Et maintenant le K.O. ?
Publié dans g) Situation politique (24), le 19/03/2010 à 19:33, par Philippe GuerineauContre la droite et l’austérité : A gauche toute !
Pour une vraie gauche sociale
Au soir de la prise de la Bastille, Louis XVI n’écrivit que 4 lettres dans son journal : « Rien ».
Au soir du 1er tour des élections régionales, face à la Bérézina de son propre camp, Nicolas Sarkozy nous dit : « Circulez, y a rien à voir ! »
Il y a quelque chose de pathétique dans la réaction des clones de l’UMP répétant en boucle les fameux « éléments de langage ». On a donc commencé par nier la défaite puis panique à bord, le Titanic va s’échouer (Lefebvre sera le dernier à jouer du violon à bord). Alors on tente de faire apparaître la carte de la peur : en avant pour l’insécurité alors qu’ils sont au pouvoir depuis 8 ans ! SOS pour l’UMP (Union pour un Mouvement en Perdition).
A l’heure du rassemblement de toute la Gauche ( je laisse de côté le Limousin , la Picardie ou la Bretagne où le PS adopte une attitude particulièrement scandaleuse vis à vis d’Europe Ecologie et du Front de Gauche, ah, ces vieux réflexes hégémoniques de caciques régionaux vraiment indécrottables ! ) (1), il convient d’infliger à Sarkozy une défaite si cuisante qu’il sera privé de l’argument d’une trop faible participation.
Il faut l’affaiblir le plus possible à la veille de son plan d’hyper austérité. Dés le 22 mars on attend des régions qu’elles respectent leurs engagements, qu’elles soient aux côtés des travailleurs en lutte, de véritables boucliers sociaux et démocratiques. On ose espérer également qu’elles s’attellent à renouveler profondément les pratiques politiques ( pour cela, je doute un peu). Qu’elles s’impliquent sans doute davantage dans la défense réelle de l’emploi, les enjeux du logement, du transport, de l’éducation, de la santé et de la culture…
Alors oui, confirmer et amplifier le vote du premier tour pour battre la droite mais nous savons que tout reste à faire
, en premier lieu analyser sérieusement l’ABSTENTION, j’y reviendrai, qui touche d’une manière significative les jeunes et les couches populaires sans parler des quartiers en grande difficulté. Pour ne donner que quelques exemples, il y a eu 27 % de votants à Vaux en Velin, 28 % à Sarcelles, 28,3 % à Roubaix, 28,5 % à Clichy sous Bois, et dans certains bureaux de vote, le taux de participation est tombé à 11,8 % dans un quartier des Mureaux, 13 % aux Bosquets à Montfermeil, 18 % à Toulouse Le Mirail, etc…
Comment peut-on plus longtemps supporter et tolérer un tel état de fait ?
Face à une telle « rupture citoyenne » il n’y aura pas de quoi se réjouir le 21 au soir mais au contraire à vite saisir l’ampleur du phénomène et à « retrousser ses manches ».
En deuxième lieu, travailler à une véritable alternative politique , le pire serait d’attendre 2012 alors que la crise économique et sociale continuera à faire ses ravages.
Quant au Parti Socialiste, nous savons que le vote en sa faveur est loin d’être un vote d’adhésion mais un vote avant tout de rejet de la droite, même si en Midi-Pyrénées, le bilan de Martin Malvy peut être considéré comme positif.
Malgré les critiques que l’on peut faire sur la liste tarnaise de « rassemblement à gauche », et il y en a, pas une seule voix ne doit manquer dimanche.
Oui, dans les urnes mais aussi dans la rue, avec la grève et les manifestations prévues dés le 23 mars, il faut battre la droite.
( 1) Court extrait de l’article de Pierre Marcelle dans Libération ( du 19 mars)
« Remember Limoges »
Rien d’offre , sinon celle d’une gauche de la gauche minoritaire dont le score révèle cependant que, pour un PS qui se voit beau, il pèse encore de trop. C’est le sens de l’oukaze socialiste contre le NPA, allié avec le Front de gauche dans le Limousin (13,5% au premier tour). En prétendant exclure les partisans de Besancenot d’une union de la gauche locale qu’il ne conçoit qu’à sa botte, le PS a fait capoter le projet d’une liste laboratoire pour toute la gauche. Ce faisant, il a confirmé qu’il privilégiait, et bien au-delà des frontières limousines, son alliance avec les écologistes libéraux. C’est un choix. »
Auparavant, Pierre Marcelle écrivait, je ne peux m’empêcher de vous faire partager ces quelques lignes que je relis avec grand plaisir :
« Ca, c’est fait »
Mais au-delà des pitreries rituelles, dont la plus éclatante résida dans la contestation arithmétique de leur défaite par les représentants bornés de l’UMP ( épisode dit du « déni »), le scrutin énonça une évidence dont les commentateurs, hélas firent peu de cas. Cette évidence, c’est la mort de la dite « Grande alliance » qu’on ne pleurera pas. La Grade alliance, souvenez-vus…Ce front socialo-écolo-centriste, mais à socle incontestablement libéral, qui devait fédérer le PS, les Verts et le Modem de François Bayrou…Du jour au lendemain, Pffft !, évaporée , la Grande alliance que chantèrent des Gracques au lendemain de la présidentielle.
La crise, sans doute, est passée par là, pour rappeler quelques évidences relatives à la fonction du politique face aux fatalités économiques, mais qui ne sont pas inéluctables, énoncées par des banquiers- ces chers banquiers.
Exit donc le Modem. La réalisation de cet objectif, le premier de Mélenchon, de son Parti de gauche et du Front du même nom qu’il suscita, constitue une information principale. »

A Castres comme dans tout le pays, le fait majeur reste le niveau très élevé de l’abstention. Alors, faut il « faire comme si » c’était un résultat comme un autre ? « faire comme si » la vie continuait comme avant et ainsi de suite ?



Je ne les avais pas vus depuis des années , nous avons mené des combats communs tant syndicalistes que politiques, ils avaient fait comme moi le choix du PS dans la perspective d’y développer un véritable courant de Gauche. Ils allaient vite déchanter car dans les sections du PS, en particulier de l’Hérault : qui n’est pas avec Frêche est promis rapidement à l’exclusion. Nous sommes loin des articles parus dans la presse car il faut avoir vécu l’humiliation, les pressions, les menaces pour se rendre compte de ce que représente un système politique verrouillé et au service d’un seul homme. Et cela dans l’indifférence générale tant le clientélisme à tous les niveaux faisait des ravages.
