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Afghanistan : la France doit retirer son contingent

A l’approche du 18 août, je me souviens avec tristesse de la mort de dix soldats français dont huit appartenaient au 8ème RPIMa, tués dans une embuscade tendue par les talibans dans la vallée d’Uzbin. Deux ans se sont écoulés.

Je me souviens du Conseil municipal du mois de septembre où les débats furent vifs sur l’engagement des troupes françaises en Afghanistan. Il faudra revenir sur ce qui fut déclaré alors.

Aujourd’hui, le site américain  Wikileaks a mis en ligne 6 ans de rapports confidentiels émanant de la coalition.

Ces derniers témoignent de la dégradation de la situation à tous les niveaux. Les 92 000 documents publiés viennent confirmer de l’intérieur ce qui apparaissait déjà évident ces derniers mois : les Etats-Unis et leurs alliés sont en train de perdre la guerre en Afghanistan. Les rapports publiés sur le site ainsi que dans 3 journaux : le New York Times, le Gardian, et le Spiegel  couvrent la période de janvier 2004 à décembre 2009 : des documents sur les opérations militaires américaines, sur le rôle du Pakistan et sur les nombreuses bavures de l’OTAN.

Tous les documents projettent une lumière terrible, ce sont les pertes de civils, des enfants et des femmes, des innocents et des vieillards qui payent le plus lourd tribut.

Vous lirez ci-dessous le texte de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès qui demande le retrait des troupes françaises d’Afghanistan (texte publié par le journal Le Monde en date du 28 juillet)

Le conflit afghan concerne un théâtre lointain, pratiquement inconnu de la grande majorité des Français. Notre contingent militaire, de l’ordre de 4 000 hommes, est engagé dans une zone relativement calme. Même quand il essuie des pertes, les marques de solidarité, y compris de la part de l’exécutif, ne sont pas toujours à la mesure des épreuves endurées, peut-être parce qu’il s’agit de soldats professionnels. Le coût de l’opération est présenté comme tolérable. Pas étonnant que ce conflit ne soit pas véritablement un sujet de débat politique en France.

L’opinion pressent aussi que, contrairement aux affirmations officielles, cette guerre n’est plus, depuis longtemps, une guerre contre le terrorisme international. Et, de fait, les partisans du djihad international et d’Al-Qaida, peu nombreux et isolés en Afghanistan, sont largement repliés au Pakistan. Ce n’est pas cette poignée de fanatiques que combattent les 150 000 militaires étrangers aujourd’hui présents en Afghanistan, mais trois mouvements, dont les objectifs sont d’abord nationaux et qui bénéficient d’un soutien significatif, surtout parmi la moitié pachtoune.

L’engagement français est présenté comme un gage de notre fidélité atlantique, une contribution à la reconstruction d’un des pays les plus pauvres du monde et une participation à un effort de stabilisation, pour l’empêcher de retomber dans le chaos qu’il a connu après la chute du gouvernement Najibullah, en 1992.

Mais notre loyauté dans l’Alliance atlantique ne se mesure pas à notre suivisme à l’égard d’une politique d’intervention politico-militaire exclusivement décidée à Washington. Jusqu’en 2003, nous avons, avec raison, considéré que la reconstruction de l’Afghanistan était d’abord une tâche civile. Puis nous nous sommes laissés entraîner dans une opération militaire otanienne sur la totalité du territoire afghan. Ensuite, comme le souhaitaient les Etats-Unis, nous avons progressivement accru notre engagement, en souscrivant à chaque fois aux changements de stratégie décidés par les présidents Bush et Obama.

Le bilan de l’action menée à ce jour est très discutable : un régime à la légitimité incertaine après une élection présidentielle entachée de fraudes massives, une administration impuissante face au pouvoir des chefs de guerre et de l’insurrection, profondément corrompue et mêlée à une production massive de drogue, dont le développement a coïncidé avec l’intervention de l’OTAN.

La politique conduite en ce domaine souffre d’être trop largement occidentale, alors que c’est l’ONU et sa Mission d’assistance en Afghanistan (Manua) qui devraient exercer la responsabilité principale de la gestion politique du conflit afghan.

