Articles portant l'étiquette ‘autoroute castres-toulouse’

Le Notre-Dame-des-Landes (1) Tarnais

Une autoroute Castres-Toulouse qui ne passe toujours pas

 

Petite piqûre de rappel de la CGT pour celles et ceux victimes d’anosognosie, maladie qui affecte la mémoire et ne touche pas seulement les personnes âgées. Donc lundi 24 octobre, réunion du Conseil de la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet.

Des représentants de la CGT de Castres et de Revel ont tenu à exprimer leurs exigences au Président de la Communauté d’agglomération, à savoir : «  Il n’est pas question que des fonds publics ( subventions d’équilibre, etc..) soient utilisés pour un projet privé, il n’est pas question de faire payer aux usagers une somme de 15 à 16 € pour se rendre à Toulouse.

Il n’est pas question que les déviations de Soual, de Puylaurens…payées par des fonds publics, soient de fait privatisées (…).  Pourquoi une telle inégalité entre le nord du Tarn (autoroute Toulouse-Albi à 1,30€) et le sud du Tarn ? ». 

Ces quelques exigences, il y en a bien d’autres, ont été régulièrement évoquées lors du débat public « Autoroute 2013 » par les opposants politiques (PC, PG, Alternatifs, EELV), syndicaux ou associatifs.  Il est bon, voire indispensable de ne pas perdre la mémoire, de rester attentifs et vigilants.
La CGT, par son action, tient à rappeler, avant qu’il ne soit peut-être trop tard, qu’il n’est pas possible dans l’intérêt de notre Bassin d’emplois d’accepter l’inacceptable et de laisser faire l’autoroute Castres-Toulouse au seul bénéfice des actionnaires de grandes entreprises du BTP.

Certains élus, en particulier de Droite qui n’ont rien fait depuis des décennies pour permettre l’aménagement de la RN 126, en 2×2 voies, ces mêmes élus, députés pour certains, qui n’ont pas été capables de faire inscrire dans le Contrat de Plan Etat-Région le financement de la sortie de Castres vers Soual sont mal placés pour comme à l’accoutumée donner des leçons à tous nos concitoyens.

Mais de tout cela, je pense que nous aurons bientôt, très bientôt, l’occasion d’en débattre à nouveau. Ne voilà-t-il pas qu’arrivent les élections législatives ? Moment de responsabilité et de vérité.

Un petit conseil, commencez à lire ou à relire l’ensemble des articles que j’ai consacré à ce sujet dans ce blog  «  Désenclavement de Castres ». Vous ne perdrez pas votre temps ( enfin, je pense).

(1) « Notre-Dame-des-Landes » petit paradis, à 30 km de Nantes, 160 ha, paysage de bocage préservé, petites exploitations agricoles, faune et flore magnifiques. Tout cela peut disparaître parce que le maire PS de Nantes a décidé la construction d’un grand aéroport. Les mobilisations succèdent aux mobilisations pour éviter cette véritable catastrophe régionale.

 

Autoroute : du « grand n’importe quoi » !

Autoroute Castres-Toulouse :

 Première étape : le collectif RN 126 à travers un communiqué de presse que vous lirez ci-dessous ( 11 mai 2011) tire un bilan de «  la concertation sur les fuseaux ».

  Et toujours «  du grand n’importe quoi » !

 « Plus on avance dans le processus de discussion sur l’autoroute, plus il apparaît que le choix du fuseau semble décidé par la DREAL(1) au mieux d’avance, au pire sans queue ni tête ! Inacceptable pour l’aménagement de nos territoires !

Une concertation déconcertante !

D’un côté, c’est la rétrocession des déviations de Puylaurens et de Soual qui a fait violemment réagir les élus, puisqu’elle conduirait le trafic local de camions et de voitures à repasser par les centres de village (10 ans en arrière !). De l’autre côté, dans la guerre des fuseaux de Verfeil à Puylaurens, la DREAL a cité de nouvelles options (3A intermédiaire à Cuq, et 2P Sud au Faget), tout en prévenant qu’elles ne seraient pas étudiées pour éclairer le choix d’un fuseau par le préfet (de qui se moque-t-on ?). Mieux encore, la DREAL prévoit de retenir un fuseau qu’elle avait déclaré techniquement impossible après 3 ans d’études (fuseau 2C à Maurens Scopont).

