Coup d’Etat financier
Publié dans c) Vie municipale (86), le 16/04/2012 à 6:17, par Philippe GuerineauOu comment s’enrichir davantage en spéculant sur la dette française
Cher ami, vous vous réveillez de bon matin sans imaginer que ce lundi 16 avril se met en place un nouveau mécanisme de spéculation sur … la dette française avec la bénédiction du pouvoir sarkozyste et de l’Autorité des Marchés Financiers. Vous avez peine à le croire, moi aussi.
Jean Luc Mélenchon, dès jeudi à la télévision avait été le premier à expliciter ce qui allait se passer. D’ailleurs vendredi, il manifestait avec des dizaines de militants devant le siège de l’Autorité des Marchés Financiers à Paris. J’avoue ne pas avoir tout compris. Jetez un œil sur la déclaration d’Attac.
En quelques mots, cette nouvelle machinerie spéculative répond au nom d’Eurex. Elle est l’équivalent d’une bourse, d’une banque basée à Francfort à quelques pas du siège de la Banque Centrale Européenne. Eurex est connectée à deux banques Anglos saxonnes, celles-là même qui mettent les Grecs à genoux.
Non seulement les institutions européennes et les gouvernements font payer la crise et la dette qu’ils ont créées au peuple sous forme de réduction des services publics, de recul de l’âge de la retraite, de réduction des prestations sociales (aux assistés chers au député UMP Carayon), etc…mais voici que la dette elle-même va leur servir à s’enrichir encore plus parce que la France constitue le 2° marché de la dette après l’Allemagne, donc les banksters par l’odeur alléchée, s’activent. Chaque jour, dix milliards de notre dette seront ainsi jetés au feu de la spéculation.
Rassurez-vous, les banques et fonds financiers y gagneront chaque soir des centaines de millions d’euros payés par vous-mêmes, travailleurs et retraités pour rembourser…les intérêts de la dette qui grossiront sans cesse. Tout cela se passe à quelques jours de l’élection présidentielle mais nos éditocrates de l’Express et du Nouvel Observateur sont trop occupés à insulter chaque jour Jean Luc Mélenchon pour dénoncer les spéculations de la finance.
Il faut donc des actes clairs et déterminés. C’est ce que propose le Front de Gauche : l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, la réalisation d’un audit citoyen de la dette, la nationalisation des principales banques, le changement de mission de la Banque Centrale Européenne. Il s’agit de contrer la spéculation grâce à un nouveau crédit public favorable à l’emploi, aux salaires, à la ré industrialisation, aux petites et moyennes entreprises, aux collectivités territoriales et pour une mutation écologique.
Pour ce faire, il sera indispensable de s’appuyer sur la mobilisation des citoyens et aussi sur le réferendum à organiser sur le projet du nouveau Traité européen. Plus le résultat de Jean Luc Mélenchon sera élevé, plus il sera possible de faire reculer la spéculation face à ceux, sociaux libéraux indécrottables qui pensent qu’il est possible de « composer avec la City ».
Après la Bastille, après le Capitole, plus de 100 000 personnes se sont rassemblées samedi à Marseille. Formidable mouvement populaire que rien n’arrêtera. Comme l’écrit Pierre Marcelle, vendredi dans Libération : « La raison définitive pourquoi Hollande ne pourra pas faire perdre Mélenchon, c’est que Mélenchon a déjà gagné ».
Discours Jean-Luc Mélenchon au Prado par PlaceauPeuple
Le maire de Castres ne se souvenait sans doute pas de son intervention lors du vote du Budget de la Ville, présenté par la gauche en 1997. 15 ans se sont écoulés et cette phrase s’applique aujourd’hui à sa désastreuse gestion financière, « pompier pyromane » en quelque sorte.
Si la Ville voyant venir l’orage, avait provisionné quelques millions, il en manquait et l’on apprend que cette dernière a versé 14,6 millions d’€ à la Castraise de l’eau. Ce blog (voir catégorie « Eau : de la privatisation à la condamnation ») possède sans doute un des meilleurs dossiers (si, si !) concernant la gestion de l’eau (de sa privatisation scandaleuse à sa remunicipalisation hasardeuse). Je ne repasse donc pas le film.
Début 2012, plus de 87 millions d’€ (il est écrit que l’encours devrait se situer en fin d’année à environ 82,6 millions d’€ compte tenu des transferts de dettes ( ?) à opérer en cours d’exercice avec la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet). L’année précédente, l’encours de la dette s’élevait à 75,4 millions d’€. En 2005, 77,6 millions d’€. En 2004 aux alentours de 85 millions d’€ (nous sommes donc revenus 8 ans en arrière). Triste et inquiétante réalité d’autant plus que tous les indicateurs sont au rouge : érosion démographique, augmentation du chômage, etc…
Aujourd’hui, l’encours de la dette de la ville de Castres reste supérieur aux moyennes nationales. En 2010, Castres : 1643€/habitant, (la moyenne du panel est de 1081€/habitant, la moyenne nationale des villes de 20 à 50 000 habitants : 1047).
a) La population 2012 : les chiffres de la population de Castres à prendre en compte sont les résultats INSEE de l’année 2009. Toujours une érosion démographique puisque la population totale est passée en 10 ans de 45 413 à 44 366 (dont population comptée à part, 1665). Il s’agit de personnes ayant une « double résidence », étudiants, militaires.
En 2012, on prévoit la mutualisation des services informatiques. De même pour les transferts de compétences, celles-ci s’accélèrent. On prévoit pour 2012 un renforcement des transferts en matière de gestion des équipements sportifs et culturels (Conservatoire départemental de musique et de danse du Tarn, bibliothèques…). Je ne reviens pas sur des ajustements de transferts : Archipel (245 961 €), réseau Libellus et mobi Libellus (248 387 €). Merci qui ? Merci la Communauté d’agglomération.

