Martin Malvy et Jean-Luc Mélenchon (1)
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 01/11/2010 à 11:22, par Philippe Guerineau« Martin Malvy – des racines, des combats et des rêves »
Jean-Luc Mélenchon : « Qu’ils s’en aillent tous ! »
Fin de semaine studieuse, je termine la lecture des deux livres cités ci-dessus, livres qui devraient intéresser sinon passionner celles et ceux qui partagent le combat de la Gauche. Le hasard veut sans doute que ces deux livres paraissent au même moment. Nulle tentative de ma part d’amorcer une analyse comparative, chacun des livres n’ayant pas le même objet.
Lundi dernier, je me suis rendu à l’Hôtel de l’Europe à Castres où Martin Malvy présentait son livre au milieu d’une vingtaine de personnes parmi lesquelles Jacques Limouzy et son compère , ancien conseiller général, Y.Aussenac.
Il s’agit d’une rapide biographie du Président de la Région, celui-ci est interviewé par 2 journalistes de la Dépêche du Midi, ce qui donne du rythme à l’ensemble de l’ouvrage. Le fait d’avoir été le Président de Région le mieux élu de France avec 67,77 % des suffrages peut limiter notre appréciation sur le nécessaire bilan critique d’une Gauche qui a pourtant souvent failli par le passé.
On peut distinguer trois parties d’ailleurs d’inégale importance , les racines et la jeunesse, sa profession de journaliste et 40 ans d’une vie politique bien remplie.
On découvre le grand-père, homme de Gauche, député du Lot en 1904 à moins de 30 ans mais surtout ministre de l’Intérieur en 1914. Il le restera jusqu’en 1917. Maire de Souillac, Président du Conseil général du Lot. Mais au printemps 1917, face à une campagne violente de l’extrême droite, Louis-Jean Malvy sera accusé de tous les maux et en particulier de « trahison ». Jugé en Août 1918 par la Haute Cour de Justice ( en fait l’ensemble des sénateurs) il sera condamné à 5 ans de bannissement. Procès inique, il y a 2 ans un historien a consacré un ouvrage à cet épisode de la IIIème République, son titre : «L’affaire Malvy, le Dreyfus de la grande guerre ». Il fut réélu député du Lot en 1924 et redeviendra même ministre de l’Intérieur en 1926. Son fils et son petit-fils Martin seront accusés pendant des années par la droite extrême d’être « le fils, le petit-fils du traître ». Blessure indélébile.
Passons vite sur la jeunesse de Martin Malvy, sa vie d’étudiant à Toulouse, ses premiers pas dans le journalisme à Sud Ouest puis à La Dépêche du Midi (le livre relate nombre d’anecdotes).
C’est en 1965 qu’il fait la connaissance de François Mitterrand et rejoint la Convention des Institutions Républicaines. Première aventure électorale, 1968, il est choisi pour affronter Bernard Pons. C’est l’époque où il faut être « adoubé » par la patronne de La Dépêche du Midi. De défaites en victoires, il sera successivement le plus jeune conseiller général du Lot, président du Conseil général, député, maire , etc…
Je vous laisse découvrir son entrée au gouvernement Fabius (en juillet 1984) comme secrétaire d’Etat à l’Energie (redéploiement industriel). C’est le temps de la fermeture des mines en particulier celle de Carmaux. Eté 85, le Rambo Warrior est coulé par des agents de la DGSE. Sur ces années-là, j’aurai aimé sans doute un développement plus important, en quelque sorte « un droit d’inventaire » plus lucide et plus approfondi.
Martin Malvy sera ensuite ministre du Budget. On partage son émotion lors du suicide de Pierre Bérégovoy. Martin Malvy au moment de la déroute des élections législatives en 1993 sera un des rares à retrouver son siège de député. Là encore en ce qui concerne ces années, même si , dit-il, « la Gauche a commis des erreurs. Elle a eu ses faiblesses ». J’aurai aimé lire que les socialistes avaient bien tiré tous les enseignements de cette période en particulier ce que l’on nomme pudiquement « les dérives du pouvoir ».
Là où Martin Malvy est très convaincant, c’est tout ce qui concerne la région Midi-Pyrénées. Le formidable travail réalisé depuis 1998, sa critique de la politique de Nicolas Sarkozy tentant de remettre en cause la politique de décentralisation. L’on découvre alors une volonté farouche de faire de Midi-Pyrénées tout en respectant sa grande diversité, une région particulièrement dynamique, attaché à l’équilibre de ses territoires et qui affirme une exigence de ne laisser personne de côté.
Tout au long du débat public concernant le projet autoroutier Castres-Toulouse, Martin Malvy avait formulé on s’en souvient ( dans le concert d’approbation sans principes de nombreux élus de Gauche) un certain nombre d’exigences. On peut lire p.206 : « Le gouvernement a retenu un schéma autoroutier. Ce n’était pas le mien. Il a l’intention de nous faire participer au financement . Au delà des moyens, cela pose un problème. Faire payer le contribuable pour que les sociétés autoroutières distribuent des dividendes est choquant. »
Tout au long de l’ouvrage, l’on s’interroge sur ce qui peut séparer le compromis qui élève de la compromission qui abaisse. Où passe la frontière ? Vaste débat ! Martin Malvy, lui, a fait souvent le choix du compromis qui élève.
« Martin Malvy – des racines, des combats et des rêves »,entretiens avec Jean Christophe Giesberg et Marc Teynier, Ed. Michel Lafon, 17€50.![]()
Prochain article : le livre de Jean Luc Mélenchon : « Qu’ils s’en aillent tous ! » Ed. Flammarion



Pour Brigitte Barèges ( UMP) 40,49 % avec dans l’ordre 49,72 % aux Cèdres, 48,82 % Ecole maternelle de l’Albinque.