Mon ami Yannis Youlountas
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 13/02/2012 à 6:53, par Philippe Guerineau« Si vous laissez la société grecque être détruite sur l’autel de la dette et des banques, très vite viendra votre tour…Révoltez-vous ! » Mikis Theodorakis
Avec Yannis c’est déjà presque une longue histoire. Ce toujours jeune homme, ce tarnais franco- grec, (mais je crois que les frontières lui font horreur), philosophe, poète et écrivain , engagé politiquement , au sens de la Politique avec un P majuscule, sans compromission quand il s’agit de défendre des libertés universelles déborde d’activités.
Camp de base, Durfort où il créa en 1997 le premier café philo puis ce fut en 1998 la naissance de l’Agora 81. Il me rendit visite en 1999 (j’étais alors maire-adjoint délégué à la culture), pour l’aider à organiser à Castres le premier colloque international sur les cafés philo. Un théâtre plein, de nombreux journalistes dont Jean Paul Besset alors au Monde. Il faut vous dire qu’en ces temps là, Castres s’ouvrait au delà de son territoire, qu’en ce temps là, il y avait au Musée Jean Jaurès un débat par mois avec des écrivains, des historiens, des économistes, etc…(Aujourd’hui, le silence règne).
En 2007, il fut le porte parole de José Bové mais très vite déçu par sa campagne, il écrit quelques tribunes avec Michel Onfray , Raoul Marc Jennar (ce dernier appelle aujourd’hui à voter Front de gauche).
En 2008, élections municipales, il est à la tête de la liste d’opposition à Durfort qui obtient plus de 44 % des voix, participe à la fondation du journal Siné mensuel où on peut lire sa prose.
Ses deux derniers ouvrages : « Derrière les mots » (2011) , « Paroles de murs athéniens » (janvier 2012) témoignages de 3 années de reportage aux côtes des Indignés grecs. (Prendre connaissance du clip-vidéo)
Court extrait de sa préface : « Les lobbys financiers ont pris leur revanche. Bien aidés en cela par une classe politique corrompue et aux ordres. Ils ont mis à genoux et étranglé l’économie grecque, et envoyé un message menaçant et autoritaire à tous les peuples d’Europe (…) Le taux de suicide a doublé en moins de deux ans, les retraites et les salaires ont été diminués du jour au lendemain de plus de 25 % et parfois jusqu’à 60 %.
La misère frappe désormais toutes les familles. Les hôpitaux sont obligés de refuser un quart des entrées faute de moyens.(…) Des cas d’évanouissements d’enfants sont signalés dans plusieurs écoles du pays, alors que les cantines ferment les unes après les autres (…)Ce qui se déroule aujourd’hui en Grèce est la répétition générale d’un spectacle tragique porté à s’étendre partout en Europe…»
Yannis me fait l’honneur de m’envoyer ses ouvrages avec à chaque fois d’émouvantes dédicaces. Il était présent vendredi 3 février au Café Plum ( café- librairie-arts vivants) de Lautrec. Le froid très vif n’avait pas découragé les nombreux participants. C’est toujours un plaisir d’écouter l’auteur qui inscrit la situation économique et sociale grecque dans une longue histoire de ce peuple, souvent martyrisé. Une belle et instructive soirée !
Ce dimanche 12 février, les députés du PS et de la droite, confondus (certains ont eu le courage de démissionner) s’apprêtent à voter un nouveau plan d’austérité ( 3 ans d’austérité à répétition imposée par l’Union européenne), plus de 200 000 manifestants s’affrontent aux forces de police.
Aujourd’hui plus d’un million de chômeurs pour 11 millions d’habitants. 50 % de chômeurs chez les moins de 25 ans, des baisses de 22 % du salaire minimum, encore moins 15 % pour les retraites complémentaires, encore et encore des licenciements dans la fonction publique (15 000) , « Vous n’avez pas été mandatés pour ce moyen age que vous nous préparez » .
Comme l’écrit Yannis, la Grèce est notre passé, elle est aussi notre avenir. Que faisons nous ? Que savons nous ?
»Paroles de murs athéniens » Coll. Paroles, 13€, Ed.Libertaires

En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques. 
Le film, sorti en salle le 23 novembre 2011, revient sur cette longue lutte qui aura duré 10 ans. « Nous choisissons le Larzac, c’est un pays déshérité. » C’est ainsi qu’un jour d’octobre 1971, Miche Debré, alors ministre de la Défense décrète sans concertation préalable, l’agrandissement du camp militaire du Larzac.
« Révolution citoyenne avant l’heure ? » Comme l’écrit une journaliste de Télérama : « Le laboratoire politique tourne à plein régime. Dans cette guerre d’idées et de territoires, les autorités semblent avoir toujours un temps de retard, puissants mais balourds comme les légionnaires d’Astérix . Dans leur lutte contre Goliath, les David du Larzac ont un atout majeur : leur indéfectible solidarité. Aucune tentative de division (négociations séparées, pour acheter les fermes par exemple) ou d’intimidation ne semblent les avoir atteints. Le film ne cache ni les tensions, ni l’usure de la lutte. Mais il reste une vivifiante leçon d’espérance… »
Que serait une vie politique détachée de toute curiosité ou activité culturelle ? Hommes ou femmes politiques désincarnés, asséchés sur pied, fermés à toute forme de sensibilité, nous en rencontrons malheureusement tous les jours. Triste constat ! Un livre, un poème, une chanson, un tableau, un film peuvent ou doivent soudainement vous bouleverser et par là même (re)donner du sens à votre engagement ou alors c’est à désespérer…
Autour de sa troupe de comédiens fétiches, Jean Pierre Daroussin Ariane Ascaride et Gérard Meylan, il tisse une histoire où la solidarité ouvrière vacille sous le poids de la colère. Michel, délégué syndical CGT, perd son emploi avec 19 autres de ses camarades, après avoir soutenu, en accord avec la direction, le principe d’un tirage au sort. Mais à peine a t-il retrouvé un fragile équilibre qu’un drame vient bouleverser son existence…Son univers bascule.
Lors d’une longue interview (Télérama 12-18 novembre), le cinéaste répond à cette question du journaliste : « Dans les neiges du Kilimandjaro, Michel demande à Marie Claire ce que le couple qu’il formait à 20 ans penserait de ce qu’ils sont devenus. Qu’aurait pensé le jeune Robert du Guédiguian d’aujourd’hui ? »
En cette nouvelle année 2012, permettez-moi d’offrir à chacune et à chacun d’entre vous un vœu, un vœu d’espoir, celui que ne s’éteigne jamais en vous cette petite flamme de bonheur qui porte un nom, la révolte, que l’on peut décliner bien sûr sous toutes ses formes, ce petit pouvoir de dire non ; cette petite flamme qui brûle en vous et qui vous dit : « Ne vous résignez jamais ! »
Soyons en cette année 2012 au rendez vous. Nous ne sommes pas condamnés à une austérité à perpétuité et à un véritable recul de civilisation qui s’annonce.