Archives de février 2012

Les bonnes volontés d’Aillot-Bisséous

« Et si vous parliez, M. le maire, des choses qui marchent et non des problèmes ? » Jeune homme né dans le quartier

Retenez ces noms, ils ou elles s’appellent M. Canac, Mme Albert, M. Mandement, Mme Cavaillès…je ne peux pas tous les citer. Ils ou elles  se dévouent depuis des années au cœur du quartier d’Aillot-Bisséous. Ils ou elles sont bénévoles, ils ou elles accomplissent un rôle indispensable au quotidien. Vous n’en entendrez jamais parler, assurément on ne les verra pas dans Castres Magazine. Qu’importe !

Quel avenir pour l'école élémentaire d'Aillot ?

Depuis 15 ou 20 ans,  ils ou elles aident des enfants, des adolescents, certains en grande difficulté scolaire, perdant souvent tout espoir dans l’école publique. Des parents qui ne peuvent les accompagner dans leurs devoirs. Beaucoup de bonne volonté donc, professeurs à la retraite, il y a aussi des cours d’alphabétisation, des rencontres entre femmes, cela se passe chaque fin d’après-midi…Ah ! J’allais oublier, aucune subvention municipale, problème de salles vite trop petites, il faut courir chercher une clé.

Je ne regrette pas d’être venu à cette réunion de quartier pour entendre M.Canac ou Mme Cavaillès expliquer encore et encore ce qu’ils font…dans l’indifférence des responsables élus de notre ville. Il faudra que je leur rende visite. Pourront-ils avoir accès à des locaux plus vastes dans l’école élémentaire d’Aillot ? La question est posée.

Si au moins avait existé un conseil de quartier c’est-à-dire une structure permanente avec notamment des représentants du monde associatif et des élus plutôt que d’attendre une réunion de quartier tous les 2 ou 3 ans !

Un jeune homme, natif du quartier mais travaillant maintenant à Toulouse, accompagné de son père fait remarquer à juste titre qu’il faudrait «  valoriser les choses qui marchent, donner confiance et espoir ». Quand il revient à Castres avec d’autres jeunes de sa génération, il déplore «  la paupérisation de l’ensemble du quartier et regrette la disparition de relations entre les jeunes de différents quartiers » (diverses structures ayant disparu). Il souligne le problème dramatique de l’emploi.

Quel projet pour la Savonnerie ?

Zen, le maire, nulle polémique intempestive ou insinuation déplacée, réponses sur le fond, attitude trop rare pour ne pas être soulignée. Relativement peu de monde, 70 personnes. Je vous passe les réfections de chaussées et de trottoirs et autres ralentisseurs, «  les opérations de relampage » et la signalétique , les déchets verts et les tentatives de maitrise de l’énergie dans les locaux publics, les deux caméras de vidéosurveillance rue de Bretagne et rue du Roussillon, l’insuffisance de containers et l’arbre qui perd ses petites poires.

C’était quelques « tranches de vie » en fin d’après-midi dans une salle mal éclairée, à l’intérieur d’une école plus ou moins abandonnée. Bien sûr une assemblée sans doute peu représentative de cet immense quartier d’Aillot-Bisséous, et pourtant…je m’étonne une fois de plus de l’absence d’adhérents de partis de gauche ou d’associations ayant vocation en 2014…Comment peuvent-ils prétendre connaitre la réalité d’une ville, sa complexité et sa grande diversité ? Mystère…

Cette ville et ce quartier ne demandent qu’à être entendus et compris, ces bénévoles,  la richesse qui perdure dans notre monde associatif malgré les coups reçus, sont un potentiel remarquable. Ils rassemblent et encouragent quand d’autres divisent et stigmatisent. Tout n’est pas perdu !

 

François Hollande, Jaurès et la laïcité

Henri Pena Ruiz, philosophe, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi, membre du Parti de gauche (bien connu de ce blog)

« Je m’étais réjoui d’entendre François Hollande afficher sa volonté de conforter la laïcité. Je suis aujourd’hui consterné de la tournure prise par une telle promesse. Pour la laïcité cela vire au cauchemar. D’une part seul le premier article de la loi de 1905 est mentionné littéralement dans le projet de constitutionnalisation. D’autre part le concordat encore en vigueur en Alsace-Moselle, liste de privilèges publics de trois religions octroyés par Napoléon en 1801 et en 1807, est promu au rang constitutionnel.

