Archives de la catégorie ‘l) Le dessous des cartes (59)’

Au secours, ils reviennent…

Ces « repentis » qui repassent à gauche

 

Tel est le titre d’un excellent article paru sur le site d’information en ligne Mediapart et signé par son co-fondateur, Laurent Mauduit. L’ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, nous informe sur la déjà longue liste d’anciennes personnalités de gauche qui s’étaient ralliées à Nicolas Sarkozy en 2007 et qui viennent d’annoncer qu’elles iront voter lors de la primaire organisée par le PS.

Indignés de Wall Street

Les Jean-Pierre Jouyet, Bernard Kouchner, Stéphane Richard, Jacques Attali, Fadela Amara, sans trop de scrupules avec le cynisme qu’on leur connaît sont malheureusement le symbole de certaines dérives d’une certaine gauche, dans ses accointances ou ses connivences avec la droite ou les milieux d’argent.

Une mention particulière pour Jean-Pierre Jouyet devenu secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes en 2007 puis président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) par la grâce de Sarkozy. Il fallait oser !

Manifestation et grève en Grèce

J-P J. n’hésite pas dans les médias à mener campagne en faveur de… François Hollande allant jusqu’à dire qu’il accepterait d’être son futur secrétaire général à l’Elysée… Ben voyons ! Dans chacune de ses interventions, il affirme qu’il est le mieux placé pour conduire une politique économique et sociale ancrée radicalement…à droite. Hollande ne dément pas bien au contraire. Plus grave, J-P J. critique ouvertement Martine Aubry et les conseillers économiques qui entourent cette dernière.

Grande manifestation au Portugal

Son modèle « la gauche française doit avoir le courage (sic !) de faire comme Schröder, l’ancien chancelier allemand ». La classe ouvrière allemande se souvient encore du super plan d’austérité initié par le chef de gouvernement social-démocrate. Il suggère que François Hollande devra mener une politique qui acceptera les directives des marchés financiers.

Là encore, François Hollande n’a rien fait pour le démentir comme l’écrit Laurent Mauduit : «  Cela aurait été pourtant simple à faire comprendre : non ! Jean-Pierre Jouyet ne sera pas secrétaire général de l’Elysée. Non ! le moment n’est pas encore venu de se partager les places et les honneurs. Un peu de décence ! Un peu de silence !… »

Dans un communiqué signé Henri Emmanuelli et Benoît Hamon qui soutiennent Martine Aubry, on peut lire : «  Il y a quelque chose d’assez insupportable à entendre celui qui a été ministre de N.Sarkozy dans un gouvernement le plus à droite de la V° République et en outre totalement impuissant à lutter contre les paradis fiscaux et à désarmer les marchés, décerner aujourd’hui des certificats de sérieux et de compétence parmi les dirigeants de gauche (…)Toute tentation de recycler des hommes de Sarkozy nous exposerait au risque de recycler sa politique . »

« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Laissera-t-on la même petite oligarchie continuer à servir les mêmes intérêts et à se servir ? Ah, j’oubliais, Jacques Attali, lui aussi, bruyamment rallié à N.Sarkozy et président d’une commission chargée de « libérer la croissance » comprendre, il faut tout déréglementer, appelle lui aussi à voter en faveur de …François Hollande.

Aucun de ces transfuges n’abandonnent ses idées alors comme l’écrit le cofondateur de Mediapart : «  Alors, pour eux, la bataille commence : autant que ce soit une gauche raisonnable, une gauche libérale. Pour tout dire, une gauche…de droite ! »

Vous l’aurez compris, je ne serai pas le 6 mai (1° tour des élections présidentielles), de cette gauche-là.

Pour battre Sarkozy, une priorité, une seule : reconquérir l’électorat populaire. Pour cela, proposer une véritable alternative…

 

Mutuelles rackettées, un recul pour la santé

La taxation des complémentaires santé est la mesure la plus scandaleuse du plan d’austérité, elle en coûtera aux patients 1,2 milliards d’€ alors que la taxe exceptionnelle sur les plus hauts revenus ne rapportera que 200 millions.

