Archives de la catégorie ‘h) Coups de coeur (66)’

Un beau conte de Noël

«  Le Havre, ses clandestins, ses gars du coin, et l’élan de solidarité d’un cireur de chaussures » 

Le cinéma Le Lido et les Cinglés du cinéma ont la très bonne idée  de programmer le très beau film d’Aki Kaurismäki «  Le Havre ».

Il faudra attendre début janvier et plus particulièrement jeudi 5 janvier (14h/21h), vendredi 6 (18h), samedi 7 (18h), dimanche 8 (21h), mardi 10 (18h30) pour le découvrir. 

Marcel Marx, ex  écrivain, s’est exilé volontairement dans la ville du Havre où il est cireur de chaussures. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty .

Deux événements lui rappellent, hélas,  la brutalité de la vie : la rencontre avec un jeune clandestin africain et la maladie qui soudain frappe Arletty…

« Actualité brûlante : la France d’aujourd’hui, avec sa répression, ses centres de rétention, ses clandestins traqués ». La perdition de ce gamin le pousse à l’offensive.

Comme l’écrit le journaliste de Télérama, «  Ce qui domine, c’est l’élan inattendu et spontané de solidarité clandestine ? De l’épicier à la boulangère, chacun y va de son petit geste.(…) Ce n’est pas la bonté, encore moins la compassion qui anime Marcel. Plutôt une fraternité naturelle de citoyen du monde. » 

Assurément un beau conte de Noël . 

Ce film vient de recevoir le prix Louis Delluc qui récompense chaque année le meilleur film français . ( Acteurs ; André Wilms, Jean Pierre Darroussin, Cathy Outinen, Jean Pierre Léaud…) 

http://www.dailymotion.com/video/xmqeia_le-havre-bande-annonce-full-hd_shortfilms#from=embed

 

Danielle, résistante jusqu’au bout

C’était à Castres en octobre 1996

Alors maire-adjoint chargé de la culture, j’eus le très grand bonheur d’accueillir Danielle Mitterrand au musée Jean Jaurès de notre ville. Intense moment d’émotion inoubliable. Elle venait inaugurer une très belle exposition prêtée par sa fondation France-Libertés.

J’ai retrouvé mon discours dont voici l’introduction :

«  Madame, chère Danielle

Par votre présence, en ce lieu, vous nous invitez, en étant fidèles à nos convictions profondes à nous tenir droit et à dire non devant l’inacceptable. Le sens que vous donnez à votre engagement, les valeurs qui ont toujours guidé votre vie, votre ténacité, votre capacité à prendre des risques suscitent le respect et l’admiration et sont un exemple dans la période difficile que nous traversons. Vous nous invitez dans vos interventions et à travers votre action comme l’avait fait Jean Jaurès en son temps à retrouver notre capacité d’indignation,

notre passion pour la justice et la solidarité.

Convaincre, sans cesse convaincre alors que les haines se déchaînent et que l’aveuglement règne en maître, tel est votre combat. Vous nous aidez, Madame, chère Danielle, plus que vous le croyez sans doute à une réflexion plus approfondie : sur ce que nous sommes ? sur ce que nous voulons ?(…) » 

C’était en octobre 1996, la droite se déchaînait contre elle, une partie du PS la brocardait. L’annonce de sa mort, ce matin me bouleverse.

A 87 ans, cette grande dame, inflexible est beaucoup plus jeune que nombre de petits marquis ambitieux et arrogants qui hantent tant de partis.

Sa fidélité à nombre de combats par exemple, son soutien aux travailleurs immigrés et aux sans papiers, sa solidarité internationale envers les minorités opprimées, kurdes, tibétaines, sahraouies, indiens du Chiapas sans oublier le peuple palestinien. Oui dit-on, c’était une conscience.

Je pense surtout qu’elle était la mauvaise conscience d’une grande partie du PS, elle n’a jamais failli : « Fière de la cohérence de sa vie ». Comment oublier celle qui a pris position courageusement pour appeler à voter Non au référendum du 26 mai 2005, à ce catastrophique Traité constitutionnel européen qui conduit maintenant l’Europe au bord du gouffre.

Oui, elle appelait à une «  révolution pacifique » et disait « Il faut rompre avec ce système, il faut sortir du système ». Sa fondation France Libertés dont elle fêtait dernièrement la 25ème année (les subventions ont été supprimées par N.Sarkozy) accomplit un travail remarquable, notamment dans le domaine de « l’accès à l’eau potable  pour tous ».

