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L.Bonneville, maire de Mazamet allume la mèche…

…et P.Bugis, maire de Castres, attise le feu

 

«  Comment y voir plus clair dans cet imbroglio infernal ? »

Vous l’aurez compris, il s’agit de la longue et houleuse réunion des délégués de la Communauté d’agglomération tenue le lundi 6 février. Beaucoup de monde, assis sur les escaliers, sur les bancs du public ou tout simplement debout durant plus de 3 heures. J’en étais.

Une seule délibération : faut-il ou non approuver la Charte du Parc naturel régional du Haut -Languedoc ? Le Parc, c’est à la fois 121 communes, 2 départements et 2 régions.

Inutile de revenir sur l’ensemble du dossier, des hommes à l’engagement politique différent comme Jacques Limouzy ou Martin Malvy se sont longuement expliqués.

Pour le 1er : «  Si le vote qui est demandé aux délégués élus par les communes au Conseil de la Communauté d’agglomération se révélait négatif, il devient porteur d’ un risque majeur de destruction de ces deux institutions publiques que sont le Parc et la Communauté elle-même ».

Pour le 2ème :  « J’ai appris qu’ un texte sera débattu et sans doute soumis à votre vote dont les conséquences reviendraient à tirer un trait sur les acquis de ces 40 années d’existence. »

Qu’à cela ne tienne ! Suite au refus notamment du maire de Mazamet de signer la Charte sous le prétexte d’un développement de l’éolien sur sa commune, P.Bugis, au moyen d’artifices variés, loin de le désavouer ou au moins d’arriver à un compromis accentue la crise, crise aux conséquences imprévisibles si le maire de Castres devait persister lundi prochain en représentant son texte devant la Communauté d’agglomération.

La sortie du Parc, imposée à de nombreuses communes du sud du département serait une catastrophe. Par leur vote, les délégués de Castres non concernés par le Parc, osent remettre en question le vote de toutes les communes qui, elles, ont adhéré à la Charte. C’est inacceptable !

Crise ouverte au sein même de la Communauté d’agglomération où l’alliance politicienne entre les 26 élus de Castres et les 7 élus de Mazamet s’opposent brutalement et sans la moindre concertation à la volonté de l’ensemble des autres communes de l’agglo. Déni de démocratie ! C’est sans précédent depuis la création de la Communauté d’agglomération.

Faut-il rappeler qu’il n’y a aucun représentant de l’opposition municipale tant à Castres qu’à Mazamet qui siège à la Communauté d’agglomération.

Au cours de cette soirée, P.Bugis a usé de tous les artifices possibles évitant le débat sur le fond, préférant détruire ce qui a été patiemment construit depuis des années, à savoir des outils indispensables au développement du sud du Tarn. Les interventions de nombreux maires expliquant l’importance du Parc pour leurs activités, comprendre leur survie, n’y ont rien changé.

La légion romaine castraise avec Césarion à sa tête, sans état d’âme, a tenté par un vote scandaleux (32 contre 31 et 1 abstention) de réduire les fières tribus gauloises qui avaient fait leur unité même si leurs chefs ne sont pas toujours à la hauteur. Un fil s’est rompu, celui d’une solidarité élémentaire. Plus rien ne sera comme avant…

La légion romaine castraise impose sa loi et brise tout sur son passage. Lamentable ! La bombe allumée par Mazamet et attisée par Castres, peut-elle encore exploser ? Des dizaines de milliers d’habitants s’y opposent. Ne laissons pas faire les artificiers !

Pour que vive le Parc ! Pour que vive une Communauté d’agglomération pourtant perfectible !

Lundi soir, en rentrant assez abattu par ce que je venais d’entendre à la Communauté d’agglomération, je me suis refusé à écrire quelques lignes d’autant plus que mon fils me demandait des conseils pour son devoir de philo : « Suis-je ce que j’ai conscience d’être ? » Vaste programme !