Jamais je n’aurai pu penser qu’un jour des parents d’élèves me disent qu’ils hésitent à se rendre chez le médecin, faute de pouvoir se payer une mutuelle pour couvrir les frais non remboursés.

Fini l’abstraction des chiffres et …des grands discours, la réalité est là, cruelle. Rappelons tout de même quelques chiffres :  4 millions, c’est le nombre de personnes qui n’ont pas de complémentaire santé. 14 % de nos concitoyens renoncent à se soigner pour des raisons financières, c’est le cas de 30 % de personnes sans mutuelle. Le dentaire et l’optique sont les premiers soins sacrifiés.

Il faut gagner moins de 634 € par mois pour prétendre à la CMU.

Combien de jeunes et de retraités ont résilié leur mutuelle santé ? Entre le loyer, l’électricité , l’essence, la nourriture…il faut choisir.

Désormais les mutuelles vont donc être taxées à hauteur de 13,27 % ; cela signifie que lorsqu’elles perçoivent 100 € de cotisation, elles versent d’emblée 13,27 € à l’Etat. Entre 2008 et 2011, les cotisations ont augmenté en moyenne de 125 €.

Face à une telle régression sociale, face à un tel recul de civilisation, il n’est plus question comme certains osent encore le proposer à gauche d’aménager le système. L’urgence est bien à une véritable politique alternative…

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En attendant je vous invite à prendre connaissance et à signer la pétition initiée par les mutuelles : «  UN IMPOT SUR NOTRE SANTE ? C’EST NON ! »

Une mutuelle n’est pas un signe extérieur de richesse ! Les mutuelles adhérentes à la Mutualité Française lancent une pétition pour obtenir du gouvernement le retrait de la taxe sur les contrats santé solidaires et responsables. Ce nouvel impôt injuste dégrade l’accès aux soins et la protection sociale des Français.

Pour signer la pétition, cliquer ici

Non à la dégradation de l’accès aux soins. Le gouvernement a décidé de doubler la taxe sur les contrats santé solidaires et responsables ! Les mutuelles sont des organismes à but non lucratif. Tout l’argent des cotisations de leurs adhérents est consacré à l’organisation de leur protection sociale. Elles ne versent pas de dividendes à des actionnaires. Taxer les mutuelles, c’est taxer 38 millions de Français, c’est créer un nouvel impôt sur la santé.

C’est dangereux : de plus en plus de nos concitoyens renoncent aux soins pour des raisons financières. Ce nouvel impôt a pour effet implacable de dégrader ou d’empêcher l’accès aux soins.

C’est injuste : alors que le taux de remboursement par la Sécurité sociale des soins de ville (médecine générale, optique, dentaire…) est descendu à 55%, avoir une mutuelle est aujourd’hui essentiel pour chaque foyer. Une mutuelle n’est ni un privilège, ni un signe extérieur de richesse.

Les signataires de cette pétition demandent au gouvernement de renoncer à affaiblir encore une fois la protection sociale des Français et de renoncer à l’impôt sur la santé. Cette pétition est destinée à interpeller les pouvoirs publics pour protester contre l’augmentation de la taxe sur les mutuelles.

 

 

Et soudain, B.Carayon devint muet

Interview du député-maire de Lavaur et président de l’UMP tarnaise par l’envoyé spécial du blog  l’Antidote à l’occasion de l’inauguration de la foire-exposition de Castres

 

L’Antidote :

«  Mes respects, M.Le Député, pouvez vous nous dire à quel titre vous participez au traditionnel «  coupage » de ruban aux côtés de M.le sous-préfet ? Vous n’êtes pas élu de cette ville ni de sa Communauté d’agglomération ni non plus de la circonscription. Comptez vous à l’avenir vous imposer ainsi, en dehors de toutes les règles protocolaires ? »

