L’EXPRESS saute sur Castres
Publié dans c) Vie municipale (86), le 23/02/2012 à 18:51, par Philippe GuerineauUn récit assez impressionniste
En ce mercredi 22 février, difficile d’échapper en se promenant dans Castres, aux affichettes et autres supports annonçant en grosses lettres : « Castres, le système Bugis ». A l’intérieur de la boutique de mon buraliste habituel, une pile importante de l’hebdo qui sera sans doute disponible durant des semaines.
L’Express, daté du 22 au 28 février a décidé d’ajouter pour notre ville un supplément local. La vedette, le maire de Castres. Pas facile de rendre compte sur 4 pages bien fournies du « système Bugis », d’ « une agglomération sous tension », d’ « une opposition en ordre dispersé ».
Pour avoir vécu ce même type d’opération de promotion (je parle de l’hebdo) en d’autres temps, c’était Le Point, opération qui n’honorait pas le métier de journaliste, cette fois les articles sont pour le moins honnêtes. Bien sûr, il reste de nombreuses approximations, des raccourcis hasardeux, des jugements trop expéditifs… C’est la loi du genre.
Le rendez-vous avec le journaliste en charge du dossier remonte au 30 novembre. L’exercice consiste à répondre durant plus d’une heure à diverses questions, à donner son sentiment, à faire part d’une analyse concernant tel dossier… Tout est noté, les pages du cahier se noircissent mais vous ne saurez pas quel mot, quelle phrase ou quelle idée seront retenus, interprétés de travers. C’est un risque que des propos puissent être déformés .
A la lecture, ce n’est pas le cas mais bien évidemment une certaine frustration demeure de ne pas voir évoqué un certain nombre de sujets qui vous paraissaient importants. Un exemple parmi d’autres : les réactions scandaleuses du maire à la suite de la profanation de la mosquée, de la profanation des tombes…
Une erreur tout de même, je n’ai jamais déclaré que l’aménagement de la place Jean Jaurès soit « un petit bijou » tout simplement parce que je ne le pense pas. Eventuellement j’ai pu reconnaitre que la nuit le bel éclairage des façades donne à l’ensemble un aspect attrayant.
Le travail journalistique s’avère délicat quand il s’agit de ressentir, uniquement à travers quelques entretiens la réalité d’une ville, la grande diversité de ses quartiers (ce n’était pas le sujet), l’histoire des hommes ou des femmes engagés dans la cité, etc…
Alors pour résumer, P.Bugis « exerce son mandat de plus en plus solitaire. Au risque de l’isolement ». Autoritaire, rigide, droit dans ses bottes, sont les mots qui reviennent le plus souvent ainsi que mesures idéologiques, étiquette de doctrinaire, etc…Je résume, je résume…
Quelques grands moments humoristiques, P.Bugis : « Je ne fais pas de politique ». Phrase répétée à l’envi. La campagne électorale de 2001 « franchement ce fut un amateurisme complet ». Chacun peut se souvenir encore aujourd’hui du soutien efficace apporté à la liste Bugis par un certain nombre de professionnels de la …communication. 3ème exemple : « Ma chef de cabinet n’est pas omnipotente ». Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’une telle franche rigolade. Merci M. le maire.
Dans le même article, « un solitaire au pouvoir », l’on apprend que les élus de sa majorité n’ont pas « de véritable emprise sur les dossiers » et ne sont pas libres de s’exprimer. « Tous les élus n’ont pas l’expérience et la rigueur nécessaires » (sic !). Sachant que certains d’entre eux sont là depuis des années, c’est vraiment à désespérer !
Une question tout de même à quoi sert donc un élu (rémunéré) de la majorité municipale ?
A signaler un article assez complet pour ne pas dire assez bien fait concernant les fortes tensions qui règnent depuis des années au sein de la Communauté d’agglomération , tensions qui ont atteint leur paroxysme dernièrement lors du vote pour le renouvellement de l’adhésion au Parc.
Enfin, un article concernant l’opposition où il est surtout question de Philippe Folliot et de moi-même. La réalité est effectivement peu brillante voire très préoccupante. Laissons de côté les pérégrinations du député Folliot, un hebdo n’y suffirait pas.
