Articles portant l'étiquette ‘privatisation de l’eau’

Eau : ce fut une belle privatisation !

Quel gâchis !

Pour bien comprendre la situation actuelle ( bien sûr vous avez (re)lu l’ensemble des articles de ce blog sous la rubrique «  Eau : de la privatisation à la condamnation ? »), il faut remonter au 1er janvier 1991, date où la Lyonnaise des Eaux remplace à Castres notre service public de l’eau, (que rien ne justifiait , infrastructure en bon état, etc…).

A l’entrée de l’Archipel, à votre droite, une plaque colossale où apparaît du beau monde : Michèle Alliot-Marie, ministre des sports, Jacques Limouzy , maire RPR de Castres et son adjoint dévoué, Jacques Thouroude, ( grand responsable du RPR devant l’éternel),  P.Bugis est alors conseiller municipal chargé des affaires juridiques et surtout Jacques Monod, président de la Lyonnaise des Eaux- Dumez…Impressionnant ! Sans oublier l’architecte  » officiel » de la ville.

En vérité, une belle famille qui sait défendre et faire fructifier les intérêts bien compris de l’ensemble de ses membres.

Petit retour en arrière, 1989 : la droite RPR, Limouzy en tête ( après une campagne électorale très dure)  bat la liste d’Union de la gauche conduite par Philippe Deyveaux (PS).

Fin 1990 : le processus de privatisation est engagé (pas de temps à perdre).

1993 : inauguration de l’Archipel. La Lyonnaise des eaux a versé à la ville «  un droit d’entrée » s’élevant à 96 millions de francs. Une grande partie de cette somme servira à construire  l’Archipel .

Le travail remarquable effectué par quelques personnes du «  Comité des usagers de l’eau et de l’assainissement » arrivera après de longues années à prouver que les usagers de l’eau payaient sur leur redevance le remboursement des «  droits d’entrée » de la Lyonnaise des Eaux. Le tribunal leur donnera raison en 2001/2002 : « Le prix de l’eau est illégal à Castres ». 

Faisons connaissance avec Jérôme Monod :  une carrière politique qui se confond avec une carrière industrielle. Jugez plutôt : 1975/76 : directeur de cabinet de Jacques Chirac alors Premier ministre. 1976/78 : secrétaire général du RPR . 2000/2007 : conseiller politique de Jacques Chirac, bureau à l’Elysée. Election présidentielle de 2002, création de l’UMP.

Mais que fait-il donc entre 1980 et 2000 ? PDG puis président du Conseil de surveillance de la Lyonnaise des Eaux, fusionnée en 1990 avec Dumez ( BTP) , (le maître d’œuvre de l’Archipel ) puis Suez (1997).

On se souvient , entre autres, 1994, le maire RPR de Grenoble, Alain Carignon, est accusé d’avoir reçu 21 millions de francs d’une filiale de la Lyonnaise des eaux en échange de la concession d’eau de la ville. Affaire connue sous le nom de « Pacte de corruption », le tribunal condamne en 1995. Vous me direz, il n’y a aucun rapport avec Castres…

1995 : la loi Balladur interdit le financement des partis et des campagnes électorales . J.Monod instaure une «  charte éthique » et interdit tout financement alors que se préparent les élections municipales…que la gauche gagne à Castres.

1989/1995 : ce fut vraiment une période de rêve pour la droite mais comme vous le savez déjà …le ver était dans le fruit ( juteux pour certains)…

 

 

EAU :l’orage gronde à Castres

NON A L’AUGMENTATION

DU PRIX DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT DE 20 %

 

Dans le contentieux qui oppose la Ville de Castres à La Lyonnaise des eaux depuis de  très longues années, l’expert choisi par le Cour d’appel administrative de Bordeaux vient de rendre son verdict : la note est salée, 29 millions d’euros à payer pour Castres.

 Ce rapport ne fait pas jugement, attendons donc. Mais l’orage gronde et semble maintenant se rapprocher. Que sera la colère de Zeus ? Des Castraises et Castrais envisagent d’organiser quelques processions (à suivre…)

Pour celles et ceux qui auraient manqué quelques épisodes de cet interminable feuilleton en « eaux troubles », ils peuvent toujours consulter la catégorie de mon blog consacrée à ce lourd dossier : « eau : de la privatisation à la condamnation ? ».

