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11 octobre : on se mobilise dans le Tarn

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Chacun peut le constater, gouvernement et patronat ne sont pas du tout décidés à attendre 2012. Ils continuent de vouloir appliquer leur politique d’austérité, ils continuent d’attaquer tous azimuts : les indemnités journalières des plus précaires, les salaires, la santé, les postes d’enseignants, etc…

François Fillon a annoncé début septembre un plan de réduction des déficits publics portant sur 11 milliards d’€. Une fois de plus c’est essentiellement les salariés qui en feront les frais.

L’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires  et UNSA arrêtait alors le principe d’une journée nationale d’une mobilisation interprofessionnelle le 11 octobre.

Parmi les revendications communes, il y a l’abandon de la taxe sur les complémentaires santé, la conditionnalité des aides publiques aux entreprises, la réouverture des négociations salariales, la priorité à l’emploi en particulier celui des jeunes, etc…

Toutefois les 5 organisations n’ont pas été d’accord pour un appel commun à la grève au niveau national comme le souhaitait la CGT, mais aussi Solidaires et la FSU. Aujourd’hui, on constate que les appels unitaires à manifestation et arrêts de travail sont nombreux.

Le 27 septembre ce sont les enseignants du public et du privé qui montraient la voie et réalisaient une démonstration de force inattendue (1 enseignant sur 2 était en grève).

Le 6 octobre il y eut plus de 100 cortèges unitaires des organisations de retraités pour une prise en charge solidaire de la dépendance et la défense du pouvoir d’achat (augmentation des pensions).

Partout en Europe, les manifestations se multiplient. De plus en plus nombreux , les salariés refusent de faire les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

Dans le Tarn, en plus des distributions de tracts aux entrées des grandes villes, deux manifestations sont prévues mardi 11 octobre:

-         à Albi, 15h, place du Vigan

-         à Castres, 17h, sous-préfecture.

Vous pouvez prendre connaissance du tract unitaire départemental, CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA: 

« Pour un autre partage des richesses : la mobilisation de tous s’impose »

 

Un boulevard pour Albi, Castres dans l’impasse

  Un an avant que la cité épiscopale d’Albi soit inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO (la cathédrale Sainte Cécile, le Palais de la Berbie, l’église Saint Salvi et son cloître, le Pont Vieux, les berges du Tarn, etc…) le Maire de Castres prenait la décision de dissoudre le réseau de villes ALBI-CASTRES-MAZAMET. Quelle inconséquence !

Si je choisis en cette rentrée de réouvrir ce blog sur ce dossier, c’est bien que celui-ci symbolise ô combien ! la situation dans laquelle se trouve notre ville dont le manque de vision, l’appauvrissement culturel, en un mot « l’enclavement de l’esprit » tiennent lieu de politique.

Combien de fois avons nous répété que l’absence d’ambition revendiquée d’ailleurs par le maire, P.Bugis qui se contente d’entretenir sa petite soupe électorale dans sa petite gamelle sécuritaire, est préjudiciable au développement de Castres. Tout un programme : la disparition du réseau de villes !

Revenons en quelques mots sur l’historique de celui-ci.

Conseil municipal à Castres en date du 21 janvier 1999 : à son ordre du jour, la naissance du réseau de villes Albi-Castres-Mazamet en présence de Philippe Bonnecarrère, maire d’Albi et de Michel Bourguignon, maire de Mazamet. Fait sans précédent et jamais reconduit. Acte fondateur du réseau de villes dont les objectifs affichés étaient entre autres de :

-         pérenniser et développer les échanges d’information et la coopération entre les villes

-         organiser des complémentairement pour enrichir l’offre des services et d’équipements

-         développer les solidarités

-         renforcer l’attractivité et la compétitivité des pôles urbains

-         mettre en cohérence les initiatives ,

-         stimuler et initier des expérimentations et des projets innovants et communs

-         etc…

 Il est rajouté dans la délibération que l’association est chargée d’organiser ses réflexions et ses actions notamment dans les domaines du tourisme, de la culture, des loisirs et du sport.

