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« Tous au Larzac »

Le jour où les Causses devinrent terre de révolte

 

Dans le cadre des « Ciné rencontres » , avec l’aide de Cinemovida et des « Cinglés du cinéma », projection du film de Christian Rouaud :

« Tous au Larzac »

jeudi 2 février à 21 h

au cinéma Le Lido à Castres

Le film sera suivi d’un débat avec des témoins-acteurs qui viendront expliquer leur soutien dans le Tarn à l’extraordinaire mobilisation des paysans du Larzac durant les années 70, Alain Boulanger et Michels Calmels , membres du C.O.T. ( Collectif des objectrices et objecteurs tarnais).

Le film, sorti en salle le 23 novembre 2011, revient sur cette longue lutte qui aura duré 10 ans. «  Nous choisissons le Larzac, c’est un pays déshérité. » C’est ainsi qu’un jour d’octobre 1971, Miche Debré, alors ministre de la Défense décrète sans concertation préalable, l’agrandissement du camp militaire du Larzac.

A l’annonce de cette décision brutale, la colère se répand , la réaction des paysans est radicale, une vague unanime de protestations et de résistance s’organise dans toute la France : des rassemblements de plusieurs dizaines de milliers de personnes en 1973, en 1978 alors que les ordonnances d’expropriation tombent, une marche sur Paris est  accueillie par 80 000 personnes.

Comme pour LIP, la lutte des paysans du Larzac est emblématique. Elle s’inscrit dans le sillage de Mai 68 et prépare l’élection de la gauche en 1981. Comme pour LIP, j’étais présent lors des rassemblements sur le Causse, j’ai participé à la création d’un Comité Larzac comme il y en eut des centaines sur tout le territoire.

Nulle nostalgie mais tout simplement rappeler ce qui fut , ce film m’en donne l’occasion, pour les plus jeunes générations et pour rafraîchir la mémoire des anciennes. Est-il utile de préciser la retentissante actualité de ces luttes ?

« Révolution citoyenne avant l’heure ? »  Comme l’écrit une journaliste de Télérama : «  Le laboratoire politique tourne à plein régime. Dans cette guerre d’idées et de territoires, les autorités semblent avoir toujours un temps de retard, puissants mais balourds comme les légionnaires d’Astérix . Dans leur lutte contre Goliath, les David du Larzac ont un atout majeur : leur indéfectible solidarité. Aucune tentative de division (négociations séparées, pour acheter les fermes par exemple) ou d’intimidation ne semblent les avoir atteints. Le film ne cache ni les tensions, ni l’usure de la lutte. Mais il reste une vivifiante leçon d’espérance… »

Comme vous le savez, les paysans du Larzac ont gagné leur guerre contre l’armée en 1981 : à peine élu, François Mitterrand a enterré le projet du camp militaire. Mais l’esprit rebelle demeure… « Les moutons ne sont pas prêts de rentrer dans le troupeau ». Eh oui, comme je vous le disais, plus de 30 ans après, un passé toujours d’actualité.

Bande annonce « Tous au Larzac »

 

« L’humain d’abord », c’est aussi au cinéma

«  Un film populaire est un film qui révèle aux gens la grandeur qu’ils ont en eux »      Robert Guédiguian

Que serait une vie politique détachée de toute curiosité ou activité culturelle ? Hommes ou femmes politiques désincarnés, asséchés sur pied, fermés à toute forme de sensibilité, nous en rencontrons malheureusement tous les jours. Triste constat ! Un livre, un poème, une chanson, un tableau, un film peuvent ou doivent soudainement vous bouleverser et par là même (re)donner du sens à votre engagement ou alors c’est à désespérer…

Robert Guédiguian, dans son dernier film, «  Les neiges du Kilimandjaro » se refuse à toute désespérance. C’est en cela que ce film (comme beaucoup d’autres en ce moment) est nécessaire… à notre équilibre.

Quand tout semble disparaître, travail, usine, solidarité, conscience de classe … le cinéaste nous appelle à refuser de sombrer dans l’individualisme, la résignation ou la haine. Pour lui, l’espoir, la fraternité, l’utopie sont toujours d’actualité.

Le film est librement inspiré d’un poème connu de Victor Hugo «  Les Pauvres Gens » (Prenez le temps de le lire).

