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Albi : démonstration de force

Dernière minute : la grande manifestation d’Albi inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité

 

La journée de grève et la manifestation organisées par l’intersyndicale dans le Tarn a été un véritable succès, peut être 20 000 personnes, en tout cas largement plus de 15 000.

 

Salariés du privé et du public, chômeurs, jeunes, retraités, étaient rassemblés , conscients de leurs forces pour faire reculer le gouvernement.

Dans toute la France, les 2,7 millions de manifestants montrent à l’évidence de même que les récents sondages que le projet Sarkozy-Fillon  est repoussé par une majorité de Français.

 

 

Face à la détermination de ce gouvernement, il faudra sans doute une détermination encore plus forte pour le faire céder. Ce 7 septembre ne doit pas être un baroud d’honneur mais au contraire symboliser une véritable dynamique pour gagner.

 

 

A lire tribune parue dans Libération (6 septembre) : la retraite autrement par Jean Marie Harribey (Attac), Willy Pelletier ( Fondation Copernic)

 

Retraites : opération enfumage.

Succès de la réunion publique organisée hier dans notre ville par Castres A Gauche Vraiment. Beaucoup de monde, de nombreuses interventions, un exposé brillant de l’invité Pierre Concialdi. Celui-ci, économiste de son métier, a expliqué comment la Droite sarkozyste a méthodiquement pratiqué depuis des semaines une pédagogie de camouflage au nom d’une évidence préfabriquée et surtout comment elle a utilisé la carte du catastrophisme pour engendrer la résignation. On n’a pas le choix, entend-on.   

Briser le mur de la manipulation, c’est expliquer encore et encore que d’autres solutions sont possibles. La tribune libre parue dans le journal Le Monde et que vous pourrez lire ci-dessous démonte avec précision les faux arguments de la Droite et explique avec raison le sens du combat qu’il faut mener, le 24 juin et à la rentrée.   

Aujourd’hui, le nouveau président de l’association Castres A Gauche Vraiment, Benoist Couliou et le toujours président du groupe d’opposition municipale le plus important avec ses  5 élus tenaient une conférence de presse. J’aurai bien sûr l’occasion d’y revenir.   

Réforme des retraites : l’autre solution   

« Après un mois de consultations en trompe-l’œil, le gouvernement a remis sa copie aux syndicats et au patronat. Ce document d’orientation est précieux, car il renferme toutes les contre-vérités proférées et fausses solutions avancées depuis près de vingt ans. Choc démographique, catastrophe des régimes de retraite par répartition et travailler plus longtemps se mêlent dans un projet aussi mystificateur qu’inefficace.   

Y a-t-il un choc démographique ? Oui, répond le document d’orientation. Non, a répondu à plusieurs reprises le Conseil d’orientation des retraites (COR) dont les conclusions sont sciemment travesties.   

Ainsi, la France connaît un allongement de l’espérance de vie, heureuse nouvelle, et une fécondité qui la place juste au niveau du seuil de renouvellement des générations. Le COR a également établi, sans que cela soit contesté, que l’aggravation des déficits des comptes sociaux était essentiellement due à la crise financière  et non pas à l’évolution démographique : en 2006, le déficit de l’ensemble du système de retraite était de 2,2 milliards d’euros ; en 2008, il atteignait 10,9 milliards et il devrait être de 32,2 milliards en 2010. La démographie n’exerce son influence qu’à moyen et long terme, et pas dans une accélération foudroyante en quelques mois.   

N’y a-t-il qu’une seule solution ? Oui, répond le document d’orientation après avoir écarté sans examen les autres. Une fois ce coup de force perpétré, la réponse est assénée : « Répondre à un déséquilibre démographique par des solutions démographiques. » Elle vaut ce que vaut le diagnostic : erreur magistrale. Le gouvernement s’engage à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage ». Or, obliger les salariés à travailler plus longtemps (recul de l’âge légal de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, ou combinaison des deux) entraîne obligatoirement une baisse du niveau des pensions sans qu’il soit nécessaire de l’annoncer. Nous le savions depuis les réformes de 1993 et de 2003, nous sommes prévenus pour celle de 2010.   

