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Taisez vous M.Carayon…

… et respectez la douleur des familles meurtries par la profanation des tombes de leurs proches.

 

Mercredi 7 décembre se tenait au tribunal de Castres le procès de l’auteur de la profanation de trois tombes situées dans le carré musulman au cimetière de la Barque. Les faits s’étaient produits début janvier. Très vite, la police relevant les empreintes démasquait le coupable déjà inquiété dans une autre affaire similaire. Ce dernier, ancien sergent-chef au 8° RPIMa et membre du Front National , lors de son audition au commissariat, revendiquait politiquement son acte .

Jugez plutôt : « Il faut résister face à l’invasion arabo- musulmane », « combattre les « islamo-gauchistes qui nous gouvernent » (sic !) » , « les chrétiens sont colonisés ». On reconnaît là la propagande de l’extrême droite (du FN au Bloc identitaire).

Après la profanation de la mosquée de Castres, aujourd’hui, la profanation de tombes. Pour tout républicain, il y a pour le moins exigence de s’interroger et de s’indigner. Peut-on laisser se développer dans notre ville un tel climat de haine ?

Ce procès était donc important et il le fut tant par les plaidoiries des avocats des familles victimes, de la LICRA, du MRAP, que par le réquisitoire du vice-procureur. Un grand moment de justice comme on aimerait en vivre plus souvent.

La présidente du tribunal, avec beaucoup de fermeté, a rappelé les faits qui ne souffrent d’aucune ambiguïté et contestation, d’ailleurs personne ne les remettra en question.

Tous les avocats ont bien évidemment condamné cet acte provocateur , se sont inquiétés de la multiplication d’actes racistes et xénophobes (+ 27 % dans les 9 derniers mois en France), ont dénoncé la lâcheté de s’attaquer aux morts et à leur mémoire, ont appelé à apprendre à vivre ensemble, ont exigé que « tout cela » cesse et que la justice soit ferme.

Le prévenu, valeureux croisé  des thèses d’extrême droite, aujourd’hui pour la plupart reprises par la  droite « populaire » du député-maire de Lavaur, s’est soudain métamorphosé sinon en innocent simplet mais au moins en pénitent zélé « Je regrette…je présente mes excuses aux familles…je n’avais pas prémédité mon geste (il est bien connu que chacun se promène avec dans la poches des couennes de porc)…je voulais m’attaquer aux radicaux ».

«  Les éléments de langage » avaient été appris par cœur , d’ailleurs on les retrouvera mot à mot dans l’hebdo Journal d’ici qui pour l’occasion avait largement ouvert ses colonnes au délinquant. (C’est une première !)

Le réquisitoire du vice-procureur fut à l’évidence d’une grande qualité juridique, républicaine mais aussi humaine (à faire connaître au plus vite dans tous nos collèges et lycées). Malheureusement difficile de prendre des notes , voici tout de même quelques courts extraits, peut être déformés.

Le vice-procureur tient à signaler la rapidité de la justice pour  ce procès (sinon il aurait fallu attendre juin 2012), il évoque combien les « charges symboliques » sont importantes, on ne s’attaque pas impunément aux morts. Il poursuite en parlant «  d’errance intellectuelle et idéologique » , « d’un procès trop grand pour les épaules du prévenu ». Il constate qu’un « vent mauvais souffle, alimenté par des hautes autorités » (je pense au discours de Grenoble du président de la République, aux propos d’un Guéant…mais chacun peut penser à qui il veut), que ce climat permet « à un soldat perdu de mettre en œuvre ce que d’autres donnent à penser avec des mots incendiaires ».

Ce procès est d’autant plus important qu’il y a passage à l’acte. Il tient à rappeler l’atmosphère qui régnait dans notre pays dans l’entre-deux-guerres : les victimes, à l’époque les juifs, aujourd’hui, les musulmans. Il faut donc être très attentif et éviter de semer la haine . Il terminera par ces mots :  « Si certains dirigeants disent qu’il faut se haïr, la société tient tout de même bon » et il requerra 4 mois de prison avec sursis (jugement le 4 janvier).

Assis aux côtés de nombreux membres des familles victimes de la profanation des tombes et de leurs amis, je peux témoigner que ceux-ci avaient pour un moment retrouvé leur dignité, qu’ils étaient apaisés, que la justice avait reconnu leur douleur (qu’ils en parleront à leurs enfants – il y avait là le père d’une de mes élèves, que ces enfants auront, j’espère, et garderont une belle idée de la France républicaine , la France que nous aimons).