Mon propos aujourd’hui est de vous informer d’une décision prise lors du dernier Conseil municipal du 21 septembre dernier à savoir l’augmentation de 20 % du prix de l’eau et de l’assainissement.

Passons rapidement sur le fait que la municipalité s’est bien gardée de donner toute l’information nécessaire concernant cette augmentation, de plus le dossier à ce sujet au secrétariat général était étrangement vide alors qu’il aurait été pour le moins nécessaire d’avoir les anciens et les nouveaux tarifs.

Monique Maynadier, élue de notre groupe, siégeant au Conseil d’administration de la Castraise de l’eau a pu m’informer de l’évolution des tarifs.

Je me suis livré à des petits calculs : le prix du m3 d’eau passe de 0,92 à 1,16 soit + 0,24. Pour l’assainissement de 0,99 à 1,20 soit + 0,21. Au total, une augmentation de 0,45 € par m3. Pour une consommation semestrielle de 60 m3 (fourchette basse) vous paierez 27 € de plus. Pour une consommation de 120 m3 ( fourchette haute), 54 €. Pour une année : entre 54 € et 108 €. L’abonnement semestriel est également en hausse.

L’augmentation est donc importante.Elle est inadmissible dans le contexte de crise économique et sociale que nous connaissons, pouvoir d’achat en berne et ce n’est pas faire du misérabilisme que de constater les difficultés de nombreuses familles à finir le mois.

De plus, nous pensons que ce n’est pas aux usagers de l’eau qui n’ont aucune responsabilité dans le contentieux qui oppose la Ville à la Lyonnaise des eaux de payer (je m’interroge sur l’effet rétroactif de l’augmentation puisque les nouveaux tarifs s’appliquent dés le 12 juillet).

Notre groupe, La Gauche Rassemblée pour un réel changement, a donc voté contre l’augmentation ainsi que les deux élus socialistes. Nicole Jeanrot, seule présente du groupe «  Philippe Folliot » a voté avec la majorité municipale pour l’augmentation.

Les deux questions que je posais dans ce blog ( le 15 septembre) au Maire de Castres restent plus que jamais d’actualité, c’étaient les 2 premières d’une longue liste, je vous les rappelle :

1)      Ne regrettez vous pas d’avoir voté, début des années 90 avec vos amis J.Limouzy et J.Thouroude la privatisation d’un service public local de l’eau en très bon état pour en faire cadeau à la Lyonnaise des eaux ?

2)      Pour quelles raisons allez vous annoncer au prochain Conseil municipal une augmentation des tarifs de l’eau et de l’assainissement de 20 % ?

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  RETRAITES :

NON à l’injustice, OUI à la solidarité 

CASTRES    samedi 2 octobre à 10h    Sous-préfecture

 

Une bombe à eau ? (4)

1991-2004 : retour à la case départ

                   Conseil municipal du 16 mars 2004

 

Après plus de 8 mois d’innombrables réunions, de communiqués de presse à répétition, de tractations diverses et variées, d’avancées et de reculs, entre la Lyonnaise des eaux et la municipalité, le grand jour est enfin arrivé ( sonnez hautbois, résonnez trompettes).

Il aura fallu 3 Conseils municipaux pour arriver ce soir au vote d’une énième délibération intitulée : «  Proposition de la société Lyonnaise des eaux – clôture des négociations ». C’est notre 4ème et dernier épisode de la série : « Une bombe à eau ? » . Une nouvelle série est en préparation tout aussi palpitante, mais il faudra encore attendre un peu…la décision de la Cour d’appel de Bordeaux.

Pour rappel : il y a un mois le Conseil municipal avait autorisé le Maire à reprendre les négociations avec la Lyonnaise des eaux. Que s’est-il passé depuis ?

La Lyonnaise se déclare prête à consentir une baisse de 10 % . Mais de nouvelles charges devraient être intégrées dans les contrats ( plus d’1 M€ pour la suppression des branchements plomb et pratiquement 1 M€ pour le traitement et l’élimination des boues de la station d’épuration). Ce qui entraînerait une augmentation importante du prix de l’eau à partir de 2007.

