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Des retraites en or

«  Faire face à la crise » disent-ils chaque jour …

Ami, tu t’apprêtes à aller manifester à Albi ce jour à 14h30 Place du Vigan. Tu combats avec une grande majorité de Français la contre réforme des retraites injuste et inefficace. Tu es inquiet pour ton avenir et celui de tes enfants. Tu demandes entre autres la prise en compte de la pénibilité. Tu n’envisages pas un seul instant le recul de l’age de départ à taux plein de 65 à 67 ans qui pénalisera d’abord les femmes qui ont eu des carrières incomplètes. Tu ne peux accepter la baisse à venir de ta pension, etc… Tu exagères…

Console toi en découvrant le palmarès des « retraites en or » des grands patrons qui font la loi dans notre pays. Celui ci paru cet été dans le magazine Capital et repris  partiellement ce week end par  l’Huma Dimanche , enquête ô combien révélatrice en cette période de cure d’austérité exigée des salariés. On peut lire les montants des pensions provisionnées par les grandes entreprises françaises pour leur patron afin de payer leur retraite.

Ami, retiens ton souffle et reste calme.

Sur le podium, le patron de l’Oréal : ( tiens donc…) 3,3 millions d’€ par an, soit 81,4 millions provisionnés. Frank Riboud chez Danone : 1,8 millions ( 31,9 provisionnés par l’entreprise). Henri de Castries ( Axa) : 1,1 million ( 19,8 millions). Suivent le patron de Sanofi Aventis, 779 000 € (14,8 millions). Puis Henri Proglio (l’ami de Sarkozy…) 779 000 € – coût pour Véolia : 19,2 millions.

Des retraites qui ont l’avantage pour l’entreprise de n’être soumises ni à la CSG ni aux cotisations sociales. C’est la crise, on vous dit !

Mieux, alors que le salarié lambda doit aligner ses 25 meilleures années de labeur pour calculer sa pension, les patrons cités pourront calculer leurs droits sur la base des trois dernières années, primes comprises. Ouf ! On est déjà moins inquiet pour eux !

De plus, pour être sûrs de maintenir leur train de vie, certains de ces grands patrons ont pris soin que leurs pensions profitent aussi à leurs épouse et descendants après leur mort.

On notera enfin la bonne affaire de Denis Kessler, vice-président du Medef, PDG du groupe Scor, vous savez celui qui veut «  défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » qui s’est réservé une pension annuelle de 800 000 € (15 millions d’€ à la charge de l’entreprise).

Les mêmes nous expliquent avec leur porte cartable de l’Assemblée Nationale qu’il est indispensable de faire des sacrifices. Les mêmes bien sûr dans les grands médias privés (entre leurs mains) trouvent particulièrement démagogiques de remettre en cause le bouclier fiscal, de vouloir taxer les profits, d’envisager des prélèvements sur les revenus du capital (bonus, stock options).

Allez, bonne manifestation à Albi où le défilé partira vers le Pont Neuf et où de nombreuses initiatives sont prévues. Dans nos têtes et dans nos cœurs, préparons la suite…