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La Casa de España : pour mémoire

DE LA SANT JORDI AU JUGE GARZON

 Pour la 4ème année consécutive la dynamique Casa de España de Castres avec ses  400 adhérents, dont on ne présente plus les nombreuses initiatives qui jalonnent la vie culturelle de notre ville, invitait la population à célébrer dimanche 25 avril en partenariat avec les librairies Coulier, Graffiti et Siloé (qu’il faut plus que jamais savoir défendre et préserver) la Sant Jordi « un livre, une rose ».

De nombreux auteurs étaient invités dans le hall de l’Albinque, parmi lesquels Serge Mestre, traducteur de G.Semprun et auteur de « La lumière et l’oubli », sujet d’actualité puisque au même moment dans toute l’Espagne, des dizaines de milliers d’Espagnols (100 000 à Madrid) manifestaient contre l’impunité des crimes franquistes.

Vous savez peut être que le juge Balthasar Garzon doit s’expliquer devant le Tribunal Suprême espagnol suite aux plaintes de 3 organisations d’extrême droite dont la tristement célèbre « Phalange franquiste» . Le juge , il faut le lire pour le croire, est accusé de n’avoir pas respecté la loi d’amnistie de 1977.

 A la demande de plusieurs familles de victimes, M.Garzon a ouvert une enquête sur les disparitions forcées de 114 000 Républicains au cours de la guerre civile ( 1936-1937) et de la dictature franquiste (1939-1975). Le juge pour contourner la loi d’amnistie a requalifié les faits en : «  crimes contre l’humanité ».

Le Président de l’Association pour la récupération de la mémoire historique ( ARMH) qui milite depuis 2001 pour l’ouverture des fosses communes dans lesquelles des dizaines de milliers de républicains ont été jetés après des exécutions sommaires soutient le juge Garzon. Ce dernier, on s’en souvient avait été à l’origine de l’arrestation de l’ex-dictateur chilien Pinochet à Londres, ce que ne lui pardonne pas l’extrême droite fasciste.

 De même sa lutte contre la corruption politique à droite comme à gauche ne lui a pas valu que des amis.

 L’émotion est grande dans toute l’Espagne et au-delà. Notre ami et camarade Jean Ortiz bien connu à Castres, créateur de l’association «  Mémoire de l’Espagne Républicaine », actuellement maître de conférences à l’université de Pau a pris l’initiative d’une pétition qui a déjà recueilli plus de 800 signatures d’universitaires.

Les prises de position publiques se multiplient, de Lise London à Cécile Rol-Tanguy pour les résistants,  de Pedro Almodovar à Almudena Grandes pour les artistes. De nombreux rassemblements se sont aussi déroulés en France, à Bordeaux, Montpellier, Toulouse, etc… Peut-on refuser ce travail de mémoire au prétexte de l’amnistie de 1977 ? Peut-on une nouvelle fois nier ce cortège de fusillés, d’assassinés, de disparus, d’exilés qui hantent les nuits des enfants et des petits -enfants ?

Ce que l’on cherche à étouffer est bien l’histoire et la mémoire des Républicains mais aussi les valeurs pour lesquelles des millions d’hommes et de femmes se battaient .

Ce travail de mémoire est indispensable, c’est ce que fait à son échelle la Casa de España de Castres. Félicitations !

 N.B.L’association édite un journal trimestriel de grande qualité «  Abanico » ( 8 place Soult 81 100 Castres).