Aujourd’hui après m’être rendu à Lavaur manifester aux côtés de syndicalistes qui s’opposaient au spectacle indécent donné par Sarkozy-Carayon puis à un Conseil municipal à Castres, demain dés l’aube, le collège m’attend, c’est sans entrain que je rédige ces quelques lignes. Enfin, il faut prendre date…

«  Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter. » Victor Hugo

 Pour plus de renseignements, «  PNR : chronique d’une mort annoncée »  la Dépêche du Midi (7 février 2012)

 

B.Carayon et « le secret des affaires »

« Où comment l’Assemblée Nationale vote l’omerta sur les entreprises »

Alors secret des affaires ou secret tout court ? Sous l’apparence d’une loi nécessaire pour « protéger les emplois, technologies sensibles, des investissements considérables », se cache en réalité une loi visant  essentiellement à protéger du scandale des grandes ou moyennes entreprises peu scrupuleuses.

La proposition de loi déposée par B.Carayon a donc été votée par l’Assemblée nationale lundi 23 janvier, en urgence pourrait-on dire, vite fait avant la fin de la législature.

Le président de l’association des journalistes économiques et financiers, association que l’on ne peut soupçonner de sympathie progressiste ne déclare-t-il pas : « Cela aboutit de fait à nous faire condamner soit pour complicité soit pour recel dans notre quête d’informations, il est à craindre que quelques scandales récents (Mediator, implants mammaires…) n’auraient pas éclatés avec une telle loi. »

En effet, le risque d’encourir une peine de prison ( 3 ans, 375 000 € d’amende) aurait probablement dissuadé les sources internes de l’entreprise qui ont donné l’alerte.

Réponse de Carayon : « Les professionnels de l’information sont appelés à être aussi «  de bons patriotes »… » ; en protégeant des délinquants, étonnante conception du patriotisme ! La définition : secret des affaires est tellement large et floue que tout ce qui concerne la vie des entreprises peut y être inclus.

« Secret-entreprise » comme le secret-défense. Pour le site d’information Mediapart, il s’agit ni plus ni moins d’un « texte liberticide ». Le site ajoute : «  On peut ainsi imaginer qu’à l’avenir relèvent du secret des affaires les comptes offshore de l’entreprise au Liechtenstein ou aux îles Caïman. »

Plus grave si on peut dire, toute publication de documents internes à l’entreprise pourra à l’avenir être susceptible d’être poursuivie, si une telle loi voit le jour.

Finies les enquêtes sur le Crédit Lyonnais, Vivendi, Altran, France Télécoms, le scandale Tapie, EADS ou des Caisses d’Epargne. Merci Bernard Carayon «  spécialiste auto proclamé de « l’intelligence économique » ,  science peu exacte » comme l’écrit un journaliste de Libération.

En conclusion, la journaliste de Mediapart écrit : « Que ce texte liberticide soit contraire à la liberté de la presse, à la Constitution, à la Déclaration des Droits de l’homme,  ne pose manifestement aucun problème aux députés de la majorité(…). Si le Sénat ne bloque pas ce texte, l’épais voile de l’omerta va être mis sur le monde économique. A défaut d’avoir obtenu la dépénalisation du droit des affaires, celui-ci aura au moins gagné le silence. On imagine le soulagement de certains. »

En effet, on imagine…

L’opération enfumage de B.Carayon n’aura trompé personne. Nulle patrie reconnaissante mais entreprises en infraction avec la loi reconnaissantes. Vous avez dit oligarchie ? Vite « la révolution citoyenne »

 

Des voeux de combat contre l’école publique

Etes vous une grenouille qu’on a fini de faire bouillir à petit feu ?

 

Bon, pour la bise sous le gui, on repassera. Jeudi dernier à Poitiers, N.Sarkozy présentait ses vœux « aux acteurs de l’Education Nationale… ». A l’aube de 2012, les enseignants ont été servis et bien servis. Il est vrai que ce président ne se fait aucune illusion sur leur vote à venir.

Les quelques uns d’entre eux qui s’étaient laissés entraîner vers la droite en 2007 ( Il est vrai que Ségolène Royal les avait bien aidés) ont été  plus qu’échaudés ( fermetures de classes, non remplacement d’enseignants, classes aux effectifs surchargés, disparition de la formation des maîtres, etc…).