Quand la situation économique reste et restera marquée par un chômage très élevé, l’engagement à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage » est un faux-semblant : le travail forcé des seniors se substituera à l’emploi des jeunes en l’absence de création d’emplois en nombre suffisant, et ce surtout en accroissant la durée individuelle du travail.   

Les uns travailleront plus. Les autres, jeunes, femmes, sans qualification, quinquas, erreront du chômage à la précarité dans un aller-retour incessant. Ce ne sont pas les velléités de tenir compte de la pénibilité de ceux qui auront déjà été brisés par une longue vie de travail qui atténueront la violence du capitalisme néolibéral exigeant toujours plus de productivité et de rentabilité.   

La promesse de créer « une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital sans restitution au titre du bouclier fiscal » sauvera-t-elle l’ensemble ? Rien n’est moins sûr. On nous annonce une contribution pouvant aller jusqu’à quelques milliards d’euros, alors que le gouvernement n’arrête pas d’apeurer la population avec des déficits de l’ordre de 100 milliards en 2050.   

Ce sont des mesures d’une autre ampleur qu’il faut prendre pour développer notre système de retraite par répartition, notamment en réorientant les politiques économiques qui privilégient la finance au détriment de l’emploi, de la formation et des salaires et qui sont au cœur du financement des retraites : un million d’emplois en plus, c’est déjà 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires.   

 Il y a aussi des marges d’action importantes en favorisant un plus fort taux d’emploi des femmes, la France se situant au 15e rang de l’Union européenne. La répartition des revenus dans notre pays a, depuis un quart de siècle, tourné à l’avantage décisif des actionnaires et des très hauts salariés managers. Une simple application du taux de cotisation patronale aux dividendes distribués comblerait immédiatement tout le déficit actuel de la Caisse nationale d’assurance vieillesse.   

L’argument éculé de la perte de compétitivité est ici fallacieux, puisqu’il s’agirait de n’amputer que les dividendes nets reçus par les actionnaires et non les capacités d’investissement des entreprises, et parce que cela ne renchérirait pas les coûts de production.   

La retraite à 60 ans à taux plein peut être garantie à tous les salariés si de tels choix politiques sont faits aujourd’hui.   

Pour couronner le tout, le document d’orientation se prononce en faveur d’une réforme systémique prochaine pour aller vers un système « par points » ou « par comptes notionnels ». Là aussi, le gouvernement piétine les conclusions du rapport du COR de janvier qui a montré le risque d’individualisation exacerbée d’une telle réforme et, ce qui n’est pas le moins savoureux, l’incapacité de tels systèmes à surmonter un choc démographique ou économique.   

Deux conclusions s’imposent donc. Primo, la crise financière surdétermine la frénésie avec laquelle tous les gouvernements du monde s’acharnent à imposer des plans d’austérité dont les salariés et les retraités font aujourd’hui les frais, tandis que les tenants de la finance se refont une santé sur le compte des budgets publics ou grâce aux garanties accordées par les Etats.   

Secundo, la volonté de faire travailler toujours davantage manifeste le refus de reconsidérer la place du travail dans notre société, le refus aussi d’apprécier l’immense contribution des personnes retraitées, en termes de lien social et de création de services utiles à la société. Bref, l’obstination à promouvoir une société engagée dans un cycle productiviste sans fin.   

Notre détermination à faire échec au projet du gouvernement est donc intacte : à l’opposé de la valeur pour l’actionnaire et du « travailler plus pour vivre moins », organisons une juste répartition des richesses, la réduction des inégalités, le partage du travail et une redéfinition des finalités de l’activité économique ».   

Jean-Marie Harribey, Attac    Willy Pelletier, Fondation Copernic   Gérard Filoche, inspecteur du travail   Christiane Marty, féministe   Christophe Delecourt, CGT-Finances   Didier Horus, FSU   Pierre Khalfa, Solidaires   Olivier Besancenot, NPA   Martine Billard, PG   Marie-George Buffet, PCF   Razzy Hammadi, PS   Alain Lipietz, Les Verts.

