« Le Journal de Jeanne »
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 09/11/2011 à 17:00, par Philippe GuerineauUne ouvrière pendant la grande grève de Graulhet en 1910
Lundi dernier, la Société culturelle de Castres invitait Monique Fauré, auteur du livre : « Le journal de Jeanne, une ouvrière pendant la grande grève de Graulhet en 1910 ». Au même moment, j’étais retenu de 17h à 19h30 dans mon collège pour la rencontre parents-professeurs des élèves de 6ème.
J’aurai tant voulu écouter Monique Fauré , j’espère qu’elle reviendra à Castres. (Tiens, une idée pour l’association Castres A Gauche Vraiment). Un ami me rapporte l’ouvrage , à lire toutes affaires cessantes pour les jeunes bien sûr, mais aussi et surtout pour celles et ceux qui attachés aux valeurs de la Gauche, ignorent tout du mouvement ouvrier, de ses luttes, des victoires emportées mais aussi des défaites.
Dans ce blog, j’avais déjà évoqué il y a plus d’un an la longue grève (147 jours , pratiquement 5 mois) commencée par les femmes ouvrières dans les mégisseries de Graulhet à l’occasion de son centenaire : « 1er mai historique à Graulhet ».
Belle préface d’Alain Boscus « Disons le sans détour ! Le journal de Jeanne est un enchantement. Il plonge le lecteur dans cette longue et dure grève des mégissiers de Graulhet dont tous les Français entendirent parler en 1910. On s’y croirait ! On lutte et on manifeste avec Jeanne… ». Alain ajoute : « Cette ouvrière du cuir, corroyeuse de son métier, nous impose son rythme. Elle nous fait partager ses espérances et réflexions… ».
Puis termine par ses mots : « Tous les salariés pourraient aussi faire leur miel de ce livre, et nul doute que beaucoup y puiseront idées et exemples pour fortifier leur engagement citoyen. Notre monde déréglé et injuste en a tant besoin !… »
Je vous présente quelques extraits du livre pour vous donner l’envie de vous le procurer :
« Jeudi 21 avril : quand je lis Jaurès, je me sens intelligente. C’est incroyable comme il sait expliquer clairement les choses les plus compliquées. Je viens de lire un article de lui paru dans La Dépêche de lundi et je suis émerveillée.(…)
Vendredi 22 avril : en tout cas, j’ose vous dire aujourd’hui que je trouve que j’ai eu de la chance de vivre cette grève. Jusqu’à présent, je n’avais jamais rien choisi, rien décidé. Des choses arrivaient dans ma vie et je les acceptais. (…) J’ai l’impression que le vote du 4 décembre (début de la grève) est la première fois de ma vie où il m’a été demandé de choisir, de m’exprimer. Une nouvelle naissance ! (…)
Vendredi 29 avril : Et pourtant, et pourtant !… Je suis fière d’avoir participé à cette grève et j’espère que vous, mes enfants, vous en serez fiers un jour ! Même si je n’ai pas bougé de Graulhet, j’ai l’impression d’avoir découvert le monde. J’ai compris que les femmes avaient leur combat particulier à mener et qu’elles n’avaient pas besoin nécessairement des hommes pour vaincre. J’ai beaucoup lu et j’ai, de plus en plus envie de lire. Envie d’écrire, aussi (…)
Vendredi 6 mai (fin de la grève) : ce soir je rêve d’un jour où les femmes auront droit au même salaire que les hommes. Je rêve d’un jour où les femmes iront voter comme les hommes. Je rêve d’un jour où toi ma fille tu pourras être élue et défendre nos droits. Je rêve d’un jour où tous les travailleurs pourront avoir des congés payés. J’aimerai tant voir l’océan. »
Dans les périodes de doute ou de désenchantement, c’est aussi en souvenir de ces ouvrières de Graulhet que l’on puise son énergie afin de continuer à militer inlassablement pour un autre monde.
« Le journal de Jeanne », Monique Fauré. Ed. Futur antérieur (Graulhet) ,10€.













Après avoir dicté sa loi à la Grèce, ce pays impose sa loi sur le sol français. En effet, on peut dire aujourd’hui que le blocus de Gaza commence…à Roissy. Les dizaines de sympathisants de la cause palestinienne n’ont pu embarquer dans différents aéroports européens. Comment est-ce possible ?