Il n’aura pas fallu 24 heures pour que le dénommé Bernard Carayon se manifeste et condamne non pas la profanation des tombes mais…la justice. Cela devient une triste habitude d’autant plus qu’il appelle ouvertement à des sanctions contre le vice-procureur.

Le député-maire de Lavaur est un homme dangereux, son fonds de commerce est non d’apaiser les tensions mais d’attiser les haines. Il se complait (avec son compère des mauvais coups, éditorialiste au Journal d’Ici), à stigmatiser et insulter tantôt les « assistés », tantôt les chômeurs, tantôt les fonctionnaires, tantôt celles et ceux pratiquant une religion différente…. L’ancien dirigeant d’extrême droite ne se contrôle plus quand les valeurs de la République sont exposées et défendues. Que la justice fasse son travail lui est donc insupportable.

Encore quelques mois …

N.B. Nous attendons toujours à cette heure une condamnation ferme de la part du maire de Castres de l’acte odieux accompli et un message de sympathie envers les victimes, familles et amis .

 

Les nôtres …

 » Castres A Gauche Vraiment » organise une soirée film-débat en présence de l’auteur

INVITATION 

Jeudi 8 décembre- 20h30

Maison des associations à Castres 

Projection du film : «  La traversée solidaire » du Winnipeg 

Documentaire coréalisé par notre ami Jean Ortiz.

Une grande page d’histoire de la guerre d’Espagne.

 

Ils ont vécu l’étonnante «  traversée solidaire ». Rompus par la défaite, plus de 2000 réfugiés républicains ont embarqué à Bordeaux vers le Chili en août 1939. A leur débarquement la guerre commençait en Europe.

Pauillac, dans l’estuaire de la Gironde, le 3 août 1939. Sur le quai, le long de la silhouette profilée du « Winnipeg », règne une animation inhabituelle. Ce vieux cargo aux couleurs de France Navigation (une compagnie de « rouges ») a été réaménagé en quelques semaines : deux soutes ont été transformées en dortoirs avec des centaines d’étroits matelas de paille, une autre soute servira de réfectoire. Mais déjà, ils arrivent, chacun cherchant sa place avec le numéro qui lui a été attribué. Qui sont-ils ? des réfugiés espagnols, hommes et femmes, extraits des camps d’Argelès, de Gurs, et du Vernet d’Ariège, entre autres, par la volonté du gouvernement de front populaire du Chili.

Emu par le sort réservé aux républicains vaincus par les troupes franquistes, le président chilien a nommé le poète Pablo Neruda consul de l’émigration à Paris. Sa mission, qu’il accepte : embarquer plus de 2000 réfugiés et combattants pour leur offrir une nouvelle vie, dans leur langue maternelle, entre Cordillère des Andes et océan Pacifique. Neruda sélectionne une centaine de personnes, pas seulement des communistes. Tous les autres seront choisis dans les rangs de la gauche par 33 organisations et partis, « poumistes », socialistes, anarchistes, trotskystes, etc.

Par chance, la mer sera calme pendant le mois de la « traversée solidaire », qui emprunte l’Atlantique et le canal de Panama. A l’arrivée, après une nuit magique devant les collines illuminées de Valparaiso, les émigrants furent accueillis par les chants de jeunes partisans (et les titres haineux de la presse de droite). Un jeune député était sur le quai : Salvador Allende. Il trouvera dans les rangs des réfugiés, de fidèles compagnons de route. Combien étaient-ils en tout ? les chiffres varient autour de 2 200. Mais il est sûr qu’ils étaient un de plus à l’arrivée : une fille est née pendant la traversée. On lui a trouvé un beau prénom : Winnipeg.

L’histoire de Winnipeg ne se conjugue pas au passé. La solidarité internationale, l’exil, ces allers retours (comme ceux qu’ont accomplis certains des descendants du Winnipeg contraints de prendre le chemin dans l’autre sens lors du coup d’état de Pinochet), tous ces éléments nous ramènent au présent. Un film splendide !

La projection sera suivie d’un débat, avec la participation de Jean Ortiz, coréalisateur avec Dominique Gautier.