Concernant la gauche, bien que largement défaite en2001, il est difficile de comprendre ses divisions actuelles sans évoquer à la fois la crise du PS (toujours présente) et l’importance, la singularité de Castres A Gauche Vraiment, principal groupe d’opposition municipale. En étant candidat aux élections législatives de 2007 puis tête de liste à l’ élection municipale de 2008, ce fut l’affirmation de convictions et non je ne sais quel plan de carrière ou recherche d’avantages divers. Si notre liste, fait rarissime, a devancé celle du PS, ce n’est pas (tout à fait) de notre responsabilité, en effet comment ce parti avec « le futur maire de Castres » disparu en pleine ascension, puis sa tête de liste en 2008 abandonnant sa fonction de conseiller municipal pour de nouveaux horizons peut être tout simplement crédible ? (L’article n’évoque pas ces épisodes peu glorieux).
Malgré mon « maigre ascendant », heureusement que depuis des années « la tranchée est tenue » et qu’une opposition municipale déterminée existe toujours à chaque Conseil. J’attends donc avec grande impatience que beaucoup d’autres puissent se manifester non dans des combines politiciennes ou enjeux de pouvoir dérisoires mais pour créer une véritable dynamique à gauche. J’attends, nous attendons et nous …continuons à nous battre.
L’article permet toutefois une réelle compréhension des enjeux à venir. A regretter, faute de place sans doute, le peu d’espace accordé à 2 dossiers importants : « l’autoroute de la discorde » et « la bataille de l’eau ». En conclusion : peut-on se fier à ses impressions ?



C’est peu de dire que l’on sort d’une cérémonie des vœux du maire assez abattu. Et le mauvais temps, je vous l’assure, n’y est pour rien. Je ne reviendrai pas ici sur ce qui frappe le plus, à savoir l’importance des personnes âgées présentes, en d’autres termes l’absence de jeunes mais aussi l’absence de personnes de 30 à 50 ans. Tout a déjà été écrit dans ce blog, rien n’a changé.
Ce 24 décembre, comme chaque année et cela depuis fort longtemps, j’étais présent, salle Gérard Philipe en cette fin d’après midi. Veille de Noël, instant que l’on dit de fraternité, plusieurs associations caritatives de notre ville, bien aidées par le CCAS s’étaient mises en quatre pour accueillir au mieux une (toute petite) partie de nos concitoyens vivant dans la pauvreté, et/ou astreints à une grande solitude.
Puis lors de la traversée de la salle une mère de famille, que je connaissais, accompagnée de ses enfants se leva pour me dire quelques mots : « Vous savez, c’est la première fois que je viens ici… » Sa fille à ses côtés qui ne m’était pas inconnue (ancienne élève ?) se cacha le visage entre ses mains. J’ai eu brutalement honte de leur honte. J’avais eu le même sentiment d’un profond malaise au cours d’années précédentes dans le regard des personnes que j’avais été amené à rencontrer bien souvent.
Indécence quand ce gouvernement réduit les financements destinés aux politiques d’accueil et d’accompagnement des plus exclus ( SAMU social à Paris), quand l’UMP ne cesse d’opposer ceux qui touchent le RSA et ceux qui gagnent le SMIC, à voir des élues de l’UMP « en campagne électorale » en cette fin d’après midi. L’une d’entre elles n’avait pas de mots assez durs pour fustiger lors du dernier C.M. un bébé de 4 mois et un vieillard de plus de 70 ans, condamnés à vivre l’un et l’autre dans une caravane loin de tout. Indécence, vous dis-je.
Alors, « Décision du maire » ou délibération au Conseil municipal ?
Ce fut le cas du dossier concernant la rénovation de la place de l’Albinque. La dernière délibération remonte à plus de 3 ans ! Aujourd’hui, le total des travaux (deux phases ) s’élèvent à plus de 8.200 000 € HT. Soit déjà une augmentation de 2 millions d’€ sur les prévisions et ce n’est sans doute pas fini.
La presse dans son ensemble a rendu compte du débat concernant l’augmentation des tarifs de l’eau et de l’assainissement. Précisons toutefois que la ville a choisi – suite à sa condamnation – de faire payer le coût de celle-ci « pour moitié aux usagers de l’eau », mesure injuste socialement. Proposition est faite d’un « prix social de l’eau » à hauteur d’une consommation de 50 m3. Augmentation envisagée du prix du m3, après 20% , 7 % . Le maire envisage de « lisser » cette augmentation sur 8 ans …
CA SUFFIT : une nouvelle fois malheureusement, nous avons tenté après 5 mois de blocage d’évoquer le cas d’une famille appelée « gens du voyage », seule dans sa caravane, quelque part du côté de l’aéroport, sans eau ni électricité. Nous avons proposé un médiateur : situation dramatique, bébé de quatre mois, vieillard malade, jeunes gens très peu ou pas scolarisés, veille de Noël, appel au sentiment d’humanité , peut-on tolérer cette situation ? Pour beaucoup, dans ce CM , c’est oui…