Bref, l’égalité prévue par l’article deux est censurée, et les privilèges concordataires sont renforcés dans la hiérarchie des normes ! Si les choses demeurent en l’état non seulement le programme du Parti socialiste (PS) ne renforce pas la laïcité mais il l’affaiblit… Pendant cinq années de pouvoir sarkozien, la laïcité a reçu des coups très durs. Maintenant, alors que l’espoir renaissait de la promouvoir, voici venir un nouveau coup, inattendu, politiquement paradoxal ! Ce serait une étrange façon de faire de la politique que de rassurer les partisans du maintien de privilèges en désespérant les partisans de l’égalité républicaine, croyants et athées réunis. Dialoguons malgré tout sans polémique sur les deux points en jeu.

Le premier point concerne les deux articles indissociables du titre premier de la loi de 1905. C’est une faute de ne pas mettre sur le même plan l’article deux et l’article premier. Pourtant, les énoncés sont simples, nets, purs comme du cristal. Jaurès s’en est expliqué. Lisons. Le premier article dit haut et fort « Liberté ! »: « La République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. » Le second article dit haut et fort « Egalité ! » :  « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. » L’Etat porteur du bien public – res publica – n’a pas à privilégier les croyants, pas plus d’ailleurs que les athées. Ni statut de droit public, ni financements d’aucune sorte, pour une croyance qui n’engage qu’une partie des citoyens. La santé, l’instruction, la culture, elles, sont le bien de tous, et méritent tous les égards. Pour Jaurès, la chose était claire : supprimer le budget des cultes, ce n’est nullement nuire aux croyants, car le transfert de l’argent public à ce qui est universel, commun à tous, profite autant aux croyants qu’aux athées. Bref, il faut absolument constitutionnaliser littéralement les deux articles de la loi de 1905, réunis sous le titre « Principes ». Il serait étrange qu’un parti dit socialiste laisse tomber l’égalité de celui qui croit au ciel et de celui qui n’y croit pas…

Le deuxième point concerne le droit local d’Alsace Moselle. Ce droit local comporte deux composantes complètement distinctes et de généalogies à la fois historiques et nationales sans aucun rapport. D’un côté le concordat napoléonien de 1801-1807, loi française ; de l’autre le droit social promu par Bismarck pour endiguer la radicalisation révolutionnaire, loi allemande. Les religieux crispés sur leur privilèges concordataires prétendent qu’ils sont inséparables des droits sociaux. Ils mentent, et trompent le peuple. On peut supprimer le concordat sans toucher aux droits sociaux spécifiques aux habitants de l’Alsace Moselle. S’il faut rassurer les électeurs, c’est ainsi qu’on peut le faire dans le respect des principes indissociables de liberté et d’égalité. Je comprends mal l’argument du « respect d’une histoire particulière ». Nulle tradition n’est a priori respectable. La notion machiste de chef de famille, l’infériorisation des femmes, des homosexuels, des francs-maçons, des humanistes athées, ont longtemps fait partie des traditions occidentales. Fallait-il les respecter ?

François Hollande, il est encore temps de rétablir les choses. On peut comprendre que certains religieux cherchent à préserver leurs privilèges, et vous le fassent savoir. Encore qu’ils montrent ainsi qu’ils pensent davantage à la terre qu’au ciel. On ne peut comprendre que vous renforciez juridiquement ces privilèges, en les constitutionalisant. Vous ne pouvez raturer ainsi l’égalité républicaine des athées des croyants et des agnostiques. Surtout vous qui êtes du même parti que Jean Jaurès. Est-il légitime que des athées soient tenus de subventionner, par l’impôt, un culte religieux ? L’argent public ne doit pas servir l’intérêt particulier mais l’intérêt général. Au moment où vous militez pour une gestion rigoureuse de la dépense publique, on peut s’étonner de votre position. Que ferez-vous demain si des libres penseurs ou des francs maçons vous demandent de l’argent pour leurs lieux de réunion ? Allez vous consacrer une approche discriminatoire qui donne aux croyants un statut de droit public alors que les athées sont confinés dans la sphère privée ? De grâce laissez à Nicolas Sarkozy le soin de considérer que la religion est un service public, le supplément d’âme d’un monde sans âme. Et laissez les croyants pratiquer leur religion de façon désintéressée, sans assistance de la puissance publique. Ce souci d’avantages temporels n’a rien à voir avec la spiritualité religieuse, comme vient de l’affirmer l’Observatoire chrétien de la laïcité.