 

Retraites – réunion publique – Castres

A l’initiative de

 Castres A Gauche Vraiment,

 avec le soutien du Collectif 81 « Sauvons les retraites »  

Réunion publique

 Lundi 14 juin – 20H30

 Salle n°2 Parc des Expositions  Castres

 En présence de Pierre Concialdi, économiste (1)

membre de la Fondation Copernic et du Conseil scientifique d’Attac

  

Retraites, c’est 60 ans à taux plein

 

La bataille ne fait que commencer. S’il est voté, le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites entraînera une nouvelle régression pour les retraites des salariés qui s’ajouterait à toutes celles mises en œuvre depuis 1993.

La remise en cause du droit à la retraite à 60 ans est inacceptable ! Elle pénaliserait les jeunes à la recherche d’un emploi en obligeant des salariés, qui comptaient partir en retraite à 60 ans à continuer à travailler. Elle ne répond pas au souhait des salariés qui exercent un travail pénible à partir avant 60 ans.

Quant à l’allongement de la durée de cotisation prévu dans le projet gouvernemental, il est tout aussi inacceptable ! Il serait synonyme de nouvelle baisse du montant des retraites pour tous ceux qu sont mis hors des entreprises( souvent avant même 60 ans ) sans avoir toutes leurs annuités.

  • Exprimons notre totale opposition au projet gouvernemental
  • Défendons le droit à la retraite à 60 ans.
  • Refusons l’allongement de la durée de cotisation .
  • Défendons les retraites par répartition.
  • Mettons en avant un financement assis sur une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail.

 

Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraitesSignez et faites signer l’appel initié par Attac et la fondation Copernic.

Toutes les infos, les signatures, les dates de meetings, les revues de presse, les vidéos sur

http://exigences-citoyennes-retraites.net/

(1) Qui est  Pierre Concialdi ? (source Wikipédia)

Pierre Concialdi est un économiste français né en 1955, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et spécialisé dans les questions sociales. Il est un des animateurs du Réseau d’alerte sur les inégalités. Militant altermondialiste, il participe également à de nombreuses autres associations militantes, notamment la Fondation Copernic et Attac dont il est membre du conseil scientifique. Il tenait une chronique dans Siné Hebdo.

Diplômé d’HEC, il a d’abord travaillé pour La Poste où il a rejoint la cellule d’études et de planification, juste après sa sortie d’école. Il a été rapidement recruté en 1981 par le Centre d’études des revenus et des coûts (CERC) dans lequel il avait comme champ de compétences la question des salaires, des coûts de main-d’œuvre et de la protection sociale. Le CERC, créé en 1966 et rénové en 1976 par Raymond Barre, avait notamment pour mission d’établir un rapport périodique sur l’état des inégalités de revenus et leur évolution.[1] Il était doté d’un statut qui lui garantissait une certaine indépendance, ce qui a fini par déranger les gouvernements de droite comme de gauche. Une fois le CERC dissous en 1994 par le gouvernement Balladur, Pierre Concialdi a été affecté à l’Institut de recherches en économie sociale (IRES), co-dirigé par les principales organisations syndicales et créé dès 1982 par Jean-Pierre Chevènement alors qu’il était Ministre de la recherche.

C’est à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) que Pierre Concialdi est chercheur depuis avril 1995 et qu’il a écrit la plupart de ses ouvrages sur les problèmes économiques et sociaux. Il se définit volontiers lui-même comme « un économiste empirique qui aime partir des faits et du vécu des gens »

Engagement militant

Membre du Réseau d’alerte sur les inégalités (RAI), il a joué un rôle important dans la création et l’animation de son indicateur synthétique des inégalités en France, le BIP 40 (contraction de l’inverse du sigle PIB et du CAC 40), puis dans l’animation de son site internet dont il est membre du comité de rédaction depuis son lancement. Dernièrement, il a joué un rôle essentiel dans le lancement puis dans l’actualisation du collectif ACDC (les Autres Chiffres du Chomage[3]), lequel a diffusé régulièrement lors de la dernière campagne présidentielle française des chiffres alternatifs à ceux publiés par l’ANPE et le gouvernement.

Il travaille aussi pour la Fondation Copernic et au sein de l’association Cerc-Association. Il est enfin depuis 2001 membre du conseil scientifique de l’association altermondialiste ATTAC.