Jean Ortiz, maître de conférence d’espagnol à l’université de Pau. Il est envoyé au Chili par Alain Chollon, le directeur de France 3 Midi-Pyrénées, passionné par cette histoire. Il y retrouve des passagers de la «  traversée solidaire ». Ce documentaire a été diffusé sur France 3 Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon le mercredi 9 novembre.

http://www.dailymotion.com/video/xm7m7y_la-traversee-solidaire-bande-annonce-v1_tv 

 

Les « fusillés pour l’exemple »

Ce matin, nous penserons à Louis Lanet

 

Ce 11 novembre, je serai comme chaque année avec les élus de la municipalité de Castres, avec mes amis conseillers municipaux de « Castres A Gauche Vraiment » devant le monument aux morts de notre ville. Je penserai à Louis Lanet et sans doute je le verrai assis sur sa chaise, c’était en 1991, il avait 94 ans ( il décédera l’année suivante), c’était comme on dit un des derniers « poilus » de notre ville..

Jeune, très jeune, ouvrier textile de Labastide-Rouairoux, il quitta pour la première fois sa terre et sa famille pour Verdun. 14 mois de combats …Il me parlait souvent, trop souvent de cette guerre où tant de ses amis disparurent (article dans ce blog, le 12/11/2009)

Pour la troisième année consécutive, la Fédération départementale de la Libre Pensée du Tarn organise le samedi 12 novembre 2011 à 10h au Parc de la Sérinié/Jean Jaurès à Carmaux avec le soutien de la mairie de Carmaux et de nombreuses associations,  « un hommage pacifiste et laïque aux fusillés pour l’exemple de 14-18 »

Cet hommage se fera au pied de la Colonne de la paix et plusieurs associations prendront la parole, il se poursuivra avec l’inauguration des nouvelles plaques de la rue Franciso Ferrer. Le maire et la municipalité offriront «  le pot de la fraternité » suivi d’un banquet républicain.

« La chanson de Craonne »

La Chanson de Craonne (du nom de la commune de Craonne) est une chanson de tradition orale, chantée par des soldats entre 1915 et 1917. Interdite par le commandement, une de ses versions est publiée en 1919 par Paul Vaillant-Couturier sous le titre de Chanson de Lorette.

La Chanson de Craonne est connue pour avoir été entonnée par les soldats qui se sont mutinés (dans une cinquantaine de régiments de l’armée française) après l’offensive très meurtrière et militairement désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames. Au cours des combats, les soldats français, partant de la vallée de l’Aisne, devaient « monter sur le plateau » tenu par l’armée allemande.

Ces révoltes sont sévèrement réprimées, notamment par le général Pétain, nommé le 17 mai 1917 pour remplacer le général Nivelle avec pour mission d’endiguer l’effondrement du moral des soldats. Plus de 500 « mutins » sont condamnés à mort (dont 26 effectivement exécutés[3]).[extrait de Wikipedia]

 

7 milliards et moi, et moi, et moi…

Dis Papi, c’est encore loin l’égalité et la fraternité ?

 

Dis Papi, est ce normal un monde si injuste et si cruel ?

Je suis peut être le 7 milliardième bébé, quoiqu’il en soit, en quelques semaines, je découvre que sur l’ensemble de notre terre, mes frères et sœurs souffrent cruellement. Je suis stupéfait mais aussi très triste d’apprendre que des millions de bébés continuent à mourir chaque jour de malnutrition ou de famine, sont logés dans des taudis, ne peuvent être soignés, ne pourront aller un jour à l’école et sont les premières victimes de la pollution et des guerres.

Je découvre que les difficultés de vivre ne concernent pas seulement les pays pauvres mais existent aussi dans des pays riches comme le mien. Partout le partage des richesses se pose mais il semble encore aujourd’hui que les riches, une petite minorité, deviennent plus riches et les pauvres, plus pauvres.

En 2031, j’aurai 20 ans et toi Papi, 81 ans. Quand sera-t-il alors de la situation ?

Si rien ne change, 1 milliard d’humains souffriront ils encore de la faim ? 1 milliard d’habitants vivront-ils encore dans des bidonvilles ? Est ce vrai que nous vivrons alors (70% de la population mondiale) dans de grandes mégalopoles ? Je sais que dans ces géantes urbaines les inégalités sociales ne cessent de s’aggraver.