François Hollande, mettez vos pas dans ceux de Jaurès plutôt que dans ceux des fossoyeurs de la laïcité. Ici comme ailleurs, c’est d’une gauche laïque et sociale décomplexée qu’a besoin le pays. Je suis sûr que les électeurs sont parfaitement en mesure de comprendre et d’accepter ce langage, qui est celui du vrai et du juste. »

 

Faire de l’éducation une priorité

Casse des filières, carte des formations au rabais, Bac Pro en 3 ans, promotion de

l'apprentissage, hausse considérable des élèves non-affectés, explosion de l'échec scolaire

Quel avenir pour l'enseignement professionnel public ?

Fidèle à sa politique de destruction du Service Public d'Éducation Nationale, le gouvernement

supprime encore cette année 14000 postes d'enseignants, ce qui porte à 82000 le total des postes

supprimés depuis 2007.

Dans l'enseignement professionnel, c'est :

- plus de 60% des suppressions opérées dans le second degré (collèges et lycées) en France

- la totalité des 120 postes supprimés dans le second degré en Midi-Pyrénées,

- 20 postes dans le Tarn.

Ici, dans l'agglomération Castres-Mazamet :

- LP du Sidobre : perte de 130 heures sur 760, menace de fermetures sur 2 à 4 postes, suppression programmée de la filière « Electricité » effectifs chargés , pas de dédoublements...

Nous soutenons la lutte des enseignants contre cette politique d'austérité.

- LP Anne Veaute : suppression du Bac Pro Secrétariat (cette filière n'est plus assurée à Castres)

- Pertes considérables de moyens à Rascol (Albi), à Toulouse-Lautrec (Albi), à Graulhet, au lycée hôtelier et au L.P. de Mazamet..

La filière BEP–Bac Pro en 4 ans a été transformée en Bac Pro en 3 ans. Catastrophe :

réduction des capacités d'accueil, orientation des élèves « par défaut », suppression de filière assurant des débouchés... De plus en plus d'élèves sont poussés vers l'apprentissage, sans l'accompagnement éducatif et la formation professionnelle qu'assure l'enseignement professionnel public. C'est l'échec programmé pour nombre de jeunes issus des milieux populaires, qui y sont très majoritaires. Le patronat rêve de pouvoir exploiter encore plus une partie croissante de la population. La compétitivité pour le MEDEF c'est de baisser les salaires.

Voilà pourquoi ils veulent détruire l'enseignement professionnel sous statut scolaire, source de qualification. En détruisant aussi le code du travail et la sécurité sociale, la droite veut empêcher les ouvriers, les employés, les salariés en général de défendre leurs conditions d'emploi et de rémunération. Licenciements, déclassement, pauvreté, endettement personnel : c'est le prix du capitalisme.

Appauvrir l'enseignement, c'est mépriser les classes populaires. C'est considérer qu'elles ne méritent pas d'être formées, éduquées. C'est aussi abandonner les populations rurales qui doivent pouvoir compter sur les Services Publics pour vivre et continuer de développer leur territoires.

Refonder et reconstruire l'école publique, c'est notre objectif !

Ce que nous ferons :

- une formation professionnelle publique sous statut scolaire avec un tronc commun de formation dans toutes les disciplines le plus longtemps possible

- la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, avec possibilité de scolarité dès 2 ans

- reconstruire le service public d'orientation

- bâtir une offre de formation diversifiée dans chaque bassin de vie (ici dans le bassin Castres-Mazamet comme ailleurs dans notre département) pour que les jeunes puissent choisir leur voie et prendre leur place dans la société de demain.

Pour assurer la continuité avec la vie professionnelle, nous voulons bâtir une Sécurité Sociale de l'Emploi et de la Formation. Elle garantira que chaque salarié alterne période d'emploi et période de formation sans rupture de statut et de revenu, en continuant de progresser en formation et en revenu.