Une initiative internationale s’impose. Membre permanent du Conseil de sécurité, la France devrait proposer de réunir les pays voisins de l’Afghanistan, ceux détenant un siège permanent au Conseil de sécurité et les membres de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique (de manière à associer la Turquie). Cette conférence aurait pour tâche d’établir un statut international de l’Afghanistan, qui en ferait un Etat neutre, dont les autorités s’engageraient à n’apporter aucun soutien au terrorisme international.

Seul ce règlement, prévoyant un retrait total des troupes étrangères, à l’exception d’un volume limité et contrôlé d’assistance militaire technique, serait de nature à rassurer à la fois le Pakistan, l’Inde, l’Iran, la Chine et la Russie. Il devrait en particulier comporter un engagement du Pakistan de cesser de soutenir les mouvements islamistes pachtounes, en échange d’une reconnaissance par l’Afghanistan de la frontière pakistano-afghane actuelle.

Comment susciter une telle démarche ? La France doit retrouver une liberté d’action et une crédibilité qu’elle a largement perdues, en raison de son engagement au sein des dispositifs militaires intégrés de l’OTAN. Il lui faut pour cela retirer son contingent.

Ce retrait doit s’accompagner d’offres de participation aux efforts internationaux d’aide au développement et, en liaison notamment avec l’Allemagne, d’assistance à la restructuration des forces de sécurité intérieure, aujourd’hui très largement corrompues et inefficaces. L’intensification de l’effort militaire que vient de décider le président Obama doit être relayée par une intensification de l’effort civil.

Le développement de l’Afghanistan est actuellement entravé par l’insécurité, que la présence de l’OTAN contribue d’une certaine façon à alimenter. Le président Obama l’a bien compris en proposant de confier la responsabilité de la sécurité du pays aux forces afghanes à l’échéance de 2014. Cet objectif ne pourra cependant être atteint que dans le cadre d’un règlement international du type de celui esquissé plus haut, en associant toutes les parties à la construction de forces militaires afghanes viables.

L’Armée nationale afghane actuelle est, en effet, en grande partie incapable d’agir de façon autonome, notamment parce qu’elle est affaiblie par des désertions et que ses soldats vont parfois jusqu’à retourner leurs armes contre les militaires étrangers qui les encadrent.
Le retrait français doit être immédiatement annoncé et sa mise en œuvre coordonnée avec le désengagement programmé des forces américaines et internationales. Il pourrait par exemple avoir lieu en même temps que les premiers retraits des troupes américaines, prévus pour juillet 2011. Ainsi la France pourrait-elle renouer avec l’inspiration du « plan d’action pour l’Afghanistan » présenté, en octobre 2001, par Hubert Védrine.

Son action s’inscrirait dans une tradition de politique étrangère notamment illustrée par le discours de Phnom Penh de 1966. Dans ce discours déjà, le général de Gaulle recommandait de renoncer à une « expédition lointaine » dès lors qu’elle apparaissait « sans bénéfice et sans justification » et de lui préférer « un arrangement international organisant la paix et le développement ». 

 

Le local du MRAP détérioré

Dans notre Maison des Associations et des Syndicats

 Pas de vacances pour quelques xénophobes patentés de la ville de Castres. Rien de très grave, rassurez-vous, il ne s’agit pas là de la profanation d’une mosquée (à ce sujet, où en est donc l’enquête ?) et pourtant…

Tout commence souvent ainsi par quelques mots ou quelques phrases…Avec préméditation.

Le MRAP ( Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a son local depuis des années au 2ème étage de la Maison des Associations et des Syndicats.

L’employé chargé de l’accueil a découvert que la porte de celui-ci ainsi que des affiches avaient été maculées par quelques inscriptions.

Soit les auteurs de celles-ci sont venus tout exprès de l’extérieur pendant les heures d’ouverture prenant alors le risque (bien minime il est vrai), puisqu’il y a des passages d’être vus, soit il s’agit de personnes venant chercher leur courrier, soit celles-ci sortaient d’ une réunion . Dans les deux derniers cas, il pourrait s’agir d’un ou de plusieurs membres d’une association…qui n’apprécieraient pas la présence et les activités du MRAP dans notre ville.

