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« Le scandale des autoroutes »

« Comment ils volent des milliards à la France »

 

« Depuis la privatisation du réseau en 2005, des milliards filent dans les poches de concessionnaires privés. Une manne qui enfle à rythme constant, mais dont ni l’Etat, qui en aurait bien besoin, ni les usagers ne profitent. »

Tels sont les titres d’un important dossier paru dans l’hebdomadaire Marianne de cette semaine (29 octobre/4 novembre).

Je vous l’accorde concernant  « le scandale des autoroutes » ce n’est pas le premier et cela ne sera sans doute pas le dernier mais il est bon, là encore, de ne pas perdre la mémoire.

Je vous présente donc quelques éléments à retenir :

-         Notre réseau autoroutier est le 2ème en Europe avec 9 000 km derrière l’Allemagne qui en possède près de 13 000. Alors que l’Allemagne n’en retire que 4,5 milliards d’€ (chiffres 2010) , les autoroutes françaises gênèrent 8,11 milliards d’€ par an.

-         Depuis la privatisation du réseau en 2005, le pactole financé en partie par nos impôts enfle au rythme de 3% par an.

-         Les autoroutes ont été cédées aux grandes entreprises du BTP pour 27 ans à un prix dérisoire de 14,8 milliards d’€ (gouvernement Villepin)

-         Véritable arnaque mais pas pour tout le monde notamment pour les actionnaires qui empochent chaque année des sommes importantes (même quand le trafic baisse de 0,9% le chiffre d’affaires progresse de 3%). Merci qui ? Merci B.Carayon et merci à l’UMP.

-         Le prix moyen du km s’est envolé de 16,4 %, deux fois plus vite que l‘inflation.

-         « Véritable roue de la fortune » pour les concessionnaires, les bénéfices ont explosé : « En moins de 5 ans, Eiffage ( APRR) a déjà récupéré 1/3 de la somme payée à l’Etat pour acheter ses 2240 km ».

-         En 2005 sur 100 €, 12 € nets allaient dans les poches des actionnaires. 5 ans plus tard, ce sont 16,30 € (on comprend mieux lors des débats publics concernant l’autoroute Castres-Toulouse, l’acharnement du lobby BTP pour faire triompher auprès de certains élus leur projet).

-         Lors de la privatisation, les socialistes étaient restés bien discrets. Seuls le PCF et François Bayrou avaient manifesté leur opposition à la tribune de l’Assemblée.

-         Autre scandale : l’estimation financière avait été réalisée à partir d’une étude de la banque Ixis (ancienne filiale de la Caisse des dépôts, Conseil d’un des acquéreurs en l’occurrence Eiffage). Comme l’écrit le journaliste de Marianne : « Que diriez-vous, en effet, si l’agence immobilière à qui vous demandez une estimation de votre bien, était de mèche avec votre futur acheteur ? »

-         Rappel : on apprend aujourd’hui que les sociétés d’autoroutes étaient prêtes à payer plus cher ( ?). Autre rappel : le patron de Vinci à l’époque, Antoine Zacharias, demandait un bonus de 8 millions d’€.

-         Etc, etc… 

En résumé, le bénéfice net par km parcouru entre 2005 et 2010 a augmenté de 52,3%. Le bénéfice net est passé de 12 % à 16 % du chiffre d’affaires. En 2005 il s’agissait bien « d’un cas typique de spoliation du bien public suivi de bénéfices sans cause » .

Et pendant ce temps là, certains élus de notre département (UMP mais aussi malheureusement PS-PRG) nous expliquent qu’il n’y a pas un euro pour un aménagement de la RN 126 ou pour une 2×2 voies gratuite entre Castres et Toulouse.

En 2012 peut-on « renationaliser » le réseau ? Cela semble difficile mais dit-on, par voie réglementaire, il serait possible «  d’imposer une taxe spécifique sur les profits au titre du financement des routes (pour Castres-Toulouse par exemple), augmenter la redevance que les concessionnaires paient à l’Etat propriétaire des terrains, la taxe domaniale ».

Pour en savoir plus, il vous suffit d’acheter l’hebdomadaire Marianne.

 

Le Notre-Dame-des-Landes (1) Tarnais

Une autoroute Castres-Toulouse qui ne passe toujours pas

 

Petite piqûre de rappel de la CGT pour celles et ceux victimes d’anosognosie, maladie qui affecte la mémoire et ne touche pas seulement les personnes âgées. Donc lundi 24 octobre, réunion du Conseil de la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet.