B. Carayon : «  WHOUAH, WHOOOAH… »

A : « Vous intervenez très souvent avec raison pour condamner la petite délinquance, vous faites de la surenchère concernant l’aggravation des peines y compris pour les mineurs mais vous êtes bien silencieux en ce qui concerne la grande délinquance, vous savez, celle que l’on nomme «  en col blanc »

B.C. : «  GREEEWV »

A :  « Soyons plus précis, s’il vous plaît, l’actualité malheureusement nous montre qu’une véritable « association de malfaiteurs » se trouverait au sommet de l’Etat. Les activités pour le moins  troubles de divers intermédiaires ou marchands d’armes apparaissent au grand jour. Vous avez sans doute entendu parler des Bourgi, Djouhri ou Takiedine. La République est devenue celle des mallettes en tout genre, des rétrocommissions, etc… N’avez vous rien à dire ? »

B.C. : « BEEEEE »

A : « Vous défendez, encore une fois avec raison, la « grandeur de l’armée ». N’avez vous rien à déclarer suite à l’attentat de Karachi au Pakistan, vous vous souvenez certainement, le 8 mai 2002, 11 employés de le DCN, Direction des Constructions navales, sont tués alors qu’ils sont en mission pour la mise en service de sous marins français. Il est avéré que l’attentat est lié à un problème de versement de rétrocommissions ?Le sieur Takiedine est mis en examen. L’enquête menée par des juges d’instruction (que vous vouliez supprimer)laisse à penser que l’argent aurait pu servir à financer la campagne présidentielle d’E.Balladur en 1995.Tout cela vous laisse-t-il indifférent ? »

B.C. : « OOOH ! »

A. : « Vos amis politiques, de Jean François Copé à Brice Hortefeux en passant par Claude Guéant semblent des intimes de ces trois personnages bien sulfureux. Ces grands dignitaires de l’UMP n’ont cessé de couvrir les basses œuvres en cours. Est ce votre conception de la politique et de la République ? »

B.C. : « PSSSSST »

A. :  « La France que l’on aime est défigurée, son drapeau est souillé, il suffit de lire la presse internationale : ventes d’armes, commissions, mallettes, écoutes…Voilà l’image que vous donnez de notre pays en vous taisant, je n’ose écrire, en couvrant ces pratiques par votre mutisme. Il est vrai qu’il est plus facile de s’attaquer à quelques jeunes ou aux fameux assistés (RSA) qu’à ce «  régime corrompu » . Ne pensez vous pas si serment d’allégeance ou leçons de morale doivent être mis en place, celui-ci et celles là devraient concerner en premier certains de ceux qui nous gouvernent et votre parti ? »

B.C. : « AAAAH »

A. : “Vous désirez que la loi soit appliquée dans toute sa vigueur, bien sûr, avant tout pour les petites gens, mais c’est tout en haut que la loi est bafouée. Deux exemples : celle qui protège le secret des sources des journalistes (F.Péchenard), celle qui protège le secret de l’instruction (B.Hortefeux). Etes vous intervenu comme à votre habitude pour que la justice puisse faire son travail en toute indépendance ? »

B.C. : « HELP »

A. : “ Vous vous proclamez animateur de la Droite « Populaire » et l’on ne vous a jamais entendu au sujet des activités des banques offshore, des sociétés écrans, des paradis fiscaux, de l’argent qui coule à flot, de la pauvreté qui augmente et des inégalités qui s’accroissent. Au fait, aucun communiqué sur les niches fiscales scandaleuses (niche Copé ; 2,5 milliards par an).Croyez vous vraiment que le peuple que vous prétendez représenter va supporter cet état de fait encore longtemps ? Alors, ne trouvez vous pas,  M.Le Président de l’UMP et député de la  circonscription Lavaur-Mazamet, qu’il est grand temps que vous « dégagiez » et cela le plus vite possible ?  »

B.C. : « GRRR »

 

 

« Sarkozy et le boomerang de l’argent africain »

