« Le scandale des autoroutes »
Publié dans b) Désenclavement de Castres (30), le 02/11/2011 à 7:03, par Philippe Guerineau« Comment ils volent des milliards à la France »
« Depuis la privatisation du réseau en 2005, des milliards filent dans les poches de concessionnaires privés. Une manne qui enfle à rythme constant, mais dont ni l’Etat, qui en aurait bien besoin, ni les usagers ne profitent. »
Tels sont les titres d’un important dossier paru dans l’hebdomadaire Marianne de cette semaine (29 octobre/4 novembre).
Je vous l’accorde concernant « le scandale des autoroutes » ce n’est pas le premier et cela ne sera sans doute pas le dernier mais il est bon, là encore, de ne pas perdre la mémoire.
Je vous présente donc quelques éléments à retenir :
- Notre réseau autoroutier est le 2ème en Europe avec 9 000 km derrière l’Allemagne qui en possède près de 13 000. Alors que l’Allemagne n’en retire que 4,5 milliards d’€ (chiffres 2010) , les autoroutes françaises gênèrent 8,11 milliards d’€ par an.
- Depuis la privatisation du réseau en 2005, le pactole financé en partie par nos impôts enfle au rythme de 3% par an.
- Les autoroutes ont été cédées aux grandes entreprises du BTP pour 27 ans à un prix dérisoire de 14,8 milliards d’€ (gouvernement Villepin)
- Véritable arnaque mais pas pour tout le monde notamment pour les actionnaires qui empochent chaque année des sommes importantes (même quand le trafic baisse de 0,9% le chiffre d’affaires progresse de 3%). Merci qui ? Merci B.Carayon et merci à l’UMP.
- Le prix moyen du km s’est envolé de 16,4 %, deux fois plus vite que l‘inflation.
- « Véritable roue de la fortune » pour les concessionnaires, les bénéfices ont explosé : « En moins de 5 ans, Eiffage ( APRR) a déjà récupéré 1/3 de la somme payée à l’Etat pour acheter ses 2240 km ».
- En 2005 sur 100 €, 12 € nets allaient dans les poches des actionnaires. 5 ans plus tard, ce sont 16,30 € (on comprend mieux lors des débats publics concernant l’autoroute Castres-Toulouse, l’acharnement du lobby BTP pour faire triompher auprès de certains élus leur projet).
- Lors de la privatisation, les socialistes étaient restés bien discrets. Seuls le PCF et François Bayrou avaient manifesté leur opposition à la tribune de l’Assemblée.
- Autre scandale : l’estimation financière avait été réalisée à partir d’une étude de la banque Ixis (ancienne filiale de la Caisse des dépôts, Conseil d’un des acquéreurs en l’occurrence Eiffage). Comme l’écrit le journaliste de Marianne : « Que diriez-vous, en effet, si l’agence immobilière à qui vous demandez une estimation de votre bien, était de mèche avec votre futur acheteur ? »
- Rappel : on apprend aujourd’hui que les sociétés d’autoroutes étaient prêtes à payer plus cher ( ?). Autre rappel : le patron de Vinci à l’époque, Antoine Zacharias, demandait un bonus de 8 millions d’€.
- Etc, etc…
En résumé, le bénéfice net par km parcouru entre 2005 et 2010 a augmenté de 52,3%. Le bénéfice net est passé de 12 % à 16 % du chiffre d’affaires. En 2005 il s’agissait bien « d’un cas typique de spoliation du bien public suivi de bénéfices sans cause » .
Et pendant ce temps là, certains élus de notre département (UMP mais aussi malheureusement PS-PRG) nous expliquent qu’il n’y a pas un euro pour un aménagement de la RN 126 ou pour une 2×2 voies gratuite entre Castres et Toulouse.
En 2012 peut-on « renationaliser » le réseau ? Cela semble difficile mais dit-on, par voie réglementaire, il serait possible « d’imposer une taxe spécifique sur les profits au titre du financement des routes (pour Castres-Toulouse par exemple), augmenter la redevance que les concessionnaires paient à l’Etat propriétaire des terrains, la taxe domaniale ».
Pour en savoir plus, il vous suffit d’acheter l’hebdomadaire Marianne.

Des représentants de la CGT de Castres et de Revel ont tenu à exprimer leurs exigences au Président de la Communauté d’agglomération, à savoir : « Il n’est pas question que des fonds publics ( subventions d’équilibre, etc..) soient utilisés pour un projet privé, il n’est pas question de faire payer aux usagers une somme de 15 à 16 € pour se rendre à Toulouse.
Certains élus, en particulier de Droite qui n’ont rien fait depuis des décennies pour permettre l’aménagement de la RN 126, en 2×2 voies, ces mêmes élus, députés pour certains, qui n’ont pas été capables de faire inscrire dans le Contrat de Plan Etat-Région le financement de la sortie de Castres vers Soual sont mal placés pour comme à l’accoutumée donner des leçons à tous nos concitoyens.
Nécessaire de prendre connaissance du n°8 (15 juillet 2011) de GAZette et GIROUette (Journal RN 126 Au gré du vent d’autan et de ses girouettes), 14 pages, beaucoup de documentation, nombreuses cartes…
« Un milliard d’euros par an, cette somme conséquente aurait pu continuer à rentrer dans les caisses de l’Etat mais une décision prise en 2005 par un Dominique de Villepin, tout juste nommé Premier ministre ( avec tout l’appui de l’UMP – ndb) l’en a privé. En vendant le parc autoroutier français à des concessionnaires privés pour 15 milliards d’euros, autrement dit en vendant (très mal) les bijoux de famille sans aucune stratégie ni vision à long terme et en se privant définitivement de cette recette annuelle, le gouvernement de l‘époque a commis une grave erreur.
L’A8 qui contourne Nice bat un joli record tarifaire et pénalise au quotidien des milliers de gens. Le futur tronçon entre Castres et Toulouse a donné lieu à un lobbying intense de la part des élus locaux ( pas seulement et pas tous – ndb), avant que Jean-Louis Borloo, qui prônait pourtant l’arrêt de nouveaux tronçons d’autoroute à l’issue du Grenelle de l’Environnement de 2008 ne donne finalement son feu vert. 
« Plus on avance dans le processus de discussion sur l’autoroute, plus il apparaît que le choix du fuseau semble décidé par la DREAL(1) au mieux d’avance, au pire sans queue ni tête ! Inacceptable pour l’aménagement de nos territoires !
Au-delà des questions pour le choix d’un fuseau (zone inondable du Girou ou zones écologiques à protéger, déviations rétrocédées, itinéraire de substitution, nuisances pour l’habitat, aménagement foncier, …), le contexte économique actuel (augmentation du pétrole, des carburants, des péages à 2,5%/an, des matières premières, …) oblige à s’interroger sur la pertinence des chiffres avancés par la DREAL, entre autres la prédiction de trafic, et le coût de l’autoroute (335 M€ qui dépasserait en réalité 450 M€).