Des retraites en or
Publié dans Le dessous des cartes, le 07/09/2010 à 5:12, par Philippe Guerineau« Faire face à la crise » disent-ils chaque jour …
Ami, tu t’apprêtes à aller manifester à Albi ce jour à 14h30 Place du Vigan. Tu combats avec une grande majorité de Français la contre réforme des retraites injuste et inefficace. Tu es inquiet pour ton avenir et celui de tes enfants. Tu demandes entre autres la prise en compte de la pénibilité. Tu n’envisages pas un seul instant le recul de l’age de départ à taux plein de 65 à 67 ans qui pénalisera d’abord les femmes qui ont eu des carrières incomplètes. Tu ne peux accepter la baisse à venir de ta pension, etc… Tu exagères…
Console toi en découvrant le palmarès des « retraites en or » des grands patrons qui font la loi dans notre pays. Celui ci paru cet été dans le magazine Capital et repris partiellement ce week end par l’Huma Dimanche , enquête ô combien révélatrice en cette période de cure d’austérité exigée des salariés. On peut lire les montants des pensions provisionnées par les grandes entreprises françaises pour leur patron afin de payer leur retraite.
Ami, retiens ton souffle et reste calme.
Sur le podium, le patron de l’Oréal : ( tiens donc…) 3,3 millions d’€ par an, soit 81,4 millions provisionnés. Frank Riboud chez Danone : 1,8 millions ( 31,9 provisionnés par l’entreprise). Henri de Castries ( Axa) : 1,1 million ( 19,8 millions). Suivent le patron de Sanofi Aventis, 779 000 € (14,8 millions). Puis Henri Proglio (l’ami de Sarkozy…) 779 000 € – coût pour Véolia : 19,2 millions.
Des retraites qui ont l’avantage pour l’entreprise de n’être soumises ni à la CSG ni aux cotisations sociales. C’est la crise, on vous dit !
Mieux, alors que le salarié lambda doit aligner ses 25 meilleures années de labeur pour calculer sa pension, les patrons cités pourront calculer leurs droits sur la base des trois dernières années, primes comprises. Ouf ! On est déjà moins inquiet pour eux !
De plus, pour être sûrs de maintenir leur train de vie, certains de ces grands patrons ont pris soin que leurs pensions profitent aussi à leurs épouse et descendants après leur mort.
On notera enfin la bonne affaire de Denis Kessler, vice-président du Medef, PDG du groupe Scor, vous savez celui qui veut « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » qui s’est réservé une pension annuelle de 800 000 € (15 millions d’€ à la charge de l’entreprise).
Les mêmes nous expliquent avec leur porte cartable de l’Assemblée Nationale qu’il est indispensable de faire des sacrifices. Les mêmes bien sûr dans les grands médias privés (entre leurs mains) trouvent particulièrement démagogiques de remettre en cause le bouclier fiscal, de vouloir taxer les profits, d’envisager des prélèvements sur les revenus du capital (bonus, stock options).
Allez, bonne manifestation à Albi où le défilé partira vers le Pont Neuf et où de nombreuses initiatives sont prévues. Dans nos têtes et dans nos cœurs, préparons la suite…

Un an avant que la cité épiscopale d’Albi soit inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO (la cathédrale Sainte Cécile, le Palais de la Berbie, l’église Saint Salvi et son cloître, le Pont Vieux, les berges du Tarn, etc…) le Maire de Castres prenait la décision de dissoudre le réseau de villes ALBI-CASTRES-MAZAMET. Quelle inconséquence ! 
L’outil est cassé .Quel gâchis aujourd’hui et d’ailleurs dans tous les domaines ! Un soi-disant festival d’été sans queue ni tête dont la fonction bien misérable est de faire concurrence au festival Pause Guitare d’Albi. Il est vrai que P.Bugis déclarait récemment qu’il se « moquait du regard des autres sur la ville de Castres ».
Plus de 5 pages concernant la vie quotidienne d’une partie des habitants du quartier Laden Petit-Train : Ma (petite) cité va bientôt craquer, tel est le titre de ce dossier agrémenté de photos, réalisé par la journaliste Nathalie Gathié qui au mois de Juillet a séjourné de nombreux jours (et nuits) dans notre ville.
Cette mobilisation se traduit dans une éducation des futurs héritiers qui ne laisse rien au hasard. La recherche de l’entre-soi démontre un haut niveau de lucidité sur le fonctionnement de la société, allié à un cynisme tranquille. Que ce soit dans les beaux quartiers, à Neuilly ou ailleurs, dans les stations balnéaires chics ou à Megève, dans les lycées ou les clubs sportifs, les cercles ou les conseils d’administration, la cooptation est la règle qui permet de choisir ses relations et assure à chacun la solidarité de tous les autres.
l’instar de nombreux ministres et de députés de la majorité présidentielle, tu peux détourner facilement la loi concernant le financement des partis politiques. N’hésites pas, dés cet été tu peux créer ton parti de poche. Inutile de t’embarrasser d’adhérents !