Au final, si personne n’a compris sur quelles propositions anarchiques, provisoires, ou évasives de la DREAL il fallait se positionner, tout le monde a bien saisi que l’autoroute se ferait sans aucun consensus, et en passant sur le corps d’un certain nombre, pour aller au plus simple et au moins cher.

Le seul consensus auquel la DREAL a abouti n’est pas celui d’un fuseau, mais bien que l’autoroute n’apporterait rien aux territoires traversés, et que l’aménagement de la route actuelle conviendrait à de plus en plus de monde.

La concertation ratée remet en cause le choix actuel d’un fuseau !

La concertation a au moins montré que les territoires traversés voulaient au pire que le fuseau le plus « humainement tolérable » soit privilégié, au mieux qu’il passe chez ceux qui espèrent encore pouvoir tirer un bénéfice de ce projet. Ce fuseau « le plus humainement tolérable » n’apparaît pas actuellement dans les préoccupations de la DREAL.

Dans cette situation, arrêter le choix d’un fuseau aujourd’hui serait inacceptable au regard des rejets que suscitent les fuseaux et le principe de l’autoroute à péage.

Le contexte actuel ne peut pas être ignoré plus longtemps !

Au-delà des questions pour le choix d’un fuseau (zone inondable du Girou ou zones écologiques à protéger, déviations rétrocédées, itinéraire de substitution, nuisances pour l’habitat, aménagement foncier, …), le contexte économique actuel (augmentation du pétrole, des carburants, des péages à 2,5%/an, des matières premières, …) oblige à s’interroger sur la pertinence des chiffres avancés par la DREAL, entre autres la prédiction de trafic, et le coût de l’autoroute (335 M€ qui dépasserait en réalité 450 M€).

 Quand on voit le « désert » qu’est l’autoroute Langon – Pau, on a du mal à imaginer que 66% du trafic de la RN126 se reporterait sur l’autoroute Castres – Toulouse qui serait demain la plus chère de France. Le simple bon sens voudrait que les collectivités territoriales, appelées à financer ce projet aberrant, refusent de cautionner aujourd’hui le choix d’un fuseau sans plus de certitude sur le coût réel du projet, les impacts pour les territoires traversés et son intérêt pour le bassin Castres – Mazamet.

Nous espérons que prochainement, en comité de pilotage, ces mêmes collectivités ne se laisseront pas convaincre par le préfet de région d’accepter le choix expédié d’un fuseau. »

 (1) Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement  Midi-Pyrénées

Peintures de Toulouse-Lautrec ( admirées mardi à Albi avec mes élèves de 4ème A)

 

Autoroute : pourqoi changer le logo ?

Ils nous promettaient l’autoroute en 2013 

C’était on se souvient,  un de leurs arguments : aller vite dans la réalisation. Tout autre projet d’aménagement de la RN 126 comportait des délais trop longs. Alors au nom de l’efficacité, n’est-ce-pas ? nos inconditionnels de l’autoroute ont mené bataille dans chaque réunion publique pour dire oui à l’autoroute 2013. La campagne de communication ( le mot de propagande serait plus judicieux) fut intense  avec un logo qui sera entre autres apposé sur chaque courrier de la ville de Castres.                               

HIER

AUJOURD'HUI

                                                                      

 

Ami, sauras-tu trouver la différence entre les deux logos ?

 Facile , la date 2013 a disparu. Dommage, je m’y étais habitué. 

Plus sérieusement , celles et ceux qui nous martelaient « Autoroute 2013 » croyaient-ils vraiment à ce qu’ils nous disaient ou mentaient-ils effrontément ? 

Thierry Carcenac, Président du Conseil général du Tarn, a déclaré à l’occasion des vœux : ( si j’en crois la presse quotidienne et hebdomadaire) : «  Certains parlent de 2014, d’autres de 2016, …je pense que les délais sont encore plus longs. Quand on connaîtra l’itinéraire, la concession n’aura pas encore été choisie. Ensuite, il faudra déterminer la participation financière des uns et des autres »

Puis T.Carcenac ajoute : «  J’aurai préféré que l’on fasse ce qui avait été prévu dans le cadre du Plan Etat-Région. Cela aurait permis de terminer la partie Castres-Soual, ce qui nous aurait facilité les choses. Une 2×2 voies aurait été plus simple ! ». 

Heureusement je suis assis en lisant la presse. Ce que vient de déclarer le président du Conseil général est pratiquement mot pour mot ce que je disais lors du premier débat  public à Castres ( On peut vérifier l’ensemble de mon intervention ). 