Des représentants de la CGT de Castres et de Revel ont tenu à exprimer leurs exigences au Président de la Communauté d’agglomération, à savoir : «  Il n’est pas question que des fonds publics ( subventions d’équilibre, etc..) soient utilisés pour un projet privé, il n’est pas question de faire payer aux usagers une somme de 15 à 16 € pour se rendre à Toulouse.

Il n’est pas question que les déviations de Soual, de Puylaurens…payées par des fonds publics, soient de fait privatisées (…).  Pourquoi une telle inégalité entre le nord du Tarn (autoroute Toulouse-Albi à 1,30€) et le sud du Tarn ? ». 

Ces quelques exigences, il y en a bien d’autres, ont été régulièrement évoquées lors du débat public « Autoroute 2013 » par les opposants politiques (PC, PG, Alternatifs, EELV), syndicaux ou associatifs.  Il est bon, voire indispensable de ne pas perdre la mémoire, de rester attentifs et vigilants.
La CGT, par son action, tient à rappeler, avant qu’il ne soit peut-être trop tard, qu’il n’est pas possible dans l’intérêt de notre Bassin d’emplois d’accepter l’inacceptable et de laisser faire l’autoroute Castres-Toulouse au seul bénéfice des actionnaires de grandes entreprises du BTP.

Certains élus, en particulier de Droite qui n’ont rien fait depuis des décennies pour permettre l’aménagement de la RN 126, en 2×2 voies, ces mêmes élus, députés pour certains, qui n’ont pas été capables de faire inscrire dans le Contrat de Plan Etat-Région le financement de la sortie de Castres vers Soual sont mal placés pour comme à l’accoutumée donner des leçons à tous nos concitoyens.

Mais de tout cela, je pense que nous aurons bientôt, très bientôt, l’occasion d’en débattre à nouveau. Ne voilà-t-il pas qu’arrivent les élections législatives ? Moment de responsabilité et de vérité.

Un petit conseil, commencez à lire ou à relire l’ensemble des articles que j’ai consacré à ce sujet dans ce blog  «  Désenclavement de Castres ». Vous ne perdrez pas votre temps ( enfin, je pense).

(1) « Notre-Dame-des-Landes » petit paradis, à 30 km de Nantes, 160 ha, paysage de bocage préservé, petites exploitations agricoles, faune et flore magnifiques. Tout cela peut disparaître parce que le maire PS de Nantes a décidé la construction d’un grand aéroport. Les mobilisations succèdent aux mobilisations pour éviter cette véritable catastrophe régionale.

 

Autoroute : exigence de vérité

Rouler malin ou se faire rouler ?

Il est temps pour certains d’ôter le bandeau qu’ils maintiennent sur leurs yeux : sortie de route assurée !

Nécessaire de prendre connaissance du n°8 (15 juillet 2011) de GAZette et GIROUette (Journal RN 126 Au gré du vent d’autan et de ses girouettes), 14 pages, beaucoup de documentation, nombreuses cartes…

Son titre : «  Concertation sur l’autoroute Castres-Toulouse , un simulacre pour concéder toute la RN 126 ». Au sommaire : synthèse de la décision du préfet, un fuseau élargi pour temporiser et convaincre, pas de nouveau fuseau, la mise en concession de la RN 126 se dévoile, cette autoroute pourquoi faire ?, DOSSIER : l’autoroute de bric et de broc – analyse au fil du goudron, etc…

On peut prendre connaissance également de la chronique d’Hervé Kempf (1) parue dans le journal  Le Monde le 13 juillet 2011.

« Ce serait la première fois qu’une route nationale est, en France, confiée au secteur privée. »

Péages au paradis

Des vacances ? Elles comporteront probablement un passage sur autoroute. L’occasion de se remémorer la privatisation de 2005, quand le gouvernement Villepin a vendu pour un prix minime des autoroutes qui rapportaient 1 milliard d’euros par an à l’Etat. Cette dilapidation est d’autant plus critiquable que l’on promeut depuis une relance autoroutière qui n’a pas d’intérêt public évident.

Un exemple en est l’A 65, entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Langon (Landes), qui a déchiré le milieu naturel et entraîné un nouvel appauvrissement de la biodiversité. Pour rien : en mai, la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso) a mesuré le trafic journalier : 4 000 véhicules par jour, deux fois moins que ce qui était prévu. L’entreprise concédante, Alienor (du groupe Eiffage), n’en souffrira pas : par contrat, les collectivités locales prendront en charge les déficits futurs.