Ce long travail avait commencé à l’initiative du Maire de Castres d’alors, Arnaud Mandement, à travers une lettre datée de 1997 adressée au Préfet de Région en vue du Comité interministériel sur l’aménagement et du développement du territoire( C.I.A.D.T) .

Un Maire de Gauche, deux Maires de Droite, ce n’est pas banal et malgré quelques grincements de dents, les projets allaient se succéder, élaborés dans des rapports de confiance et au service du développement des trois villes.

Membre du bureau de l’association comme maire-adjoint de Castres chargé de la Culture, je me souviens de la sortie d’un journal commun entre les trois scènes culturelles ( l’Athanor d’Albi, l’Apollo de Mazamet et la scène culturelle de Castres). Chacun avait bien compris que l’avenir n’était pas dans la concurrence entre les villes mais au contraire dans l’affirmation de leur complémentarité bien comprise.

P.Bugis au cours de son 1er mandat, par caprice et dans l’incapacité de travailler avec le Maire d’Albi, mit en sommeil la structure. Elle disparut officiellement en mars 2009, je participais à une dernière assemblée générale. Malgré quelques brèves interventions de l’opposition, jamais aucune question ne fut posée sur le pourquoi d’une telle disparition. Nous en mesurons les tristes pour ne pas dire tragiques conséquences aujourd’hui. Le Maire de Castres de l‘époque avait compris ( il faut dire qu’un enfant l’aurait compris également mais assurément pas P.Bugis) que Castres se trouvait sur la route entre Albi et Carcassonne ( 2 sites aujourd’hui classés au patrimoine mondial de l’UNESCO), et que la sous préfecture devait s’inscrire au plus vite dans une dynamique touristique et culturelle  .

L’outil est cassé .Quel gâchis aujourd’hui et d’ailleurs dans tous les domaines ! Un soi-disant festival d’été sans queue ni tête dont la fonction bien misérable est de faire concurrence au festival Pause Guitare d’Albi. Il est vrai que P.Bugis déclarait récemment qu’il se «  moquait du regard des autres sur la ville de Castres ».

Comment retisser les liens rompus ? Je suppose que la question lui sera posée alors que le Maire d’Albi annonce des Etats généraux dès cet automne. Castres souffre d’un problème voulu non d’un soi-disant enclavement routier mais «  d’un enclavement de l’esprit » à tous les niveaux. Ah ! j’oubliais ! Les seules annonces concernant notre ville depuis des années sont celles de «  dérives portant atteinte aux libertés ».

J’ai été sensible aux propos du Maire d’Albi présentant sa ville en compagnie du Maire d’Abomey ( Mali) et expliquant que la candidature de sa ville s’inscrivait dans une logique de coopération internationale et de défense des valeurs universelles. Il devrait tenter, je sais la tâche est difficile, de parler de tout cela avec son collègue de Castres.

L’opposition de Gauche de la cité albigeoise est attentive à ce que la fracture urbaine ne s’accentue pas dans la préfecture, elle a raison.

Castres à l’écart, Castres repliée sur elle-même, Castres bien souvent stigmatisée par la presse nationale, non ce n’est pas un mauvais rêve, c’est malheureusement  la triste réalité et un sévère constat. Il est grand temps que la municipalité actuelle en prenne conscience avant qu’il ne soit trop tard. Il est déjà trop tard ! Un miracle peut être : reconnaître que ce fut une erreur de faire disparaître le réseau de villes et pourquoi pas d’avancer quelques propositions pour être acteur et non simplement spectateur de la dynamique touristique et culturelle annoncée pour la ville d’Albi .

 

Le très long nez de Sarkozy

 Manifestation réussie dans les rues d’Albi.

