« Tous au Larzac »
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 01/02/2012 à 17:54, par Philippe GuerineauLe jour où les Causses devinrent terre de révolte
Dans le cadre des « Ciné rencontres » , avec l’aide de Cinemovida et des « Cinglés du cinéma », projection du film de Christian Rouaud :
« Tous au Larzac »
jeudi 2 février à 21 h
au cinéma Le Lido à Castres
Le film sera suivi d’un débat avec des témoins-acteurs qui viendront expliquer leur soutien dans le Tarn à l’extraordinaire mobilisation des paysans du Larzac durant les années 70, Alain Boulanger et Michels Calmels , membres du C.O.T. ( Collectif des objectrices et objecteurs tarnais).
Le film, sorti en salle le 23 novembre 2011, revient sur cette longue lutte qui aura duré 10 ans. « Nous choisissons le Larzac, c’est un pays déshérité. » C’est ainsi qu’un jour d’octobre 1971, Miche Debré, alors ministre de la Défense décrète sans concertation préalable, l’agrandissement du camp militaire du Larzac.
A l’annonce de cette décision brutale, la colère se répand , la réaction des paysans est radicale, une vague unanime de protestations et de résistance s’organise dans toute la France : des rassemblements de plusieurs dizaines de milliers de personnes en 1973, en 1978 alors que les ordonnances d’expropriation tombent, une marche sur Paris est accueillie par 80 000 personnes.
Comme pour LIP, la lutte des paysans du Larzac est emblématique. Elle s’inscrit dans le sillage de Mai 68 et prépare l’élection de la gauche en 1981. Comme pour LIP, j’étais présent lors des rassemblements sur le Causse, j’ai participé à la création d’un Comité Larzac comme il y en eut des centaines sur tout le territoire.
Nulle nostalgie mais tout simplement rappeler ce qui fut , ce film m’en donne l’occasion, pour les plus jeunes générations et pour rafraîchir la mémoire des anciennes. Est-il utile de préciser la retentissante actualité de ces luttes ?
« Révolution citoyenne avant l’heure ? » Comme l’écrit une journaliste de Télérama : « Le laboratoire politique tourne à plein régime. Dans cette guerre d’idées et de territoires, les autorités semblent avoir toujours un temps de retard, puissants mais balourds comme les légionnaires d’Astérix . Dans leur lutte contre Goliath, les David du Larzac ont un atout majeur : leur indéfectible solidarité. Aucune tentative de division (négociations séparées, pour acheter les fermes par exemple) ou d’intimidation ne semblent les avoir atteints. Le film ne cache ni les tensions, ni l’usure de la lutte. Mais il reste une vivifiante leçon d’espérance… »
Comme vous le savez, les paysans du Larzac ont gagné leur guerre contre l’armée en 1981 : à peine élu, François Mitterrand a enterré le projet du camp militaire. Mais l’esprit rebelle demeure… « Les moutons ne sont pas prêts de rentrer dans le troupeau ». Eh oui, comme je vous le disais, plus de 30 ans après, un passé toujours d’actualité.
Bande annonce « Tous au Larzac »
Que serait une vie politique détachée de toute curiosité ou activité culturelle ? Hommes ou femmes politiques désincarnés, asséchés sur pied, fermés à toute forme de sensibilité, nous en rencontrons malheureusement tous les jours. Triste constat ! Un livre, un poème, une chanson, un tableau, un film peuvent ou doivent soudainement vous bouleverser et par là même (re)donner du sens à votre engagement ou alors c’est à désespérer…
Autour de sa troupe de comédiens fétiches, Jean Pierre Daroussin Ariane Ascaride et Gérard Meylan, il tisse une histoire où la solidarité ouvrière vacille sous le poids de la colère. Michel, délégué syndical CGT, perd son emploi avec 19 autres de ses camarades, après avoir soutenu, en accord avec la direction, le principe d’un tirage au sort. Mais à peine a t-il retrouvé un fragile équilibre qu’un drame vient bouleverser son existence…Son univers bascule.
Lors d’une longue interview (Télérama 12-18 novembre), le cinéaste répond à cette question du journaliste : « Dans les neiges du Kilimandjaro, Michel demande à Marie Claire ce que le couple qu’il formait à 20 ans penserait de ce qu’ils sont devenus. Qu’aurait pensé le jeune Robert du Guédiguian d’aujourd’hui ? »
En cette nouvelle année 2012, permettez-moi d’offrir à chacune et à chacun d’entre vous un vœu, un vœu d’espoir, celui que ne s’éteigne jamais en vous cette petite flamme de bonheur qui porte un nom, la révolte, que l’on peut décliner bien sûr sous toutes ses formes, ce petit pouvoir de dire non ; cette petite flamme qui brûle en vous et qui vous dit : « Ne vous résignez jamais ! »
Soyons en cette année 2012 au rendez vous. Nous ne sommes pas condamnés à une austérité à perpétuité et à un véritable recul de civilisation qui s’annonce.
Le cinéma Le Lido et les Cinglés du cinéma ont la très bonne idée de programmer le très beau film d’Aki Kaurismäki « Le Havre ».
« Actualité brûlante : la France d’aujourd’hui, avec sa répression, ses centres de rétention, ses clandestins traqués ». La perdition de ce gamin le pousse à l’offensive.