Bibliographie

  • (2007) Non à la précarité !, Édition Mango, 269 pages, (ISBN 2-9143-53723)
  • (2005) Retraites : on vous ment !, Édition Mango, 143 pages, (ISBN 2-9143-5360X)
  • (2004) « L’impact des cotisations sociales en question », Problèmes économiques, n° 2859, pp. 46-48 ; source : Informations sociales, n°117
  • (2003) « Les politiques anti-pauvreté ont-elles réussi ? », Problèmes économiques, pp. 1-6 ; source : Sociétal, n°39
  • (2003) (avec Antoine Math) « Réforme des retraites et ressources des personnes âgées : quelques enseignements des expériences étrangères », La revue de l’IRES, n°41, pp. 3-40
  • (2002) « Les seuils de pauvreté monétaire : usages et mesures », La revue de l’IRES, n°38, pp. 109-136
  • (2001) « Fonds de pension du secteur public : les prémices d’une coopération syndicale internationale ? », Chronique internationale de l’IRES, n°69, pp. 27-34
  • (2001) (avec Sophie Ponthieux) « Bas salaries : dans les pays riches aussi », in « Dossier pauvreté : cette France qui reste à quai », Questions économiques et sociales, n°89, pp.12-13
  • (2000) « Un plein-emploi au rabais ? », L’économie politique, n°8, pp.45-53
  • (2000) « Les travailleurs pauvres », in N° spécial : « Minima sociaux, revenus d’activité, précarité », Droit social, n° 07/2000, pp. 708 à 712
  • (2000) (avec Sophie Ponthieux) « Salariés à « bas salaire » et travailleurs pauvres : une comparaison France – États-unis », Premières informations et premières synthèses, n°01, DREES, Paris
  • (2000) « Débats et enjeux autour des retraites : un état des lieux », in « Dossier : Fonds de pension et nouveau capitalisme », L’année de la Régulation, volume 4, La Découverte, pp. 171-207, (ISBN 2-7071-32675)
  • (2000) « Comment aider les familles à faibles revenus ? Dispositifs et processus », in « Dossier Budgets précaires », Informations sociales, CNAF, n° 86,.pp. 88-93.
  • (1999) « Les nouvelles formes d’inégalité salariale », in N° spécial « L’euro et les débats nationaux sur les salaires », Chronique internationale de l’IRES, n°60, pp. 98-107
  • (1999) « L’impact de l’euro sur les salaires », in N° spécial « L’euro et les débats nationaux sur les salaires », Chronique internationale de l’IRES, n°60, pp. 5-11
  • (1999) « Pour une économie politique de la protection sociale », in numéro spécial : « Assurance, assistance, solidarité », La revue de l’IRES, pp. 177-218
  • (1998) « Marchés du travail et travailleurs faiblement qualifiés », Chronique internationale de l’IRES, n°55, pp. 29-35
  • (1997) « Le débat sur les retraites : l’alibi de la démographie », La revue de l’IRES, n° 23, pp. 37-57
  • (1989) avec Yves Chassard, Les revenus en France, La Découverte, 127 pages, (ISBN 2-7071-17870)

 

 

Bas les pattes devant nos retraites !

Mensonges et chuchotements

 A quoi peut donc servir la concertation proclamée jour près jour par ce gouvernement ? Tout le long du week-end de la Pentecôte, diverses déclarations qui n’ont été que mensonges et chuchotements.

Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir alors en avant ! Eric Woerth annonce tout de go que la réforme s’appliquera à partir de janvier 2011. Beau scénario : d’un côté, Sarkozy fait mine de jouer la montre en faisant traîner en longueur la présentation de ses propres pistes de réforme, de l’autre, chacun a pu s’apercevoir que les décisions sont déjà prises.

Terminé l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, en reculant le seuil d’ouverture des droits à 62 ou 63 ans.

Quant à la durée de cotisation, elle continuerait d’augmenter. On nous annonce déjà une hausse du taux de la cotisation vieillesse pour les fonctionnaires. Quant à la soi disant mise à contribution des hauts revenus au nom de la justice sociale, celle-ci ne devrait rapporter au mieux que 600 millions d’€ (ouf, on est rassuré !) soit sensiblement le montant annuel du bouclier fiscal : en clair, les plus riches récupéreront d’une main ce qu’ils donneront de l’autre…

Toutes les enquêtes d’opinion convergent pour constater l’attachement majoritaire des salariés à cette conquête sociale vieille de près de 30 ans. Demain, si nous laissons faire, ce sera « Travailler plus longtemps pour gagner moins ».