Parcours habituel, toujours aussi agréable, longer la cathédrale Sainte Cécile,  traverser le Pont Vieux, apercevoir de celui-ci les manifestants passer plus haut sur le pont du 22 août 44 ( Vous ne connaissiez pas son nom, moi non plus).

Rayons de soleil bienvenus, des milliers de personnes, beaucoup de détermination et de dynamisme. La lutte ne fait que commencer contre ce gouvernement qui ne veut rien entendre, c’est le sentiment des nombreuses connaissances rencontrées.

Difficile pour beaucoup de faire grève tant celle-ci est coûteuse pour des budgets familiaux en difficulté.

 

C’est la faute à Mitterrand

Sarkozy avait déjà proclamé qu’il fallait revenir sur le terrible héritage de mai 68, le voilà maintenant s’attaquant à l’héritage de 1981. Demain sans doute, il osera pourquoi pas s’attaquer à l’héritage du Front Populaire ( Chef, j’ai une idée, puisque l’espérance de vie s’allonge, on pourrait remettre en question les congés payés). C’est la faute à Mitterrand, dit-il, dans la chaleur sans doute d’une réunion UMP à Beauvais. Il s’est écoulé presque 30 ans .

L’attaque contre Mitterrand et son gouvernement «  Gauche plurielle » peut surprendre parce que le dénommé Nicolas Sarkozy a toujours affirmé ( en tout cas jusqu’en mars 2008) qu’il était pour la retraite à 60 ans. On peut découvrir sur le site internet de l’Institut National de l’Audiovisuel ( INA) ou sur Liberation.fr un débat entre DSK et N.Sarkozy se déroulant en …1993. Au cours de celui-ci, ce dernier se vante…d’avoir voté la retraite à 60 ans.

Strauss-Kahn déclare que si la Droite revient au pouvoir, elle remettra en cause les acquis sociaux que sont le RMI et la retraite à 60 ans. Sarkozy se défend : « La Droite n’a pas l’intention bien sûr de remettre en cause la retraite à 60 ans » avant d’ajouter ( son nez commence à s’allonger) : «  Je voudrais dire que j’ai voté pour le RMI  et que j’ai voté pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires ». Comme l’indique le quotidien Libération, il s’agit d’une affirmation erronée étant donné que N.Sarkozy n’a été élu député qu’en 1988…soit 6 ans après 1982.

Par la suite, celui-ci se prononce pour le maintien de l’âge légal à 60 ans : un engagement de la campagne présidentielle du candidat Sarkozy en janvier 2007 ( interview au Monde). Question : «  Faut-il garder la retraite à 60 ans ? » Réponse : «  Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien ».

Un an après son élection, en mai 2008, il déclare en réponse à Laurence Parisot qui demandait de reporter l’âge légal de départ à la retraite à 63,5 ans : «  Elle a le droit de dire cela. Je dis que je ne le ferai pas. Pour un certain nombre de raisons, et la première est que je ne n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle ».

Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai donc pas de mandat pour faire cela ( sic !). Et ça compte, vous savez, pour moi ( re sic !). Je me suis engagé  à faire ce que j’avais promis, donc je ne le ferai pas ( re re sic !). »

Et dire que demain , je serai dans ma classe tentant d’expliquer à mes jeunes élèves, qu’il ne faut pas mentir.

Au cours de la manifestation d’Albi quelques collègues conseillères d’orientation psychologue ( COP), distribuaient un  tract concernant le démantèlement du service public d’orientation, c’est très grave. Ils et elles ne pourront plus venir bientôt dans les établissements scolaires. Pour vous donner une idée : concours externe des COP, 2001 : 160 postes, 2004 : 110 postes, 2010 : 50 postes, 2011 ?

Si vous écoutez les grands discours sur les difficultés d’orientation des élèves, quel que soit leur niveau, dites vous bien  qu’on se moque de vous  et que la situation va s’aggraver et ce seront toujours ( et encore) ceux qui sont en difficulté qui seront pénalisés.