Takieddine, Djouhri, Bourji … 

A lire ci dessous l’article de François Bonnet, paru sur le site d’information Médiapart. (Abonnez vous sans attendre !) :

Sarkozy et le boomerang de l’argent africain

12 septembre 2011 | Par François Bonnet – Mediapart.fr

C’est un signe de la gravité des menaces qui s’accumulent sur Nicolas Sarkozy. C’est le symptôme également de l’extrême nervosité qui s’est emparée de l’Elysée devant le développement de scandales judiciaires et d’affaires de financement occulte. Nicolas Sarkozy et ses plus proches fidèles sont menacés d’être rattrapés par cinq dossiers actuellement dans les mains de juges d’instruction ou de magistrats de la Cour de justice de la République :

Cela fait beaucoup, bien plus que l’affaire des diamants de Bokassa qui occupa la fin du septennat de Giscard d’Estaing, en 1981, et contribua à l’entraîner par le fond. Car les seuls déroulés de chacun de ces calendriers judiciaires promettent à l’Elysée une avalanche de révélations et de rebondissements dans les mois à venir qui seront aussi ceux de la campagne électorale. Le choix a donc été fait d’allumer des contre-feux. Objectif : créer l’effet de souffle qui éteindra ou marginalisera les lentes et complexes avancées de la justice; et qui permettra à quelques médias amis du pouvoir de braquer les projecteurs sur d’autres acteurs.

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’«opération Robert Bourgi» lancée dans l’hebdomadaire d’Arnaud Lagardère, Le Journal du dimanche, en marge de la publication, mercredi, du livre de Pierre Péan, La République des mallettes, aux éditions Fayard.

Voilà cet avocat, proche de feu Omar Bongo (qu’il appelait «Papa») et devenu conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, soudain avide de confesser ces diverses turpitudes. De 1995 à 2005, il dit avoir transporté des dizaines de millions de francs, d’euros, de dollars en espèces, «contributions» de plusieurs chefs d’Etat africains aux frais divers et aux campagnes politiques des ténors de la Chiraquie.

On savait Robert Bourgi loquace et aimant être au centre de la photo,  soudainement précis et soucieux du détail, quand ses bavardages étaient jusqu’alors flous et approximatifs, pour raconter ces remises «de plusieurs dizaines de millions de francs par an, davantage pendant les périodes électorales».

«À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant (…) Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002», raconte-t-il. En tout, il dit évaluer à «20 millions de dollars» les sommes qu’il dit avoir remises à Chirac et Villepin de 1997 à 2005 (lire ici l’article du JDD et voir sous l’onglet « Prolonger » son entretien, lundi matin, sur Europe1).

Cette confession de Robert Bourgi est minutieusement ciblée puisqu’elle vise nommément trois hommes : Chirac, Villepin et Juppé (dont le Club 89 aurait été financé par Omar Bongo de 1981 à 1992, affirme Bourgi). Et qu’elle en épargne explicitement deux : Sarkozy et Guéant.

L’opération est aussi soigneusement chronométrée. Puisque le livre de Pierre Péan a pour personnage principal le sulfureux homme d’affaires Alexandre Djouhri, passé lui aussi avec armes, bagages et argent de Villepin à Sarkozy, c’est Robert Bourgi qui est ainsi lancé sur le devant de la scène. Aussitôt relayé par les deux hommes forts du président: Claude Guéant et Brice Hortefeux.

Le premier s’est empressé, dimanche soir, de crédibiliser les souvenirs de l’avocat: oui, Sarkozy était au courant de ces robinets d’argent liquide. «Je crois que Robert Bourgi a effectivement évoqué en termes très généraux des financements. Je ne pense pas qu’il soit jamais descendu dans ce luxe de détails qu’il a fournis aujourd’hui», a ainsi expliqué l’ancien secrétaire général de l’Elysée et aujourd’hui ministre de l’intérieur au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro.