Autour de sa troupe de comédiens fétiches, Jean Pierre Daroussin Ariane Ascaride et Gérard Meylan, il tisse une histoire où la solidarité ouvrière vacille sous le poids de la colère. Michel, délégué syndical CGT, perd son emploi avec 19 autres de ses camarades, après avoir soutenu, en accord avec la direction, le principe d’un tirage au sort. Mais à peine a t-il retrouvé un fragile équilibre qu’un drame vient bouleverser son existence…Son univers bascule.

On se souvient de Marius et Jeannette (1997), du Promeneur du Champ de Mars (2005), de l’Armée du crime ( en 2009).

Avec ce film, c’est un retour dans le quartier de l’Estaque à Marseille, un retour aux vertus du combat collectif : l’attention aux autres, générosité, fidélité, engagement social, même si perce une certaine désillusion.

Dans le cadre du festival Télérama – Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai, du 18 au 24 janvier 2012, le film est programmé ( avec d’autres dont Une séparation, Le gamin au vélo, L’Exercice de l’Etat, etc…) dans notre cher cinéma Le Lido à Castres.

Retenez les dates et les heures, samedi 21 à 20h , dimanche 22 à 18h30, lundi 23 à 14h, mardi 24 à 14h.

Lors d’une longue interview (Télérama 12-18 novembre), le cinéaste répond à cette question du journaliste : «  Dans les neiges du Kilimandjaro, Michel demande à Marie Claire ce que le couple qu’il formait à 20 ans penserait de ce qu’ils sont devenus. Qu’aurait pensé le jeune Robert du Guédiguian d’aujourd’hui ? »

Réponse : «  Il serait très content…En tout cas, je me suis efforcé d’être fidèle à ce jeune homme. Avec le temps, c’est même devenu un impératif moral, et cette question, je me la pose tous les jours ».

« L’humain d’abord », c’est sans doute et avant tout pour cela que Robert Guédiguian soutient la candidature de Jean Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et s’engage avec détermination pour le Front de gauche. 

Bande annonce :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286

Extrait 1 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20523

Extrait 2 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20524

Extrait 3 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20525

 

A retenir : JEUDI 26 JANVIER  -  à partir de 18 H – PARC DES EXPOS- Salle du restaurant n°2 – VOEUX D’ESPOIR  – FRONT DE GAUCHE -  ELECTIONS LEGISLATIVES – 1ère et 3ème circonscriptions – Géraldine ROUQUETTE – Philippe GUERINEAU – A suivre…

 

Don Quichotte : le premier des Indignés

« Ils veulent nous empêcher de rêver, nous les empêcherons de dormir »

 

dq-vol.jpgEn cette nouvelle année 2012, permettez-moi d’offrir à chacune et à chacun d’entre vous un vœu, un vœu  d’espoir, celui que ne s’éteigne jamais en vous cette petite flamme de bonheur qui porte un nom, la révolte, que l’on peut décliner bien sûr sous toutes ses formes, ce petit pouvoir de dire non ; cette petite flamme qui brûle en vous et qui vous dit : « Ne vous résignez jamais ! »

Qui mieux que Don Quichotte peut nous aider dans la conquête de ce qui peut sembler inaccessible.

 «  Les géants existent toujours et continuent à moudre l’imaginaire pour le réduire en poudre.» L’homme de la Mancha nous permet d’affirmer la nécessité du rêve, de la poésie et de l’indispensable utopie.

De partout dans le monde se lève l’exigence universelle et irrépressible de la démocratie et de libertés nouvelles.

Soyons en cette année 2012 au rendez vous. Nous ne sommes pas condamnés à une austérité à perpétuité et à un véritable recul de civilisation qui s’annonce.

Pour que vive l’espoir ! Pour que vive l’année 2012 !

Les Plasticiens volants, compagnie des arts de la rue, connue et reconnue internationalement,  depuis longtemps installée dans le Tarn, aujourd’hui à Graulhet « Usine de l’Emancipation »,  avaient créé en 1997 un spectacle de rue intitulé « Don Quichotte ».

Je me souviens , c’était en septembre 1997, j’étais alors maire-adjoint délégué à la culture et pour la première fois.  « Don Quichotte » fut admiré par des milliers de spectateurs sur le grand parking de la salle Gérard Philipe. « Don Quichotte » faisait également la couverture de notre magazine culturel.

Autre époque !

Pour bien commencer cette nouvelle année 2012, je vous offre quelques extraits du spectacle.

http://www.plasticiensvolants.com/fr/videoDQ.htm

 

Un beau conte de Noël

«  Le Havre, ses clandestins, ses gars du coin, et l’élan de solidarité d’un cireur de chaussures » 

Le cinéma Le Lido et les Cinglés du cinéma ont la très bonne idée  de programmer le très beau film d’Aki Kaurismäki «  Le Havre ».