Lors de tous les débats publics, je n‘ai jamais entendu un conseiller général , représentant le Président avancer une telle analyse. D’ailleurs des partisans « heureux ou honteux » de l’autoroute ne se sont pas battus ( et cela depuis longtemps) pour que l’Etat respecte enfin ses engagements. 

Les uns et les autres ont malheureusement préféré se confondre avec la droite . Pourquoi T.Carcenac qui a pour habitude de bien mesurer ses paroles fait-il en cette rentrée une telle déclaration ? Je vous laisse le soin d’y apporter une réponse, quant à moi,  j’ai toutefois une petite idée.

 

A 65 Langon-Pau : la note salée du péage

Un exemple significatif de ce qui nous attend…peut être ?

Le hasard veut que je reçoive chaque jour la « newsletter » ( désolé, c’est le terme employé) du quotidien régional Sud Ouest. Lundi 6 décembre, titre du journal : « A65 Langon-Pau, la note salée du péage ». En effet pour effectuer dés la semaine prochaine les 150 kms de l’itinéraire, il faudra débourser environ 17 € au péage (soit presque 40 € aller-retour).

Aussi étonnante que l’affaire puisse paraître, les tarifs officiels ne sont toujours pas connus. Ils devront être validés par le ministère de l’Ecologie ( sic !),du Développement durable ( re sic !), des Transports et du logement (arrêté publié au «  Journal Officiel »).

Les propositions formulées par l’entreprise A’lienor ( filiale d’Eiffage) concessionnaire de la nouvelle autoroute Langon-Pau, s’élèveraient à 17,40 € (12 centimes le kilomètre TTC). Au départ il était prévu en 2005 : 9,02 centimes d’euro au kilomètre.

 Le journal Sud Ouest nous apprend que «  le ministère des transports n’a pas de raison de revenir sur ce calcul », le quotidien ajoute que l’équilibre financier est fragile .  « A’lienor a obtenu une rallonge de la concession par la magie d’un avenant au contrat en date du 10 septembre dernier. Sa durée, fixée par décret est dorénavant de 60 ans » (ben, voyons !)

A’lienor bien évidemment justifie ces prix élevés : «  Il s’agit d’avoir le maximum de fréquentation au tarif le plus fort possible pour amortir l’investissement ». Il est vrai que l’investissement est considérable par le nombre important d’ouvrages. Sud Ouest écrit : « A l’heure où les ménages se serrent la ceinture, le prix du trajet pose la question de l’attractivité de la nouvelle infrastructure ».

Mais l’exemple de l’A 65 n’est pas isolé. Il en va de même pour les nouveaux tronçons, les moins rentables. Par exemple, depuis août dernier, les automobilistes normands pour faire les 45 kms de la toute nouvelle A 88, doivent payer 6,50 € (14 centimes au km) sur un profil tout simple. « Alicorne ( le concessionnaire de l’A 88) comme A’lienor, applique des tarifs indexés sur une stratégie économique et commerciale, pas sur une notion de service public »( On l’avait compris !) .

Le journaliste ajoute : «  S’il n’y a pas de subvention d’équilibre ( tiens, tiens, ) l’usager acquitte désormais au péage le coût réel de l’infrastructure sur laquelle il circule et ça fait mal » ( C’est bien le journaliste de Sud Ouest qui l’écrit)

Le porte parole du collectif Stop-Autoroutes, une association qui est intervenue contre le projet de l’A 65 regrette que les avertissements des opposants sur les prix des péages aient été inaudibles à l’époque.

Il déclare : «  On se doutait qu’il y aurait de la désillusion… Cet aspect a été très peu soulevé ( cela n’a pas été le cas pour Castres-Toulouse),  il a fallu se battre pour avoir le contrat de concession et connaître les tarifs ». ( Espérons que cela ne sera pas le cas pour Castres-Toulouse, un «  Comité de suivi » et un « Comité de pilotage » forcément transparents).

Un petit sondage organisé par le journal ( c’est très à la mode) suit l’article ( 6032 votants) .

A 65 : presque 40 € pour faire l’aller retour Langon-Pau, c’est :

-         n’importe quoi ! Prendre l’autoroute devient un luxe : 50,1 %

-         justifié. Une autoroute, cela coûte cher : 5,6 %

-         la conséquence logique de la vente des autoroutes par l’Etat. Ce qu’il n’aurait jamais dû faire : 41,4 %

-         la preuve que ne pas avoir de voiture comme moi est une solution d’avenir : 3 %.

