Record battu à Castres
Publié dans j) Il a osé le dire (43), le 16/06/2010 à 23:00, par Philippe GuerineauQui a eu cette idée folle ?…
Connaissez vous une ville où il faut arriver à 6 heures du matin, un samedi, devant un théâtre puis attendre 3 à 4 heures et pour certaines personnes davantage afin de s’abonner à la saison culturelle 2010/2011 ? Ne cherchez pas, cela n’existe nulle part ailleurs. Castres rentre donc dans le livre des records. Chapeau !
Comment faire compliqué quand on peut faire simple ? Telle est la question que s’est sans doute posée notre première adjointe à la culture.
A partir du moment où l’abonnement est ouvert exclusivement aux habitants de la commune de Castres, un seul samedi et qui plus est, une seule matinée, il était aisé de s’attendre à un sacré goulot d’étranglement.
Sujet de certificat d’études primaires, sachant qu’il faut en moyenne 15 minutes par abonné potentiel (souvent 2 à 3 abonnés par personne) par poste de travail, sachant qu’il y a 5 postes de travail, combien de personnes passeront en 1 heure ? Vous avez trouvé : 20. Sans doute un peu plus. Admettons 30 pour être gentil et vous aurez une idée du fiasco total de cette méthode ubuesque de réservation. Félicitations pour tout le personnel de la culture qui a su accomplir son travail dans ces conditions.
Tout a été fait pour arriver à ce triste résultat. Un seul samedi matin pour les castrais, un seul samedi pour l’abonnement au théâtre puisque l’abonnement par téléphone ou par correspondance commence dés le 16 juin. Voilà pour la forme. 
Le fond est à l’image de cette forme à savoir : on peut considérer qu’en ce mois de juin 2010 les meilleurs places des spectacles de grande qualité tout au long de la saison 2010/2011 sont déjà occupés et peut être pour certains d’entre eux complets. Comme le choix des abonnés se porte globalement sur les mêmes spectacles, pour vous la saison culturelle castraise est déjà terminée avant de commencer. Bonjour à celles et ceux qui viendront habiter notre ville dés cet automne !
Force est donc de constater qu’avec cette méthode 200 à 300 familles ( pour toute la ville de Castres) ont déjà à ce jour les meilleures places des meilleurs spectacles (ou les plus connus) pour toute l’année, culture réservée donc d’entrée à une très petite minorité qui d’ailleurs bénéficie d’année en année d’une information privilégiée.
On peut également s’interroger sur l’effort financier demandé : qui peut en effet dépenser en une seule fois 200 €, 300 €, 400 € ? Vous avez dit démocratisation de la culture ?
Depuis samedi, je reçois de nombreux coups de téléphone d’habitants de notre ville en désaccord total avec les règles mises en application par cette municipalité. A l’évidence, il faudra les changer et les propositions de bon sens ne manquent pas.
Une question orale sera déposée au prochain Conseil municipal à ce sujet (le 29 juin).
Je trouve inadmissible qu’un véritable mur se dresse entre la scène culturelle castraise et l’Apollo de Mazamet, deux villes peu éloignées et présentes dans la Communauté d’agglomération. Il fut un temps où existaient une concertation , des outils de communication communs, un spectacle pouvait se dérouler un soir au théâtre de Castres, un autre soir à l’Apollo à Mazamet ( au passage, prix de revient moins cher), un projet de navette le soir avait même été envisagé. Tout cela a disparu comme a disparu toute dimension culturelle dans l’activité de la Communauté d’agglomération. C’est pour le moins regrettable !