 Nous savons qu’il existe malheureusement à Castres de petits ou de plus grands groupes dont l’activité est bien de stigmatiser en permanence nos amis d’origine étrangère. On sait bien que tout cela peut mener à des actes beaucoup plus graves.

Les inscriptions découvertes donc sur la porte du MRAP doivent être condamnées et en premier lieu par la municipalité de notre ville, d’abord puisqu’il s’agit de ses  locaux (Zéro tolérance pour cette forme de tag inacceptable), ensuite parce que les propos sont une atteinte au «  vivre ensemble » dans notre ville, remettent en cause les valeurs de notre République.

 

Vous lirez ci-dessous le communiqué du MRAP envoyé à toute la presse .

Castres le 21 juillet 2010

 

Le Comité local du MRAP de Castres tient à informer les citoyens de l’agression raciste et xénophobe dont il a été victime : la porte du local et des affiches du MRAP ont été souillées par des tags racistes, au sein même de la maison des Associations. Ces faits confirment la justesse de notre combat.

Scandalisés, mais déterminés, nous continuerons à dénoncer et lutter contre toutes les formes de racisme et de xénophobie.

Dans ce contexte de crise sociale, nous appelons  les citoyens :

-  à rester vigilants pour ne pas céder aux discours populistes qui voudraient faire des      étrangers des boucs émissaires.

- à se mobiliser pour construire ensemble une société juste, fraternelle, solidaire et multiculturelle.

 

Nous déposons plainte aujourd’hui auprès du Procureur de la République.

 

                                                                                               Comité local du MRAP de Castres

 

 

Appel du 14 juillet

L’appel pour une justice indépendante et impartiale

A l’initiative du Club Droits, Justice et Sécurités, des magistrats, des avocats, des universitaires et des parlementaires lancent, ce mercredi 14 juillet 2010, un appel solennel « Pour une justice indépendante et impartiale » dans le traitement de l’ensemble des dossiers nés de l’affaire Bettencourt. 

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APPEL DU 14 JUILLET 

 Pour une justice indépendante et impartiale 

 À propos des affaires Bettencourt 
 

Les affaires Bettencourt qui dominent la vie politique française depuis plus de trois semaines donnent en spectacle une justice aux antipodes des principes directeurs du procès pénal et des exigences du droit européen récemment rappelées par la Cour européenne des droits de l’homme dans ses arrêts «Medvedyev».  

 Le procureur de la République de Nanterre comme le procureur général de Versailles, du fait de leur lien direct et statutaire avec le pouvoir exécutif, ne peuvent présenter aucune garantie d’impartialité.  

 Quant à la procédure d’enquête préliminaire privilégiée par le pouvoir dans ce dossier, elle est secrète et non contradictoire.  

 Il est urgent qu’une instruction soit ouverte et qu’elle soit confiée à un collège de juges indépendants respectant les règles du procès équitable, notamment la présomption d’innocence, le principe du contradictoire et les droits de la défense.  

 Le discrédit jeté sur notre justice ne doit plus durer.  

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 Les quarante-sept premiers signataires 