Le second s’est employé à bien bordurer le témoignage de Bourgi. Bien sûr, ces financements illégaux, a-t-il déclaré sur BFM-TV, «portent sur une période définie qui indique bien que cela ne concerne en aucun cas Nicolas Sarkozy». Nous voilà rassurés et, bien sûr, convaincus que la valse des mallettes a soudain été stoppée nette, en 2007. D’ailleurs Bourgi le dit bien au JDD: «Nicolas Sarkozy m’a dit: « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».»

Les accusations de Robert Bourgi ont ceci d’intéressant qu’elles ne pourront en aucun cas être prouvées. Ce ne sont que des paroles, l’avocat se gardant bien d’évoquer ou produire le moindre document, de ces documents qui, par exemple, sont aujourd’hui au cœur des dossiers Karachi ou Bettencourt. Mais Bourgi et l’Elysée le savent: cette soudaine confession est dans la suite logique des innombrables témoignages faisant état, depuis les réseaux Foccart (pour qui travaillait d’ailleurs le père de Robert Bourgi), d’un financement massif de la droite française par quelques chefs d’Etat africains, Omar Bongo en tête.

Nous l’avions par exemple évoqué, à l’occasion de la diffusion du passionnant documentaire de Patrick Benquet et Antoine Glaser, «Françafrique, 50 années sous le sceau du secret». On y retrouve d’ailleurs Bourgi parlant déjà de financements de politiques français. Mais on y découvre surtout Jacques Salles, ancien chef des services français au Gabon. Il raconte ainsi une scène où Omar Bongo brasse dans sa suite d’hôtel à Paris des sacs de sport remplis d’argent liquide! Et il sous-entend clairement un financement d’élus français, parle aussi «d’enrichissement personnel». Puis il s’agit de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007… (voir des extraits sous l’onglet « Prolonger » de cet article).

Guéant, Foccart et la Légion d’honneur

«Pour Nicolas Sarkozy, voir l’un de ses conseillers africains, l’avocat Robert Bourgi, expliquer que oui, bien sûr, il y avait des financements lors des présidences précédentes, mais que brusquement, lorsque l’on parle de celui qui est en poste aujourd’hui, il n’y a plus de financements! Je trouve cela excellent!», commentait Antoine Glaser dans un entretien à Mediapart (à lire ici: Françafrique, ses secrets et vilénies). Le documentaire rappelle utilement les vieux liens entre Omar Bongo et Nicolas Sarkozy. Les proches du président gabonais, dont sa fille Pascaline, décrite comme la trésorière de la famille, assitent d’ailleurs au grand meeting de janvier 2007, lancement de la campagne du candidat de l’UMP.

Michel Bonnecorse, l’ancien Monsieur Afrique de Jacques Chirac, est bien plus précis. Il explique ainsi dans le livre de Pierre Péan comment justement Robert Bourgi s’est rallié à Sarkozy, une fois compris que Villepin ne pourrait pas se présenter à l’élection de 2007, et, preuve de sa sincérité, lui a apporté les financements occultes de plusieurs chefs d’Etat africains.

Bourgi découvre que «Dominique de Villepin est à terre, après l’échec retentissant du CPE en avril 2006», raconte Bonnecorse. «Tout logiquement, il estime que désormais la route est dégagée pour Sarkozy. Villepin est cuit… Et au lieu de distribuer une mallette à chacun, il n’en fait qu’une, plus grosse, et la dépose aux pieds du ministre de l’intérieur» de l’époque.

«Le retour sur investissement a été immédiat après l’élection de Nicolas Sarkozy, poursuit Michel Bonnecorse. Bongo a été un des tout premiers, sinon le premier chef d’Etat appelé par le nouveau président.» Par ailleurs, le président gabonais «obtint alors un prêt pour l’Etat gabonais de 40 millions que Jacques Chirac lui refusait». 