Si le paquet est ficelé, seul compte maintenant le rapport de forces. Le débat public doit servir à démasquer l’imposture et à démonter l’arnaque. A ce sujet allez faire un tour sur le site d’Attac : « Mensonges, manipulations et mauvaise foi : la réforme des retraites en trois dimensions »

Bernard Thibaut a raison d’écrire dans Libération ( 25 mai) : «  Les politiques publiques sont sous la coupe des banques et des agences de notation internationales, véritables milices privées au service de la défense des intérêts du capital, qui exige des gages par des économies dans les budgets sociaux ».

Au cœur de notre indispensable mobilisation, il nous faut revendiquer un nouveau partage des richesses produites, c’est la question de fond pour pérenniser la protection sociale et notre système de retraite. Il n’y a pas de fatalité à la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée comme cela se fait depuis 30 ans.

Alors oui, Martine Aubry et le PS ont raison de dire dés aujourd’hui qu’ils rétabliront la retraite à 60 ans en cas de victoire de la Gauche en 2012. A l’inverse, Dominique Strauss Kahn fait un cadeau inespéré à la Droite et brouille le message de la Gauche en s’en prenant au «  dogme » des 60 ans.

Amplifions la mobilisation : l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA appellent dans de nombreux départements à la grève et aux manifestations

 le jeudi 27 mai à 15h à Albi, place du Vigan.

 N.B. Une réunion publique se prépare à Castres : retenez dés maintenant la date et le lieu :

lundi 14 juin ,

20H30, salle n° 2, Parc des Expositions.

 

Retraites : l’appel à un front citoyen

 Pour un collectif unitaire à Castres

À l’initiative d’Attac et de la fondation Copernic, près de 400 personnalités, dirigeants des partis de toute la gauche, intellectuels, syndicalistes, lancent un appel à la mobilisation « contre la paupérisation programmée des futurs retraités ».
« La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité(e)s, l’idéologie absurde du ‘‘ travailler toujours plus ’’ et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne pour stopper cet engrenage. »

Alors que les syndicats viennent d’engager leur propre processus de mobilisation, et préparent, notamment, un1er Mai de grande envergure, c’est en quelque sorte un nouveau front qui s’est esquissé , pour contrer le projet sarkozyste de réforme des retraites.
La quasi-totalité de l’arc des forces de gauche y est représentée : PCF (Marie-George Buffet et Pierre Laurent), PS (Razzy Hammadi, Gérard Filoche), NPA (Olivier Besancenot), Parti de gauche (Jean-Luc Mélanchon), Verts (Cécile Duflot)…

De nombreux intellectuels, économistes (tels Dominique Plihon, Henri Sterdyniak, André Orléan, Frédéric Lordon, Catherine Mills), sociologues (Luc Boltanski, Patrick Champagne, Loïc Wacquant, Robert Castel), philosophes, figurent également sur la liste. Si les premiers dirigeants des principales confédérations n’ont pas signé le texte, des syndicalistes de la FSU, de Solidaires, de la CGT, côtoient les animateurs d’associations.

Pour les initiateurs, « une dynamique se met en place ». Sur ce texte, désormais ouvert à « tout citoyen » (1), « on espère des millions de signatures », affirme Willy Pelletier, de la fondation Copernic. « On va sillonner la France, comme pour le Traité constitutionnel européen (TCE, en 2005) », ajoute-t-il, annonçant « 200 meetings d’ici aux vacances ».

Cette campagne se veut à la hauteur de l’enjeu. La nouvelle réforme en gestation « risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver », souligne l’appel.