Elle se proclamait militante jusqu’au bout et ne lâchait rien. Que son combat courageux et sincère puisse servir d’exemple à toutes celles et ceux qui doutent et perdent confiance.  

 

 

 

 

 

« Le Journal de Jeanne »

Une ouvrière pendant la grande grève de Graulhet en 1910

 

Lundi dernier, la Société culturelle de Castres invitait Monique Fauré, auteur du livre : «  Le journal de Jeanne, une ouvrière pendant la grande grève de Graulhet en 1910 ». Au même moment, j’étais retenu de 17h à 19h30 dans mon collège pour la rencontre parents-professeurs des élèves de 6ème.

J’aurai tant voulu écouter Monique Fauré , j’espère qu’elle reviendra à Castres. (Tiens, une idée pour l’association Castres A Gauche Vraiment). Un ami me rapporte l’ouvrage , à lire toutes affaires cessantes pour les jeunes bien sûr, mais aussi et surtout pour celles et ceux qui attachés aux valeurs de la Gauche, ignorent tout du mouvement ouvrier, de ses luttes, des victoires emportées mais aussi des défaites.

Dans ce blog, j’avais déjà évoqué il y a plus d’un an la longue grève (147 jours , pratiquement 5 mois) commencée par les femmes ouvrières dans les mégisseries de Graulhet à l’occasion de son centenaire : « 1er mai historique à Graulhet ».

Belle préface d’Alain Boscus « Disons le sans détour ! Le journal de Jeanne est un enchantement. Il plonge le lecteur dans cette longue et dure grève des mégissiers de Graulhet dont tous les Français entendirent parler en 1910. On s’y croirait ! On lutte et on manifeste avec Jeanne… ». Alain ajoute : « Cette ouvrière du cuir, corroyeuse de son métier, nous impose son rythme. Elle nous fait partager ses espérances et réflexions… ».

Puis  termine par ses mots : «  Tous les salariés pourraient aussi faire leur miel de ce livre, et nul doute que beaucoup y puiseront idées et exemples pour fortifier leur engagement citoyen. Notre monde déréglé et injuste en a tant besoin !… »

Je vous présente quelques extraits du livre pour vous donner l’envie de vous le procurer :

« Jeudi 21 avril : quand je lis Jaurès, je me sens intelligente. C’est incroyable comme il sait expliquer clairement les choses les plus compliquées. Je viens de lire un article de lui paru dans La Dépêche de lundi et je suis émerveillée.(…)

Vendredi 22 avril : en tout cas, j’ose vous dire aujourd’hui que je trouve que j’ai eu de la chance de vivre cette grève. Jusqu’à présent, je n’avais jamais rien choisi, rien décidé. Des choses arrivaient dans ma vie et je les acceptais. (…) J’ai l’impression que le vote du 4 décembre (début de la grève) est la première fois de ma vie où il m’a été demandé de choisir, de m’exprimer. Une nouvelle naissance ! (…)

Vendredi 29 avril : Et pourtant, et pourtant !… Je suis fière d’avoir participé à cette grève et j’espère que vous, mes enfants, vous en serez fiers un jour ! Même si je n’ai pas bougé de Graulhet, j’ai l’impression d’avoir découvert le monde. J’ai compris que les femmes avaient leur combat particulier à mener et qu’elles n’avaient pas besoin nécessairement des hommes pour vaincre. J’ai beaucoup lu et j’ai, de plus en plus envie de lire. Envie d’écrire, aussi (…)

Vendredi 6 mai (fin de la grève) :  ce soir je rêve d’un jour où les femmes auront droit au même salaire que les hommes. Je rêve d’un jour où les femmes iront voter comme les hommes. Je rêve d’un jour où toi ma fille tu pourras être élue et défendre nos droits. Je rêve d’un jour où tous les travailleurs pourront avoir des congés payés. J’aimerai tant voir l’océan. »

Dans les périodes de doute ou de désenchantement, c’est aussi en souvenir de ces ouvrières de Graulhet que l’on puise son énergie afin de continuer à militer inlassablement pour un autre monde.

«  Le journal de Jeanne », Monique Fauré. Ed. Futur antérieur (Graulhet) ,10€.

 

Samedi, c’est théâtre pour tous

« Charivari dans le village »

 

Rassurez vous, il ne s’agit pas de relater l’ensemble des délibérations et « questions orales » discutées lors du Conseil municipal de mardi, plus de 5 heures et demie d’échanges parfois animés, besoin de prendre un peu de repos, ça viendra.

