Archives du 22 février 2012

La City ou la Cité…

…Il va bien falloir choisir

En début de semaine dernière, François Hollande ne trouvait rien de mieux à déclarer à Londres  dans le quotidien britannique The Gardian : « La gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ».

Pour un coup de massue, c’est un coup de massue. J’aurai comme d’autres, pendant des années, milité au jour le jour pour arriver à un tel résultat. Je n’ose le croire …

Tout aussi grave et toujours dans le même quotidien, le candidat PS ne demanderait plus « de renégociation totale » du traité Sarkozy -Merkel mais simplement  de lui «  adjoindre une clause au sujet de la croissance économique ». Tout cela annonce une condamnation à  l’austérité pendant des années. Coup de massue puis coup au moral.

Ce n’est pas fini, François Hollande souhaite même, s’il est élu,  « faire ratifier le traité par le Parlement français après l’élection » et ne le soumettrait pas au référendum. La stupéfaction voire l’indignation sont réelles chez de nombreux sympathisants de la grande famille de gauche.

Comment avec tout ce qui se passe en Grèce et cela depuis 3 ans peut-on penser un seul instant pouvoir amadouer les marchés ? Comment ne pas voir que l’austérité conduit au désastre partout en Europe, voir l’Espagne, le Portugal, etc…

Pour éviter toutes les dérives sociales  libérales qui ont fait déjà tant de mal, il faut ancrer la gauche à gauche, il faut donc donner le plus de forces possibles au Front de gauche.
La question qui se pose est donc simple, elle est de savoir si, au soir du 22 avril et lors des élections législatives qui suivront, le PS regardera plutôt du côté du Front de gauche ou plutôt du côté du centre droit.

Si Hollande veut être à ce point docile et rassurer, pense-t-il,  la City (place financière de Londres), il ne rassure pas la gauche. Chacun sait qu’on ne peut à la fois plaire à la City et rassembler la gauche. Assez de faux semblants, assez d’ambiguïté !

Une victoire de la gauche suppose que se développe une véritable dynamique allant bien au-delà d’un report de voix et donc une véritable politique alternative qui répond à l’urgence sociale et à l’urgence démocratique. Le PS peut-il le comprendre ?