La grenouille et le scorpion
Publié dans g) Situation politique (24), le 26/03/2012 à 5:24, par Philippe GuerineauFable populaire africaine Un scorpion qui avait besoin de traverser une rivière, demanda à une grenouille de le mener…
Entre le Conseil municipal en date du 6 mars (orientations budgétaires) et celui du 27 mars (vote du Compte administratif et du Budget 2012), les habitants de notre bonne ville de Castres ont appris brutalement et avec stupéfaction (?) que leur maire venait de claquer la porte de son parti l’UMP.
Je vous rassure, la vie de nos concitoyens qui ont bien d’autres préoccupations n’a pas été pour autant bouleversée. Mais suite à l’article de La Dépêche du midi (le 16 mars), le microcosme politique s’interroge et pour ne rien vous cacher, je suis depuis quelques jours sommé d’émettre une analyse « Alors, M. Guérineau, que pensez-vous des intrigues qui secouent l’UMP ? ».
A vrai dire, engagé jour après jour dans la campagne électorale du Front de gauche, dans chaque ville ou village de la 3ème circonscription, mon esprit, comme vous le devinez, est accaparé par la situation économique et sociale de notre Bassin d’emploi mais puisque on me laisse penser que mon jugement peut être clairvoyant et instructif, faisons l’effort en cette fin d’après-midi d’un dimanche ensoleillé…
Tout d’abord, constatons que P.Bugis a toujours été un intermittent de l’appareil UMP, les jours pairs il se revendique Président délégué de l’UMP du Tarn (excusez du peu) les jours impairs, il proclame « Je ne fais pas de politique ». Son premier cercle, à la mairie, pour préserver (dans les temps de crise) une majorité, n’appartient pas à l’UMP. Méfiance, méfiance…Les quelques UMP élus sont marginalisés et font preuve d’une grande discrétion.
Nul ne se souvient d’ailleurs d’une vie politique de l’UMP locale. Nul communiqué de presse, nul tract, nulle réunion… (Personne ne s’en plaint). Un poste de responsabilité à l’UMP (exemple : secrétaire d’une circonscription) doit être une assurance prise pour d’éventuelles investitures. Il n’empêche, exit le Président délégué de l’UMP du Tarn.
Pas d’impatience. Voici en avant premières quelques-unes de mes hypothèses. A vous de les choisir ou de les classer dans l’ordre de vos préférences.
1) P.Bugis n’a pas apprécié, pas du tout apprécié « le coup de pied de l’âne » de Jacques Limouzy lors de la crise qui a secoué (qui secoue toujours) la Communauté d’agglomération et le Parc Naturel du Haut Languedoc. Voir cités l’ancien ministre et l’ancien maire de Castres par tous ses adversaires politiques peut énerver (et le passé nous enseigne qu’il ne faut pas énerver Raoul). P.Bugis n’a sans doute pas apprécié également le silence assourdissant du caudillo- président de l’UMP du Tarn et député de la circonscription.
2) C’est ici que l’on retrouve notre fable « La grenouille et le scorpion ». B.Carayon à travers la campagne électorale poursuit son offensive politique sur Castres. La garde rapprochée de l’UMP fait sa campagne. Il s’incruste quotidiennement dans diverses associations, le danger se précise (deux crocodiles dans le même marigot). Le piège se referme. Le maire de Castres va-t-il appeler à voter pour le député-maire de Lavaur ? (suite au prochain numéro).
3) Hypothèse plus hasardeuse comme vous allez le voir. Retenez votre souffle. A ce jour, l’UMP nationale n’a pas investi de candidat (ce n’est pas faute de candidatures) face à Philippe Folliot dans la toute nouvelle 1ère circonscription. Imaginez qu’entre les deux tours des Présidentielles, F.Bayrou appelle à voter contre F.Hollande (en échange de quelques circonscriptions aujourd’hui gelées). Raison d’Etat oblige. B.Carayon et l’UMP 81 appellent alors à voter Ph.Folliot. Diabolicum ! Imaginez alors l’état dans lequel pourrait se retrouver le maire de Castres (je n’ose y penser !).
4) ……….
P.Bugis à ce jour refuse d’expliquer son geste politique. Que n’aurait-on pas dit si le maire de Carmaux, de Graulhet, de Gaillac, etc… avaient soudainement claqué la porte du PS, sachant que l’importance du geste est le moment choisi (en pleine campagne électorale).
Force est de constater que là où B.Carayon passe, les villes UMP trépassent (excusez du peu, les deux plus importantes du département : après Albi, Castres).
Le député-maire de Lavaur tente bien de rassembler une quinzaine de personnes, un seul élu de Castres et… J.Limouzy (pour ne rien dire et tenter de donner le change – La Dépêche du midi du 24 mars). Pitoyable ! « Pascal fait toujours partie de la famille… » Bla, bla, bla…
Bon, on ne va pas se plaindre, la droite se divise, s’affaiblit, le cruel bilan du député et apparatchik B.Carayon apparaît au grand jour. Derrière la façade, la maison UMP tarnaise est bien vermoulue. A toute la gauche d’être à l’offensive. Quant au Front de gauche, il est déjà rassemblé pour mettre un terme et le plus tôt sera le mieux, au mandat en trompe l’œil du député-maire de Lavaur. Quant à 2014…
Début 2012, plus de 87 millions d’€ (il est écrit que l’encours devrait se situer en fin d’année à environ 82,6 millions d’€ compte tenu des transferts de dettes ( ?) à opérer en cours d’exercice avec la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet). L’année précédente, l’encours de la dette s’élevait à 75,4 millions d’€. En 2005, 77,6 millions d’€. En 2004 aux alentours de 85 millions d’€ (nous sommes donc revenus 8 ans en arrière). Triste et inquiétante réalité d’autant plus que tous les indicateurs sont au rouge : érosion démographique, augmentation du chômage, etc…
Aujourd’hui, l’encours de la dette de la ville de Castres reste supérieur aux moyennes nationales. En 2010, Castres : 1643€/habitant, (la moyenne du panel est de 1081€/habitant, la moyenne nationale des villes de 20 à 50 000 habitants : 1047).
a) La population 2012 : les chiffres de la population de Castres à prendre en compte sont les résultats INSEE de l’année 2009. Toujours une érosion démographique puisque la population totale est passée en 10 ans de 45 413 à 44 366 (dont population comptée à part, 1665). Il s’agit de personnes ayant une « double résidence », étudiants, militaires.
En 2012, on prévoit la mutualisation des services informatiques. De même pour les transferts de compétences, celles-ci s’accélèrent. On prévoit pour 2012 un renforcement des transferts en matière de gestion des équipements sportifs et culturels (Conservatoire départemental de musique et de danse du Tarn, bibliothèques…). Je ne reviens pas sur des ajustements de transferts : Archipel (245 961 €), réseau Libellus et mobi Libellus (248 387 €). Merci qui ? Merci la Communauté d’agglomération.


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