« Charivari dans le village » est une pièce de théâtre proposée par nos amis « les amuse-gueules » (compagnie qui s’était fait remarquer jadis dans divers lieux de la ville et du département avec « le Père Noël est une ordure »).

Les actrices et les acteurs sont bien connus : Jean Birindelli, Christian Melon, Hugues Lacan, Cassandre Monné, Martine Monné.

 A la technique : Yannick Auriol, Thierry Lucas, Yoan Melon.

« L’histoire se déroule dans un petit village du fin fond du Tarn. Le curé et le maire sont inquiets : l’épicerie café tabac va fermer. Il faut trouver une solution pour que le village ne meurt pas. Finalement, c’est sur une ex taularde arrivée presque par hasard qu’ils vont compter… »

Le spectacle ( durée : 1h45 ) est organisé par la Caisse d’action sociale de l’EDF de Castres (encore des amis) ; les bénéfices seront intégralement reversés au Secours Populaire français (toujours des amis).

Rendez vous donc le samedi 1er octobre à 21h, salle Gérard Philipe.

Entrée : 5 €, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

 

A St Amans Soult, le Tortill’Art est un TGV

Faire de la culture pour tous une priorité

 

D’abord prendre conscience que l’inégalité d’accès à toutes les formes culturelles est une des injustices sociales les plus flagrantes. Ensuite rendre possible l’égal accès de tous à l’art et à la culture, pas facile, c’est un travail collectif patient et acharné. Enfin, affirmer une volonté politique car la culture n’est pas seulement un secteur de l’action locale, elle en est une dimension indispensable.

L’inégalité peut être territoriale et sociale. Loin des feux de projecteurs, du showbiz sans avenir, éphémère et superficiel, simple élément de prestige et de décor, ne servant qu’à masquer l’absence de toute politique culturelle, des communes souvent petites ou moyennes s’engagent dans une politique culturelle locale de qualité ou soutiennent des initiatives originales et passionnantes. C’est le cas entre autres dans notre Sud Tarn de St Amans Soult  avec le Tortill’Art.

Vendredi dernier, j’étais dans ce lieu à l’occasion de la présentation de sa saison culturelle.  Géraldine Rouquette, conseillère municipale de Castres, m’accompagnait. Présence du maire, (et de la 1ère  magistrate voisine de Saint Amans Valtoret), du Conseiller général, président du Conservatoire départemental de musique et de danse, de la Conseillère régionale Jeanne Jimenez, etc…

Au cours de la saison 2009/2010, plus de 6 500 personnes ont fréquenté le Tortill’Art. Plus d’une dizaine de compagnies de théâtre se sont produites, 5 résidences d’artistes, etc…

Yvette Grenet, conseillère municipale, déléguée à la culture, en charge de la programmation, a présenté avec Julie Moulierac, le calendrier de septembre à décembre 2011 : théâtre, musique, contes, spectacles pour enfants, etc…De la Cie Ivan Morane à la Cie Mise en Œuvre, (rappelons que Castres leur a supprimé toute subvention) en passant par la Cie du Bestiaire à Pampilles sans oublier slam et hip hop. Que du beau monde ! Beaucoup de comédiens ont présenté leur spectacle, agréable fin d’après midi (l’heure tardive nous empêcha d’être présents à la MJC de Lameilhé, ce n’est que partie remise) .

A noter que le Tortill’Art travaille en relation avec l’Espace Apollo et avec lo Bolegason de Castres. Le Tortill’Art est une salle de spectacles municipale, patrimoine ferroviaire puisque ancien entrepôt de la gare SNCF ( n’attendez pas le train, il n’y en a plus depuis longtemps par contre vous pouvez utiliser depuis Mazamet la Voie Verte du Haut Languedoc).

Le Tortill’Art est aidé financièrement par l’Adda du Tarn, le Conseil Régional et le Conseil Général grâce à la qualité de sa programmation.

« Créer et résister », tel est le défi qu’ont décidé de relever un certain nombre d’élus, d’artistes et de nombreux habitants de cette partie de notre territoire que l’on dit sinistré. « Il n’y aura pas d’essor économique et de cohésion sociale sans développement culturel », c’est une évidence, il serait temps que la Communauté d’agglomération en prenne rapidement conscience. En attendant, on peut toujours rendre visite au Tortill’Art, vous ne serez pas déçu.