Est-il vrai que presque 3 milliards de personnes ne disposent pas d’un robinet chez elles ou à proximité, que presque 3 milliards sont privées d’un assainissement de base ?

Notre Terre aura-t-elle suffisamment de ressources naturelles pour nourrir l’ensemble de ses habitants ? Face aux périls écologiques, peux tu me certifier que tout est fait pour y remédier : accumulation de CO2, réchauffement climatique, surexploitation des ressources maritimes, déforestation…

Est-il vrai que la tuberculose et le paludisme tuent chaque année 5 millions de personnes ? Et qu’en France, la tuberculose que l’on croyait éradiquée réapparaît ?

J’apprends que l’aide à l’éducation versée par les pays riches diminue et pourtant, en Afrique subsaharienne, 30 millions d’enfants ne sont pas scolarisés. En Asie du Sud et de l’Est, ils sont 17 millions et  les guerres n’arrangent rien. Pourtant, l’on a calculé qu’une réduction de 10 % seulement des budgets militaires dans les pays en développement qui dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire, permettrait de scolariser 9,5 millions d’enfants…

Dis Papi, tu ne vas tout de même pas me laisser la Terre et ses 7 milliards d’habitants dans un tel état ?

 

« Nous on peut ! »

La vraie primaire à gauche commence maintenant !

Face à la crise, l’indispensable débat s’impose : pour une gauche de gestion du système  ou une gauche de transformation sociale et politique. Le livre de Jacques Généreux : «  Nous on peut ! »  est une contribution salutaire à ce débat.

L’auteur, professeur à Sciences Po fait partie de ces économistes qui refusent la fatalité. Auteur de plusieurs ouvrages qui font référence : « La Grande Régression », « L’autre Société », « La Dissociété », etc…

Il a mené en 2005 la campagne pour le « Non de gauche » à la Constitution européenne et en 2008, il participe avec Jean Luc Mélenchon à la fondation du Parti de Gauche dont il est le secrétaire national à l’économie.

« Face à la rengaine de l’impuissance » Jacques Généreux explique et démontre avec beaucoup de pédagogie qu’il existe une politique réellement alternative, c’est à dire un projet de transformation sociale. Pour cela il n’y a pas d’autre voie que de s’attaquer réellement à ceux qui ne proposent « qu’intensification du travail précarité de l’emploi, salaires de misère, déclin des services publics, recul de la protection sociale, réduction du temps libre, stress de la compétition sans fin… ».

C’est donc à ce double titre d’économiste et de responsable politique, que l’auteur fustige les sociaux démocrates devenus sociaux libéraux à l’instar des Papandréou ou autres Zapatero qui se soumettent aux diktats du FMI et de la Commission européenne. Pour lui, «  le plus ambitieux des programmes progressistes n’est qu’un leurre et un mensonge grossier, s’ils ne commencent pas par décrire la façon dont le gouvernement entend, dés les premiers jours de son mandat, s’affranchir du pouvoir des marchés, des banques, des spéculateurs et des institutions financières internationales ».

Au fil des chapitres : « La politique gouverne toujours l’économie », « Comment gouverner face aux banques, face aux marchés, sans faire payer aux peuples les crises de la finance ? », «Comment s’affranchir de l’euro libéralisme sans sortir de l’Union Européenne ? », etc…on comprend qu’une autre politique est possible.

«  Cela suppose aussi qu’existe dans le pays une nouvelle force politique à gauche. A défaut, il ne reste en effet que les sociaux démocrates et les  écologistes pour assurer l’alternance au pouvoir avec la droite. Mais c’est une alternance sans alternative politique effective puisque ces forces refusent de rompre unilatéralement avec les normes anti-démocratiques instituées de fait par la liberté des marchés, et, en droit, par les traités européens et des organisations internationales…».

Dans la préface «  Place au peuple ! » , Jean Luc Mélenchon constate que « L’Union européenne qui devrait être la solution est devenue le problème. C’est d’elle que part la mécanique odieuse qui soumet les peuples à la finance la plus cupide (…) Il faut venir à l’essentiel, on ne mènera pas une autre politique en France, et surtout une politique de gauche, sans commencer par s’affranchir du carcan du traité de Lisbonne …».

« Nous on peut ! » Jacques Généreux, Ed. Le Seuil, 11 €