 1. Christine Lazerges, professeur de droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, présidente du club Droits, Justice et Sécurités;
2. Thomas Clay, doyen de la faculté de droit de Versailles , président d’honneur du club Droits, Justice et Sécurités;
3. Gilbert Flam, magistrat, secrétaire général du club Droits, Justice et Sécurités;
4. Simone Gaboriau, magistrat, vice-présidente du club Droits, Justice et Sécurités;
5. Sabrina Goldman, avocat, secrétaire générale-adjointe du club Droits, Justice et Sécurités;
6. Caroline Diot, avocat, secrétaire générale-adjointe du club Droits, Justice et Sécurités;
7. Elisabeth Guigou, députée, ancienne Garde des Sceaux;
8. Paul Cassia, professeur de droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
9. Yves Cochet, député, ancien ministre;
10. Emmanuelle Saulnier, professeur de droit à l’université de Versailles;
11. Arnaud Montebourg, député;
12. Alain Molla, avocat;
13. Sandrine Mazetier, députée;
14. Frédérique Cassereau, avocat, maître de conférences à l’IEP de Paris;
15. Alain Anziani, sénateur;
16. William Bourdon, avocat;
17. Bernard Derosier, député;
18. Matthias Guillou, avocat;
19. Alain Vidalies, député;
20. Christophe Leguevaques, avocat;
21. George Pau Langevin, députée;
22. Christian Mouhanna, chercheur;
23. Jean-Marc Mojica, avocat;
24. Elisabeth Auerbacher, avocat;
25. Noël Mamère, député;
26. Patrick Klugman, avocat;
27. Olivier Dussopt, député;
28. Xavier Autain, avocat;
29. Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat;
30. Jean-Pierre Dintilhac, magistrat honoraire;
31. Guy Delcourt, député;
32. Françoise Neher, magistrat honoraire;
33. Guillaume Barbe, avocat;
34. Pascal Montfort, magistrat;
35. Dominique Raimbourg, député;
36. Marie-Pierre de la Gontrie, avocat;
37. Paul Alliès, professeur de science politique à l’université de droit de Montpellier;
38. François Colcombet, magistrat honoraire;
39. Roland Rappaport, avocat;
40. Jean Codognes, avocat;
41. Dominique Barella, magistrat;
42. François-Yves Boscher, controleur général honoraire de la police nationale;
43. Evelyne Pisier, professeur de droit émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
44. Olivier Duhamel, professeur des universités à SciencesPo.
45. Bastien François, professeur de sciences politiques (Paris I)
46. Aurélie Filipetti, députée
47. Olivier Beaud, professeur de sciences politiques (Paris II)

 Mediapart accueille l’Appel du 14-Juillet pour une justice indépendante et impartiale dans les affaires Bettencourt. Vous pouvez le signer sur le site de Médiapart.

 

 

Augustin Malroux vivant

Il y a déjà presque 20 ans, alors secrétaire de section du Parti Socialiste de Castres, j’invitai Anny Malroux à présenter son livre : «  Avec mon père, Augustin Malroux »soirée émouvante et inoubliable en présence de Maître Roger Gabarrou, de Jean Jack Barthas, et de bien d’autres amis et camarades dont beaucoup ont disparu aujourd’hui.

 A l’occasion du 70ème anniversaire de la commémoration du vote des 80 parlementaires, dont Augustin Malroux, député du Tarn,  qui ont refusé le 10 juillet 1940 d’accorder les pleins pouvoirs à Pétain, je relis le livre qui retrace la vie de ce militant socialiste et laïque qui n’a jamais renié ses convictions.

Anny Malroux Louis Lanet, Castres Librairie Coulier -1991

 Je retrouve les quelques notes m’ayant servi à l’introduction de cette soirée du 20 décembre 1991.  « Il y a les hommes de rupture et les hommes de manœuvre, il y a l’intransigeance pour sauver l’âme ou l’habileté pour sauver les meubles, on rudoie ou on louvoie. Augustin Malroux appartenait à la première catégorie, toutes ses actions révèlent un caractère, un homme qui dit non, qui se bute, qui se braque, qui fait tout ce que «  le sens des réalités » déconseille de faire. Faire l’Histoire était son utopie, la subir aurait été sa défaite… »

A ce jour, je n’ai pas lu d’articles dans la presse régionale et départementale . C’est dommage ! Suite à quelques échanges avec certains de mes proches , je m’aperçois que la mémoire vacille et que très peu connaissent l’histoire courageuse et tragique de ce député du Tarn.

A lire ci-dessous les principales étapes de sa vie faite d’engagements et de combats au service des autres ( source : Wikipédia)

Fils d’un ouvrier mineur très marqué par la pensée de Jean Jaurès, Augustin Malroux fit ses études à l’École primaire supérieure (collège) d’Albi, puis à l’Ecole normale d’instituteurs de Toulouse. Après son service militaire (1920 à 1922), il est en poste dans le Tarn de 1923 à 1936 avec son épouse, elle-même institutrice.

Les documents étudiés jusqu’ici par les historiens ne permettent pas de déterminer quand il adhère à la SFIO. Il est en revanche avéré qu’il fonde la section de Lafenasse 1928 et en devient le secrétaire. Il participe à tous les congrès de la fédération du Tarn. Au congrès national de la SFIO, tenu à Paris en juillet 1933, il soutient Léon Blum et s’oppose à Adrien Marquet et Marcel Déat. Le 4 février 1934, il devient secrétaire de la fédération du Tarn.