Des dizaines et des dizaines de commentaires complètent également l’article sur le site de Sud Ouest.

Je pense que ce blog fait œuvre utile, nul ne pourra faire l’étonné ( ou l’innocent) en 2016 quand il découvrira un prix du péage Castres-Toulouse  élevé, très élevé.

De tout cela bien sûr, nous en reparlerons.

 

Autoroute 2016 : comité de suivi alibi ?

Participer ou pas au comité de suivi ?

C’était le 19 novembre, le préfet de Région Midi-Pyrénées  présidait la première réunion du comité de suivi composé des représentants des 5 collèges : Etat, élus, monde économique et  entreprises, syndicats de salariés. A ne pas confondre avec le comité de pilotage ( services de l’Etat et collectivités locales).

Le rôle du comité de suivi est de veiller au bon déroulement de la concertation. Mais c’est aussi un « lieu d’échanges sur les études préalables à la déclaration d’utilité publique ». Quelles sont les personnes qui composent ce comité de suivi ? Comment s’est effectué le choix ? Mystère. Ce qui est sûr, aucun élu du principal groupe d’opposition à la municipalité de Castres n’a été à ce jour contacté.

Un « garant » est désigné pour la bonne marche des opérations c’est à dire pour que «  l’information et la concertation du public tout au long de l’élaboration de ce projet soient correctement réalisées ». Comité de suivi et garant sont des enfants de la loi «  Grenelle 2 ».

Entre le 15 juin 2009 et le 13 juillet 2010, plus de 20 articles ont été écrits dans ce blog. Vous pouvez vous y référer : « Désenclavement de Castres ».

Il est important en effet de se souvenir du contenu de divers débats publics ainsi que des déclarations des uns et des autres qu’il s’agisse d’associations, de syndicats ou de collectivités territoriales.

Pour ne prendre que quelques exemples : le Conseil Général du Tarn affirmait : « Nous ne validerons pas une solution financière défavorable aux citoyens du Sud Tarn ». Pour la CFDT, « Nous voulons une éco-autoroute socialement équitable ». 

Dans le désordre, « Imposer un cahier des charges draconien »( ?) voire « Les subventions d’équilibre des collectivités locales devront être peu élevées » ,  » Un prix de péage modique » ,  » Il n’est pas question que les déviations de Soual et de Puylaurens, déjà payées sur des fonds publics, soient privatisées« , etc, etc…

Sachez bien que dans les cahiers d’acteurs, ce type d’engagements des partisans de l’autoroute , il y en a des dizaines (Il faudrait un comité de suivi spécial pour les relater).Mais trêve de plaisanterie.

Frédéric Manon, porte-parole du «  Collectif RN 126 » a récemment fait connaître son refus de participer à ce comité de suivi. Il étaye avec sérieux son argumentation dans un communiqué de presse et dans divers courriers adressés au Préfet de Région, à la Préfète du Tarn, aux Présidents du Conseil Régional, du Conseil Général du Tarn et de la Haute-Garonne. Il affirme que son association continuera à travailler sur «  un contre-projet plus équitable, plus respectueux de l’environnement et bien plus raisonnable financièrement pour la collectivité ».

Celui dont la CNDP ( Commission Nationale du Débat Public) saluait le travail comme une «  véritable expertise citoyenne » a pris ses responsabilités. On peut lire également sur le site du collectif : « autoroute Castres – Toulouse  ou comment l’Etat justifie un mauvais projet décidé grâce au copinage ou par raisons politiques ».

Sa décision est tout sauf une posture du «  tout ou rien » comme j’ai pu le lire ( s’il faut parler de postures depuis des mois, concernant le dossier de l’autoroute, la liste de noms bien connus  remplirait 3 pages du bottin) .On est loin d’une posture quand il s’agit de travailler dans un objectif de cohérence et de lisibilité.

Une autre position pouvait également se comprendre, c’est celle que j’ai défendue au sein du collectif « Castres A Gauche Vraiment »  à savoir participer au comité de suivi ( pour x raisons dont la principale serait d’être le témoin attentif et vigilant entre ce qui a pu s’écrire, se proclamer et ce qui se prépare réellement). Et éventuellement claquer la porte de celui-ci , démonstration  faite qu’il ne s’agissait que d’une coquille vide…alibi à tous les reniements et à toutes les aventures.

Bon courage à Frédéric et à tous ses amis .