Alors au Futuroscope, Sarkozy s’est lâché : changement de statut (comprendre taillables et corvéables à merci), autonomie des établissements libres de recruter qui bon leur semble (conception «  managériale » du chef d’établissement qui pourra noter les enseignants, etc…), mise en concurrence des écoles, etc…

En un mot, en avant toute vers la « marchandisation  de l’éducation » (pour un grand marché privé). Il est vrai que ce beau programme « libéral » d’inspiration anglo-saxonne, avait déjà été présenté en novembre 2011 par J.F. Copé à l’occasion de la Convention Education de l’UMP. Personne ne lui avait vraiment prêté attention. C’est dire qu’aujourd’hui, après Poitiers, les choses se précisent et deviennent graves (l’indice sur l’échelle de mécontentement dans les salles de profs est au plus haut).

Après avoir, durant des années, affaibli avec méthode, l’ensemble de l’école publique, le dernier coup d’épaule est donné pour mettre définitivement tout l’édifice républicain par terre. Ce processus s’est déroulé progressivement avec l’aggravation des inégalités (il suffit de constater le recul de la part des enfants des classes populaires à l’université).

L’école à deux vitesses (accentuée par la libéralisation de la carte scolaire) s’est petit à petit installée dans le paysage éducatif. Nul ne peut ou pourra dire qu’il ne savait pas.

Dans un livre paru en octobre 2011 intitulé «  La nouvelle école capitaliste » le sociologue Christian Laval et son équipe analysaient comment depuis 20 ans les politiques éducatives d’inspiration néo libérales ont aggravé la situation. Il constatait : «  La gauche au pouvoir n’a jamais remis en question le nouveau modèle managérial et concurrentiel bien au contraire. Elle n’a pas voulu comprendre que la transformation des systèmes publics par les principes du management était l’une des formes de déploiement du capitalisme contemporain. Celui-ci ne se contente pas de déréguler les marchés de biens, du travail et des capitaux. Il transforme aussi l’action publique. »

Les auteurs déplorent une profonde dépolitisation de la question scolaire avec l’absence de tout projet d’émancipation. Ils se référent à la pensée de Jaurès, la pensée progressiste sur l’éducation avait alors construit un projet de transformation en articulant une vision de la société, une mission pour l’école, une définition du métier d’enseignant et une orientation de la pédagogie. 

On l’aura compris, une école démocratique c’est avant tout une école qui réduit les inégalités entre les enfants des différentes classes sociales «  mais elle ne peut le faire qu’en étant partie prenante d’un grand mouvement de réduction des inégalités dans toute la société. »

Je vous invite à prendre connaissance de l’analyse et des propositions du Front de gauche et de  Jean-Luc Mélenchon : «  L’Ecole, en tant que pilier de la République sociale, y prend toute sa place – éduquer, qualifier, émanciper – telles sont les missions de l’école laïque et républicaine. »

Agissons et engageons nous avant qu’il ne soit trop tard.

« La nouvelle école capitaliste » Christian Laval, Francis Vergnes, Pierre Clément, Guy Dreux. Ed. La Découverte, 19,50 €.

 

Par « effraction »

Un emploi du temps particulièrement chargé (conférence de presse à Albi pour la présentation des candidats du Front de Gauche aux prochaines élections législatives, réunion de parents d’élèves, réunion de quartier à Lameilhé…) m’empêche d’alimenter comme il se doit l’Antidote.

Ne voulant pas vous laisser dans la peine, je vous propose à la fois de (re)découvrir le billet de François Morel sur France Inter , courte chronique écoutée vendredi dernier et un petit jeu fort instructif : remplacer dans votre tête à la première écoute François Baroin par Pascal Bugis (maire de Castres).

On peut s’offrir une deuxième écoute en remplaçant cette fois François Baroin par Bernard Carayon (député-maire de Lavaur). Vous verrez , mais je vous laisse seul juge que l’opération est particulièrement significative. 