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ayant, dès dimanche, porté plainte pour diffamation, et Robert Bourgi se déclarant prêt à s’expliquer devant la justice, voilà donc une affaire qui pourrait prospérer, d’autant que les socialistes demandent une enquête judiciaire et que Bernard Accoyer, président UMP de l’Asemblée nationale, évoque une possible commission d’enquête parlementaire.

Et c’est là que se profile l’immense risque pris par l’Elysée. Car il ne fait aucun doute que Robert Bourgi, toujours avide de figurer au premier plan et souvent enclin à s’attribuer des rôles qu’il n’a pas, n’a pas pu se livrer au grand déballage sans un feu vert explicite du pouvoir. Cet ancien collaborateur d’Omar Bongo, qui sous Chirac n’était qu’un acteur de seconde zone des coulisses de la Françafrique, a eu un rôle tout à fait nouveau grâce à Nicolas Sarkozy et à Claude Guéant.

Revendiquant en 2008 la paternité du limogeage de Jean-Marie Bockel, débarqué du poste de secrétaire d’Etat à la coopération pour avoir publiquement proclamé «l’acte de décès de la Françafrique», Bourgi se gargarise de ses nouveaux pouvoirs, sans que l’Elysée trouve à y redire: «J’ai dit au Président que certaines choses ne se faisaient pas», explique ainsi l’avocat, rendant publique la colère d’Omar Bongo qui a exigé le limogeage de Jean-Marie Bockel.

Bourgi va alors participer à deux choses: purger la cellule Afrique de l’Elysée qui avait été confiée à deux diplomates, dont Bruno Joubert, ayant cru un peu vite qu’il y aurait un vrai changement dans la politique africaine de Sarkozy; et accompagner la reprise en mains de cette politique par Claude Guéant. Claude Guéant à qui Bourgi dit vouer une admiration sans bornes. C’est du moins ce qu’il expliquait à Mediapart, lors d’une rencontre en juin 2008 (article à lire ici): «Quand je l’ai vu la première fois, j’ai cru revoir Foccart, la même prestance, la même retenue.» Et il vrai que Claude Guéant, passionné d’Afrique, la connaît sur le bout des doigts pour l’avoir apprise avec Charles Pasqua à la fin des années 1980, avant de rejoindre Sarkozy et de lui apporter justement certains des réseaux de l’ancien patron du SAC.

Robert Bourgi, qui connaît si bien Claude Guéant (et ce dernier, d’ordinaire si pointilleux sur l’étiquette, le laisse volontiers se présenter comme le nouveau M. Afrique de Nicolas Sarkozy), est aussi dans les meilleurs termes avec le président. Rallié au camp Sarkozy durant la campagne électorale de 2007, Robert Bourgi en est bien vite récompensé… par une Légion d’honneur et, ce, dès septembre 2007. C’est Nicolas Sarkozy en personne, justement «sur la suggestion de Claude Guéant», précise le président, qui choisit de lui remettre la décoration, lors d’une cérémonie à l’Elysée, le 27 septembre. Les ambassadeurs de plusieurs pays africains sont présents.

«En mon nom personnel»…

Sarkozy évoque alors cette précieuse grande famille «françafricaine». «Tu es aussi le produit d’une famille exemplaire. Je sais combien dans le passé Jacques Foccart, alors au service du général de Gaulle, a pu compter sur le patriote et l’ami que fut ton propre père, Mahmoud Bourgi», déclare le président. «Je sais, cher Robert, pouvoir continuer à compter sur ta participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion. Je sais que, sur ce terrain de l’efficacité et de la discrétion, tu as eu le meilleur des professeurs et que tu n’es pas homme à oublier les conseils de celui qui te conseillait jadis, de « rester à l’ombre, pour ne pas attraper de coup de soleil ». Sous le soleil africain, ce n’est pas une vaine précaution. Jacques Foccart avait bien raison.»