 Report de l’âge légal, allongement de la durée de cotisation, ces mesures « condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités ». Réfutant le pseudo-argument de la démographie, les signataires mettent en exergue le véritable but poursuivi par la droite et le patronat dans cette affaire : faire payer la crise, par la réduction des dépenses publiques, aux salariés, plutôt qu’aux marchés financiers, aux profits, aux actionnaires, décrypte Pierre Khalfa, de Solidaires. Si le texte ne présente pas, à proprement parler, un autre projet de réforme, il affirme haut et fort « normal » de couvrir les besoins liés à l’accroissement de la part des retraités dans la population « par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite ». « Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. »

« Le sens de l’appel, c’est de dire qu’une alternative » à la régression sociale « existe », insiste Jean-Marie Harribey, président d’Attac.

Présents, à la conférence de presse de lancement de l’appel, les responsables des partis de gauche ont tous mis en relief le « choix de société » que représente la défense du système de retraite par répartition, du contrat de solidarité intergénérationnelle qu’il incarne, à l’opposé du « chacun pour soi » de la capitalisation, vers laquelle gouvernement et patronat voudraient pousser les salariés. Pour Pierre Laurent, qui a annoncé que « le PCF a décidé d’engager toutes ses forces dans les mois à venir au service de cette bataille cruciale », il s’agit de faire en sorte que le sujet « devienne l’affaire des citoyens ». Pour cela, politiques et syndicalistes ont, à l’unisson, affirmé la volonté de mener une bataille à la fois « idéologique », « pédagogique », pour « contrer la pensée unique », en s’adressant à toutes les générations, mais en consacrant un effort spécifique à la jeunesse, « qui doute de la répartition ».

« Les salariés, les retraités, les jeunes ne pourront se mobiliser que s’il y a une alternative crédible », montre Elizabeth Labaye, de la FSU.

Et Jean-Baptiste Prévost, de l’Unef, insiste, dans le même esprit, sur le besoin de « faire évoluer le système » pour que les périodes d’études, d’inactivité forcée, ne soient pas pénalisantes pour le droit à retraite. Enfin, le représentant du NPA a traduit, à son tour, la tonalité résolument offensive de cet appel, en dénonçant le « manque de légitimité de ce gouvernement, qui vient de recevoir une raclée électorale, pour casser les conquêtes sociales de 1945 », et en proclamant « possible de refaire ce qu’on a fait pour le TCE ».

1) http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

L’APPEL :

                   Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

 Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique, car toutes les dispositions prises (calcul sur les vingt-cinq meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %.

Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire – passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes.

Ce sont les salarié(e)s les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite. Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir. Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ».

Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié(e)s pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.

Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. À moins de décréter la paupérisation des retraité(e)s, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité. La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité(e)s, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.

Publicité gratuite : « Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible  » de Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné ( ed.Gawsewitch)

 Le gouvernement actuel remet en cause, pour tous les salariés, la retraite à 60 ans, et penche vers une retraite à 62, 63 voire 65 ou 67 ans à terme, alors qu’il veut porter le nombre d’annuités de cotisations vers 42, voire 44 annuités et plus. Les paramètres qui servent de base au calcul des retraites se trouveraient profondément modifiés. Le risque ? Plonger des millions de retraités dans la misère. Tout cela étalé de façon masquée sur plusieurs décennies contre nous et nos enfants. 10 questions, 10 réponses. Les auteurs, point par point, décortiquent le sujet et prouvent qu’il est possible de garder notre retraite à 60 ans. Rien n’impose de travailler plus, ni sur la semaine, ni sur la vie. Rien n’impose de faire travailler les « seniors » à la place des « juniors ». Il y a 4 millions de chômeurs. Priorité à l’emploi des jeunes. C’est une question de redistribution des richesses qui est en cause. Où vont les richesses créées par le salariat qui représente 93 % de la population active ? Elles doivent revenir à nos salaires, à nos cotisations sociales, à notre santé, à nos retraites. Chiffres à l’appui, les auteurs dénoncent cette immense propagande quotidienne mensongère lancée par Sarkozy-Fillon sur l’espérance de vie qui s’allongerait tellement qu’il ne serait plus possible d’avoir assez de main d’œuvre pour payer nos retraites. Un texte coup de poing, richement documenté, écrit dans un style incisif, qui apporte une alternative à la réforme à venir, et des solutions pour demain.
On peut lire aussi la revue «  Démocratie et socialisme «