En 1935, il est élu maire de sa commune natale. L’année suivante, il est élu député du Tarn.

 Il devient membre de la Commission Administrative Permanente, organe décisionnaire de la SFIO à l’époque. Il effectue plusieurs visites en Aveyron, en Haute-Garonne, dans l’Hérault et même dans la région d’Oran, en avril 1937, pour appuyer les socialistes locaux. Son voyage en Algérie lui vaut d’être durement critiqué par certains journaux, car il manifeste son anticolonialisme.

En décembre 1938, il dépose un amendement à la chambre des députés pour exonérer de taxes les exportations de blé vers l’Espagne républicaine. En février 1940, il dénonce la partialité de la censure qui autorise la publication d’appels au meurtre explicites contre Léon Blum et d’atteintes à la laïcité. Il est alors pris à partie par quelques députés de droite et d’extrême droite, notamment Philippe Henriot.

Héros et martyr de la Résistance

Le 10 juillet 1940, il est l’un des quatre-vingts parlementaires qui votent contre l’attribution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En septembre 1940, il participe à la fondation du Comité d’action socialiste (CAS) pour la zone Nord, offre son domicile parisien pour les réunions clandestines, puis assure la liaison entre le CAS Nord et le CAS Sud, fondé lui par Daniel Mayer. En mai, puis en décembre 1941, il participe aux réunions du CAS Sud. Il travaille activement avec Suzanne Buisson et Edouard Froment.

Augustin Malroux veille également à maintenir le contact avec les députés socialistes internés ou incarcérés. Il informe de ses activités Louis Noguères, autre député SFIO ayant voté contre les pleins pouvoirs, et assigné à résidence par le régime de Vichy.

Dès 1940, il est chargé d’établir le lien entre Libération-Nord et Libération-Sud. En 1942, ce mouvement le charge de créer un groupe de combat.

A la fin de 1941, il participe à la reconstitution clandestine du Syndicat national des instituteurs, dans un réseau d’enseignants fondé par Georges Lapierre, ancien secrétaire général du SNI (mort à Dachau). Ce réseau s’intègre dans la Confrérie Notre-Dame. Enfin Augustin Malroux adhère à l’Organisation civile et militaire.

Arrêté le 2 mars 1943 à Paris, Augustin Malroux est incarcéré à Fresnes. Le 15 septembre 1943, il est déporté en Allemagne. D’abord détenu dans le camp de Neue-Bremm, il est ensuite transféré dans les prisons de Francfort, Kassel, Halle et Berlin, puis détenu à Sachsenhausen (Kommando de Baad-Saarow) d’octobre 1943 à février 1945. Il est alors transporté à Bergen-Belsen, où il meurt le 10 avril.

Sa mort n’est certifiée que quelques semaines plus tard. Entre temps, la SFIO tarnaise en a fait sa tête de liste pour les élections municipales à Carmaux. Il est proclamé maire le 17 mai 1945.

 

Le 10 juillet…1940

Vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940.

 

Au détour d’un échange avec M.Olivier que vous avez pu lire dans ce blog au sujet de l’équipe de France de football, Bernard Carayon, député de la 4ème circonscription du Tarn s’invite dans la discussion avec le sens de la nuance que chacun lui reconnaît : « M.Guerineau a vraiment un problème avec le patriotisme…Il faut dire qu’entre l’ héritage de la chambre du front popu. qui vote les pleins pouvoirs à Pétain et ses amis internationalistes qui préféraient être « rouges que morts »!!!! »

Le sujet est trop sérieux pour s’adonner à la moindre polémique ou instrumentalisation politicienne.

Tournons nous nous donc vers les historiens. Pour Eric Conan et Henry Rousso «  Vichy, un passé qui ne passe pas » ( Editions Fayard, 1994), il est inexact de soutenir que ce serait : «  La Chambre du Front populaire » qui aurait accordé les « pleins pouvoirs » à Pétain en raison d’une part, de l’évolution politique advenue depuis 1936 et d’autre part, de la présence des sénateurs ( 212 Pour sur les 235 votants) et enfin de l’absence de nombreux parlementaires (17 parlementaires décédés et un grand nombre se trouvant, à cause de la guerre, dans l’impossibilité de rejoindre Vichy ou ne souhaitant pas s’y rendre).