Et Nicolas Sarkozy n’en reste pas là. «Enfin, permettez-moi d’avoir un propos plus personnel, ajoute-t-il. Ce qui nous unit, Robert et moi, c’est une amitié de 24 ans, depuis que nous nous sommes rencontrés au RPR en 1983. Gaullistes, nous l’étions tous deux passionnément. Toi, tu étais un grand connaisseur de l’âme africaine. Moi, je n’étais alors que le très jeune responsable des jeunes RPR. Alors, je n’ignore pas qu’en amitié, le cap des trente ans est le plus dur à passer… Mais je suis tranquille et serein tant je sais que tu portes très haut la fidélité à notre pays, à nos valeurs et à tes amis.» Le discours intégral de Nicolas Sarkozy peut être téléchargé ici.

Robert Bourgi n’est donc pas un électron libre ou un vieil acteur à la retraite. Son voisinage avec Claude Guéant et sa proximité presque familiale avec le clan Bongo en font un homme encore influent et ne pouvant soudain s’émanciper sans consignes explicites. D’ailleurs, selon les câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks, l’ambassade américaine à Paris avait repéré son activisme en parrallèle de la cellule Afrique et souvent contre elle. Il est la «quintessence de l’acteur de la Françafrique impliqué dans des intrigues n’importe où en Afrique», note l’un de ces télégrammes (lire une synthèse ici).

«Je parle en mon nom personnel», veut-il préciser dans son récit au JDD. Personne ne le croira tant les affaires africaines ne supportent pas de dérogations à la règle de l’omerta. Si Bourgi a choisi de parler, c’est donc que la Sarkozie a décidé de relancer une guerre à outrance contre la Chiraquie, et Dominique de Villepin en premier lieu. Mais, selon la formule si souvent prêtée à Jacques Chirac, il pourrait y «avoir du sang sur les murs».

L’ancien président vient certes d’être déclaré officiellement «incapable», depuis que le tribunal de Paris a pris acte de son état de santé en le dispensant de comparaître. Mais son entourage ne laissera pas prospérer sans de violentes contre-attaques la description d’une présidence corrompue où au financement politique illégal s’ajouterait l’enrichissement personnel, comme le suggère l’avocat Bourgi.

De même, Dominique de Villepin s’est, dès dimanche, démené comme un diable pour désigner l’Elysée et ses complots. L’ancien premier ministre a de bonnes chances d’être débarrassé cette semaine du boulet Clearstream: la cour d’appel du tribunal de Paris pourrait, mercredi (jour de sortie du livre de Pierre Péan), confirmer le non-lieu prononcé en sa faveur en première instance. Dominique de Villepin retrouvera alors une pleine capacité de manœuvre. Fin connaisseur lui aussi des affaires africaines, il sait tout des entreprises sarkozystes dans ces pays. 

Les hommes de Nicolas Sarkozy ont-ils ainsi pris l’exacte mesure des conséquences possibles d’un tel déballage? L’embarras manifesté dès hier par plusieurs responsables de l’UMP dit bien le risque: c’est toute la droite qui peut être emportée par la tourmente déclenchée par l’Elysée.

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/110911/sarkozy-et-le-boomerang-de-largent-africain

 

La « régle d’or » du président des riches

Dire NON à l’austérité dans la Constitution

Une quinzaine de partis et associations lancent un appel contre l’inscription dans la Constitution de l’objectif de l’équilibre budgétaire.

L’Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d’Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n’en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires.

C’est pour cela que les gouvernements de l’Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.

Le pacte «euro plus» utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l’austérité, la baisse des salaires, des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l’âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales. Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international! Une mesure déjà prise, le «semestre européen», vise à soumettre au Conseil et à la Commission les budgets des Etats avant même qu’ils soient débattus par les parlements nationaux.

Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des Etats l’objectif de l’équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle «la règle d’or». Stupide économiquement –que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les Etats ont renfloué les banques–, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne. Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l’Union européenne.

Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des Etats aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd’hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l’immédiat, les organisations signataires appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l’austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.

ATTAC, CGT-Finances, FASE, FILPAC-CGT, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, République & Socialisme, Union syndicale Solidaires