Eau : il faut sauver le soldat Bugis
Publié dans a) Eau : de la privatisation à la condamnation ? (10), le 27/06/2011 à 7:32, par Philippe GuerineauMonsieur 32,5 millions d’€
Cellule de crise, les conseillers en communication d’ici et d’ailleurs s’activent. Les « petites mains » du Cabinet du maire se démènent, les appareils de la droite locale s’affairent, tout ce beau monde depuis une semaine est sur le pont. On s’agite et on s’affole.La situation est en effet problématique.
Une privatisation de l’eau scandaleuse, une re municipalisation hasardeuse malgré les nombreuses mises en garde, les résultats sont malheureusement là pour notre ville et ses habitants, quoiqu’on en dise, des choix douloureux devront être faits tant pour les investissements nécessaires que pour le fonctionnement.
La stratégie de communication est claire : simpliste diront les uns, caricaturale diront d‘autres : faire porter la responsabilité sur …l’opposition municipale (jusqu’ici on ne la croyait pas si importante, celle-ci étant traitée par le mépris et tenue à l’écart de tous les dossiers) qui siégeait alors entre 2001 et 2008, ce que l’on peut traduire « battre sa coulpe sur la poitrine de son voisin » en un mot SE DEFAUSSER. Oui, cela s’appelle se défausser sur l’opposition pour ne pas avoir à se juger soi-même et ne pas avoir le courage d’assumer ses choix et ceux de sa majorité.
Première illustration de cette stratégie, une interview surréaliste de P.Bugis dans l’hebdomadaire (de propagande) Le Journal d’Ici (23-30 juin). Il n’est question que de…l’opposition. Là où on était en droit de s’attendre à des explications claires et nettes sur le dossier, rien sur les turpitudes du maire (qui continue d’approuver la privatisation de 1990 et la re municipalisation de 1994) mais tout sur l’attitude des élus de l’opposition , boucs émissaires de service.
A ce propos, cet hebdomadaire aura été le seul support médiatique à ne pas avoir encore accordé la moindre place aux réactions de l’opposition. Félicitations ! Tous les autres l’ont fait : La Dépêche du Midi, le Tarn libre, les radios, 100% et R’d’Autan, FR3 Tarn et Midi-Pyrénées… Quant à l’édito (écrit en service commandé), mérite-t-il seulement d’être commenté tant il comporte de désinformation et de mensonges ( à moins que P.A. ne connaisse absolument pas le dossier, ce que j’ai du mal à croire…). Chacun le comprend, quand de tels intérêts financiers et politiques sont en jeu, on peut faire fi de toute déontologie professionnelle. Ce journal n’existe que pour cela.
Dans la stratégie de communication est prévue également une REUNION PUBLIQUE consacrée au dossier de l’eau à laquelle je vous appelle bien évidemment à participer ce lundi 27 juin à 20h30, salle Gérard Philipe. Sur la nature de celle-ci, l’on peut s’interroger : alors réunion utile pour nos concitoyens qui veulent dans un premier temps comprendre ( comment en est-on arrivé là ?) et dans un deuxième temps attendent des réponses concrètes concernant le fonctionnement à venir de leur cité ou bien réunion « opération enfumage » tant les « petites mains » du Cabinet nous ont habitués ( se souvenir des débats publics sur l’autoroute) à « faire une salle », à préparer les questions, à organiser la claque, à susciter des brouhahas hostiles, etc…A cette heure, je n’ai aucune garantie sur la volonté de P.Bugis pour que cette réunion publique se tienne dans de bonnes conditions …démocratiques.
Ce blog a déjà longuement rendu compte des 3 Conseils municipaux relatifs à la re municipalisation .
Petite piqûre de rappel tout de même pour celles et ceux victimes de trous de mémoire avec ci dessous quelques extraits inédits ( en tout état de cause, il est indispensable de relire tout le dossier de l’eau ( Eau : de la privatisation à la condamnation )présent sur ce blog pour comprendre).
- C.M. du 24 juin 2003, au hasard : M. le MAIRE : « Donc, nous allons passer au vote, et les points vont être comptés. Vous allez prendre une position historique ce soir, M.GUERINEAU avec votre groupe : vous allez vous opposer, ou ne pas prendre part au vote – ce qui est la même chose – à une re municipalisation extrêmement importante pour l’avenir de la Ville de Castres. »
- article de La Dépêche du Midi du 16 janvier 2004 : interrogé par un journaliste, je déclare « P.Bugis est, lui, dans la position de l’histoire de l’homme qui tombe du 10ème étage d’un immeuble, et qui, à chaque étape de sa chute, dit : jusque là, ça va ! La triste réalité des choses que l’on soupçonnait arrive : il a rompu le contrat sans garantie, sans études financière préalables, et sans projections pour l’avenir. Il a , sans étudier les conséquences, fait prendre un risque énorme à la Ville, qui, si elle devait payer cette somme, devra déposer le bilan. »
- C.M. du 3 février 2004, à nouveau mon groupe et moi-même (à l’époque, j’étais encore au PS) nous persévérons et nous ne prenons pas part au vote . Réponse de P.Bugis : « Continuez comme cela, M.GUERINEAU, je pense que vous êtes en train de creuser votre tombe politique avec vos dents ! » ( Phrase prémonitoire mais à la lecture du jugement rendu courant juin il semblerait que le maire soit directement concerné).