Ils écrivent notamment :

« [...] il faut rejeter le slogan selon lequel c’est « la chambre du Front populaire » qui a sabordé la République, cliché véhiculé depuis longtemps par l’extrême-droite pour dédouaner le régime pétainiste et repris récemment par ceux qui affirment que les crimes de Vichy doivent être assumés par la République, celle-ci ayant eu sa part dans l’avènement du nouveau régime. Cette assertion, souvent répétée au cours des polémiques de 1992, est inexacte (même si elle recèle une part de vérité dans la mesure où il n’y eut pas d’élection législative entre le 5 mai 1936 et le 10 juillet 1940). Elle sous-estime d’abord l’évolution politique entre 1936 et 1940, la fragilité de la coalition des radicaux, des socialistes et des communistes ou encore les fractures engendrées en 1938 par la crise de Munich. Surtout, elle fait fi de la présence, au Casino de Vichy, de 245 sénateurs qui, pour le moins, n’avaient guère été favorables, dans leur immense majorité, au Front populaire, puisque c’est le Sénat qui avait fait chuter le premier gouvernement Blum. Ensuite, il faut rappeler que, sur un effectif de 907 députés et sénateurs en 1939, seul 670 étaient présents à Vichy[] [...] »

Jean-Pierre Azéma dans son livre «  De Munich à la Libération, 1938-1944 » écrit : «  On affirme régulièrement que la République a été bradée par la Chambre du Front populaire. Il faut apporter deux correctifs à cette assertion le plus souvent malveillante tout comme les parlementaires du Massilia( 26 députés et 1 sénateur), les députés communistes étaient absents parce qu’exclus de l’Assemblée( 60 députés et 1 sénateur) ».

Nous avons grâce au livre d’Anny Malroux, fille du député SFIO du Tarn, Augustin Malroux qui vota contre,  un témoignage précis des journées des 9 et 10 juillet concernant le chantage, les pressions, les menaces exercées sur les députés. « Il y a des hommes à Doriot dans toutes les rues. Le bruit court que ceux qui voteront contre Pétain ne sortiront pas indemnes d’ici. » François Camel, député de l’Ariège écrit : «  Le chantage, l’abominable chantage, enveloppait chacun de nous. C’étaient des bruits de menaces, de toutes sortes de menaces qui rôdaient ».

Jean-Pierre Azéma dans son ouvrage fait référence à Léon Blum ( déposition au procès Pétain) qui a évoqué l’hébétude , la résignation, « la peur  des bandes de Doriot dans la rue , la peur des soldats de Weygand à Clermont, la peur des Allemands qui étaient à Moulins ».

Parmi les 80 qui ont pris devant tout le monde ( le vote n’était pas secret) le bulletin bleu sur lequel était inscrit Non, la très grande majorité n’appartenait pas à la Droite : 12 députés radicaux-socialistes, 14 sénateurs de la Gauche démocratique, 36 députés ou sénateurs socialistes. Sur ces 80, 31 seront incarcérés ou placés en résidence surveillée, 10 d’entre eux seront déportés, 5 en moururent dont Augustin Malroux dont je vous parlerai longuement la semaine prochaine.

Le 10 juillet 1940, Augustin Maroux écrit une lettre à sa femme et à ses deux filles :

« Ma chère femme, mes chers enfants,

Ceci est mon testament politique. Je veux que plus tard vous sachiez qu’en des heures tragiques  votre « Papa » n’a pas eu peur de ses responsabilités et n’a pas voulu – quelles que soient ses craintes- être parjure à tout ce qu’il a appris puis enseigné dans sa vie.

J’ai été élevé dans l’amour de la République. Aujourd’hui, on prétend la crucifier. Je ne m’associe pas à ce geste assassin. Je reste un «  protestataire ». J’espère le rester toute ma vie pour  être digne de ceux qui m’ont précédé et ne pas vous faire rougir.

Je vous embrasse très affectueusement.              Papa »

 

Augustin Malroux sera arrêté le 2 mars 1943 à Paris, déporté en Allemagne, il mourra à l’âge de 45 ns le 10 avril 1945 dans le camp de concentration de Bergen-Belsen.