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Mon ami Yannis Youlountas

«  Si vous laissez la société grecque être détruite sur l’autel de la dette et des banques, très vite viendra votre tour…Révoltez-vous ! » Mikis Theodorakis

Yannis, café Plum, Lautrec, 3 février

Avec Yannis c’est déjà presque une longue histoire. Ce toujours jeune homme, ce tarnais franco- grec, (mais je crois que les frontières lui font horreur), philosophe, poète et écrivain , engagé politiquement , au sens de la Politique avec un P majuscule, sans compromission quand il s’agit de défendre des libertés universelles déborde d’activités.

Camp de base, Durfort où il créa en 1997 le premier café philo puis ce fut en 1998 la naissance de l’Agora 81. Il me rendit visite en 1999 (j’étais alors maire-adjoint délégué à la culture), pour l’aider à organiser à Castres le premier colloque international sur les cafés philo. Un théâtre plein, de nombreux journalistes dont Jean Paul Besset alors au Monde. Il faut vous dire qu’en ces temps là, Castres s’ouvrait au delà de son territoire, qu’en ce temps là, il y avait au Musée Jean Jaurès un débat par mois avec des écrivains, des historiens, des économistes, etc…(Aujourd’hui, le silence règne).

En 2007, il fut le porte parole de José Bové mais très vite déçu par sa campagne, il écrit quelques tribunes avec Michel Onfray , Raoul Marc Jennar (ce dernier appelle aujourd’hui à voter Front de gauche).

En 2008, élections municipales, il est à la tête de la liste d’opposition à Durfort qui obtient plus de 44 % des voix, participe à la fondation du journal Siné mensuel où on peut lire sa prose.

Ses deux derniers ouvrages : « Derrière les mots » (2011) , « Paroles de murs athéniens  » (janvier 2012) témoignages de 3 années de reportage aux côtes des Indignés grecs. (Prendre connaissance du clip-vidéo)

Court extrait de sa préface : « Les lobbys financiers ont pris leur revanche. Bien aidés en cela par une classe politique corrompue et aux ordres. Ils ont mis à genoux et étranglé l’économie grecque, et envoyé un message menaçant et autoritaire à tous les peuples d’Europe (…) Le taux de suicide a doublé en moins de deux ans, les retraites et les salaires ont été diminués du jour au lendemain de plus de 25 % et parfois jusqu’à 60 %.

La misère frappe désormais toutes les familles. Les hôpitaux sont obligés de refuser un quart des entrées faute de moyens.(…) Des cas d’évanouissements d’enfants sont signalés dans plusieurs écoles du pays, alors que les cantines ferment les unes après les autres (…)Ce qui se déroule aujourd’hui en Grèce est la répétition générale d’un spectacle tragique porté à s’étendre partout en Europe…»

Yannis me fait l’honneur de m’envoyer ses ouvrages avec à chaque fois d’émouvantes dédicaces. Il était présent vendredi 3 février au Café Plum ( café- librairie-arts vivants) de Lautrec. Le froid très vif n’avait pas découragé les nombreux participants. C’est toujours un plaisir d’écouter l’auteur qui inscrit la situation économique et sociale grecque dans une longue histoire de ce peuple, souvent martyrisé. Une belle et instructive soirée !

Ce dimanche 12 février, les députés du PS et de la droite, confondus (certains ont eu le courage de démissionner) s’apprêtent à voter un nouveau plan d’austérité ( 3 ans d’austérité à répétition imposée par l’Union européenne), plus de 200 000 manifestants s’affrontent aux forces de police.

Aujourd’hui plus d’un million de chômeurs pour 11 millions d’habitants. 50 % de chômeurs chez les moins de 25 ans, des baisses de 22 % du salaire minimum, encore moins 15 % pour les retraites complémentaires, encore et encore des licenciements dans la fonction publique (15 000) , «  Vous n’avez pas été mandatés pour ce moyen age que vous nous préparez » .

Comme l’écrit Yannis, la Grèce est notre passé, elle est aussi notre avenir. Que faisons nous ? Que savons nous ?

  »Paroles de murs athéniens » Coll. Paroles, 13€, Ed.Libertaires

 

Victor Hugo avec le Front de gauche

 

Mardi  soir, à la fin de son meeting de Villeurbanne, devant 10 000 personnes, ( à noter que le lendemain à Montpellier, il y aura à nouveau 10 000 personnes) Jean-Luc Mélenchon a lu un texte de Victor Hugo : Les Misérables (Tome IV). Je ne peux m’empêcher de vous le faire partager :

 

«  Faits d’où l’histoire sort et que l’histoire ignore »  

En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques. 
   Sauvages. Expliquons-nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? 

Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation. 
   Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit. 


   En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud. 

Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares. » 

Discours de Jean Luc Mélenchon à Villeurbanne 

Discours de Jean Luc Mélenchon à Montpellier

 

« Tous au Larzac »

Le jour où les Causses devinrent terre de révolte

 

Dans le cadre des « Ciné rencontres » , avec l’aide de Cinemovida et des « Cinglés du cinéma », projection du film de Christian Rouaud :

« Tous au Larzac »

jeudi 2 février à 21 h

au cinéma Le Lido à Castres

Le film sera suivi d’un débat avec des témoins-acteurs qui viendront expliquer leur soutien dans le Tarn à l’extraordinaire mobilisation des paysans du Larzac durant les années 70, Alain Boulanger et Michels Calmels , membres du C.O.T. ( Collectif des objectrices et objecteurs tarnais).

Le film, sorti en salle le 23 novembre 2011, revient sur cette longue lutte qui aura duré 10 ans. «  Nous choisissons le Larzac, c’est un pays déshérité. » C’est ainsi qu’un jour d’octobre 1971, Miche Debré, alors ministre de la Défense décrète sans concertation préalable, l’agrandissement du camp militaire du Larzac.

A l’annonce de cette décision brutale, la colère se répand , la réaction des paysans est radicale, une vague unanime de protestations et de résistance s’organise dans toute la France : des rassemblements de plusieurs dizaines de milliers de personnes en 1973, en 1978 alors que les ordonnances d’expropriation tombent, une marche sur Paris est  accueillie par 80 000 personnes.

Comme pour LIP, la lutte des paysans du Larzac est emblématique. Elle s’inscrit dans le sillage de Mai 68 et prépare l’élection de la gauche en 1981. Comme pour LIP, j’étais présent lors des rassemblements sur le Causse, j’ai participé à la création d’un Comité Larzac comme il y en eut des centaines sur tout le territoire.

Nulle nostalgie mais tout simplement rappeler ce qui fut , ce film m’en donne l’occasion, pour les plus jeunes générations et pour rafraîchir la mémoire des anciennes. Est-il utile de préciser la retentissante actualité de ces luttes ?

« Révolution citoyenne avant l’heure ? »  Comme l’écrit une journaliste de Télérama : «  Le laboratoire politique tourne à plein régime. Dans cette guerre d’idées et de territoires, les autorités semblent avoir toujours un temps de retard, puissants mais balourds comme les légionnaires d’Astérix . Dans leur lutte contre Goliath, les David du Larzac ont un atout majeur : leur indéfectible solidarité. Aucune tentative de division (négociations séparées, pour acheter les fermes par exemple) ou d’intimidation ne semblent les avoir atteints. Le film ne cache ni les tensions, ni l’usure de la lutte. Mais il reste une vivifiante leçon d’espérance… »

Comme vous le savez, les paysans du Larzac ont gagné leur guerre contre l’armée en 1981 : à peine élu, François Mitterrand a enterré le projet du camp militaire. Mais l’esprit rebelle demeure… « Les moutons ne sont pas prêts de rentrer dans le troupeau ». Eh oui, comme je vous le disais, plus de 30 ans après, un passé toujours d’actualité.

Bande annonce « Tous au Larzac »

 

« L’humain d’abord », c’est aussi au cinéma

«  Un film populaire est un film qui révèle aux gens la grandeur qu’ils ont en eux »      Robert Guédiguian

Que serait une vie politique détachée de toute curiosité ou activité culturelle ? Hommes ou femmes politiques désincarnés, asséchés sur pied, fermés à toute forme de sensibilité, nous en rencontrons malheureusement tous les jours. Triste constat ! Un livre, un poème, une chanson, un tableau, un film peuvent ou doivent soudainement vous bouleverser et par là même (re)donner du sens à votre engagement ou alors c’est à désespérer…

Robert Guédiguian, dans son dernier film, «  Les neiges du Kilimandjaro » se refuse à toute désespérance. C’est en cela que ce film (comme beaucoup d’autres en ce moment) est nécessaire… à notre équilibre.

Quand tout semble disparaître, travail, usine, solidarité, conscience de classe … le cinéaste nous appelle à refuser de sombrer dans l’individualisme, la résignation ou la haine. Pour lui, l’espoir, la fraternité, l’utopie sont toujours d’actualité.

Le film est librement inspiré d’un poème connu de Victor Hugo «  Les Pauvres Gens » (Prenez le temps de le lire).

