Fausses notes au Conservatoire
Publié dans l) Le dessous des cartes (59), le 16/07/2010 à 18:14, par Philippe GuerineauRecherche désespérément traces des parcours artistiques et culturels
Au détour du vote d’une délibération (C.M. du 29 juin), accordant une subvention de 25 000 € au Festival de musique classique « A Portée de rue », un échange eut lieu entre le Maire et moi-même au sujet de l’existence ou non des « parcours artistiques et culturels » à l’ENMDT( Ecole nationale de musique et de danse du Tarn) et de son antenne de Castres.
A ce sujet, ne dites plus ENMDT mais Conservatoire à Rayonnement Départemental, on peut se contenter de Conservatoire de Musique et de Danse du Tarn ( il s’agit juste d’un changement de label de la part de l’Etat -14 antennes, 45 disciplines, 80 professeurs, 2 000 élèves).
Le quotidien local relatant cet échange dans une brève (c’est généralement la place réservée à l’opposition municipale) souligne la réponse du Maire « Pour une fois P. Bugis est d’accord avec Ph. Guérineau » ou l’inverse. Je crois d’ailleurs que c’est l’inverse mais on ne saura jamais sur quoi l’accord (de musique) a porté.
Il s’agit pourtant d’un dossier important en l’occurrence la disparition progressive puis aujourd’hui définitive à Castres du Réseau de ressources culturelles et donc des parcours artistiques et culturels en partenariat avec l’Education Nationale.
Je dis bien à Castres puisque cette « mission d’éducation artistique » pour tous les jeunes existe dans d’autres antennes, notamment à Graulhet voire à Mazamet. Parmi les causes, il y a le désengagement de l’Etat (au début 30 000€ puis 15 000€ puis…rien). Le poste créé entre 1995 et 2000 pour assurer « l’éducation artistique et culturelle » n’existe plus mais il y a surtout et avant tout l’absence de volonté politique de la municipalité de Castres.
Avant 2001 il existait encore « de nombreux parcours » contribuant à une « réelle démocratisation de l’accès à la culture » en direction des écoles (pour ne prendre qu’un exemple, on peut citer l’école primaire de Laden…) et des maisons de quartier. Je tenais donc à (ré)affirmer qu’à partir du moment où est versée une subvention municipale importante de l’ordre de 500 000€ au Conservatoire pour son antenne de Castres, il y a des « missions de service public » à accomplir. Et ce n’est plus le cas !
Le coût global de 500 000€ pour à peu près 596 élèves ( dont beaucoup ne sont pas de notre ville) est important moins il est vrai que pour les villes de Montauban (1,5 million d’€) ou de Tarbes (2,5 millions d’€). La différence s’explique par le financement du Conseil général, réelle pour les élèves de notre ville alors que les autres Conseils généraux ne financent pas leur Conservatoire.
Le débat, et les questions posées (celles-ci avaient d’ailleurs déjà été évoquées lors du vote du dernier Budget – ce blog est obstiné- ) restent donc plus que jamais d’actualité pour que l’accès à la culture, en l’occurrence la musique et la danse, soit possible pour le plus grand nombre d’enfants.
Il est question aujourd’hui d’un transfert à la Communauté d’agglomération, ce qui paraît logique puisque 4 communes sont adhérentes au Syndicat mixte du Conservatoire : Aussillon Castres, Labruguière, Mazamet. Les autres communes, à l’exception peut être de Caucalières ou de Valdurenque sont liées au Conservatoire par des conventions ( il est donc inexact de dire comme P.Bugis que les communes ayant des enfants à l’antenne de Castres ne payent pas).
En attendant on peut occuper ses fins d’après midi ou ses débuts de soirée à venir admirer l’excellente programmation offerte encore pendant quelques jours (jusqu’au dimanche 18 juillet) par le Festival de musique classique à « Portée de rue ».
