Taisez vous M.Carayon…
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 12/12/2011 à 9:00, par Philippe Guerineau… et respectez la douleur des familles meurtries par la profanation des tombes de leurs proches.
Mercredi 7 décembre se tenait au tribunal de Castres le procès de l’auteur de la profanation de trois tombes situées dans le carré musulman au cimetière de la Barque. Les faits s’étaient produits début janvier. Très vite, la police relevant les empreintes démasquait le coupable déjà inquiété dans une autre affaire similaire. Ce dernier, ancien sergent-chef au 8° RPIMa et membre du Front National , lors de son audition au commissariat, revendiquait politiquement son acte .
Jugez plutôt : « Il faut résister face à l’invasion arabo- musulmane », « combattre les « islamo-gauchistes qui nous gouvernent » (sic !) » , « les chrétiens sont colonisés ». On reconnaît là la propagande de l’extrême droite (du FN au Bloc identitaire).
Après la profanation de la mosquée de Castres, aujourd’hui, la profanation de tombes. Pour tout républicain, il y a pour le moins exigence de s’interroger et de s’indigner. Peut-on laisser se développer dans notre ville un tel climat de haine ?
Ce procès était donc important et il le fut tant par les plaidoiries des avocats des familles victimes, de la LICRA, du MRAP, que par le réquisitoire du vice-procureur. Un grand moment de justice comme on aimerait en vivre plus souvent.
La présidente du tribunal, avec beaucoup de fermeté, a rappelé les faits qui ne souffrent d’aucune ambiguïté et contestation, d’ailleurs personne ne les remettra en question.
Tous les avocats ont bien évidemment condamné cet acte provocateur , se sont inquiétés de la multiplication d’actes racistes et xénophobes (+ 27 % dans les 9 derniers mois en France), ont dénoncé la lâcheté de s’attaquer aux morts et à leur mémoire, ont appelé à apprendre à vivre ensemble, ont exigé que « tout cela » cesse et que la justice soit ferme.
Le prévenu, valeureux croisé des thèses d’extrême droite, aujourd’hui pour la plupart reprises par la droite « populaire » du député-maire de Lavaur, s’est soudain métamorphosé sinon en innocent simplet mais au moins en pénitent zélé « Je regrette…je présente mes excuses aux familles…je n’avais pas prémédité mon geste (il est bien connu que chacun se promène avec dans la poches des couennes de porc)…je voulais m’attaquer aux radicaux ».
« Les éléments de langage » avaient été appris par cœur , d’ailleurs on les retrouvera mot à mot dans l’hebdo Journal d’ici qui pour l’occasion avait largement ouvert ses colonnes au délinquant. (C’est une première !)
Le réquisitoire du vice-procureur fut à l’évidence d’une grande qualité juridique, républicaine mais aussi humaine (à faire connaître au plus vite dans tous nos collèges et lycées). Malheureusement difficile de prendre des notes , voici tout de même quelques courts extraits, peut être déformés.
Le vice-procureur tient à signaler la rapidité de la justice pour ce procès (sinon il aurait fallu attendre juin 2012), il évoque combien les « charges symboliques » sont importantes, on ne s’attaque pas impunément aux morts. Il poursuite en parlant « d’errance intellectuelle et idéologique » , « d’un procès trop grand pour les épaules du prévenu ». Il constate qu’un « vent mauvais souffle, alimenté par des hautes autorités » (je pense au discours de Grenoble du président de la République, aux propos d’un Guéant…mais chacun peut penser à qui il veut), que ce climat permet « à un soldat perdu de mettre en œuvre ce que d’autres donnent à penser avec des mots incendiaires ».
Ce procès est d’autant plus important qu’il y a passage à l’acte. Il tient à rappeler l’atmosphère qui régnait dans notre pays dans l’entre-deux-guerres : les victimes, à l’époque les juifs, aujourd’hui, les musulmans. Il faut donc être très attentif et éviter de semer la haine . Il terminera par ces mots : « Si certains dirigeants disent qu’il faut se haïr, la société tient tout de même bon » et il requerra 4 mois de prison avec sursis (jugement le 4 janvier).
Assis aux côtés de nombreux membres des familles victimes de la profanation des tombes et de leurs amis, je peux témoigner que ceux-ci avaient pour un moment retrouvé leur dignité, qu’ils étaient apaisés, que la justice avait reconnu leur douleur (qu’ils en parleront à leurs enfants – il y avait là le père d’une de mes élèves, que ces enfants auront, j’espère, et garderont une belle idée de la France républicaine , la France que nous aimons).
Il n’aura pas fallu 24 heures pour que le dénommé Bernard Carayon se manifeste et condamne non pas la profanation des tombes mais…la justice. Cela devient une triste habitude d’autant plus qu’il appelle ouvertement à des sanctions contre le vice-procureur.
Le député-maire de Lavaur est un homme dangereux, son fonds de commerce est non d’apaiser les tensions mais d’attiser les haines. Il se complait (avec son compère des mauvais coups, éditorialiste au Journal d’Ici), à stigmatiser et insulter tantôt les « assistés », tantôt les chômeurs, tantôt les fonctionnaires, tantôt celles et ceux pratiquant une religion différente…. L’ancien dirigeant d’extrême droite ne se contrôle plus quand les valeurs de la République sont exposées et défendues. Que la justice fasse son travail lui est donc insupportable.
Encore quelques mois …
N.B. Nous attendons toujours à cette heure une condamnation ferme de la part du maire de Castres de l’acte odieux accompli et un message de sympathie envers les victimes, familles et amis .
Ils ont vécu l’étonnante « traversée solidaire ». Rompus par la défaite, plus de 2000 réfugiés républicains ont embarqué à Bordeaux vers le Chili en août 1939. A leur débarquement la guerre commençait en Europe.


que l’auteur fustige les sociaux démocrates devenus sociaux libéraux à l’instar des Papandréou ou autres Zapatero qui se soumettent aux diktats du FMI et de la Commission européenne. Pour lui, « le plus ambitieux des programmes progressistes n’est qu’un leurre et un mensonge grossier, s’ils ne commencent pas par décrire la façon dont le gouvernement entend, dés les premiers jours de son mandat, s’affranchir du pouvoir des marchés, des banques, des spéculateurs et des institutions financières internationales ».