Articles portant l'étiquette ‘Ligue des Droits de l’Homme’

Cantonales : dernier avertissement avant le séisme

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme


logo-ldh.jpgLes élections cantonales des 20 et 27 mars 2011 n’ont hélas fait que confirmer le diagnostic que chacun pouvait porter depuis des mois sur l’état de la démocratie dans notre pays.

Le niveau d’abstention extrêmement élevé, qui ne s’explique pas seulement par l’absence de « couplage » avec un scrutin plus mobilisateur, la progression spectaculaire, d’un tour à l’autre, du vote pour le Front national, (que  le très faible nombre d’élus portant une étiquette explicite d’extrême droite ne saurait masquer) ne peuvent surprendre car ils confirment la dangereuse amplification d’une crise profonde de confiance dans le politique.

Les gouvernants actuels paient doublement le prix de cette régression démocratique, à la fois parce qu’être au pouvoir expose plus au rejet et parce que Nicolas Sarkozy, qui a construit sa carrière politique sur la récupération électorale du lepénisme, fait l’inévitable expérience de la réversibilité des vases communicants. Mais ce serait commettre une terrible erreur que de voir dans la majorité de 2007 la seule victime d’un désaveu massif.

Il suffit de comparer non les pourcentages mais les nombres de voix obtenus d’une élection à l’autre pour comprendre que gagner une élection ne se réduit pas à perdre un peu moins que ses adversaires. Au royaume des aveugles… Et que des dirigeants de l’opposition puissent expliquer, sans paraître mesurer la terrible part d’autocritique que comporte cette analyse, que ce qui fait monter le Front national est d’abord une demande exaspérée de justice sociale, montre assez ce que le succès des uns doit à la faible crédibilité des autres. On sait, depuis 2002, où mène la sous-estimation de ce danger. En revanche, contrairement aux apparences anesthésiques des sondages, nul ne peut savoir aujourd’hui avec certitude qui en sera la prochaine victime.

On ne sort d’une crise sociale et politique que soit par la solidarité et le recul des inégalités, soit par la chasse aux boucs émissaires. Deux alternatives à l’actuelle majorité peuvent incarner ce choix dans les mois qui viennent. Encore faut-il que la question centrale mise en débat soit non pas le choix d’un prétendant au trône mais le refus de la monarchie élective, non pas la concurrence des plans de carrière de quelques candidats mais le contenu des choix que devront faire 40 millions d’électeurs pour décider eux-mêmes de leur avenir.

Réhabiliter le politique est une urgence. Que chacun assume sans tarder ses responsabilités, à la mesure du décalage entre attentes et désabusement.

 

 

Appel citoyen : 4 septembre à Castres

APPEL CITOYEN

Face à la xénophobie et à la politique du pilori :

 liberté, égalité, fraternité

Communiqué de 50 organisations politiques, syndicales et associatives :

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble.

Pour signer l’Appel citoyen, Ligue des Droits de l’Homme

Castres :

Communiqué de presse :

Ligue des Droits de l’Homme, MRAP, FCPE, Attac, FSU, CGT, CFDT, Castres A Gauche Vraiment, PC, Parti de Gauche, PS, Alternatifs, etc

 

Non à la politique de la peur et de la haine

            Après un débat sur «  l’identité nationale » qui avait généré une recrudescence de la xénophobie et du racisme notamment envers les musulmans, les plus hautes autorités visent à faire diversion suite aux nombreuses « affaires », au débat sur les retraites, à une rentrée sociale qui s’annonce tumultueuse pour le gouvernement. Il veut faire oublier les conséquences désastreuses de sa politique économique et sociale, en créant  un « ennemi intérieur ».

 Cette politique raciste et xénophobe est dénoncé par un rapport accablant du Comité de l’ONU chargé de la lutte pour l’élimination de la discrimination raciale. Les experts de ce Comité condamnent « l’incitation à la haine », « la stigmatisation de l’immigration »,  l’introduction de la notion de français « d’origine étrangère », les discriminations qui touchent les Gens du Voyage (citoyens français pour la plupart) et les ROMS (citoyens européens).

 Près de chez nous, dans le Tarn, un certain nombre de groupuscules ouvertement néofascistes, xénophobes, antisémites et racistes se sentent autorisés à faire exploser leur haine à travers des actions comme celle menée contre la Mosquée de Castres, contre le siège du MRAP , ainsi qu’à  Albi, Mazamet (lycée Soult), Aussillon (bâtiments collectifs)… et à travers des campagnes verbales ordurières par le biais d’internet.

 La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine de race ou de religion. »

 Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

 Notre conscience, nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la PAIX CIVILE

 Nous appelons à un rassemblement

 

Samedi 4 septembre 2010

à partir de 9h30 – Place Jean Jaurès

 

afin de défendre une REPUBLIQUE, que nous voulons  plus que jamais, LIBRE, EGALE et FRATERNELLE.