- C.M. du 16 mars 2004, j’expliquai qu’au cours des 2 derniers Conseils municipaux, ( désolé de me répéter pour les fidèles lecteurs de ce blog), nous avons été au bout des mises en garde face aux dangers d’une re municipalisation effectuée dans de telles conditions. Mission remplie.
« L’éthique de responsabilité, nous l’avons montrée au cours des derniers mois. Ce soir, nous sommes arrivés au bout d’un processus, et la décision qui se dégagera de cette assemblée ne dépendra pas du vote des élus socialistes…Nous tenons à affirmer notre éthique de conviction : un service public de l’eau et de réaffirmer, partout où nous sommes, que demain l’eau sera un enjeu majeur. Puisque l’éthique de responsabilité, aujourd’hui, après ce que nous avons démontré, pèsera très peu ce soir, nous tenons à affirmer notre éthique de conviction pour un grand service public de l’eau, qui aurait du continuer d’exister depuis 1990 et que vous avez rendu malade aujourd’hui. C’est donc pour cela que le groupe socialiste votera cette délibération. »
Je ne peux m’empêcher de porter à votre connaissance deux très courts extraits du jugement rendu par la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux significatifs des mœurs politico-financières de l’époque. Pour la Lyonnaise : « Les droits d’entrée n’ont pas été proposés par la société mais exigés par la commune. »
Réponse de la Ville : « Dans les années 80 et au début des années 90, les distributeurs d’eau emportaient les concessions souvent en pratiquant une surenchère au niveau des droits d’entrée ; que la collectivité n’avait pas besoin de réclamer quoi que ce soit, les propositions financières venaient des candidats, tous plus généreux (sic !) les uns que les autres. » Cette honorable pratique (source de bien de corruptions) fut interdite par une loi en 1995. Le jugement faisant une vingtaine de pages, il m’est impossible de tout vous relater.
Un proverbe nous apprend : « Commettre deux fois les mêmes erreurs, c’est les répéter sans cesse ». Il est donc nécessaire que P.Bugis sache prendre ses responsabilités, reconnaisse là où il s’est manifestement trompé, en un mot fasse preuve de courage. Même si une décision de justice peut être commentée et elle le doit, même si le combat judiciaire n’est pas terminé, le passé restera le passé. Ce qui préoccupe les Castraises et les Castrais, c’est le présent et l’avenir (et là, manifestement, P.Bugis continue à ne vouloir écouter personne et se prépare ainsi à d’autres déboires). Ils veulent savoir sans tromperie ni maquillage ce que l’avenir leur réserve.
L’opposition , en tout cas le groupe des 5 élus municipaux de « Castres A Gauche Vraiment » dés le Conseil municipal en date du 28 juin, posera comme à son habitude les questions qui s’imposent et fera des propositions pour que les habitants ne souffrent pas des conséquences financières du jugement.
N.B. « verba volant, scripta manent » les paroles s’envolent, les écrits restent, malheureusement pour celles et ceux qui voudraient réécrire l’histoire du dossier de l’eau.
Un mauvais sort ? Une fatalité ? On refuse d’y croire. Le déni. Comment est-ce possible ? Avec un maire si compétent, avocat de surcroît, cherchez l’erreur…C’est un mauvais rêve, on va se réveiller. Les sentiments se mêlent. Accablement et consternation à la limite de l’hébétude.
r janvier 1991, privatisation de l’eau et de l’assainissement et ainsi de suite avec arrêts sur images, tout cela ne fait que commencer. A ce jour, le capitaine qui a conduit le bateau sur les récifs se tait, tente de rassurer, de colmater les voies d’eau, semble ne pas être à la hauteur de la terrible situation . Son entourage persiste dans le « tout va bien, cela aurait pu être pire ».
1) Quelles seront les conséquences financières pour le budget de la Ville d’une rupture de contrat ?



Dans le contentieux qui oppose la Ville de Castres à La Lyonnaise des eaux depuis de très longues années, l’expert choisi par le Cour d’appel administrative de Bordeaux vient de rendre son verdict : la note est salée, 29 millions d’euros à payer pour Castres.