Le Maire constate qu’une telle proposition ne peut être acceptée.

Mme Desveaux ( Les Verts)  : «  C’est un Maire de Droite qui remunicipalise un service public qui aurait dû le rester ». Elle demande au Maire de : «  Relayer l’action judiciaire entamée par les militants du Comité des usagers de l’eau pour récupérer les sommes injustement perçues sur les factures ».

M.Fournier ( PC) demande que : «  La Ville s’associe à la plainte déposée au pénal par  certains habitants de cette ville ».

Mme Dayon (suppléante du député Ph.Folliot) déclare : «  Votre décision me semble très lourde d’incertitudes, a-t-on réellement mesuré les risques encourus par les contribuables dans le cadre d’un contentieux, quasi certain, que ne manquera pas d’engager la société concessionnaire pour rupture abusive du contrat ? »

J’interviens alors pour affirmer : «  Il n’y a pas de félicitations à décerner au Maire , il y a à lui rappeler politiquement, sa propre responsabilité en 1990, lors de la privatisation ». J’explique ensuite la stratégie adoptée par le groupe socialiste au cours des derniers Conseils municipaux, à savoir : «  Essayer d’allier ce que l’on appelle l’éthique de responsabilité et l’éthique de conviction (…) Au cours du mois de juin 2003, nous avons posé un certain nombre de questions légitimes, il s’agissait de savoir  si vous mesuriez bien les conséquences financières pour le budget de la ville(…) Est ce que la Ville honorera ses engagements en ce qui concerne la pérennité des emplois des salariés concernés ? »

Ethique de conviction : affirmer  que nous avons toujours été pour un service public de l’eau. Je constate : «  Ce soir, nous sommes arrivés au bout d’un processus et la décision majoritaire qui se dégagera de cette assemblée ne dépendra pas du vote des élus socialistes ». J’annonce alors que le groupe socialiste votera cette délibération qui permet la reprise en Régie des services d’eau potable et d’assainissement.

Il y aura encore de nombreuses interventions de ma part et de mes collègues qu’il serait trop long de résumer ici.

Résultat du vote : la délibération sera votée à l’unanimité des différents groupes politiques représentés moins 3 abstentions ( Mmes Dayon, De Comte et Tomasini).

Dans le journal du groupe des élus socialistes «  A la réflexion » qui sera distribué quelques jours plus tard, on peut lire :  « 3 principes ont guidé les élus socialistes pour aborder sérieusement et globalement le dossier de l’eau :

-         1°) le principe de CLARTE : c’est la nécessite de rappeler avec force et constance le scandale de la privatisation de l’eau par la Droite au 1er janvier 1991 (… Se reporter au 1er épisode)

-         2°) le principe de RESPONSABILITE : c’est poser les questions concernant les éventuelles conséquences financières pour la Ville d’une rupture unilatérale du contrat ( …Se reporter au 2ème épisode)

-         3°) le principe de CONVICTION, c’est d’affirmer que l’eau doit être un Service Public. C’est aussi prendre en considération le mouvement associatif et en particulier les travaux décisifs du Comité des usagers.

 

C’est en tenant compte de ces 3 principes que les élus socialistes ont décidé de – ne pas prendre part au vote – le 24 juin 2003 puisqu’ils n’avaient aucune réponse de la part de P.Bugis aux questions posées et qu’il fallait ne pas faire oublier les responsabilités passées de ce dernier  .

Par contre, le 16 mars 2004, nous avons voté la création d’une Régie municipale de l’eau et de l’assainissement.

 Enfin, après 13 ans d’une scandaleuse privatisation, l’eau retourne au service public. C’est donc l’ensemble de la Gauche ( PC, Verts, Alternatifs, et PS) qui a affirmé son unité en votant pour la Régie municipale… »

LA SEMAINE DE L’EAU continue puisqu’il sera question demain ou après demain des résultats de la renégociation des contrats de l’eau entre Véolia et…la Ville de Toulouse.

A votre santé !