Mais rien n’y fait, la privatisation continue : le 24 juin, la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a décidé de mettre en concession autoroutière un projet d’élargissement à deux fois deux voies de la route nationale entre Mâcon (Saône-et-Loire) et Montmarault (Allier). De quoi s’agit-il ? Cette route à deux voies supporte un très fort trafic, et il s’y produit de nombreux accidents mortels. L’élargissement est nécessaire. Mais il coûte cher et l’Etat ne peut payer. Un débat public s’est déroulé à ce propos entre novembre 2010 et février. Très suivi localement, il a permis de faire émerger une solution, portée par le député Gérard Voisin (UMP) et le député (PS) et président du conseil général de Sâone-et-Loire Arnaud Montebourg : financer les travaux par l’écotaxe sur les poids lourds, qui va être mise en place d’ici à 2013.

Mais elle a été écartée par la ministre, ce qui suscite la colère des habitants : concession autoroutière signifie péage, alors qu’il n’y a pas d’itinéraire alternatif. Ce serait la première fois qu’une route nationale est, en France, confiée au secteur privé.

Il y a de quoi s’indigner. Car les profits des péages peuvent s’échapper vers les paradis fiscaux : la Société d’autoroutes de Paris-Rhin-Rhône (APRR), qui pourrait recevoir la concession de la nationale, est contrôlée par la société Eiffarie, elle-même possédée à 50 % par Eiffage et à 50 % par quatre fonds australiens appelés Macquarie, dont trois sont localisés aux Bermudes et à Guernesey.

Que faire ? Renationaliser ce patrimoine public, comme le propose M. Montebourg, afin que l’argent des péages finance l’entretien des routes et les moyens de transport alternatifs à la voiture.

(1)   Derniers ouvrages :  L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, éditions du Seuil, Paris, 2011 ; Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, éditions du Seuil, Paris, 2009 ; Comment les riches détruisent la planète, éditions du Seuil, Paris, 2007, Sortie en poche en 2009

 

« Autoroute : le pactole perdu de l’Etat »

Lundi 13, Canal +, 22h15, « Spécial Investigation »

 

Retour sur une décision absurde

 Un documentaire à ne manquer sous aucun prétexte tant il éclaire avec précision ce que nous avons dit et répété au sujet du projet autoroutier Castres-Toulouse.  Je m’aperçois que dans la rubrique «  Désenclavement de Castres » de ce blog,  28 articles ont déjà été écrits ( prenez le temps de les relire) au moment où beaucoup à Castres semblent perdre la mémoire.

Ce documentaire est présenté assez longuement dans le supplément télévisions du Monde . Voici quelques extraits de l’article signé Alain Constant :

« Un milliard d’euros par an, cette somme conséquente aurait pu continuer à rentrer dans les caisses de l’Etat mais une décision prise en 2005 par un Dominique de Villepin, tout juste nommé Premier ministre ( avec tout l’appui de l’UMP – ndb) l’en a privé. En vendant le parc autoroutier français à des concessionnaires privés pour 15 milliards d’euros, autrement dit en vendant (très mal)  les bijoux de famille sans aucune stratégie ni vision à long terme et en se privant définitivement de cette recette annuelle, le gouvernement de l‘époque a commis une grave erreur.

Qualifiée d’  « absurde » par le Financial Times, cette décision s’est effectivement révélée « une mauvaise affaire » pour l’Etat(…). Pourquoi l’Etat a-t-il finalement vendu cette formidable machine à cash que sont les autoroutes ?

Cette enquête bien documentée, signée Marie-Laure Gendre revient avec une pédagogie bienvenue sur ce qu’il faut bien appeler un scandale  et pointe les effets néfastes engendrés par cette privatisation avec, en premier lieu, les « tarifs incohérents et opaques » ( dixit la Cour des Comptes) et l’enrichissement des sociétés d’autoroutes sur le dos des usagers (…).

En s’appuyant sur des exemples concrets, l’enquête souligne les dysfonctionnements multiples et les hausses de tarif injustifiables.

Le tout nouveau tronçon de l’A 65 entre Bordeaux et Pau se paye à prix d’or.L’A8 qui contourne Nice bat un joli record tarifaire et pénalise au quotidien des milliers de gens. Le futur tronçon entre Castres et Toulouse a donné lieu à un lobbying intense de la part des élus locaux ( pas seulement et pas tous – ndb), avant que Jean-Louis Borloo, qui prônait pourtant l’arrêt de nouveaux tronçons d’autoroute à l’issue du Grenelle de l’Environnement de 2008 ne donne finalement son feu vert.