De plus l’intervention de François Morel nous donne…vraiment envie de faire «  le casse du siècle » en 2012, présidentielle et législatives et bien sûr en 2014 municipales. 

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=215433

 

 

Les Primaires signent-elles la fin du Parti Socialiste ?

La machine médiatique et sondagière doit-elle choisir le candidat du Parti Socialiste ?

Que vous vous apprêtiez ou pas à voter les 9 et 16 octobre pour choisir le candidat du Parti Socialiste, les réflexions et les questions posées par Rémi Lefebvre, professeur de Sciences Politiques à l’université Lille 2 dans un livre paru début septembre : «  Les primaires socialistes. La fin du parti militant » doivent retenir toute votre attention.

La thèse de Rémi Lefebvre, il est vrai, rompt avec le discours dominant. Pour lui, les primaires ne sont pas qu’une « avancée démocratique », elles sont d’abord un symptôme de la crise que traverse ce parti, caractérisée par une « excessive professionnalisation des cadres du parti », « un assèchement de l’action militante », un « poids excessif des élus et des cumulants », un « décrochage par rapport au monde du travail », un « effritement des rapports avec le monde syndical et associatif », et une «illisibilité de la ligne politique ».

De plus, pour l’auteur, la décision prise par le PS n’est pas simplement « une réponse institutionnelle apportée face à l’échec de la «  rénovation » du parti et à son manque d’ancrage social ».

C’est aussi un tournant majeur dans l’histoire du parti et ce, pour 2 raisons. La première est liée à la « redéfinition » du militantisme, le militant n’a plus qu’un rôle électoral (de type Parti Démocrate américain). La deuxième raison, la primaire remet en cause la « fonction idéologique et programmatique » et le projet n’y changera rien. Le candidat qui sera investi par plus d’un million de personnes, s’il est victorieux à l’élection présidentielle, sera enclin à s’émanciper de son parti.

Les primaires entérinent à l’intérieur même du PS une présidentialisation dans le droit fil de la V° République. Nous constatons aujourd’hui, dans le débat, une prime à la personnalisation et aux logiques d’opinion à court terme.

Nous constatons chaque jour que les sondages d’opinion ou les petites phrases font la pluie et le beau temps (peu de débats d’idées à part Montebourg, les catégories populaires mises de côté) ,ces jours ci, par exemple diverses interventions pour savoir : alors pacte ou pas pacte ? Passionnant alors que les priorités de nos concitoyens sont dans l’ordre, l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, etc…

De plus, la primaire, comme nous le voyons (excès de zèle pour réduire les déficits, etc…) accentue la dérive vers le Centre (et on n’a pas tout vu, en tout cas, je vous aurai prévenu).

A propos des sondages, Rémi Lefebvre revient à l’élection présidentielle de 2007. Il explique que si Ségolène Royal a remporté la primaire fermée, c’est uniquement parce qu’elle est apparue comme la plus à même de battre Nicolas Sarkozy, le fameux cercle médiatico-sondagier…

« En publiant un sondage qui est favorable à un candidat, un journal renforce une position qui sera  « mesurée » par un nouveau sondage dont la publication aura pour effet de la renforcer… » et ainsi de suite d’autant plus que chacun s’accorde à dire que les sondages concernant la primaire ne peuvent être fiables en raison de la méconnaissance du corps électoral .

Ce livre fort instructif permet une prise de conscience concernant l’avenir du PS et de la Gauche , alors en votant ou pas, les 9 et 16 octobre, vous ne pourrez pas vous empêcher de penser :  ces primaires, fuite en avant ou pas ? Le projet du Parti socialiste aura-t-il encore un sens ?  A l’ordre du jour, chacun le comprend, c’est bien la VI° République qui doit s’imposer (certains disent « la révolution citoyenne ») à toute la Gauche. 

Les Primaires socialistes. La fin du parti militant. Rémi Lefebvre. Ed.Raisons d’agir, 172p. 8€.

La société des Socialistes. Rémi Lefebvre avec Frédéric Sawicki.Ed. du Croquant, 2006.