DEBAT Mercredi 29 Février à 20h30

Bourse du Travail, 13 rue Ferdinand Buisson à CASTRES

En présence de

Stéphane BONNERY, Universitaire, responsable national du secteur « Education » du PCF.

Didier CILIBERTI, enseignant dans en lycée professionnel,syndicaliste (SNUEP-FSU).

Jeanne JIMENEZ, Conseillère Régionale communiste de Midi-Pyrénées, présidente de la

commission « Education » à la Région, groupe « Front de Gauche »

 

L’EXPRESS saute sur Castres

Un récit assez impressionniste

l_express

En ce mercredi 22 février, difficile d’échapper en se promenant dans Castres, aux affichettes et autres supports annonçant  en grosses lettres : «  Castres, le système Bugis ». A l’intérieur de la boutique de mon buraliste habituel, une pile importante de l’hebdo qui sera sans doute disponible durant des semaines.

L’Express, daté du 22 au 28 février  a décidé d’ajouter pour notre ville un supplément local. La vedette, le maire de Castres. Pas facile de rendre compte sur 4 pages bien fournies du « système Bugis », d’ « une agglomération sous tension », d’ « une opposition en ordre dispersé ».

Pour avoir vécu ce même type d’opération de promotion (je parle de l’hebdo) en d’autres temps, c’était Le Point, opération qui n’honorait pas le métier de journaliste, cette fois les articles sont pour le moins honnêtes. Bien sûr, il reste de nombreuses approximations, des raccourcis hasardeux, des jugements trop expéditifs… C’est la loi du genre.

Le rendez-vous avec le journaliste en charge du dossier remonte au 30 novembre. L’exercice consiste à répondre durant plus d’une heure à diverses questions, à donner  son sentiment, à faire part d’une analyse concernant tel dossier… Tout est noté, les pages du cahier se noircissent mais vous ne saurez pas quel mot, quelle phrase ou quelle idée seront retenus, interprétés de travers. C’est un risque que des propos puissent être déformés .

A la lecture, ce n’est pas le cas mais bien évidemment une certaine frustration demeure de ne pas voir évoqué un certain nombre de sujets qui vous paraissaient importants.   Un exemple parmi d’autres : les réactions scandaleuses du maire à la suite de la profanation de la mosquée, de la profanation des tombes…

Une erreur tout de même, je n’ai jamais déclaré que l’aménagement de la place Jean Jaurès soit « un petit bijou » tout simplement parce que je ne le pense pas. Eventuellement j’ai pu reconnaitre  que la nuit le bel éclairage des façades donne à l’ensemble un aspect attrayant.

Le travail journalistique s’avère délicat quand il s’agit de ressentir, uniquement à travers quelques entretiens la réalité d’une ville,  la grande diversité de ses quartiers (ce n’était pas le sujet), l’histoire des hommes ou des femmes engagés dans la cité, etc…

Alors pour résumer, P.Bugis «  exerce son mandat de plus en plus solitaire. Au risque de l’isolement ». Autoritaire, rigide, droit dans ses bottes, sont les mots qui reviennent le plus souvent ainsi que mesures idéologiques, étiquette de doctrinaire, etc…Je résume, je résume…

Quelques grands moments humoristiques, P.Bugis : «  Je ne fais pas de politique ». Phrase répétée à l’envi.  La campagne électorale de 2001 « franchement ce fut un amateurisme complet ». Chacun peut se souvenir encore aujourd’hui du soutien efficace apporté à la liste Bugis par un certain nombre de professionnels de la …communication. 3ème exemple : «  Ma chef de cabinet n’est pas omnipotente ». Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’une telle franche rigolade. Merci M. le maire.

Dans le même article, « un solitaire au pouvoir », l’on apprend que les élus de sa majorité n’ont pas «  de véritable emprise sur les dossiers » et ne sont pas libres de s’exprimer. « Tous les élus n’ont pas l’expérience et la rigueur nécessaires » (sic !). Sachant que certains d’entre eux sont là depuis des années, c’est vraiment à désespérer !

Une question tout de même à quoi sert donc un élu (rémunéré) de la majorité municipale ?