A titre indicatif, le chiffre d’affaires des sociétés gérant les autoroutes françaises a progressé de 20 % depuis 2005. »

Prenez des notes, n’oubliez rien, vous aurez sans doute l’occasion très bientôt, d’interpeller à ce sujet élus ou candidats de droite comme de gauche qui ont soutenu, ( qui soutiennent encore ?) sans aucune réserve, le projet autoroutier Castres – Toulouse.

 

Autoroute : du « grand n’importe quoi » !

Autoroute Castres-Toulouse :

 Première étape : le collectif RN 126 à travers un communiqué de presse que vous lirez ci-dessous ( 11 mai 2011) tire un bilan de «  la concertation sur les fuseaux ».

  Et toujours «  du grand n’importe quoi » !

 « Plus on avance dans le processus de discussion sur l’autoroute, plus il apparaît que le choix du fuseau semble décidé par la DREAL(1) au mieux d’avance, au pire sans queue ni tête ! Inacceptable pour l’aménagement de nos territoires !

Une concertation déconcertante !

D’un côté, c’est la rétrocession des déviations de Puylaurens et de Soual qui a fait violemment réagir les élus, puisqu’elle conduirait le trafic local de camions et de voitures à repasser par les centres de village (10 ans en arrière !). De l’autre côté, dans la guerre des fuseaux de Verfeil à Puylaurens, la DREAL a cité de nouvelles options (3A intermédiaire à Cuq, et 2P Sud au Faget), tout en prévenant qu’elles ne seraient pas étudiées pour éclairer le choix d’un fuseau par le préfet (de qui se moque-t-on ?). Mieux encore, la DREAL prévoit de retenir un fuseau qu’elle avait déclaré techniquement impossible après 3 ans d’études (fuseau 2C à Maurens Scopont).

Au final, si personne n’a compris sur quelles propositions anarchiques, provisoires, ou évasives de la DREAL il fallait se positionner, tout le monde a bien saisi que l’autoroute se ferait sans aucun consensus, et en passant sur le corps d’un certain nombre, pour aller au plus simple et au moins cher.

Le seul consensus auquel la DREAL a abouti n’est pas celui d’un fuseau, mais bien que l’autoroute n’apporterait rien aux territoires traversés, et que l’aménagement de la route actuelle conviendrait à de plus en plus de monde.

La concertation ratée remet en cause le choix actuel d’un fuseau !

La concertation a au moins montré que les territoires traversés voulaient au pire que le fuseau le plus « humainement tolérable » soit privilégié, au mieux qu’il passe chez ceux qui espèrent encore pouvoir tirer un bénéfice de ce projet. Ce fuseau « le plus humainement tolérable » n’apparaît pas actuellement dans les préoccupations de la DREAL.

Dans cette situation, arrêter le choix d’un fuseau aujourd’hui serait inacceptable au regard des rejets que suscitent les fuseaux et le principe de l’autoroute à péage.

Le contexte actuel ne peut pas être ignoré plus longtemps !

Au-delà des questions pour le choix d’un fuseau (zone inondable du Girou ou zones écologiques à protéger, déviations rétrocédées, itinéraire de substitution, nuisances pour l’habitat, aménagement foncier, …), le contexte économique actuel (augmentation du pétrole, des carburants, des péages à 2,5%/an, des matières premières, …) oblige à s’interroger sur la pertinence des chiffres avancés par la DREAL, entre autres la prédiction de trafic, et le coût de l’autoroute (335 M€ qui dépasserait en réalité 450 M€).

 Quand on voit le « désert » qu’est l’autoroute Langon – Pau, on a du mal à imaginer que 66% du trafic de la RN126 se reporterait sur l’autoroute Castres – Toulouse qui serait demain la plus chère de France. Le simple bon sens voudrait que les collectivités territoriales, appelées à financer ce projet aberrant, refusent de cautionner aujourd’hui le choix d’un fuseau sans plus de certitude sur le coût réel du projet, les impacts pour les territoires traversés et son intérêt pour le bassin Castres – Mazamet.

Nous espérons que prochainement, en comité de pilotage, ces mêmes collectivités ne se laisseront pas convaincre par le préfet de région d’accepter le choix expédié d’un fuseau. »

 (1) Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement  Midi-Pyrénées

Peintures de Toulouse-Lautrec ( admirées mardi à Albi avec mes élèves de 4ème A)