Il faudra attendre début janvier et plus particulièrement jeudi 5 janvier (14h/21h), vendredi 6 (18h), samedi 7 (18h), dimanche 8 (21h), mardi 10 (18h30) pour le découvrir. 

Marcel Marx, ex  écrivain, s’est exilé volontairement dans la ville du Havre où il est cireur de chaussures. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty .

Deux événements lui rappellent, hélas,  la brutalité de la vie : la rencontre avec un jeune clandestin africain et la maladie qui soudain frappe Arletty…

« Actualité brûlante : la France d’aujourd’hui, avec sa répression, ses centres de rétention, ses clandestins traqués ». La perdition de ce gamin le pousse à l’offensive.

Comme l’écrit le journaliste de Télérama, «  Ce qui domine, c’est l’élan inattendu et spontané de solidarité clandestine ? De l’épicier à la boulangère, chacun y va de son petit geste.(…) Ce n’est pas la bonté, encore moins la compassion qui anime Marcel. Plutôt une fraternité naturelle de citoyen du monde. » 

Assurément un beau conte de Noël . 

Ce film vient de recevoir le prix Louis Delluc qui récompense chaque année le meilleur film français . ( Acteurs ; André Wilms, Jean Pierre Darroussin, Cathy Outinen, Jean Pierre Léaud…) 

http://www.dailymotion.com/video/xmqeia_le-havre-bande-annonce-full-hd_shortfilms#from=embed

 

Danielle, résistante jusqu’au bout

C’était à Castres en octobre 1996

Alors maire-adjoint chargé de la culture, j’eus le très grand bonheur d’accueillir Danielle Mitterrand au musée Jean Jaurès de notre ville. Intense moment d’émotion inoubliable. Elle venait inaugurer une très belle exposition prêtée par sa fondation France-Libertés.

J’ai retrouvé mon discours dont voici l’introduction :

«  Madame, chère Danielle

Par votre présence, en ce lieu, vous nous invitez, en étant fidèles à nos convictions profondes à nous tenir droit et à dire non devant l’inacceptable. Le sens que vous donnez à votre engagement, les valeurs qui ont toujours guidé votre vie, votre ténacité, votre capacité à prendre des risques suscitent le respect et l’admiration et sont un exemple dans la période difficile que nous traversons. Vous nous invitez dans vos interventions et à travers votre action comme l’avait fait Jean Jaurès en son temps à retrouver notre capacité d’indignation,

notre passion pour la justice et la solidarité.

Convaincre, sans cesse convaincre alors que les haines se déchaînent et que l’aveuglement règne en maître, tel est votre combat. Vous nous aidez, Madame, chère Danielle, plus que vous le croyez sans doute à une réflexion plus approfondie : sur ce que nous sommes ? sur ce que nous voulons ?(…) » 

C’était en octobre 1996, la droite se déchaînait contre elle, une partie du PS la brocardait. L’annonce de sa mort, ce matin me bouleverse.

A 87 ans, cette grande dame, inflexible est beaucoup plus jeune que nombre de petits marquis ambitieux et arrogants qui hantent tant de partis.

Sa fidélité à nombre de combats par exemple, son soutien aux travailleurs immigrés et aux sans papiers, sa solidarité internationale envers les minorités opprimées, kurdes, tibétaines, sahraouies, indiens du Chiapas sans oublier le peuple palestinien. Oui dit-on, c’était une conscience.

Je pense surtout qu’elle était la mauvaise conscience d’une grande partie du PS, elle n’a jamais failli : « Fière de la cohérence de sa vie ». Comment oublier celle qui a pris position courageusement pour appeler à voter Non au référendum du 26 mai 2005, à ce catastrophique Traité constitutionnel européen qui conduit maintenant l’Europe au bord du gouffre.

Oui, elle appelait à une «  révolution pacifique » et disait « Il faut rompre avec ce système, il faut sortir du système ». Sa fondation France Libertés dont elle fêtait dernièrement la 25ème année (les subventions ont été supprimées par N.Sarkozy) accomplit un travail remarquable, notamment dans le domaine de « l’accès à l’eau potable  pour tous ».

Elle se proclamait militante jusqu’au bout et ne lâchait rien. Que son combat courageux et sincère puisse servir d’exemple à toutes celles et ceux qui doutent et perdent confiance.