A signaler un article assez complet pour ne pas dire assez bien fait concernant les fortes tensions qui règnent depuis des années au sein de la Communauté d’agglomération , tensions qui ont atteint leur paroxysme dernièrement lors du vote pour le renouvellement de l’adhésion au Parc.

Enfin, un article concernant l’opposition où il est surtout question de Philippe Folliot et de moi-même. La réalité est effectivement peu brillante voire très préoccupante. Laissons de côté les pérégrinations du député Folliot, un hebdo n’y suffirait pas.

Concernant la gauche, bien que largement défaite en2001, il est difficile de comprendre ses divisions actuelles sans évoquer à la fois la crise du PS (toujours présente) et l’importance, la singularité de Castres A Gauche Vraiment, principal groupe d’opposition municipale. En étant candidat aux élections législatives de 2007 puis tête de liste à l’ élection municipale de 2008, ce fut l’affirmation de convictions et non je ne sais quel plan de carrière ou recherche d’avantages divers. Si notre liste, fait rarissime, a devancé celle du PS, ce n’est pas (tout à fait) de notre responsabilité, en effet comment ce parti avec «  le futur maire de Castres » disparu en pleine ascension, puis sa tête de liste en 2008 abandonnant sa fonction de conseiller municipal pour de nouveaux horizons peut être tout simplement crédible ? (L’article n’évoque pas ces épisodes peu glorieux).

Malgré mon «  maigre ascendant »,  heureusement que depuis des années «  la tranchée est tenue » et qu’une opposition municipale déterminée existe toujours à chaque Conseil. J’attends donc avec grande impatience que beaucoup d’autres puissent se manifester non dans des combines politiciennes ou enjeux de pouvoir dérisoires mais pour créer une véritable dynamique à gauche. J’attends, nous attendons et nous …continuons à nous battre.

L’article permet toutefois une réelle compréhension des enjeux à venir. A regretter, faute de place sans doute, le peu d’espace accordé à 2 dossiers importants : « l’autoroute de la discorde » et « la bataille de l’eau ». En conclusion : peut-on se fier à ses impressions ?

 

La City ou la Cité…

…Il va bien falloir choisir

En début de semaine dernière, François Hollande ne trouvait rien de mieux à déclarer à Londres  dans le quotidien britannique The Gardian : « La gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ».

Pour un coup de massue, c’est un coup de massue. J’aurai comme d’autres, pendant des années, milité au jour le jour pour arriver à un tel résultat. Je n’ose le croire …

Tout aussi grave et toujours dans le même quotidien, le candidat PS ne demanderait plus « de renégociation totale » du traité Sarkozy -Merkel mais simplement  de lui «  adjoindre une clause au sujet de la croissance économique ». Tout cela annonce une condamnation à  l’austérité pendant des années. Coup de massue puis coup au moral.

Ce n’est pas fini, François Hollande souhaite même, s’il est élu,  « faire ratifier le traité par le Parlement français après l’élection » et ne le soumettrait pas au référendum. La stupéfaction voire l’indignation sont réelles chez de nombreux sympathisants de la grande famille de gauche.

Comment avec tout ce qui se passe en Grèce et cela depuis 3 ans peut-on penser un seul instant pouvoir amadouer les marchés ? Comment ne pas voir que l’austérité conduit au désastre partout en Europe, voir l’Espagne, le Portugal, etc…

Pour éviter toutes les dérives sociales  libérales qui ont fait déjà tant de mal, il faut ancrer la gauche à gauche, il faut donc donner le plus de forces possibles au Front de gauche.
La question qui se pose est donc simple, elle est de savoir si, au soir du 22 avril et lors des élections législatives qui suivront, le PS regardera plutôt du côté du Front de gauche ou plutôt du côté du centre droit.

Si Hollande veut être à ce point docile et rassurer, pense-t-il,  la City (place financière de Londres), il ne rassure pas la gauche. Chacun sait qu’on ne peut à la fois plaire à la City et rassembler la gauche. Assez de faux semblants, assez d’ambiguïté !

Une victoire de la gauche suppose que se développe une véritable dynamique allant bien au-delà d’un report de voix et donc une véritable politique alternative qui répond à l’urgence sociale et à l’urgence démocratique. Le PS peut-il le comprendre ?