Autour de sa troupe de comédiens fétiches, Jean Pierre Daroussin Ariane Ascaride et Gérard Meylan, il tisse une histoire où la solidarité ouvrière vacille sous le poids de la colère. Michel, délégué syndical CGT, perd son emploi avec 19 autres de ses camarades, après avoir soutenu, en accord avec la direction, le principe d’un tirage au sort. Mais à peine a t-il retrouvé un fragile équilibre qu’un drame vient bouleverser son existence…Son univers bascule.

On se souvient de Marius et Jeannette (1997), du Promeneur du Champ de Mars (2005), de l’Armée du crime ( en 2009).

Avec ce film, c’est un retour dans le quartier de l’Estaque à Marseille, un retour aux vertus du combat collectif : l’attention aux autres, générosité, fidélité, engagement social, même si perce une certaine désillusion.

Dans le cadre du festival Télérama – Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai, du 18 au 24 janvier 2012, le film est programmé ( avec d’autres dont Une séparation, Le gamin au vélo, L’Exercice de l’Etat, etc…) dans notre cher cinéma Le Lido à Castres.

Retenez les dates et les heures, samedi 21 à 20h , dimanche 22 à 18h30, lundi 23 à 14h, mardi 24 à 14h.

Lors d’une longue interview (Télérama 12-18 novembre), le cinéaste répond à cette question du journaliste : «  Dans les neiges du Kilimandjaro, Michel demande à Marie Claire ce que le couple qu’il formait à 20 ans penserait de ce qu’ils sont devenus. Qu’aurait pensé le jeune Robert du Guédiguian d’aujourd’hui ? »

Réponse : «  Il serait très content…En tout cas, je me suis efforcé d’être fidèle à ce jeune homme. Avec le temps, c’est même devenu un impératif moral, et cette question, je me la pose tous les jours ».

« L’humain d’abord », c’est sans doute et avant tout pour cela que Robert Guédiguian soutient la candidature de Jean Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et s’engage avec détermination pour le Front de gauche. 

Bande annonce :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286

Extrait 1 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20523

Extrait 2 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20524

Extrait 3 :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/les-neiges-du-kilimandjaro,195286-video-20525

 

A retenir : JEUDI 26 JANVIER  -  à partir de 18 H – PARC DES EXPOS- Salle du restaurant n°2 – VOEUX D’ESPOIR  – FRONT DE GAUCHE -  ELECTIONS LEGISLATIVES – 1ère et 3ème circonscriptions – Géraldine ROUQUETTE – Philippe GUERINEAU – A suivre…

 

Don Quichotte : le premier des Indignés

« Ils veulent nous empêcher de rêver, nous les empêcherons de dormir »

 

dq-vol.jpgEn cette nouvelle année 2012, permettez-moi d’offrir à chacune et à chacun d’entre vous un vœu, un vœu  d’espoir, celui que ne s’éteigne jamais en vous cette petite flamme de bonheur qui porte un nom, la révolte, que l’on peut décliner bien sûr sous toutes ses formes, ce petit pouvoir de dire non ; cette petite flamme qui brûle en vous et qui vous dit : « Ne vous résignez jamais ! »

Qui mieux que Don Quichotte peut nous aider dans la conquête de ce qui peut sembler inaccessible.

 «  Les géants existent toujours et continuent à moudre l’imaginaire pour le réduire en poudre.» L’homme de la Mancha nous permet d’affirmer la nécessité du rêve, de la poésie et de l’indispensable utopie.

De partout dans le monde se lève l’exigence universelle et irrépressible de la démocratie et de libertés nouvelles.

Soyons en cette année 2012 au rendez vous. Nous ne sommes pas condamnés à une austérité à perpétuité et à un véritable recul de civilisation qui s’annonce.

Pour que vive l’espoir ! Pour que vive l’année 2012 !

Les Plasticiens volants, compagnie des arts de la rue, connue et reconnue internationalement,  depuis longtemps installée dans le Tarn, aujourd’hui à Graulhet « Usine de l’Emancipation »,  avaient créé en 1997 un spectacle de rue intitulé « Don Quichotte ».

Je me souviens , c’était en septembre 1997, j’étais alors maire-adjoint délégué à la culture et pour la première fois.  « Don Quichotte » fut admiré par des milliers de spectateurs sur le grand parking de la salle Gérard Philipe. « Don Quichotte » faisait également la couverture de notre magazine culturel.

Autre époque !

Pour bien commencer cette nouvelle année 2012, je vous offre quelques extraits du spectacle.

http://www.plasticiensvolants.com/fr/videoDQ.htm