.L.U. » du 24/10/2011.

Question : « M .le maire, allez vous suivre la recommandation du commissaire-enquêteur ? » (recommandation, rappelons le formulée à la suite d’une enquête publique). Réponse : « Non, cette recommandation est irresponsable (sic) » . En d’autres termes, je m’assois sur l’enquête publique. André Martinez fait remarquer (avec pertinence) le décalage qu’il y a entre les documents du P.L.U. et la réalité. Il prend deux exemples : les pistes cyclables et l’habitat social.

Les élus de Castres A Gauche Vraiment voteront donc contre la révision du P.L.U.

Deux questions orales pour terminer : entre temps, ambiance, ambiance, je me ferai traiter de « stalinien » par le 1er  magistrat, c’est une première. A vrai dire, je mets cela sur le compte de l’influence de l’illuminé député-maire de Lavaur et de quelques extrémistes droitiers présents au C.M. Il y eut même une remarque pleine de nuances pour constater : «  Ce n’est pas l’URSS ici » ( à l’évidence, on progresse dans le débat démocratique ). Curieusement au même moment, Marine Le Pen qualifiait de  » mesure soviétique » un possible encadrement des loyers. Allez, pour finir, il est bien tard :

La première, «  Les locaux du C.H.R.S. (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale – accueil de nuit-) s’avèrent trop petits et surtout dangereusement insalubres. Depuis des années se pose la question d’une rénovation, voire d’une relocalisation . Des promesses ont été faites, jamais suivies d’effet. Il  y a urgence. Pouvez vous nous indiquer, soit quand les travaux indispensables débuteront, soit dans quel lieu sera relogé le C.H.R.S. ? » Réponse : « Les normes de sécurité sont respectées (heureusement !), nous sommes passés de 11 places à 20 places »  (c’est bien peu pour une ville moyenne comme Castres d’autant plus que c’est le seul C.H.R.S. pour tout le sud du Tarn). Une étude est envisagée (Cela fait des années que rien ne se passe).

La deuxième, « A plusieurs reprises vous avez été interrogé ( C.M. du 21/09/11 et C.M. du 13/12/11) afin que votre municipalité autorise l’Institut Tarnais d’Histoire Sociale à apposer une plaque commémorative sur l’actuel centre de loisirs municipal, rue Emile Zola. Il est indispensable de rappeler que ce lieu fut une prison secrète ouverte en 1941 et dans laquelle furent enfermés des prisonniers politiques et des résistants de toutes nationalités. En l’absence d’une réponse à ce jour de votre part, je me permets de renouveler ma demande. » Réponse : « Une commission se réunira ». Remarque entendue : « Cette histoire nous est inconnue, nous n’avons jamais pris connaissance du livre relatant cet épisode de la dernière guerre » (J’ai la nette impression que la majorité municipale nous prend pour des imbéciles et surtout , et c’est beaucoup plus grave, qu’elle cherche à perpétuer un combat idéologique très éloigné du  nécessaire « devoir de mémoire »)

A noter que ce blog, à de nombreuses reprises a présenté le livre, a salué son auteur venu en parler à Castres , etc…  « L’histoire méconnue de la prison de Castres » du 10/09/2009 ; « Devoir de mémoire : Baraque 21 » du 30/09/2011.

On connaissait la journée des Dupes, le 10 novembre 1630. On connaît maintenant le Conseil municipal des Dupes, ce fut le 17 janvier 2012.