Servir le C.O., se servir du C.O. ou …
Publié dans c) Vie municipale (86), le 10/01/2010 à 19:46, par Philippe Guerineau« Une querelle d’Allemands »
Expression chère à Jacques Limouzy caractérisant une mauvaise querelle, un mauvais prétexte pour trouver la bagarre et en découdre, une certaine mauvaise foi…
Une des pistes étymologiques pour comprendre cette expression : pour Alain Rey, « Allemands » aurait été le nom d’une famille du Dauphiné particulièrement belliqueuse.
On
peut donc dire que depuis plusieurs mois maintenant, le député Ph.Folliot cherche une « querelle d’Allemands » au Maire de Castres au sujet du Castres Olympique. La presse locale quotidienne ou hebdomadaire, s’en fait régulièrement l’écho. Encore dernièrement à l’occasion des vœux de l’un ou de l’autre.
Vous me direz et vous aurez raison « N’y a-t-il pas dans le contexte économique et social préoccupant que nous connaissons d’autres sujets qui devraient retenir notre attention ? La montée du chômage dans notre Bassin d’emplois, l’avenir des services publics, l’accentuation des inégalités,l’exclusion, etc… ? »
Mais, attardons nous tout de même quelques instants sur la subvention demandée par le C.O. à la Ville de Castres. Le feuilleton commence le 7 mai par un courrier des dirigeants du Castres Olympique au Maire de Castres, lui demandant une subvention de 500 000 €.
J’avais, en son temps relaté cet épisode dans mon blog par un texte intitulé « le C.O. au carrefour, la ville au feu rouge ». A travers celui-ci, je revenais également sur le thème maintes fois rabâché : crise d’identification entre le C.O. et ses supporters ?
Le 26 mai, le Maire P.Bugis répondit à la demande du C.O. par la négative : « Je n’ai pas de marges financières suffisantes… Cela entraînerait une augmentation de 3% des impôts locaux ». Chacun était dans son rôle : le président du club, Pierre-Yves Revol et le Maire garant de l’équilibre financier de son budget. Il a été question d’un référendum, vieille ficelle de P. Bugis mais cela a permis d’occuper les médias…
Il ajoutait entre autres, déclaration au mieux maladroite, au pire inadmissible, au moment où le C.O. occupait le bas du tableau et était pour le moins dans une situation difficile, que « celui-ci donnait une mauvaise image de la ville ».
Le Maire illustrant parfaitement l’adage : « La défaite est orpheline mais la victoire a plusieurs pères ». En d’autres termes, le C.O. a la tête sous l’eau, je l’enfonce un peu plus. L’occasion était trop belle pour Ph.Folliot qui par l’odeur alléché, depuis 6 mois répète en boucle que la ville se désintéresse de son club de rugby d’autant plus qu’aujourd’hui le C.O. est passé tout en haut du tableau .
Tout cela sent effectivement « la querelle d’Allemands » et on ne va pas y passer l’hiver, chacun ayant compris que l’un comme l’autre se servent davantage du C.O. qu’ils ne le servent.
Le 2 février se tiendra le prochain Conseil municipal avec à son ordre du jour un débat sur : « les orientations budgétaires », moment important où il faudra définir les priorités. Quels seront les secteurs à privilégier ou au contraire ceux qui devront connaître une baisse ? Chacun devra alors clairement se déterminer en faisant des propositions concrètes.
Si crise d’identification il y a entre le club et ses supporters et soi disant entre toute une ville qui devrait se grimer sans attendre en bleu et blanc, les raisons en sont à la fois complexes et simples. Complexes car il s’agit ici d’un faisceau de raisons d’inégale importance qu’il serait trop long ici d’évoquer et simples car nul n’ignore qu’au cours des années précédentes des erreurs graves de « gouvernance » ont été commises (recrutements hasardeux, changements saisonniers d’entraîneurs, sur-représentation de joueurs étrangers, départs nombreux de joueurs régionaux attachants,pour d’autres à peine arrivés, aussitôt repartis- bonjour l’identification ! - centre de formation délaissé, etc…), c’est ce que j’ai appelé le C.O. bling-bling, je ne suis pas sûr que ces questions aient été traitées en leur temps avec lucidité et courage.
Aujourd’hui, une nouvelle page s’écrit avec beaucoup de bonheur, tant mieux !
A noter comme indice satisfaisant et peu relevé les 900 signatures de spectateurs récoltées à l’entrée du stade Pierre Antoine en quelques minutes pour soutenir les Dynamic. Si des joueurs avaient pu s’exprimer, ils auraient grandement contribué à construire ce lien indispensable entre la ville et le club.
Aller chercher dans l’histoire des comportements une « pudeur castraise » peut paraître stimulant pour l’esprit mais de fait cultive des préjugés.
J’ai connu et j’espère, connaîtrai encore des grands mouvements d’enthousiasme de notre ville tant pour des évènements sportifs( rugby 1989-1993, coupe du monde de football…), culturels (passage à l’an 2000, certaines fêtes de la musique, rassemblements musicaux…).
Je pense que les supporters, que la population font preuve d’une grande lucidité. Ils ne sont pas dupes d’instrumentalisations diverses à des fins politiciennes, à des fins mercantiles, etc…
Mais le plus important je crois, est qu’une très grande majorité des habitants de notre ville a le droit à l’indifférence par rapport au Castres Olympique. Bien sûr, ils écoutent avec un certain intérêt les résultats d’un club de leur ville mais ont d’autres préoccupations, d’autres centres d’intérêt, d’autres activités, ils doivent pour cela être respectés… et non sommés de suivre je ne sais quel berger…
Pour terminer sur une note humoristique, je crois que nous sommes passés en quelques années du café COll au café La COcina, c’est à dire d’un café très populaire à un café du microcosme local. Ceci explique aussi cela.
